Médicaments antitussifs et antihistaminiques - Dangers

Janvier 2017

L’ANSM a récemment constaté une augmentation des signalements d’usages détournés de certains médicaments : la codéine et la prométhazine entrent dans la composition du « purple drank », une boisson consommée par les adolescents et jeunes adultes à des fins récréatives.
Un point d’information et une mise en garde ont été publiés à ce sujet par l’ANSM, à l’attention des professionnels de santé.

Définition

D’après l’ANSM, le « purple drank » est une boisson composée de sirops à base de codéine, de prométhazine et de soda. Aux Etats-Unis, cette boisson est considérée comme un problème de santé publique pour la jeunesse. Son émergence outre-Atlantique date des années 1990.
Dans son document de mise en garde, l’ANSM rappelle les indications habituelles des médicaments utilisés dans le « purple drank ». La codéine est indiquée pour traiter la toux ou les douleurs d’intensité modérée à intense chez l’enfant de plus de 12 ans et chez l’adulte. Il s’agit d’un opiacé. Antihistaminique H1, la prométhazine est prescrite dans le traitement des manifestations allergiques et des insomnies occasionnelles. Ces deux médicaments existent sous différentes formes : comprimé, sirop ou solution buvable. Toutes sont potentiellement utilisées pour fabriquer le « purple drnak » comme le précise l’ANSM.
D’autres médicaments peuvent être employés dans la composition du « purple drank » : le dextrométhrophane, déjà signalé aux professionnels de santé en novembre 2014 suite à des usages détournés, et l’association paracétamol-codéine qui présente un risque d’hépatotoxicité.

Signalements et symptômes décrits

L’ANSM indique que les premiers signalements effectués auprès de son réseau d’addictovigilance datent de 2013. Ceux-ci ont été rapportés par des pharmaciens d’officine en raison de délivrances suspectes. Il peut également s’agir de cas de dépendance ou d’abus ayant pu entrainer une hospitalisation. Selon l’ANSM, les symptômes décrits suite à une conduite abusive sont des troubles du comportement (agitation, syndrome confusionnel ou délirant), de la vigilance (somnolence), et des crises convulsives généralisées. Sont principalement touchés : les adolescents ainsi que les jeunes adultes. Le cas le plus jeune ayant été signalé est âgé de 12 ans. L’ANSM précise que les signalements concernent autant les filles que les garçons.
L’ANSM souligne que l’identification d’un mésusage des médicaments concernés peut être rendue difficile par le fait que les demandes soient effectuées dans plusieurs pharmacies différentes.

Recommandations aux professionnels de santé

L’ANSM recommande aux professionnels de santé de faire preuve de la plus grande vigilance à l’égard des demandes, attitudes ou constatations d’usage qui sembleraient suspectes. Et ce en particulier si elles émanent d’adolescents ou de jeunes adultes. Avant de délivrer ou de prescrire les médicaments impliqués dans le « purple drank », l’ANSM invite les professionnels de santé à vérifier les antécédents d’abus, de dépendance ou de comportements laissant supposer un éventuel usage détourné. Les pharmaciens doivent également refuser la dispensation de médicaments si la santé du patient semble l’exiger.
L’ANSM précise que la consommation de « purple drank » peut constituer une porte d’entrée dans l’addiction pour les plus jeunes. Ce d’autant plus que les médicaments opiacés et antihistaminiques composant cette boisson et autres mélanges à même visée s’avèrent faciles d’accès, et qu’une consommation à forte dose est à l’origine de graves risques pour la santé.
Il est recommandé aux professionnels accueillant des jeunes dans des structures de prévention de faire preuve de la même vigilance face à une éventuelle consommation abusive de codéine et/ou de prométhazine.

Déclaration des cas d’abus

L’ANSM rappelle aux professionnels de santé que tout cas d’abus ou de pharmacodépendance doit être signalé au centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (CEIP) dont ils dépendent. L’ANSM invite également à consulter son site Internet à la rubrique « Déclarer un effet indésirable » pour plus d’informations.


Crédits photo : © AntonioDiaz - Fotolia.com

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Publié par p.horde. Dernière mise à jour le 3 juin 2016 à 13:29 par Jeff.
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