Acouphène - Causes, symptômes et traitement

Septembre 2016

10 à 12% de la population souffre d'acouphènes, avec des chiffres qui augmentent régulièrement. Près de 2 millions d'entre eux considéreraient leurs acouphènes comme très gênant. Près de 40% des personnes atteintes présentent également une hyperacousie.


Selon une récente étude Ipsos, 75% des jeunes de 15 à 30 ans ont déjà ressenti des troubles de l'audition et notamment des acouphènes. Ce symptôme, souvent méconnu du grand public, affecte donc une part croissante de la population.

Définition

Les acouphènes sont des troubles auditifs qui se manifestent par la perception de bruits parasites. La personne qui en souffre entend des sons désagréables qui ne proviennent pas de son environnement. Les acouphènes définissent une sensation auditive perçue par le cerveau, mais qui n'est pas issue de phénomènes extérieurs audibles. Les acouphènes regroupent toutes les gênes sonores telles que les sifflements, les tintements ou les bourdonnements. Ces gênes sont causées par une pathologie de l'oreille interne et non par un élément extérieur. Les acouphènes peuvent être épisodiques, chroniques ou permanents. Les acouphènes peuvent résulter de causes multiples et être secondaires à des pathologies de l'oreille interne ou à une tumeur. Elles peuvent aussi être idiopathiques, c'est-à-dire sans cause identifiée. Cette pathologie est assez fréquente en France et pourrait concerner près d'un million de personnes. L'exposition prolongée à des sons trop forts, comme cela peut être le cas avec un casque audio, en discothèque ou lors d'un concert, provoque souvent des acouphènes, mais ceux-ci sont généralement transitoires.

Acouphènes objectifs

Les acouphènes dits « objectifs » sont minoritaires. Ils sont en général causés par des troubles spécifiques (par exemple les mouvements anormaux des muscles de l'oreille) et peuvent également être perçus par le médecin à la consultation.

Acouphènes subjectifs

Les acouphènes dits « subjectifs » sont les plus fréquents (environ 95% des cas). Ils sont perçus uniquement par le patient et leur origine est particulièrement difficile à déterminer.

Acouphène cervical

Souvent associés à une perte de l'audition liée au vieillissement, les acouphènes peuvent aussi être provoqués par un médicament, l'obstruction du canal auditif ou un traumatisme tel qu'une entorse cervicale. Une entorse cervicale se caractérise par une atteinte du cou et des articulations vertébrales cervicales. Outre de vives douleurs (torticolis), elle peut entraîner des acouphènes.

Acouphènes pulsatiles

Les acouphènes pulsatiles sont des acouphènes (bourdonnements, sifflements) qui sont rythmés par les battements du cœur. Certains ne sont entendus que par le sujet (acouphènes subjectifs), d'autres sont parfois perçus par le médecin (acouphènes objectifs). Ils peuvent être secondaires à de nombreux troubles, notamment une hypertension intracrânienne, une athérosclérose, une otite ou une hyperthyroïdie. Le traitement dépend de la cause responsable. Il existe des médicaments pour traiter l'hypertension et l'athérosclérose. La chirurgie est quelquefois envisagée.

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé :

Cause

Ce trouble est lié au dysfonctionnement du système nerveux auditif. Il touche 10 à 18% de la population et peut être favorisé par une exposition répétée à des bruits dont le niveau sonore est élevé.

Symptômes

Les acouphènes peuvent être perçus par une seule oreille ou par les deux oreilles, sachant que la sensation (discontinue ou permanente) est parfois diffuse. Elle peut par exemple être ressentie à l'avant ou à l'arrière de la tête. Pour ces différents raisons, les acouphènes peuvent être plus ou moins invalidants, sachant que les hommes sont davantage touchés que les femmes.

Les bruits parasites perçus les plus souvent décrits sont des pulsations ou « cliquetis », des tintements, des bourdonnements ou des chuintements ou encore des vrombissements. Ces symptômes s'accompagnent de perte d'audition, d'hyperacousie (diminution du seuil de tolérance aux bruits d'intensité normale) et d'insomnie.

Les symptômes décrits par les personnes porteuses d'acouphènes peuvent s'accompagner ou non :
  • d'une perte ou diminution d'acuité auditive ;
  • de vertiges ;
  • d'insomnies ;
  • d'une sensibilité plus ou moins prononcée aux bruits d'intensité élevée, c'est l'hyperacousie.

Les symptômes le plus souvent ressentis dans l'oreille ou dans la tête, sont décrits par les patients comme des :
  • bourdonnements ;
  • pulsations ;
  • sifflements ;
  • tintements ;
  • cliquetis.

