Les activités physiques et sportives, Académie Nationale de Médecine (ANM)

Juin 2017

L'Académie Nationale de Médecine (ANM) a publié en octobre 2012 un rapport sur les effets et bénéfices des activités physiques et sportives (APS) sur la santé. Dans ce document, l'ANM recommande la prescription des APS sur ordonnance, aussi bien dans le cadre du traitement de différentes pathologies ou situations de handicaps, que dans une démarche de prévention primaire. Elle donne par ailleurs des précisions sur les modalités de mise en oeuvre de programmes d'activités physiques de stade 3 qui désignent les activités « régulières, raisonnées et raisonnables », aux effets bénéfiques reconnus sur la santé.


Effets et bénéfices des activités physiques et sportives sur la santé

La position exprimée par l'ANM dans ce rapport s'appuie sur une bibliographie de près d'une trentaine de références, dont le récent rapport de l'INSERM « Activité physique, contextes et effets sur la santé ».

Sur ce sujet, consulter également l'enquête exclusive « Le meilleur des médicaments », réalisée par Santé Médecine et le Journal de Femmes Santé, qui présente dans le détail les différents bénéfices de l'activité physique sur la santé.

Allongement de l'espérance de vie en bonne santé et retard à la dépendance

Selon l'ANM, le lien entre APS et allongement de l'espérance de vie est indiscutable, et contribue notamment à réduire le risque de mortalité prématurée.
  • L'amélioration de l'espérance de vie s'exprime à chaque étape de la vie, en particulier chez les adultes de 70 ans et plus.
  • Une dépense énergétique supplémentaire de 1000 à 1700 Kcal par semaine est associée à une réduction significative de la mortalité.
  • La vitesse de marche est un bon indicateur de l'espérance de vie du sujet âgé.

Effets précoces et à court terme des APS

Selon le rapport de l'ANM, la pratique régulière des activités physiques et sportives a des effets positifs sur :

Effets bénéfiques des APS

L'ANM met en évidence le fait que :
  • Les activités en aérobie sont accompagnées de modifications physiologiques impliquant le système cardiovasculaire, qui permettent d'améliorer la capacité et l'efficacité de l'apport d'oxygène et des substrats aux tissus.
  • Les liens entre l'exercice physique et l'expression des gènes sont établis.

Effets des APS sur certains métabolismes et sur le fonctionnement des différents appareils

L'ANM souligne dans son rapport :
  • Les bénéfices des APS sur le métabolisme des lipides, et dans la prévention du diabète de type 2 et sa prise en charge.
  • Le rôle des APS en prévention des maladies cardiovasculaires, et dans l'amélioration de la fonction pulmonaire.
  • Les effets favorables des APS aux différents étapes de la maladie cancéreuse (traitement et prévention, y compris des récidives).

L'influence des APS selon les périodes et circonstances de la vie

L'ANM indique que la pratique d'activités physiques bénéficient aux enfants et adolescents, chez qui elle joue un rôle essentiel pour le développement, aux adultes (hommes et femmes indifféremment), et aux personnes âgées, en retardant la dépendance, et en permettant de prolonger la vie en bonne santé.

Concernant les personnes en situation de handicap ou les patients porteurs d'affections chroniques : les bénéfices de l'exercice physique sur la qualité de des personnes en situation de handicap et des sont démontrés.

Sur ce dernier point, l'ANM rappelle que les conditions physiologiques de l'exercice physique doivent être prises en compte à coté de la nature de chaque handicap (ex : risques de prises médicamenteuses non maitrisées dans le contexte d'effort physique).

Insuffisance ou absence de suivi des APS

L'ANM rappelle que :
  • L'inactivité physique est responsable de un décès sur dix dans le monde soit 3 millions de personnes (OMS).
  • Les incidents de santé pouvant survenir exceptionnellement dans le cadre de la pratique d'activités physiques (et exceptionnellement dans le cadre d'une pratique « Régulière, Raisonnée, Raisonnable ») mais sont sans commune mesure avec les méfaits liés à la sédentarité.

Organiser la pratique des APS pour la santé

L'ANM indique cinq stades reflétant les différents comportements et bénéfices liés à la pratique d'activités physiques et sportives.
  • Stade 1 : activés physiques inexistantes ou trop limitées : bénéfices nuls, et risques de sédentarité.
  • Stade 2 : activés physiques limitées (vie quotidienne active), suffisantes pour protéger l'individu de la sédentarité.
  • Stade 3 : activités physiques et sportives associées à une « bonne » hygiène de vie, adaptées aux recommandations en vue d'assurer un bénéfice certain pour la santé.
  • Stade 4 : Activités physiques et sportives régulières de type amateur, bénéfices certains, mais imposent un contrôle régulier de la santé.
  • Stade 5 : Sportif de haut niveau, voire professionnel (surveillance rigoureuse).

