Bipolaire

Février 2017

Les troubles bipolaires, pathologies fréquentes pouvant avoir des conséquences souvent invalidantes, sont souvent diagnostiquées et prises en charge trop tardivement, en particulier chez les adolescents et chez les personnes qui présentent des symptômes hypomaniaques. Troubles psychiatriques sévères, les troubles bipolaires peuvent conduire près de 50% des malades à effectuer une tentative de suicide dont 15% décèderont.


Définition

Les troubles bipolaires se manifestent par un trouble chronique de l'humeur avec alternance de phases euphoriques, parfois même délirantes, et de phases de dépression. C'est donc une maladie psychiatrique caractérisée par une importante fluctuation de l'humeur. Ces états, poussés à l'extrême, peuvent produire des délires et des hallucinations voire un comportement dangereux parfois pouvant conduire à une rétention de sûreté. L'Organisation mondiale de la santé classe les troubles bipolaires parmi les 10 maladies les plus handicapantes.

Dépression bipolaire

Les troubles de l'humeur sont fréquemment représentés par deux pôles distincts : d'un côté la manie ou l'hypomanie avec une suractivité psychique et physique, de l'autre la dépression et la mélancolie qui en est la forme sévère. De ces deux aspects provient le terme de bipolarité. Une dépression bipolaire peut revêtir deux formes : soit un état dépressif seul au sein d'une pathologie bipolaire, soit un état dépressif associé à des signes d'hypomanie, s'approchant alors d'une dépression mixte.

Statistiques

1 et 2,5 % de la population française serait concernée par un trouble bipolaire, chiffres surement en dessous de la réalité en raison des difficultés du diagnostic de cette pathologie, surtout chez les adolescents et les jeunes adultes. L’OMS précise d’ailleurs que les troubles bipolaires font parti des 10 maladies les plus handicapantes.

Bipolarité

La cyclothymie est en réalité une vraie pathologie appartenant à la famille des maladies dites maniaco-dépressives. La psychose maniaco-dépressive (on parle aujourd'hui de trouble bipolaire) est un trouble de l'humeur grave dont la cyclothymie n'est qu'une forme atténuée.

La cyclothymie se caractérise par l'alternance d'états mentaux euphoriques (période haute, symptômes maniaques : gaîté, grande excitation) et déprimés (périodes basses, symptômes dépressifs : anxiété, tristesse). Elle affecte environ 1% de la population générale.

Symptômes

Les symptômes des troubles bipolaires sont ceux de la dépression et ceux de l'épisode maniaque, survenant par intermittence. Les symptômes de la phase dépressive sont notamment une profonde tristesse, un désespoir qui se traduisent par un manque d'envie, une perte de l'élan vital et un ralentissement psychique et moteur. On observe chez le patient une perte d'intérêt et de motivation, un pessimisme, une culpabilité ou dépréciation ainsi qu'un repli sur soi conduisant à un risque de suicide. Ceux d'une phase maniaque sont notamment l'euphorie, l'exaltation de l'humeur et l'hyperactivité. Le maniaque ne s'arrête jamais. Il fait preuve d'un optimisme débordant, d'un sentiment de toute puissance et d'une désinhibition. On assiste ainsi à une accélération du comportement psychique, accompagnée d'un délire parfois et d'un risque de mise en danger.

Les troubles bipolaires, qui débutent souvent entre 15 et 25 ans. se manifestent par des troubles de l'humeur avec une alternance de phases euphoriques, parfois proches de manifestations délirantes avec des phases de dépression. Ainsi des épisodes maniaques ou hypomaniaques alternent avec des épisodes dépressifs, entrecoupés de phases de rémission, qui peuvent se présenter sous plusieurs formes, avec ou sans épisode maniaque, ou hypomaniaque. Peuvent ainsi apparaître une agitation, des idées de grandeur, des insomnies qui perturbent la vie sociale, familiale et professionnelle des personnes atteintes. Ces états peuvent même provoquer des épisodes de délires et d’ hallucinations mais également un comportement dangereux.

Colères subites et disproportionnées par rapport au motif invoqué, irritabilité, sommeil agité, troubles de la concentration et du jugement, conduites à risques (jeux dangereux, consommation ponctuelle d'alcool, de drogues...), attitudes autoritaires, phases dépressives marquées, troubles de l'appétit... constituent autant de signes qui doivent orienter les parents vers une suspicion de cyclothymie. La plupart du temps, et fort heureusement, ce genre de signes laisse plutôt penser, du fait même de leur brièveté et de leur alternance soudaine, à des manifestations classiques de l'adolescence.

