Burn out ou syndrome d’épuisement professionnel : Repérage et prise en charge

Septembre 2017

Face à l'évolution des conditions de travail et à la plus forte prévalence des facteurs de risque psycho-sociaux, la Haute Autorité de Santé appelle à plus de vigilance à l'égard du burnout.

Contexte

Non considéré comme une maladie dans les classifications de référence, le syndrome d'épuisement professionnel se rapproche d'autres situations comme la souffrance au travail ou les effets du stress. La HAS précise que la souffrance psychique liée au travail constitue le deuxième groupe d'affections causées ou aggravées par le travail en France.

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé


Définition

Le syndrome d'épuisement professionnel ou burnout est défini comme un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ». La HAS complète cette définition par un processus de dégradation du rapport au travail, tenant compte d'un l'épuisement émotionnel, d'un cynisme vis-à-vis du travail (dépersonnalisation), et d'une baisse de l'accomplissement ou de l'efficacité.

Manifestations cliniques et démarche diagnostique

La HAS préconise la réalisation d'une démarche diagnostique pour évaluer la sévérité du syndrome d'épuisement et son lien avec les conditions de travail. Une telle démarche doit aussi permettre de repérer d'éventuelles maladies sous-jacentes (anxiété, dépression, état de stress post-traumatique) en recherchant des facteurs de risque. Une attention particulière doit également être accordée au risque suicidaire. D'après la HAS, les symptômes du burnout sont d'importance variable et surviennent généralement de manière progressive. Les manifestations cliniques peuvent être d'ordre émotionnel (anxiété, tristesse, irritabilité), cognitif (troubles de la mémoire, de l'attention, de la concentration), comportemental (repli sur soi, agressivité, isolement, addiction), motivationnel (baisse de la motivation, remise en question) et physique. A noter que les symptômes physiques observés ne sont pas forcément spécifiques au burnout : asthénie, maux de tête, crampes, troubles musculo-squelettiques, troubles digestifs.

Facteurs de risque

Pour guider la recherche de facteurs de risque de syndrome d'épuisement professionnel, la HAS préconise de s'appuyer sur les six catégories suivantes : intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles, autonomie, relations dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l'emploi. Les facteurs individuels comme les antécédents, les événements de la vie et certains traits de la personnalité doivent également être analysés à titre préventif. La HAS met l'accent sur les soignants qui constituent une population particulièrement exposée au risque de burnout en raison des spécificités de leur activité. Une prise en charge adaptée et un soutien social sont recommandés, en plus du suivi comme pour tout autre travailleur salarié.

Repérage

Selon la HAS, le repérage peut être effectué au niveau individuel en s'appuyant sur les manifestations cliniques, les conditions de travail et les facteurs individuels. Les questionnaires comme le Maslach Burnout Inventory (MBI) ou le Copenhagen Burnout Inventory (CBI) peuvent être utilisés pour guider un entretien avec un patient. Au niveau collectif, le repérage doit être réalisé par l'équipe de santé au travail en s'appuyant sur des facteurs liés au fonctionnement de l'entreprise tels que le turnover et les mouvements du personnel (absentéisme, présentéisme). Les facteurs propres à la santé doivent également être analysés : accident du travail ou maladies professionnelles, visites médicales spontanées, inaptitudes.

Prise en charge et acteurs

La prise en charge du burnout repose sur le traitement du trouble identifié et sur la modification du contexte socioprofessionnel en cause. Elle débute généralement par un arrêt de travail. Le médecin traitant, qui coordonne cette prise en charge, prescrit le traitement adapté et peut orienter le patient vers un psychiatre si nécessaire. Un traitement à base d'anti-dépresseurs est envisageable pour soulager des troubles anxieux et/ou dépressifs. La prise en charge peut également être non médicamenteuse, au moyen d'interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles. La HAS recommande des actions de prévention individuelles et collectives sur le lieu de travail, en plus de la prise en charge des aspects médico-socioprofessionnels et psychologiques.

Accompagnement du retour au travail

La HAS invite à organiser une ou plusieurs visites de pré-reprise, et rappelle que celle-ci est obligatoire pour les salariés ayant été arrêtés plus de trois mois. Des aménagements du poste de travail, des formations ou des pistes de reclassement peuvent être recommandées par le médecin suite à cette visite de pré-reprise pour aider le salarié à reprendre le travail ou à se réorienter. La HAS rappelle également l'importance du rôle du médecin du travail dans l'accompagnement lors de la reprise et dans le maintien du patient dans l'emploi.

Source

Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout, Fiche mémo de la Haute Autorité de Santé (PDF)

Crédits photo : © Robert Kneschke - Fotolia.com

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Publié par p.horde.
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