APS : le stade 3 et la pratique « régulière, raisonnée et raisonnable »

D'après l'ANM, le stade 3 devrait concerner l'ensemble de la population pour les effets positifs attendus sur la santé. Il répond au concept retenu « d'activités physiques et sportives de base » qui correspond à la description suivante :
  • 5 demi-heures par semaine de pratique.
  • L'énergie consommée en kilocalories (Kcal) doit être de 1000 à 1700 kcal par semaine.
  • Le volume d'activité nécessaire ainsi déterminé peut être défini par "3 R" se rapportant à une activité : « régulière, raisonnée, raisonnable ».

Organiser un programme individuel d'APS selon le concept « bénéfice pour la santé »

L'ANM recommande :
  • De déterminer pour chaque individu le niveau d'activité maximal au dessous duquel il est assuré de « travailler » en aérobie, sans risque d'incidents majeurs.

Le niveau maximal est déterminé de deux manières :
- en relevant la fréquence cardiaque maximale lors de l'épreuve d'effort.
- ou en mesurant la consommation maximale d'oxygène (VO2 max) lors d'un effort.
  • D'adapter le volume d'APS permettant d'atteindre le but fixé (stade 3). La correspondance entre volume d'activité, type d'activité, durée des activités en minutes, MET et Kcal (kilocalories) « sera fixée à partir des échelles établies et permettra de préparer un protocole adapté à chaque sujet » précise l'ANM.

Le suivi des APS : sujet sain et situation pathologique

Dans les deux situations suivantes, l'indication des APS ne se conçoit « que chez des sujets respectant une hygiène de vie » précise l'ANM.
  • Chez le sujet sain : le geste médical peut se limiter à la prescription de mesures de prévention primaire (APS de stade 3).
  • En cas de pathologies, et en situation de handicap : les APS peuvent être prescrites en complément d'un traitement ou comme seul traitement (« le sport sur l'ordonnance médicale »).

Les principes du traitement et les moyens

Certaines mesures d'accompagnement doivent précédées puis associées à la prescription d'APS :
  • Examen médical,
  • consultation spécialisée si nécessaire,
  • examen attentif des mesures médicales associées (traitement en particulier) et suivi du patient.

Dans le cadre de la prévention primaire, le comportement au quotidien doit associer :
  • Une hygiène de vie favorisant la mobilité et évitant le tabagisme, la consommation excessive de boissons alcoolisées, ou trop sucrées, la prise de drogues, etc.
  • L'établissement d'un programme personnel (respectueux de l'état du patient, de ses souhaits et ses capacités), en s'assurant d'une dépense énergétique suffisante.


L'ANM indique que le choix des APS devra être l'objet d'une concertation entre le médecin référent, le médecin du sport et le spécialiste de la discipline en cas de traitement à visée médicale.

Les indications : le mode de vie doit être adapté à l'âge

  • Petite enfance : inciter l'enfant à marcher, puis intégrer des mouvements plus complexes en fonction de développement neuromusculaire.
  • Jeune enfance : la participation aux jeux dans la cours de récréation doit être encouragée.
  • Enfant plus grand : outre la participation à des jeux plus élaborés, associer progressivement des activités physiques et sportives, en activité aérobie. Vers 10 à 14 ans : activités de groupe et sports organisés permettent et accompagnent le développement cérébral et corporel, améliorent l'endurance, le système cardiovasculaire, et la force musculaire.
  • Adolescence et âge adulte : préférer la marche ou utiliser une bicyclette, associer un sport collectif, un sport dual et un sport individuel adapté.
  • Personne âgée : poursuite d'activités physiques et sportives le plus régulièrement possible, sur un mode retenu, encadré par une culture physique adaptée.


L'ANM précise que pour tous ces publics, il est impératif de s'astreindre à ne pas dépasser 2 heures par jour de conduites sédentaires.

Les programmes d'APS

Dans l'attente de consensus sur la place des APS en prévention ou dans le cadre d'un traitement médicale, l'ANM formule les recommandations suivantes : La prescription devra figurer sur l'ordonnance rédigée selon les règles de toute prescription médicamenteuse et être expliquée au patient avec une même rigueur. Sur l'ordonnance devront figurer, le détail des activités physiques à poursuivre (nature et contexte de la pratique, intensité, durée et fréquences des séances, mesures associées, contrôles médicaux à observer). La surveillance du traitement et de ses résultats méritera la même attention.

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Publié par sante-medecine.
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