Diagnostic

Pour expliquer le bourdonnement dans l'oreille, le médecin généraliste procédera à un examen clinique parallèlement à un questionnaire médical afin de savoir si le patient n'a pas été victime d'un accident ou d'un événement stressant. Selon le passé médical du patient et le résultat de la consultation, il pourra orienter le malade vers l'un de ses confrères ORL. Ce dernier effectuera un test auditif qui pourra être complété par :
Les acouphènes étant des sons non issus d'un facteur extérieur et ressentis par le patient, ils sont non objectivables et non observables.

Traitement

Dans certains cas, les acouphènes peuvent être liés à une pathologie (ex : otite, maladie de Paget, syndrome de Menière) ou la prise de certains médicaments. En agissant sur ces causes, il est possible d'atténuer voire de supprimer le trouble. Dans une majorité de cas, la cause n'est pas clairement identifiée. Le traitement est adapté au cas par cas et repose sur plusieurs techniques thérapeutiques. Notamment la prise de certains (médicaments anti-dépresseurs ou d'anxiolytiques). Le masquage de l'acouphène grâce à un générateur de bruit blanc, c'est-à-dire un appareil diffusant un souffle comparable au son d'un téléviseur déréglé, la thérapie acoustique d'habituation (TAH), par le biais de laquelle le patient apprend à tolérer le bruit parasite, la thérapie cognitivo-comportementale et des (techniques de relaxation) peuvent apporter de bons résultats.

Sophrologie

La sophrologie est de plus en plus souvent intégrée dans les équipes de soins pour aider à vivre avec ses acouphènes. Traiter les acouphènes nécessite une véritable prise en compte de leur impact sur la psychologie de la personne qui en souffre. 20% des personnes acouphéniques déclarent vivre leur acouphène comme une souffrance quotidienne invalidante. Les conséquences de l'acouphène chronique sont multiples mais leur gravité augmente avec le temps si le cercle vicieux « stress / acouphène » n'est pas enrayé. En effet, la personne exprime généralement dans un premier temps un stress quotidien. Rapidement, celui-ci est accompagné d'une fatigue chronique qui engendre une irritabilité journalière. Puis les symptômes décrits évoluent progressivement : le stress laisse place à l'anxiété et à des troubles du sommeil et de l'attention. Lorsque ces troubles perdurent, la personne acouphénique s'isole et risque de sombrer peu à peu dans la dépression.

« La sophrologie fait partie des traitements fréquemment utilisés pour traiter les acouphènes. La sophrologie n'est pas comptée parmi les approches médicalisées, mais permet au travers d'un processus d'habituation de s'accoutumer au son perçu pour reprendre une vie normale. Elle aide également à la gestion du stress et de l'anxiété. La sophrologie prévoit un accompagnement sur plusieurs séances pour aider la personne en souffrance et lui donner les techniques nécessaires pour s'autonomiser dans sa pratique sophrologique. Cette prise en charge s'articule autour de trois moments clés : la phase curative qui permet d'évacuer le stress et de lâcher prise, la phase préventive qui stimule les capacités d'adaptation et permet au sophronisé de prendre conscience de ses ressources et enfin la phase de clôture qui correspond à la fin de l'accompagnement et qui permet à la personne de prendre conscience sa capacité acquise pour faire face quotidiennement à l'acouphène. Les exercices font appel à la respiration, la décontraction musculaire et à la visualisation pour parvenir à libérer son stress et à pérenniser l'état de calme. »

Catherine Aliotta, sophrologue.
Présidente de la Chambre Syndicale de la Sophrologie.
www.chambre-syndicale-sophrologie.fr

Prévention

Il est possible de prévenir le bourdonnement dans l'oreille en préservant son audition. Pour cela, il est essentiel de porter une attention particulière à l'hygiène des oreilles et de se protéger des nuisances sonores.

Bien que la sensibilité au bruit varie d’une personne à l’autre, la mesure de base pour prévenir les acouphènes consiste à éviter les expositions prolongées à des volumes sonores élevés. En cas d’exposition au bruit, il est recommandé d’utiliser des protections auditives telles que des boules Quies ou un casque anti bruit.

En cas d’utilisation d’un lecteur de musique portable, mieux vaut écouter la musique à un volume raisonnable. Par ailleurs, il est conseillé aux personnes souffrant d’hyperacousie (intolérance à certains bruits du quotidien, souvent liée aux acouphènes) d’éviter le silence total pour ne pas aggraver l’intolérance. Il est également possible de prévenir l’aggravation d’acouphènes en pratiquant des exercices de relaxation pour réduire le stress.

Vivre avec des acouphènes

Allumer la radio en cherchant un bruit blanc (ex : réglage entre deux fréquences) permet de rendre les acouphènes plus supportables, tout comme le fait de mettre en boucle une musique de relaxation, à faible volume ou encore positionner un réveil analogique sur le meuble de chevet, pour distinguer le « tic-tac » de l'aiguille, qui permet de couvrir partiellement l'acouphène.

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