Rayonnements ionisants: effets sur la santé et mesures de protection (OMS)

Février 2017


Naturels ou artificiels, les rayonnements ionisants exposent quotidiennement les populations. Si dans certains cas ces rayonnements ont des effets bénéfiques sur la santé, des doses reçues en grande quantité ou sur le long terme peuvent s’avérer nocives.


L’OMS fait le point sur les risques et les situations d’exposition.

Qu’est-ce qu’un rayonnement ionisant ?

L’OMS définit les rayonnements ionisants comme « une forme d’énergie libérée par les atomes qui se propage par le biais d’ondes électromagnétiques (rayons gamma ou X) ou de particules (neutrons, particules bêta ou alpha) ».Ils correspondent à l’énergie émise en excès. Les éléments instables désintégrés en émettant des rayonnements ionisants sont des radionucléides.

Sources de rayonnements

Les rayonnements sont issus de sources naturelles (air, sol, eau) ou artificielles. Aussi, l’OMS souligne que les êtres humains y sont exposés de manière quotidienne. A noter que dans certaines zones, l’exposition aux rayonnements peut s’avérer 200 fois plus intense que la moyenne.
Les sources artificielles de rayonnements ionisants se trouvent principalement dans les installations produisant de l’énergie nucléaire, mais aussi dans les dispositifs médicaux de diagnostic et de traitement, la radiographie en tête.

Exposition aux rayonnements ionisants

L’exposition aux rayonnements ionisants peut être interne ou externe, et les circonstances d’exposition peuvent varier : domicile, lieux publics, activité professionnelle, cadre médical.
L’OMS définit l’exposition interne comme la pénétration d’un radionucléide dans l’organisme, par inhalation ou ingestion notamment. L’exposition est considérée comme terminée lorsque le radionucléide est éliminé spontanément ou sous l’effet d’un traitement médical.
L’exposition externe correspond au dépôt sur la peau ou les vêtements de matières radioactives en suspension dans l’air (aérosol, poussière, liquide). Un simple lavage permet généralement de les éliminer. Selon l’OMS, l’exposition peut également être due à une irradiation externe : dans le cadre médical par exemple. L’irradiation s’arrête une fois que la personne est sortie du champ ou une fois la source écartée.
L’OMS classe les situations d’exposition en trois catégories : situations prévues (emploi délibéré de sources de rayonnement dans des domaines comme la santé, l’industrie ou la recherche), expositions existantes (rayonnements dans les habitations ou lieux de travail, radioactivité naturelle dans l’environnement) et situations d’urgence nécessitant une intervention immédiate (accidents nucléaires ou actes de malveillance).
D’après l’OMS, l’usage médical correspond à 98% des rayonnements d’origine artificielle, toutes sources artificielles confondues, et à 20% de l’exposition totale.

Effets sur la santé

L’OMS indique que les rayonnements peuvent provoquer des dommages sur les tissus et les organes, d’une gravité variable selon le type de rayonnement et la sensibilité. La dose efficace est exprimée en Sievert (Sv), et permet de mesurer la nocivité des rayonnements. Elle prend en compte le type de rayonnement et la sensibilité des tissus et des organes.
Les effets aigus des rayonnements le plus souvent observés sont des rougeurs de la peau, des brûlures, des pertes de cheveux, ou un syndrome aigu de radiation. La dose seuil retenue pour l’apparition d’un tel syndrome est de 1 Sv (1000 mSv). Les enfants et les adolescents constituent la principale population à risque en raison d’une sensibilité supérieure à celle des adultes. Plus le débit et la dose augmentent, plus les manifestations sont sévères. A l’inverse, le risque est moindre si la dose reçue est faible ou diffusée sur une longue période, car la probabilité de réparation des lésions est plus importante. Mais des effets comme le cancer peuvent toujours apparaître à long terme.
Selon des études épidémiologiques, le risque de cancer peut augmenter à des doses plus faibles chez certaines populations : dès 100 mSv chez les survivants de bombardements ou patients sous radiothérapie, et à partir de 50 mSv chez les personnes ayant été exposées pendant leur enfance (tomodensitométrie pédiatrique).
Des lésions du cerveau peuvent se manifester chez le fœtus en cas d’exposition prénatale : dose supérieure à 100 mSv entre 8 et 15 semaines de gestation ou supérieure à 200 mSv entre 16 et 25 semaines. Les études n’ont pour le moment pas démontré de risque pour le développement du cerveau avant la 8ème semaine de grossesse, ni après la 25ème semaine. Le risque de cancer induit par une exposition prénatale est équivalent à celui d’une exposition pendant la petite enfance.

Réponse de l’OMS

L’OMS indique avoir créé un programme spécifique de protection contre les risques liés à l’exposition aux rayonnements destiné aux patients, aux travailleurs et au grand public. Le programme tient compte des trois types de situation d’exposition.
L’OMS s’applique également à faire respecter les normes internationales de sûreté relatives aux rayonnements (BBS) et a contribué à leur révision et actualisation.

Source

Rayonnements ionisants, effets sur la santé et mesures de protection, Organisation Mondiale de la Santé

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Publié par p.horde. Dernière mise à jour le 12 juillet 2016 à 11:41 par p.horde.
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