Méningite - Symptômes et traitement

Mai 2017

85% des méningites sont d'origine virale. Le virus des oreillons est à l'origine de 10% des méningites virales dans les régions non vaccinées. Les méningites bactériennes, entraînent environ 170000 décès annuels dans le monde selon l'OMS.



Définition

La méningite correspond à l'inflammation des membranes enveloppant le système nerveux central (SNC) appelées « méninges ».

La méningite est le plus souvent d'origine infectieuse et entraîne de manière commune une fièvre, des maux de tête et des signes neurologiques. Il existe deux types de méningites infectieuses : des méningites virales, bénignes le plus souvent, et bactériennes, plus dangereuses et qui doivent être soignées d'urgence. Les méningites bactériennes dues au méningocoque imposent un traitement de l'entourage du patient en raison de sa nature contagieuse. La méningite touche surtout les enfants et les jeunes adultes.

Méningite foudroyante

Dans sa forme la plus grave, elle est qualifiée de foudroyante et peut être mortelle. Dans ce cas, l'inflammation est d'origine bactérienne et le germe en cause est majoritairement le méningocoque. Les infections invasives à méningocoque touchent surtout les plus jeunes. Les moins de 5 ans représentent 38% des cas, puis la maladie décroit avant de connaître un nouveau pic d’incidence entre 14 et 20 ans.

Le tableau est typiquement celui d'un enfant jeune, qui présente des signes cliniques de méningisme avec des maux de tête, une forte fièvre, une nuque raide et douloureuse, une difficulté à supporter la lumière appelée photophobie ou les sons, appelée phonophobie. Rapidement, peut apparaitre sur la peau un purpura dit fulminans de par sa rapidité d'installation, caractérisé par des taches rouges sombres ne disparaissant pas lorsqu'une pression est exercée dessus.

Dans ce cas, le SAMU doit être contacté pour mise en place d'un traitement en urgence à base d'antibiotiques. La méningite foudroyante peut être mortelle, mais prise en charge tôt, une guérison sans séquelle est possible.

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé :

Causes

Différents agents infectieux sont impliqués dans les méningites. L'inflammation peut avoir pour origine un virus, il s'agit dans ce cas du type de méningite le plus répandu (environ 70% des cas de méningites), généralement bénigne, à caractère saisonnier. Une bactérie peut être en cause: ce type de méningite est moins fréquent mais potentiellement plus sévère, pouvant engager le pronostic vital du patient. Les méningites bactériennes peuvent être associées à des signes neurologiques identiques aux encéphalites, elles sont alors désignées sous le terme de « méningo-encéphalite ». Un parasite peut être en cause dans de très rares cas.

Symptômes

Les symptômes communs de la méningite virale ou bactérienne sont de la fièvre, des maux de tête violents, une raideur dans la nuque, des vomissements, une limitation de l'élévation des membres inférieurs (signe de Kernig) et une flexion involontaire des membres inférieurs à la flexion forcée de la nuque (signe de la nuque de Brudzinski).

Facteurs de risque

L'âge (nourrissons, personnes âgées), la vie en communauté (ex : crèche, école, cantine et espaces confinés), qui favorise la transmission d'agents infectieux par les voies respiratoires, et l'affaiblissement du système immunitaire sont autant de facteurs de risques.

Méningite bactérienne

Méningite à méningocoques

La méningite à méningocoques est causée par un germe présent dans la gorge, qui se transmet exclusivement par inhalation de gouttelettes de salive projetées dans l'air par le nez et la gorge d'une personne infectée. La contamination nécessite donc un contact rapproché avec une personne porteuse de ce germe. Il existe plusieurs types de méningocoques : B et C dans la majorité des cas en France, plus rarement A, Y et W135. La méningite à méningocoques est une pathologie grave nécessitant une prise en charge d'urgence. L’incidence en France est d’un cas pour 100 000 habitants. Bien que rare, la méningite à méningocoques (d’origine bactérienne) est une infection grave dont le diagnostic peut être fatal (10% des cas). Survenant généralement entre le début de l’hiver et du printemps, cette infection touche surtout les enfants et les adolescents.

