Déficit cognitif léger : éviter l'évolution vers la démence

Avril 2017

Le déficit cognitif léger encore appelé mild cognitive impairment, entraine des troubles de la mémoire associés à d'autres problèmes cognitifs, plus important que le déclin cognitif normal provoqué par le vieillissement mais suffisamment marqués pour être mesuré sans retentissent significatif dans la vie quotidienne.
Un déficit cognitif léger représente un état cognitif intermédiaire entre la perte naturelle de facultés liée au vieillissement et les altérations fortes des maladies neurodégénératives.

Manifestations

Une personne perd progressivement avec l'âge certains facultés intellectuelles notamment un peu de sa mémoire, dans un processus de vieillissement tout à fait normal. Dans le cadre d'un déficit cognitif léger, cette altération de la mémoire est plus importante, situation pouvant correspondre dans ce cas à un stade précoce d'une maladie neuro végétative. Cette altération de la mémoire est modérée mais significative : apparaissent des trous de mémoire, l'oubli de mots courants avec une mémoire verbale affectée, un oubli des objets courants de la vie quotidienne. Mais les fonctions cognitives sont préservées, aucune manifestation de démence n'est constatée et la personne est autonome.

Etat pré Alzheimer

Un trouble cognitif léger présente certaines similitudes communes avec la maladie d'Alzheimer. En effet, une IRM révèle dans ce cas la présence de plaques amyloïdes caractéristiques des démences, ainsi qu'une diminution du volume de l'hippocampe, zone cérébrale du siège de la mémoire.

Risque augmenté de démence de type Alzheimer

Le déficit cognitif léger expose à une augmentation du risque de développer une démence de type maladie d'Alzheimer de l'ordre, selon les études d'environ 50% des cas à 5 ans.
Une méta-analyse des études cherchant à identifier les facteurs prédictifs d'une évolution péjorative chez les sujets avec déficit cognitif léger est ainsi parue en 2015 dans The American Journal of Psychiatry.

Facteurs de risques

Cette méta-analyse montre que certaines pathologies comme le syndrome métabolique, le diabète, ou des pathologies psychiatriques comme la dépression constituent des facteurs pouvant, en association avec un déficit cognitif léger, augmenter le risque de démence.

Vidéo

Les précisions du docteur Pierrick Hordé :


Facteurs d'amélioration

Le recours au régime méditerranéen (peu de viande et de produits laitiers, beaucoup de poissons, fruits et légumes, céréales) est associé à une diminution du risque d'évolution vers la maladie d'Alzheimer chez les patients présentant déficit cognitif léger. D'autre part, une alimentation pauvre en folates augmente le risque de ce déficit.

Conseils

Cette étude débouche donc sur des recommandations concrètes pour diminuer l'incidence de la maladie d'Alzheimer chez les sujets avec déficit cognitif léger de type amnésique :

Dépistage et traitement d'un diabète

Le dépistage et traitement d'un diabète sont des mesures indispensables pour prévenir un déficit cognitif léger.

Alimentation

Une alimentation proche de celle préconisée dans le régime méditerranéen et enrichie en folates est conseillée.

Prise en charge de la dépression

La prise en charge de problèmes psychiatriques, notamment une dépression est fortement préconisé. Cooper C et coll.: Modifiable predictors of dementia in mild cognitive impairment: a systematic review and meta-analysis. Am J Psychiatry, 2015; 172: 323-334. Sources : DR Alain Cohen, http://www.jim.fr

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Publié par p.horde.
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