Phénylcétonurie - Causes, diagnostic et traitement

Décembre 2016

La phénylcétonurie est une maladie mentale génétique détectée automatiquement chez le nourrisson grâce au fameux test de Guthrie. Grave, elle peut être à l’origine d’un retard mental en l’absence de traitement.


Définition

La phénylcétonurie est une maladie mentale causée par un déficit de phénylalanine hydroxylase, empêchant la phénylalanine de se transformer en tyrosine. La phénylalanine est toxique pour le système nerveux lorsqu’elle est présente en trop grande quantité dans le sang.

Causes

La phénylcétonurie est liée à un déficit de phénylalanine hydroxylase (PAH). Cela augmente la production de phénylalanine plasmatique, qui a un effet toxique sur le cerveau.

Deux formes de phénylcétonurie :
  • PCU (formes sévères)
    • typique : taux de Phe > 20 mg/dl,
    • atypique : taux de Phe < 20 mg/dl,
  • l'hyperphénylalaninémie modérée permanente (HMP) : taux de Phe < 10 mg/dl.

Diagnostic

Un dépistage est effectué de manière systématique au troisième jour de vie du nourrisson afin de déterminer le taux de phénylalanine dans le sang. Un petit échantillon dans le sang est prélevé au talon ou au doigt de l’enfant, et analysé selon le protocole du test de Guthrie. Le taux est considéré comme positif s’il excède les 3 mg/dl. Un nouveau prélèvement de contrôle est alors réalisé. Si le diagnostic se confirme, une prise en charge médicale est immédiatement proposée. Si le taux est supérieur à 5 mg/dl, ces examens complémentaires sont réalisés.

Diagnostic néonatal

Un dépistage est effectué systématiquement à la naissance chez tous les enfants, au 3e jour de vie. Si le taux de Phe est :
  • supérieur à 3 mg/dl [180 ?mol/l], un prélèvement de contrôle doit être fait : si ce dernier est supérieur à 3 mg/dl, l'enfant doit être pris en charge médicalement.
  • supérieur à 5 mg/dl : des examens complémentaires doivent être effectués :
    • contrôle du taux de Phe,
    • dosage des bioptérines urinaires et de l'activité dihydroptéridine réductase (DHPR) sanguine,
    • bilan hépatique et chromatographie des AA plasmatiques,
    • test au BH4 (si taux de Phe de contrôle > à 8 mg/dl).

Diagnostic chez des patients non dépistés

La HAS recommande qu'un diagnostic soit effectué chez les personnes qui sont nées avant la mise en place du dépistage néonatal ou venant de pays ne bénéficiant pas de ce dépistage
  • souffrant
    • de retard de développement psychomoteur,
    • d'autisme,
    • associés à des troubles cutanéo-phanériens,
  • ayant des enfants souffrant
    • de microcéphalie,
    • d'hypotrophie,
    • de malformations (cardiaques) associées à un retard psychomoteur.


1573 PCU ont pu être diagnostiquées dès la naissance entre 1972 et début 2006.

Examens

Pour détecter la PCU, la HAS recommande :
  • phénylalaninémie(carton Guthrie) ;
  • aminogramme plasmatique (diagnostic différentiel) ;
  • analyse moléculaire ;
  • test au BH4.

Traitement

Le traitement préconisé est surtout de type diététique : il s’agit d’un régime permettant de conserver un taux de phénylalanine relativement faible, afin d’assurer un développement cérébral normal. Les aliments à éviter dans le cadre de ce régime sont les œufs, le poisson, la viande, les laitages, ainsi que certains féculents et produits céréaliers. Ce régime est complété par des aliments diététiques à base d’acides aminés pour éviter toute carence. Un traitement médicamenteux est également possible. La Haute Autorité de Santé recommande la tétrahydrobioptérine, et des acides aminés neutres.

Traitement diététique

La HAS précise que ce traitement a pour but de maintenir le taux de Phe dans des proportions qui ne sont pas toxiques. Il consiste à limiter l'apport en Phe, contenu dans toutes les protéines naturelles :
  • oeuf ;
  • poisson ;
  • viande ;
  • produits laitiers ;
  • légumineuses ;
  • oléagineux ;
  • féculents ;
  • produits céréaliers.


L'apport minimum en Phe est fait par :
  • le lait (1er mois de vie) ;
  • légumes ;
  • pomme de terre ;
  • fruits.


Des aliments diététiques font également partie du traitement :
  • mélanges d'acides aminés ;
  • produits hypoprotidiques.

Médicaments

La HAS recommande :
  • la tétrahydrobioptérine (BH4) ;
  • des acides aminés neutres (AAN).

Suivi

Un suivi est nécessaire pour tout patient atteint de phénylcétonurie, de l’enfance à l’âge adulte. Ainsi le patient doit-il être vu tous les mois pendant sa première année de vie, tous les trimestres jusqu’à ses dix ans, trois fois par an jusqu’à la fin de ses études, et au moins une fois par an à l’âge adulte. L’objectif étant de surveiller le régime alimentaire et de l’adapter si besoin. Des contrôles des taux sanguins sont effectués chaque semaine jusqu’à l’âge de trois ans, puis quatre fois par an à l’âge adulte.

Repères

  • Maladie génétique pouvant entrainer un retard mental
  • Nécessite un diagnostic précoce
  • Le traitement repose essentiellement sur un régime alimentaire pauvre en phénylalanine

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