Isabelle Bossé (allergologue) : "Les enfants doivent bénéficier d'un dépistage précoce"

RelaxNews - lundi 22 mars 2010 - 17:35

Isabelle Bossé (allergologue) : "Les enfants doivent bénéficier d'un dépistage précoce"


- La Journée Française de l'Allergie qui a lieu demain, mardi 23 mars, sera axée sur le thème "L'enfant allergique, ne laissez pas les allergies lui compliquer la vie" afin d'aider les parents à mieux gérer les allergies de leurs enfants au quotidien. Pour l'occasion, le Dr. Isabelle Bossé, médecin allergologue à La Rochelle et Présidente du syndicat des allergologues (Anaice), évoque les différents aspects de l'allergie infantile.

Relaxnews : Les enfants sont-ils de plus en plus touchés par les allergies ?
I.B.
: Indéniablement. Entre 1990 et 2000, la population touchée par les allergies a doublé d'une manière générale, mais elle a probablement plus que doublé chez les enfants. Ils sont surtout atteints de plus en plus tôt par les allergies alimentaires et respiratoires.

R. : A quels types d'allergies sont confrontés les enfants en bas âge ?
I.B.
: Les enfants en bas âge sont particulièrement touchés par les allergies alimentaires. Ils sont notamment allergiques au lait, à l'oeuf, à l'arachide ou encore à la farine de blé. Ils peuvent aussi présenter un eczéma atopique ou une allergie aux acariens, aux poils de chats, ou au pollen. Les allergies au pollen se présentent de plus en plus tôt, vers 4 à 5 ans.

R. : Comment évolue l'allergie avec l'âge ?
I.B.
: L'évolution d'une allergie s'appelle la marche atopique. Quelque 30% des enfants allergiques auront une allergie respiratoire plus tard. Cela peut se traduire par de l'asthme ou des rhinites. Il faut savoir que 30% des rhinites se transforment en asthme si l'enfant n'est pas pris en charge. C'est pour cette raison que les parents ne doivent pas négliger les allergies alimentaires et les rhinites de leurs enfants.

R. : Comment les parents peuvent-ils anticiper la maladie ?
I.B.
: Nous entrons dans de la prévention primaire. Malheureusement, il n'y a aucune mesure concrète étant donné que l'allergie est causée par un terrain génétique à cause duquel le système immunitaire fonctionne mal. Il faudrait éviter de mettre les enfants en contact avec des substances allergènes comme le tabac, les poils d'animaux, etc. Ce qui est pratiquement impossible en pratique. Pour le pollen, par exemple, il n'y a pas grand chose à faire.

R. : Que doivent faire les parents en cas de doute ?
I.B.
: Si l'allergie prend de grande proportion et que cela devient une gêne quotidienne, il est impératif de consulter un médecin généraliste qui dirigera l'enfant vers un allergologue. L'enfant sera soumis à une batterie de tests non douloureux qui détermineront s'il est allergique ou pas. Il vaut mieux faire ces tests et se rendre compte que tout va bien que laisser évoluer la maladie.

R. : Y a-t-il des précautions à prendre au quotidien pour freiner l'évolution de l'allergie ?
I.B.
: C'est assez compliqué. Tout dépend de l'allergie en question. S'il s'agit d'une réaction aux poils de chats, il convient de laver le chat le plus souvent possible et de l'empêcher de pénétrer dans la chambre de l'enfant. S'il s'agit d'une allergie aux rongeurs, il est préférable de mettre la cage dans un endroit isolé. Pour les acariens, il est recommandé de laver les peluches régulièrement et d'utiliser du linge de lit adapté.

R. : Quels conseils donneriez-vous aux parents d'enfants allergiques ?
I.B.
: Il faut savoir qu'aujourd'hui il y a un retard de diagnostic de neuf ans, c'est à dire qu'il se passe neuf années entre la détection des premiers symptômes et le diagnostic. Cela entraîne une aggravation de l'allergie. Les parents doivent rester vigilants. Au lieu d'aseptiser les pièces de la maison, il est préférable de consulter un médecin en cas d'eczéma, de sifflements, ou si l'enfant est malade régulièrement. Les enfants doivent bénéficier d'un dépistage précoce pour limiter les risques de développement de l'allergie. Le dépistage précoce est le mot d'ordre à retenir.


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