Risques cardiovasculaires des anti-inflammatoires non stéroïdiens chez les séniors

Février 2017




Dans un communiqué publié en juin 2015, l'Académie nationale de Médecine a publié des recommandations au sujet de la prescription d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). En effet, ces médicaments comptent parmi les plus prescrits en France en pratique courante, mais leur consommation peut s'avérer abusive et dangereuse chez les personnes âgées.

Risques cardiovasculaires des AINS

L'Académie de médecine commence par rappeler que les propriétés des AINS résultent de l'inhibition de la biosynthèse des prostaglandines et des prostanoïdes à partir de l'acide arachidonique. Le risque vasculaire et cardiaque peut être augmenté en cas de modification de l'équilibre entre thromboxane A2 et prostacyline par les AINS.
Des risques cardiovasculaires ont déjà été soulignés par plusieurs recommandations concernant l'ensemble des AINS, et particulièrement chez les sujets à risques : sujets ayant subi un infarctus du myocarde, sujets âgés atteints de lésions coronaires ou artérielles latentes, patients hypertendus ou insuffisants cardiaques. Un risque d'IDM multiplié par deux après prescription d'AINS inhibiteurs de la COX 1 (coxibs) et inhibiteurs de la COX 2 (AINS classiques) a été observé suite à plusieurs études et méta-analyses d'essais cliniques. Des méta-analyses plus récentes ont démontré l'absence de différence significative dans l'incidence de complication vasculaire entre sujets traités par coxibs et ceux traités par AINS classiques. Le risque d'IDM est surtout dû à la posologie et à la durée du traitement. Ainsi, l'Académie de médecine précise qu'une prescription prolongée d'AINS peut favoriser l'apparition d'une insuffisance cardiaque, ou l'aggraver. Avec tous les AINS, le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque est multiplié par deux. La survenue ou l'aggravation d`une résistance au traitement d'une hypertension artérielle font également partie des effets connus et documentés des AINS.

En conclusion

L'Académie de médecine conclut en indiquant que le risque thrombotique artériel est augmenté par les AINS, surtout à posologie élevée et en cas d'utilisation prolongée. Le risque est particulièrement observé chez les patients atteints d'une cardiopathie ischémique, d'une insuffisance cardiaque, d'une hypertension artérielle mal contrôlée, d'artériopathie périphérique, ou d'une pathologie vasculaire cérébrale, et chez les personnes présentant des facteurs de risque vasculaire. L'Académie ajoute que les AINS sont prescrits fréquemment voire abusivement à ces patients, parfois sans respecter les mises en garde réitérées. Selon l'Académie de médecine, un AINS à dose anti-inflammatoire ne devrait pas être prescrit systématiquement en première intention pour traiter la douleur. Ces risques s'ajoutent aux risques digestifs et rénaux des AINS, et à l'exposition des sujets âgés aux interactions médicamenteuses en cas de cumul de médicaments. Dans ce contexte, l'Académie de médecine insiste sur le respect des recommandations ci-dessous.

Règles à respecter

L'Académie de médecine liste les règles à respecter lorsque la prescription d'un AINS s'impose. Ainsi, seule la dose minimale efficace d'AINS doit être utilisée, sur la durée la plus courte possible. Il est recommandé d'informer les patients sur les risques digestifs, rénaux, et cardiovasculaires des AINS. Les AINS sont déconseillés aux insuffisants rénaux, aux insuffisants cardiaques, et contre-indiqués après un IDM, une cardiopathie ischémique, ou une revascularisation myocardique. L'Académie de médecine déconseille l'association d'un AINS à certains médicaments comme les diurétiques et les IEC, et préconise la plus grande vigilance quant à la fonction rénale si la prescription s'impose. En cas de traitement AINS de longue durée, l'hémoglobine, la fonction rénale et le bilan électrolytique doivent être contrôlés. L'Académie de médecine préconise la réévaluation régulière et systématique de la pertinence d'un traitement AINS et des médicaments associés en vue d'une éventuelle déprescription.

Source

Risques cardiovasculaires des anti-inflammatoires non stéroïdiens chez le sujet âgé, recommandations de prescription, Académie nationale de médecine (PDF).

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Publié par p.horde. Dernière mise à jour le 1 octobre 2015 à 10:19 par p.horde.
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