C'est la répétition de ces comportements à intervalles réguliers qui doit guider vers le diagnostic d'une cyclothymie. L'apparition d'une cyclothymie à l'adolescence est bien souvent annonciatrice d'un trouble bipolaire à l'âge adulte, avec parfois des conséquences lourdes sur la vie sociale des malades. 20% des adolescents présentant des signes dépressifs évoluent vers la bipolarité après 4 ans de suivi médical. Dans les cas les plus graves, des états mixtes où coexistent symptômes maniaques et dépressifs sont constatés ; ils sont liés à une instabilité émotionnelle typique de l'adolescence. Exceptionnellement, les symptômes cyclothymiques peuvent prendre des formes psychotiques avec apparition de délires et d'hallucinations. Les signes avant-coureurs de cette pathologie peuvent apparaître avant 15 ans. On estime que 32% des enfants dépressifs de moins de 10 ans évoluent vers un trouble bipolaire au bout d'une période variant entre 2 et 5 ans ; ils sont 49% à connaître cette évolution après une période de 10 ans.

Diagnostic

Les troubles bipolaires sont diagnostiqués grâce à une enquête au cours de laquelle le médecin traitant mesure la durée des phases d'exaltation et des phases de dépression. Il s'agira aussi de prendre en compte les antécédents familiaux et l'environnement dans lequel le patient évolue. L'interrogatoire de l'entourage est très informateur, le bipolaire étant rarement conscient de son trouble.

Le diagnostic est souvent difficile et long entraînant une prise en charge précoce des personnes atteintes de troubles bipolaires. Il s'écoulerait en moyenne une dizaine d'années entre les premiers symptômes et la prescription d'un traitement adapté, situation augmentant le risque de complications. Un trouble bipolaire peut se manifester de plusieurs manières, avec ou sans épisode maniaque, rendant difficiles le diagnostic.

Quand penser à des troubles bipolaires ?

Il faut systématiquement rechercher un trouble bipolaire devant tout épisode dépressif ou tentative de suicide chez un adolescent ou un adulte jeune. Il faut faire la différence entre des troubles bipolaires et un épisode dépressif, qu’il soit isolé ou récurrent car la prise en charge est différente. Lors d’un trouble bipolaire, il existe une rupture avec le fonctionnement psychique antérieur avec un caractère épisodique des manifestations. Il est également indispensable d’évaluer les risques suicidaires. Les adolescents souffrant d’un épisode dépressif et présentant un antécédent familial de trouble bipolaire nécessitent une surveillance.

Traitement

Parmi les différentes stratégies thérapeutiques possibles, la thérapie cognitive semble être l'une des mieux adaptées. Le thérapeute cherche avant tout à identifier les pensées à l'origine des dysfonctionnements comportementaux. Ces dernières, constatées autant dans les périodes maniaques que dépressives, fournissent les clés de lecture des règles et des principes qui guident le comportement des malades. Des stratégies sont ensuite élaborées par le thérapeute pour modéliser les épisodes « haut » et « bas » de la maladie, puis stabiliser l'humeur grâce à des actions précises et adaptées à la nature de l'épisode. Ces actions visent à permettre au patient de rompre avec les mécanismes qui reproduisent les conditions d'entrée en phase de dépression ou au contraire d'hyperactivité. En modifiant peu à peu sa propre perception de ses pensées et de leurs effets, le malade ajuste consciemment ses comportements déclencheurs et arrive ainsi à stabiliser son humeur pour sortir de la cyclothymie.

Une fois le diagnostic posé, le traitement est souvent prescrit sur de très longues périodes. Les molécules les plus couramment utilisées sont des sels de lithium, des neuroleptiques et des médicaments antiépileptiques. Une psychothérapie accompagnera le traitement médicamenteux, afin de mieux gérer les symptômes de la maladie et éduquer le patient à sa maladie. Les épisodes ponctuels doivent également être traités, les épisodes dépressifs par un traitement antidépresseur, les épisodes maniaques pas une augmentation des doses de sels de lithium.

Prévention

Les troubles bipolaires ne peuvent pas être anticipés. Néanmoins, il est possible de limiter les survenues d'épisodes aigus. Le patient devra adopter une bonne hygiène de vie saine, avec des horaires réguliers, tout en évitant le stress, l'abus de substances toxiques comme l'alcool, le cannabis et les drogues dures, connaître sa maladie et son traitement. L'entourage a un rôle important.

Complications possibles : suicide

Lorsque la prise en charge thérapeutique n’est pas adaptée, un trouble bipolaire peut entrainer des tentatives de suicide chez environ 50 % des patients non traités et au décès d'1 patient sur 8. C’est pour cette raison qu’il est indispensable de rechercher des signes de crise suicidaire, surtout lors d'épisodes mixtes associant de symptômes maniaques et dépressifs.

L’avis d’un psychiatre est indispensable lorsque le diagnostic de trouble bipolaire est envisagé afin de le confirmer ce et de mettre en place une prise en charge la plus adaptée. Une hospitalisation est parfois envisagée avant l’orientation vers un psychiatre, lors par exemple d'un épisode maniaque ou mixte présentant des critères de gravité ou d’un risque de suicide.

Vidéo

Les précisions du docteur Pierrick Hordé.

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Publié par Jeff. Dernière mise à jour le 16 octobre 2016 à 01:11 par Jeff.
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