Blennorragie - Gonorrhée (chaude-pisse) - Symptômes et traitement

Mai 2017

La blennorragie, aussi appelée gonorrhée, gonococcie ou encore chaude-pisse, est la plus anciennes des infections vénériennes connues. Sa fréquence a beaucoup diminué avec l'émergence du Sida, mais elle est en légère recrudescence, depuis la fin des années 1990, surtout chez les homosexuels masculins. Le point sur cette infection sexuellement transmissible.


Définition

La blennorragie (gonorrhée ou gonococcie) est une maladie sexuellement transmissible qui est causée par une bactérie appelée Neisseria gonorrhoeae ou « gonocoque ». C'est une infection des organes génito-urinaires qui se transmet dans le cadre de relations sexuelles par contacts buccogénitaux, vaginaux et anaux. Cette infection est bénigne si elle fait l'objet d'une prise en charge précoce, mais peut être à l'origine de différentes complications si elle n'est pas traitée (voir plus bas). Elle représente la deuxième cause d'inflammation de l'urètre en France, après l'infection à chlamydia.

Facteurs de risque et prévention

Les rapports sexuels non protégés avec des partenaires à risques augmentent le risque de contamination par le gonocoque. Comme pour d'autres infections sexuellement transmissibles, le port du préservatif est essentiel (mais pas toujours suffisant) dans la prévention de la blennorragie gonococcique. Compte tenu du mode de contamination, la blennorragie (gonococcie ou gonorrhée) se rencontre plus fréquemment dans la population masculine et féminine sexuellement active et jeune (20 à 25 ans). L'infection peut également se transmettre de la mère infectée à l'enfant, lors de l'accouchement.

Causes

Cette infection sexuellement transmissible est causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae (gonocoque). Chez l'adulte, l'infection a lieu lors de rapports sexuels (vaginaux, oraux ou anaux) non protégés ou lors de contact génital avec une personne infectée. La blennorragie du nouveau-né est transmise lors de l'accouchement si la mère est infectée.

Symptômes

La période d'incubation est habituellement de deux à sept jours. A noter : les formes cliniques de la maladie atteignant la gorge ou l'anus sont souvent plus difficiles à diagnostiquer en raison de leurs symptômes particuliers. La blennorragie est souvent asymptomatique, en particulier chez la femme. Dans le cas contraire, les manifestations sont les suivantes :

Chez l'homme

Appelée aussi gonorrhée ou gonococcie (ou plus familièrement chaude-pisse), la blennorragie se manifeste chez l'homme par un écoulement de liquide purulent blanchâtre ou jaunâtre au niveau de l'urètre, et des brûlures très intenses lors de la miction.

Chez la femme

Chez la femme, les symptômes sont souvent peu intenses, ce qui retarde le diagnostic : de légères douleurs ou brûlures lors de la miction, une légère inflammation du col de l'utérus, de la vulve et du vagin. En l'absence de traitement adéquat, des conséquences plus graves pouvant entraîner une stérilité sont possibles (infection de la prostate ou des testicules, de la muqueuse ou des trompes utérines). Selon les pratiques sexuelles, l'infection peut aussi toucher l'anus ou la gorge.

Chez le nouveau-né

Une femme enceinte infectée par le gonocoque peut à son tour infecter son enfant quand elle accouche. La blennorragie de l'enfant se caractérise par une infection des yeux, qui peut entraîner des complications graves (cecité) si elle n'est pas traitée.

Vidéo

Les précisions de la journaliste santé Fabienne Rigal :

Diagnostic

En l'absence de signe clinique, la blennorragie peut être détectée par prélèvement génital, au niveau de l'urètre chez l'homme et au niveau du vagin chez la femme. On recourt généralement à un bilan complet et à la recherche de maladies sexuellement transmissibles, dans la mesure où il est fréquent de rencontrer des infections croisées. Des prélèvements anaux et pharyngés sont également réalisés.

Traitement

La blennorragie se traite par antibiotiques. Le traitement-minute, c'est-à-dire administré en une seule fois, interrompt rapidement la contagiosité. Ce traitement existe par voie injectable ou orale. On y associe souvent un traitement contre les Chlamydias, germe qui accompagne très souvent une blennorragie. Il est important de prévenir ses partenaires sexuels pour qu'ils puissent eux aussi se faire traiter si nécessaire. Des rapports sexuels protégés et une bonne hygiène intime sont indispensables.

Un prélèvement bactériologique, avec réalisation d'un antibiogramme est nécessaire pour mettre en évidence la présence de Neisseria gonorrhoeae, bactérie responsable de la blennorragie.
Un traitement antibiotique probabiliste antigonococcique et antichlamydia est généralement prescrit aussitôt après le prélèvement.

