Fish pédicure - Connaître les dangers

Mai 2017

En l’absence de réglementation spécifique, le HCSP, Haut Conseil de la Santé Publique a rendu un avis sur la pratique de la Fish pédicure (ou Fish therapy) et a établi plusieurs recommandations. Son principal message : ne pas suggérer une efficacité médicale et rester vigilant quant aux éventuels risques infectieux.

Définition

Le HCSP rappelle la définition des techniques de Fishtherapy : celles-ci consistent à utiliser des poissons pour manger les peaux mortes. Pieds, mains ou corps entier sont placés dans un bassin rempli de poissons (Garra rufa ou Chin-chin). La Fishtherapy procure des bienfaits similaires au gommage et une sensation de détente. En revanche, ses effets thérapeutiques sur le psoriasis ou l’eczéma ne sont pas prouvés scientifiquement. Le HCSP souligne qu’en France, aucune réglementation sanitaire n’encadre pour le moment la pratique de la Fishtherapy. Les centres doivent seulement obtenir deux autorisations préalables : un certificat de capacité pour élever et utiliser des animaux, et une autorisation préfectorale pour les installations.

Aux Etats-Unis, 18 états ont proscrit la pratique de la Fishtherapy pour niveau d’hygiène insuffisant. Le risque d’infection est augmenté en raison d’une possible confusion entre les espèces de poissons dont l’une possède des dents et peut provoquer morsures et saignements, de l’utilisation répétée des poissons et d’un nettoyage insuffisant des bassins entre chaque client. De plus, la technique de la Fishtherapy nécessite de placer les poissons dans des conditions de jeûne, ce qui peut être considéré comme une maltraitance animale.

Le Royaume-Uni et la Belgique ont réalisé des rapports en 2011 et 2013 et recommandent de ne pas développer les centres de Fis therapy. A défaut, des mesures contraignantes sont préconisées sur les points suivants : évaluation et traçabilité des risques, locaux et installations, information des clients sur les risques et les contre-indications, suivi du traitement et désinfection et en cas de saignements, gestion d’évènements indésirables. La HAS a été saisie en 2012 pour évaluer la dangerosité de la Fishtherapy, mais n’a pu réaliser cette évaluation compte tenu du peu de données disponibles.

Usages de la Fishtherapy

Le HCSP distingue l’usage esthétique de l’usage thérapeutique de la Fishtherapy. En France, ces techniques ne font l’objet d’aucune indication médicale reconnue.

Éléments concernant les risques

D’après le HSCP, si le risque infectieux existe en théorie, il n’est pour le moment pas quantifiable en l’absence de documentation prouvant le lien entre présence de germes pathogènes dans l’eau et cas de contamination. Il précise que des risques identiques existent dans d’autres milieux hydriques encadrés par une réglementation spécifique : les eaux de piscine notamment. En juin 2014, une étude recensait 166 établissements autorisés en France pour pratiquer la Fishtherapy.

Risque de contamination des bassins avec des germes connus comme étant pathogènes

Les risques sont limités pour les personnes en bonne santé (peau intacte et absence de maladie sous-jacente). Une étude menée dans 24 bassins de 16 structures aux Pays-Bas a effectivement mis en évidence la présence de germes dans l’eau, mais de faible concentration.

Des cas rapportés de contamination

Des cas d’infections graves suite à la pratique de la Fishtherapy ont été rapportés chez des personnes dont l’état de santé pouvait favoriser la contamination (diabète, immunodépression).

Pas de cas groupés ou d’épidémies rapportés

Selon le HCSP, aucune épidémie de même origine n’a été constatée chez des personnes ayant eu recours à la Fishtherapy.

Peu de données épidémiologiques

Le HCSP souligne l’absence de documentation concernant la prévalence et l’incidence du risque de contamination lié à la Fishtherapy. Il n’existe pas non plus d’étude prouvant le lien entre présence de micro-organismes dans l’eau et cas de contamination.

Recommandations

Le HCSP a établi une liste de plusieurs recommandations sur la Fishtherapy. Il invite à ne pas associer cette terminologie à une efficacité médicale. Les médecins (généralistes et spécialistes) doivent d’ailleurs être informés de la non efficacité de la Fishtherapy dans la prise en charge du psoriasis ou de l’eczéma, et des risques d’infections liés à cette technique. Le HCSP préconise également une information du public dans les centres de Fishtherapy et dans les cabinets médicaux. Les professionnels de santé sont invités à signaler les cas suspects d’infection en vue d’investigations approfondies. Des contrôles sanitaires et des évaluations des risques doivent être effectués de manière régulière. Le HCSP précise enfin que ces recommandations peuvent évoluer selon les données disponibles.

Source

Risques sanitaires liés à la pratique de la Fish therapy, avis du HCSP

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Publié par p.horde.
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