La méningite à méningocoque se transmet de personne à personne par les gouttelettes de sécrétions respiratoires ou pharyngées (toux, postillons, etc.) Un contact étroit et prolongé (éternuements, baiser, etc.), la vie en communauté, le partage de couverts et autres favorisent la propagation de la bactérie. La période d’incubation dure entre 2 et 10 jours, la moyenne étant de 4 jours.

Selon la forme de la maladie et son diagnostic plus ou moins précoce, les symptômes ne seront pas exactement les mêmes.
  • Formes classiques : fièvre, maux de tête, photophobie (crainte de la lumière), raideur au niveau de la nuque, nausées et vomissements.
  • Formes graves : taches nécrotiques ou purpuriques (« bleus » ne s’effaçant pas à la pression) qui s’étendent progressivement sur tout le corps.


La méningite est une maladie mortelle : environ 5% à 10% des malades décèdent entre 24h et 48h après l’apparition des symptômes. De plus, la maladie peut entraîner des lésions cérébrales, une surdité partielle et/ou des troubles de l’apprentissage chez 10% à 20% des survivants.
Dès l’apparition des symptômes, il faut consulter au plus vite les urgences de l’hôpital le plus proche.

La vaccination est possible pour deux des sérogroupes, A et C. le vaccin divalent en question n'est efficace qu'au-delà de l'âge de 18 mois et reste efficace 3 ans. Un vaccin dit "tétravalent" efficace sur les sérogroupes A, C, W 135 et Y est disponible en centres spécialisés et pourra être fait sous certaines conditions (destinations particulières, contexte épidémique avéré à W 135, etc). Dans le cadre d’une infection épidémique, la prise en charge des cas secondaires et leur protection constituent une forme de prévention.

Comme toutes les infections bactériennes, la méningite à méningocoques se traite par des antibiotiques. Pour que le traitement soit le plus efficace possible, il doit intervenir le plus tôt possible. L’entourage du malade et toutes les personnes ayant été en contact plus ou moins rapproché dans les 10 jours précédant l’hospitalisation doivent également subir une antibiothérapie à courte visée préventive.

Méningite à pneumocoques

Elle est liée à Streptococcus pneumoniae : le mode de contamination est similaire à celui de la méningite à méningocoques, sachant que la bactérie peut également être transmise par contact avec des objets souillés par des sécrétions respiratoires. La méningite à pneumocoques est plus courante en hiver et au printemps, et touche plus particulièrement les bébés et les personnes âgées, sachant que l'immunité est généralement acquise à partir de l'âge de 5 ans. Un traumatisme crânien ou une intervention ORL s'ajoutent aux facteurs de risques de transmission de cette infection.

Méningite tuberculeuse

La méningite tuberculeuse est une forme de méningite provoquée par le bacille de Koch. Elle se manifeste principalement par de violents maux de tête résultant de l'inflammation des méninges. D'autres symptômes surviennent progressivement, notamment une grande fatigue, des troubles de l'humeur et des insomnies. Le signe de Kernig est révélateur : le patient est incapable de lever ses jambes perpendiculairement lorsqu'il est couché. Le diagnostic peut être posé après une ponction lombaire et un scanner. Le traitement repose sur l'antibiothérapie (isoniazide, rifampicine, etc.).

Autres méningites bactériennes

De nombreux germes sont impliqués dans les autres types de méningites bactériennes, qui représentent environ 10% des cas comme l'haemophilus influenzae (chez le nourrisson), le bacille de Koch, le Streptocoque B, l'Escherichia coli, la Listeria monocytogenes (chez l'enfant) et staphylocoque doré (dans le cadre d'un infection contractée en milieu hospitalier, après un geste opératoire notamment).

Méningite virale

La méningite virale correspond à une inflammation des méninges (membrane qui recouvre l'encéphale et la moëlle épinière) provoquée par un virus. Les méningites virales, beaucoup plus fréquentes, sont bénignes et d'évolution spontanément favorable. De nombreux virus sont en cause : entérovirus, adénovirus et mononucléose infectieuse, oreillons rougeole, rubéole, varicelle, etc. Le traitement est essentiellement symptomatique (antalgique).

Méningite herpétique

Il existe plusieurs types de méningite selon la cause responsable. La méningite herpétique est provoquée par le virus Herpès Simplex (HSV). Elle se caractérise surtout par des céphalées, de la fièvre et une raideur de la nuque. Certains patients souffrent aussi d'hallucinations et deviennent agressifs. La ponction lombaire permet d'étudier le liquide céphalo-rachidien et d'identifier le virus. Une tomodensitométrie cérébrale et un électroencéphalogramme peuvent être indiqués. L'aciclovir est le traitement antiviral de premier choix.