Antibiotiques

Le traitement de la blennorragie repose sur l'administration d'une dose d'antibiotiques unique par voie injectable (intramusculaire, ou par injection intraveineuse).
Ce traitement de la gonorrhée est également appelé « traitement minute ».
En cas de contre-indications à certains antibiotiques, ou de contre-indications cliniques, d'autres antibiotiques (par voie orale) peuvent être utilisés. La prise d'antibiotiques est généralement associée à un traitement de l'infection par les Chlamydiae.

Consultations de suivi

Une consultation de suivi est nécessaire au bout de trois jours si les symptômes persistent. Une autre consultation de suivi au bout de 7 jours est systématiquement organisée afin d'effectuer un contrôle microbiologique de la guérison (élimination de la bactérie).

Traitement des partenaires

Les partenaires sexuels sont également traités avec des antibiotiques pour éviter toute réinfection et réduire le risque de transmission de l'infection à d'autres personnes. En cas d'infection, votre médecin vous demandera d'informer les personnes susceptibles d'être contaminées pour qu'elles puissent être examinées et traitées.

Résistance aux traitements antibiotiques

Une nouvelle souche ultra-résistante de la bactérie a été découverte en 2011, ce qui pose le problème de la limite de l'efficacité des traitements antibiotiques aujourd'hui.

Prévention

Dans un contexte où certaines souches de Neisseria gonorrhoeae ont développé des résistances aux traitements antibiotiques, il est important de prévenir la transmission de la maladie. Pour limiter le risque d'infection et de réinfection, le préservatif est le seul moyen de prévention réellement efficace.

Complications

En l'absence de traitement, ou en cas de prise en charge tardive, la blennorragie augmente le risque de complications -parfois sérieuses- chez l'homme, la femme, et le nouveau-né. Le risque de complications liées à l'infection par Neisseria gonorrhoeae est augmenté en cas de diagnostic tardif : il est plus important chez la femme dans la mesure où 50% des femmes infectées par la bactérie ne présentent aucun symptôme.

En l'absence de traitement, ou en cas de prise en charge tardive, la blennorragie augmente le risque de complications -parfois sérieuses- chez l'homme, la femme, et le nouveau-né. Le risque de complications liées à l'infection par Neisseria gonorrhoeae est augmenté en cas de diagnostic tardif : il est plus important chez la femme dans la mesure où 50% des femmes infectées par la bactérie ne présentent aucun symptôme.

Homme

Si une blennorragie n'est pas traitée, ou traitée trop tardivement, elle peut entraîner plusieurs complications : les plus fréquentes sont l'urétrite, la prostatite et l'orchi-épididymite, qui correspond à l'inflammation d'un testicule et d'un épididyme. Non traitée, la prostatite peut évoluer vers la formation d'un abcès, et l'épididymite peut être responsable d'infertilité et d'atrophie testiculaire.
La blennorragie non traitée est par ailleurs un facteur de risque d'urétrite, d'infection des glandes sébacées du prépuce, de balanite, et de formation d'abcès péri-anaux et de fistules anales.

Femme

La cervicite (inflammation du col de l'utérus) est la complication la fréquemment observée de la blennorragie chez la femme, avec l'inflammation des glandes para-urétrales et des glandes de Bartholin, l'endométrite et la salpingite. La salpingite peut à terme entraîner un risque de stérilité tubaire et de grossesse extra-utérine.
L'évolution vers des formes disséminées (systémique) de l'infection est rare. Parmi ces complications rarissimes : septicémie subaigüe, atteintes ostéo-articulaires et manifestations cutanées de type lésions papulopustuleuses. D'autres complications graves (hépatiques, myocardiques, endocardiques et méningées) sont possibles, bien qu'extrêmement rares.

Grossesse

Non traitée, l'infection gonococcique peut influer sur l'évolution de la grossesse au cours des trois premiers trimestres et augmente le risque d'accouchement prématuré.

Nouveau-né

La cervicite gonococcique, qui résulte d'une blennorragie non traitée chez la femme enceinte, peut être responsable d'une infection chez le nouveau-né lors de l'accouchement.
L'infection gonococcique chez l'enfant se manifeste le plus souvent par une ophtalmie à gonocoques purulente et bilatérale, avec un risque de cécité important.

Augmentation du risque de transmission du VIH pour les deux sexes

La blennorragie est également associée à un risque accru de transmission sexuelle du VIH.

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Publié par Jeff.
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