Psychologues ou psychiatres ?: Qui choisir?

Janvier 2017





L’Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support et la Société Française de Psycho-Oncologie publient un référentiel pour guider les professionnels dans l’orientation d’un patient vers un psychologue ou un psychiatre. Ce référentiel s’adresse aux professionnels en oncologie et à tous les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge du patient.
Afin de proposer une orientation adaptée, il est nécessaire pour l’équipe de soins de connaître les situations à risque pour le patient et son entourage, de savoir évaluer le degré de souffrance psychique et d’appréhender les critères d’alerte.

Connaître et déchiffrer les réactions possibles du patient et son mode de vie

Les équipes de soins doivent être en mesure d’identifier les réactions psychiques du patient et de les mettre en lien avec son contexte. Il est également recommandé de faire un bilan des ressources du patient et de son entourage.

Établir une distinction entre réaction adaptée et trouble psychopathologique

L’AFSOS et la SFPO rappellent que les symptômes psychiques résultent souvent d’un processus d’adaptation nécessaire. L’orientation vers le psychologue et/ou le psychiatre devient indispensable lorsque le patient est mis en difficulté de façon prolongée dans ses capacités d’adaptation.

Situations à risque faisant discuter une orientation vers un professionnel du soin psychique

Ces situations dépendent du contexte démographique (âge), socio-économique (précarité, isolement), médical (symptômes invalidants, risque génétique, tumeur, iatrogénie), psychologique ou psychiatrique (antécédents, propos suicidaires) et du parcours de soins (refus de traitement, rechute).L’AFSOS et la SFPO pointent également les moments à risque de décompensation psychique : les phases d’annonce, les événements pouvant survenir pendant le parcours de soins (adaptation au traitement, symptômes physiques mal contrôlés, décision thérapeutique), et la phase d’après traitement.

Pourquoi orienter le patient vers un professionnel du soin psychique ?

L’orientation vers un professionnel du soin psychique peut répondre à une demande du patient ou de ses proches, ou permettre d’obtenir une expertise dans le cadre d’une demande d’évaluation.

Dépister : pourquoi ? Pour qui ?

Selon l’AFSOS et la SFPO, l’attention portée à la souffrance psychique doit être constante et son évaluation systématique, et ce pour ne pas passer à côté de patients qui ne demandent pas d’aide.Le dépistage peut s’appuyer sur un entretien clinique et sur des outils standardisés, comme pour la douleur physique.

Intérêts des outils de dépistage ?

L’organisation d‘un dépistage de la détresse d’un patient permet d’améliorer la communication avec le soignant, et de l’orienter de manière adéquate vers un professionnel du soin psychique. L’intérêt du dépistage est de pouvoir évoquer des difficultés psychologiques en consultations ans crainte d’être jugé. Sauf situation d’urgence, le patient reste libre d’accepter ou de refuser la rencontre.

Dépistage de la détresse psychique

L’AFSOS et la SFPO recommandent de procéder en deux étapes successives : le recours à un outil standardisé d’auto-évaluation rempli par le patient (échelle visuelle analogique de détresse psychologique ou HADS) puis un entretien clinique avec le soignant.
La Documentation de Base Psycho-Oncologique (PO-Bado) peut également être utilisée : entretien semi-directif avec questions ouvertes et cotation de la souffrance.

Critères d’alerte

Certains critères rendent nécessaire l’orientation vers un psychologue ou un psychiatre : troubles d comportement, propos délirants, désorientation, risques suicidaires, antécédents de troubles psychiatriques avérés, trouble de la personnalité pouvant entraver la prise en charge, demande d’euthanasie. La difficulté d’adhésion aux soins et une situation familiale avec risque d’impact sur des personnes vulnérables peuvent également conduire à une orientation vers un professionnel du soin psychique.

Pourquoi orienter vers un psychologue ?

L’orientation vers un psychologue doit se faire avec l’accord du patient. L’AFSOS et la SFPO la recommandent en cas de souffrance psychique exprimée, de repérage d’une vulnérabilité, de difficultés à vivre la maladie, de demande de soutien ou d’accompagnement, de retentissement familial, de difficultés d’adhésion aux soins, et devant la présence d’un critère d’alerte.

Pourquoi orienter vers un psychiatre ?

Selon l’AFSOS et la SFPO, l’orientation vers un psychiatre est à privilégier en cas de risque de décompensation psychopathologique et devant une situation nécessitant une attention particulière des équipes de soins. Le patient doit être orienté vers un psychiatre en première intention en vue d’une évaluation psychiatrique, ou en présence de critères d’alerte : troubles du comportement et/ou d’allure neuropsychologique, état de décompensation aiguë, risque suicidaire, antécédents de troubles psychiatriques avérés, entrave à la prise en charge.L’orientation vers un psychiatre est recommandée en deuxième intention pour affirmer ou non le diagnostic psychiatrique suspecté, si le patient ne répond pas à un premier traitement anxiolytique et/ou antidépresseur ou pour initier un traitement psychotrope.

Conclusion

L’AFSOS et la SFPO concluent leur référentiel en rappelant que l’orientation vers un psychologue ou un psychiatre doit être proposée aux patients et/ou proches en situation de souffrance exprimée ou non, et à ceux dont le comportement peut entraîner un danger pour eux-mêmes ou pour autrui. Il est recommandé de faire preuve d’une attention constante y compris après la fin du traitement. L’orientation doit pouvoir être proposée à tout moment afin d’optimiser la prise en charge du patient.Un arbre décisionnel détaillé en page 24 du référentiel complète cette conclusion.

Source

Qui, quand et pourquoi orienter vers les psychologues et psychiatres ? AFSOS et SFPO (PDF)

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Publié par p.horde. Dernière mise à jour le 7 avril 2016 à 10:13 par p.horde.
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