Alcool, tabac, cannabis: agir le plus tôt possible

Octobre 2017


Repérage précoce et intervention brève permettent de répondre de manière individuelle à des consommations à risque de dommages physiques, psychiques ou sociaux. Pour aider les professionnels de santé de premier recours dans cette démarche, la HAS a publié une liste de recommandations de bonnes pratiques.




Repérage précoce

Consommation déclarée

La HAS recommande un repérage au moins une fois par an, et/ou suite à tout changement psychosocial. Le repérage est pertinent en cas de grossesse, en situation de précarité, en conditions de stress, si la personne occupe un poste de sécurité, ou si elle conduit régulièrement un véhicule.
Pour évaluer le risque, il convient de questionner la personne sur sa consommation (quantité et fréquence).Concernant l’alcool, la consommation est considérée « à risque » à partir de 3 verres standard par jour (21 par semaine) pour un homme, et à partir de 2 verres standard par jour (14 par semaine) pour une femme. En cas d’occasion particulière (soirée, fête), la consommation peut être risquée à partir de 4 verres standard. Le fait de fumer du cannabis ou du tabac, quelles que soient la fréquence et la quantité, doit conduire à une action d’évaluation du risque. En cas d’absence de consommation à risque, la HAS préconise un renforcement des conduites favorables à la santé.

Evaluation du risque

Alcool

Pou évaluer le risque lié à la consommation d’alcool, la HAS conseille l’utilisation du questionnaire FACE(Formule pour approcher la consommation d’alcool par entretien).
Le score obtenu permet de déterminer les actions spécifiques à mettre en place : renforcement des conduites favorables à la santé en cas de risque faible ou nul, intervention brève en cas de probabilité de consommation excessive, ou proposition de consultation d’addictologie en cas de probabilité de dépendance. La HAS souligne également les pratiques et situations pouvant majorer les dommages : consommation épisodique massive (à partir de 6 verres standard par occasion), association avec le cannabis ou autres substances psychoactives, consommation pendant la grossesse, consommation régulière en-dessous de 25 ans, interactions avec les médicaments, maladies chroniques, troubles psychiatriques et personnes âgées.

Cannabis

L’évaluation du risque lié à la consommation du cannabis peut être réalisée au moyen du questionnaire CAST (Cannabis Abuse Screening Test). Comme dans le cas de la consommation d’alcool, les solutions préconisées dépendent du niveau de risque estimé : information minimale, intervention brève ou consultation d’addictologie.

Tabac

D’après les recommandations de la HAS, la simple question « fumez-vous du tabac ? » suffit à déterminer les actions à mettre en place : délivrer des conseils d’arrêt et proposer un accompagnement en cas de réponse positive. En cas de réponse négative, il est conseillé de demander à la personne si elle a déjà fumé et si oui, pendant combien de temps, et de quand date l’arrêt.

Intervention brève

La HAS liste les interventions préconisées pour conduire à l’arrêt ou à la réduction de la consommation de substance(s) psychoactive(s). Après avoir restitué les résultats du questionnaire, il est recommandé d’informer la personne sur les risques en général, et d’évaluer ses risques personnels. La HAS conseille d’échanger avec le consommateur pour identifier ses attentes et son intérêt personnel à réduire ou arrêter, et d’expliquer les méthodes existantes. Selon la HAS, mieux vaut proposer des objectifs et laisser le choix, tout en évaluant la motivation, le bon moment et la confiance dans la réussite de l’arrêt ou de la réduction de la consommation (pour cela, 3 échelles de 1 à 10 peuvent être utilisées).
Une nouvelle consultation peut être proposée pour réévaluer la consommation. La HAS invite également les professionnels de santé à remettre une brochure au consommateur, ou à l’orienter vers un autre support : sites, forums, associations….D’après les recommandations de la HAS, la posture à adopter doit être partenariale, pour favoriser les échanges.

Accompagnement

La HAS préconise un accompagnement sur le long terme afin de favoriser l’arrêt ou la réduction de la consommation à long terme. Pour cela, les professionnels de santé sont invités à instaurer une relation de confiance, à soutenir les efforts de réduction des risques, d’abstinence et de modération, et à renforcer les actions favorables à la santé (exercice physique par exemple). Un entretien motivationnel ou une consultation d’addictologie peuvent être proposés en cas de reprise, de survenue de dommages, ou de dépendance. La HAS insiste sur l’importance de la notion d’essai: celle-ci permet de ne pas attribuer l’échec au patient. La rechute doit être considérée comme la règle plutôt que l’exception, et doit rapprocher le thérapeute et le patient du succès.

Source

Outil d'aide au repérage précoce et intervention brève : alcool, cannabis, tabac chez l'adulte, Haute Autorité de Santé

Crédits photo : © nito - Fotolia.com

Publi-information
Publié par p.horde.
Ce document intitulé « Alcool, tabac, cannabis: agir le plus tôt possible » issu de Journal des Femmes Santé (sante-medecine.journaldesfemmes.com) est soumis au droit d'auteur. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite. Sante-Medecine.net adhère aux principes de la charte « Health On the Net » (HONcode) destinée aux sites Web médicaux et de santé. Vérifiez ici.