Les déchets liés aux soins de santé (OMS)

Février 2017


Si les soins permettent de préserver la santé des individus et de sauver des vies, il convient de prêter une attention toute particulière aux déchets. Selon l’OMS, 15% des déchets liés aux soins de santé sont dangereux en raison de leur caractère infectieux, toxique ou radioactif.

Types de déchets

Les déchets infectieux (contaminés par du sang ou autres liquides corporels), les déchets anatomiques (tissus, organes et liquides corporels), les objets pointus et tranchants (notamment les seringues), les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, les déchets génotoxiques et les déchets radioactifs comptent parmi les déchets et sous-produits liés aux soins de santé, selon l’OMS. Il existe également d’autres types de déchets ne présentant pas de danger particulier. L’OMS a identifié plusieurs sources de déchets liés aux soins de santé : hôpitaux, laboratoires et centres de recherche (dont ceux qui pratiquent des tests sur les animaux), morgues et centres d’autopsie, banques de sang et services de collecte, et les établissements de soins pour personnes âgées.
Par lit et par jour, la quantité de déchets dangereux s’élève à 0,5 kg dans les pays à revenu élevé, et à 0,5 kg dans les pays à faible revenu. L’OMS précise néanmoins que dans les pays à revenu faible, les déchets dangereux et non dangereux ne sont pas séparés, ce qui accroit le niveau de risque.

Risques sur la santé

Les déchets liés aux soins de santé peuvent provoquer des infections chez les patients hospitalisés, les personnels de santé et le grand public. Des micro-organismes pharmacorésistants peuvent également être rejetés dans les établissements de soins. L’OMS liste d’autres risques pour la santé : brûlures, blessures, intoxications et pollution.

Risques liés aux objets pointus ou tranchants

Les aiguilles et les seringues génèrent un risque de blessure et d’infection si elles ne sont pas évacuées correctement. Il existe également un risque de réutilisation du matériel. Malgré une baisse du nombre d’injections pratiquées avec des aiguilles et seringues contaminées, 33 800 nouvelles infections à VIH, 1,7 million de cas d’hépatite B et 315 000 cas d’hépatite C ont été relevés en 2010. Des risques supplémentaires existent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où la fouille dans les décharges et le tri manuel des déchets sont des pratiques courantes. D’après une enquête de l’OMS et de l’UNICEF réalisée en 2015 dans 24 pays, seuls 58% des établissements disposent de systèmes d’évacuation permettant d’éliminer les déchets en toute sécurité.

Impact sur l’environnement

Selon l’OMS, le rejet d’agent pathogènes et de polluants dans l’environnement peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Mal réalisés, l’enfouissement et l’incinération des déchets présentent des risques pour la population et pour les personnes qui travaillent dans les déchetteries. D’après l’OMS, seuls les incinérateurs atteignant une température entre 850 et 1100 degrés et dotés d’un système d’épuration des gaz d’échappement s’avèrent conformes aux normes internationales. L’OMS évoque d’autres solutions de traitement des déchets : chimique, par micro-ondes, par la vapeur, et l’autoclavage.

Gestion des déchets : les raisons d’un échec

L’OMS pointe la méconnaissance des dangers sanitaires, une formation insuffisante, l’absence de systèmes de gestion et d’élimination des déchets, l’insuffisance des ressources financières, et un manque d’intérêt accordé au problème. Elle précise également que de nombreux pays ne disposent pas de réglementation, ou bien ne l’appliquent pas.

Mesures pour améliorer la situation

Pour éviter les maladies, l’OMS une gestion plus attentive et plus rapide des déchets. Elle propose ainsi des pistes d’amélioration : système de répartition des responsabilités, d’allocation des ressources et de manipulation et d’évacuation des déchets, sensibilisation aux risques et aux pratiques garantissant la sécurité, et adoption de solutions respectueuses de l’environnement. Ces mesures peuvent être prises rapidement à l’échelle locale, mais l’OMS recommande un soutien des autorités de manière durable.

L’action de l’OMS

L’OMS met à disposition des professionnels de santé plusieurs documents concernant la gestion des déchets liés aux soins de santé : un document d’orientation mondiale (qui en est à sa deuxième édition), des modules de formation, des instruments de mesure et d’évaluation, et des documents spécifiques en fonction des différents types de déchets. La question des déchets liés aux soins de santé est également évoquée par l’OMS, l’UNICEF et leurs partenaires dans une initiative lancée en 2015 pour garantir un accès à l’eau et aux moyens d’assainissement et d’hygiène dans les établissements de santé.

Source

Les déchets liés aux soins de santé : aide-mémoire de l’OMS, novembre 2015

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Publié par sante-medecine. Dernière mise à jour le 31 décembre 2015 à 19:30 par p.horde.
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