Dépistage du cancer de la prostate : le premier dosage du PSA chez l’homme asymptomatique

Mars 2017

Le cancer de la prostate est généralement d’évolution lente et parfois asymptomatique. Compte tenu des risques de surdiagnostic et de surtraitement, les bénéfices de son dépistage doivent systématiquement être évalués. A ce titre, il est rappelé que le dosage du PSA ne doit pas être prescrit en première intention.

Recommandations actuelles sur le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA

Actuellement, le dépistage systématique par dosage du PSA n’est recommandé chez l’homme asymptomatique par aucune agence ou autorité sanitaire en France ou à l’étranger.
La HAS l’a précisé dans un avis de février 2012, toujours en vigueur. L’Association Française d’Urologie indique également que le dépistage n’est pas conseillé aux hommes dont l’espérance de vie est inférieure à 10 ans. De plus, le Collège de la Médecine Générale invite les médecins généralistes à délivrer une information claire aux patients sur les avantages et inconvénients du toucher rectal et du dosage du PSA avant un dépistage.

Le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate demeure le plus fréquent chez l’homme. Il s’agit également du troisième cancer responsable de décès.
Le cancer de la prostate est généralement d’évolution lente : 10 à 15 ans peuvent s’écouler avant l’apparition des premiers symptômes. Certaines formes peuvent également être asymptomatiques, sans engager le pronostic vital. Compte tenu de cette lente évolution, plus de trois quarts des décès par cancer de la prostate surviennent après 75 ans.

Etat des lieux sur le dépistage du cancer de la prostate

Depuis les années 1980, l’évolution des modalités de dépistage a permis de détecter des tumeurs plus petites : cela a considérablement augmenté l’incidence du cancer de la prostate.
Entre 2012 et 2014, 62% des hommes âgés de 50 à 69 ans avaient déjà effectué un dosage du PSA. Mais depuis 2012, le nombre d’hommes de plus de 40 ans ayant réalisé un dosage du PSA a baissé de 3%.

Les questions que soulève le dépistage du cancer de la prostate

Le dosage du PSA

Le dosage du PSA détecte toutes les formes de cancer de la prostate, y compris celles à faible risque évolutif (cancers d’évolution lente, ou de petit volume et de faible grade) et les formes tardives ne pouvant être traitées. Il n’est néanmoins pas possible de les distinguer.
Le dépistage du cancer de la prostate pose une difficulté : celle d’évaluer le bénéfice pour le patient en tenant compte des risques de surdiagnostic et de surtraitement.

L’avance au diagnostic

Lorsqu’un cancer de la prostate est détecté, le patient est immédiatement considéré comme malade même s’il ne présente pas de symptômes. Cela implique qu’il peut recevoir une prise en charge et subir ses potentiels effets secondaires en moyenne 7 ans avant un diagnostic établi à la suite d’un ou plusieurs symptômes.

Le surdiagnostic et le surtraitement

Le surdiagnostic correspond à l’identification de cellules cancéreuses qui n’auraient pas produit de symptômes ou qui n’auraient pas causé le décès de l’homme atteint.
Un tel surdiagnostic conduit à un risque de surtraitement impliquant des effets indésirables, des complications, des examens invasifs, et une augmentation du niveau d’anxiété chez le patient.
Sans diagnostic, un homme atteint d’une forme asymptomatique de cancer de la prostate peut décéder d’une autre cause sans avoir connu les inconvénients du traitement pendant plusieurs années.

Parcours des hommes de 50 à 69 ans ayant réalisé un dosage du PSA en 2012

En chiffres

Sur les 1 931 800 hommes de 50 à 69 ans ayant réalisé un dosage du PSA sans cancer déclaré au moment du dosage, 14 500 ont eu un cancer dans les douze mois (soit 0,7 %) et 11 600 ont été traités dans les deux ans après le diagnostic. Une ou plusieurs complications sont survenues dans les deux ans suivant le diagnostic chez 50 % des hommes ayant reçu un traitement.

Détail des complications

Les complications les plus fréquentes liées à la prise en charge du cancer de la prostate : troubles de l’érection (34% des hommes ayant reçu un traitement), incontinence (21%), rétention aiguë d’urine (5%), sténose de l’urètre (3%). Il convient également de noter que ces effets secondaires peuvent être cumulés.
De plus, les chiffres ne tiennent compte que des soins remboursés par l’Assurance Maladie et ont tendance à sous-estimer les complications du traitement du cancer de la prostate.
Sans cancer et sans traitement, la part des hommes chez qui le même type de complications s’est présenté ne s’élève qu’à 2%.



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Publié par p.horde.
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