Signes qui doivent alerter

Le purpura nécrotique ou « purpura fulminans » (lésion hémorragique cutanée manifestée par des taches sur la peau de pigmentation pourpre ou violacée), une fièvre mal supportée, des troubles respiratoires, une photophobie (gêne à la lumière avecsensibilité excessive), un malaise général, mains et pieds froids, très mauvaise mine, un choc septique, et/ou une confusion, agitation, convulsions, et des troubles de la conscience (syndrome encéphalitique) sont des manifestations qui doivent alerter.

En présence des symptômes évoqués ci-dessus, contacter le service d'aide médicale urgente (SAMU) en composant le 15 ou le 112 sur un portable.

Diagnostic

En cas de suspicion de méningite, une consultation en urgence doit être faite. La présence d'un purpura, taches rouges d'apparition soudaine qui ne disparaissent pas à la pression, doit être recherchée. La prise en charge de la suspicion de méningite est hospitalière avec la réalisation d'une ponction lombaire qui est un prélèvement de liquide céphalo-rachidien effectué à proximité de la colonne vertébrale. L'analyse de ce liquide en laboratoire (aspect, nombre et type de cellules, biochimie, examen bactériologique direct et culture) pourra confirmer la méningite et déterminer si elle est causée par un virus ou par une bactérie. Dans certains cas, un scanner peut être réalisé avant la ponction. Parallèlement, une prise de sang sera faite et mise en culture.

La méningite d'origine bactérienne nécessite un traitement par antibiothérapie, dont le choix est orienté en fonction des résultats de l'examen direct du LCR, et de certains signes de gravité.

Complications

Non traitée, ou prise en charge tardivement, la méningite d'origine bactérienne peut entraîner les complications suivantes comme une septicémie, une surdité bilatérale, un coma, des troubles de la mémoire, une récidive, une paralysie des nerfs crâniens, des troubles du comportement, un retard mental, une épilepsie, et dans des situations dramatiques conduire au décès.

Séquelles

En général, la méningite virale évolue spontanément vers la guérison entre 3 et 8 jours. Contrairement à la méningite d'origine bactérienne, la méningite virale n'entraîne normalement pas de séquelles. Cela dit, des troubles de la vision et de l'audition ainsi qu'une paralysie peuvent survenir dans certains cas.

Potentiellement mortelle, la méningite bactérienne requiert une antibiothérapie pour éviter les complications. Si la prise en charge est tardive, le patient peut être victime de séquelles neurologiques. Ces séquelles incluent les troubles de la vision (voire la cécité), une perte d'audition, des troubles de langage et de la mémoire, une paralysie et une gangrène.

Traitement

Le traitement de la méningite doit être rapide. En cas d'existence d'un purpura associé au syndrome méningé, des antibiotiques sont donnés avant même les résultats de la ponction lombaire, parfois même avant sa réalisation si la ponction ne peut pas être pratiquée dans un délai suffisant. En cas de signes gravité, ils seront donnés après la prise de sang et avant la ponction. Dans les autres cas, l'analyse du liquide céphalo-rachidien est nécessaire pour savoir si les antibiotiques sont nécessaires. Des corticoïdes peuvent également être prescrits en fonction des cas.

Prévention

La méningite bactérienne à méningocoque étant contagieuse par contact respiratoire, il faut être très prudent et mettre en place des mesures d'isolement en cas de suspicion. Si le germe identifié est le méningocoque, l'entourage et les professionnels ayant été en contact avec le patient doivent prendre un traitement préventif. Une déclaration du cas à l'Agence régionale de santé est également obligatoire. La vaccination est dorénavant préconisée pour les enfants. D'autres bactéries ou virus responsables de méningites sont prévenus par la vaccination (oreillons, poliomyélite...).

Vaccination

La vaccination est possible en prévention de certaines types de méningites à méningocoques : A ; C; W135et B14. Un vaccin est également disponible en prévention (partielle) de la méningite à pneumocoques chez l'enfant, et en prévention de Haemophilus influenzae (deux injections avant l'âge de 18 mois).

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Publié par p.horde.
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