Interruption médicamenteuse de grossesse : les protocoles à respecter (HAS)

Octobre 2017



Dans le cadre de ses fiches « Bon usage du médicament », la Haute Autorité de Santé a récemment publié un document dédié aux protocoles à suivre lors d'une Interruption Volontaire de Grossesse médicamenteuse. En effet, le respect de ces protocoles conditionne l'efficacité de l'interruption de grossesse.



IVG chirurgicale ou médicale ?

La HAS commence par indiquer les conditions de réalisation d'une IVG chirurgicale : celle-ci repose sur la dilatation du col et l'évacuation du contenu utérin par aspiration. Elle peut être pratiquée jusqu'à 14 semaines d'aménorrhée. Une préparation cervicale médicamenteuse reposant sur la mifépristone et sur le misoprostol peut être recommandée avant la dilatation du col. La HAS rappelle ensuite le principe de l'IVG médicale, soit l'administration d'une antiprogestérone (mifépristone) suivie d'une prostaglandine 36 à 48 heures après. Il est important de vérifier que la grossesse n'est pas évolutive deux semaines après l'IVG. D'après les recommandations de la HAS, le choix entre les deux techniques doit être fait en fonction du stade de la grossesse. Ainsi, les deux techniques sont encore possibles jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée révolues, selon le souhait de la patiente. Les deux techniques peuvent également être employées aux 8ème et 9ème semaine. Dans ce cas, la préparation cervicale est recommandée chez la nullipare. L'IVG chirurgicale est la technique à privilégier entre la 10ème et la 14ème semaine. En effet, à compter de cette période la technique médicale ne dispose pas d'autorisation de mise sur le marché.

L'IVG médicamenteuse jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée

La HAS liste les protocoles à respecter jusqu'à 7 semaines. Le premier médicament est une antiprogestérone : la mifépristone, à administrer par voie orale. Il peut s'agir de 3 comprimés de Mifégyne à 200 mg en une prise (soit 600 mg de mifépristone), d'un seul comprimé de Mifégyne, ou d'un comprimé de Miffee à 200 mg (soit 200 mg de mifépristone).
Dans le cas d'une prise de 600 mg de mifépristone, la prostaglandine à administrer 36 à 48 heures après est le misoprostol par voie orale : 2 comprimés de Gymiso à 200 ?g en une seule prise, ou un seul comprimé de Misoone à 400 ?g. Le gémeprost peut également être utilisé, par voie vaginale : 1 ovule de Cervageme à 1 mg.
Dans le cas d'une prise de 200 mg de mifépristone, la HAS préconise l'utilisation de gémeprost par voie vaginale.

L'IVG médicamenteuse aux 8èmes et 9èmes semaines d'aménorrhée

Aux 8èmes et 9èmes semaines d'aménorrhée, la HAS recommande de respecter les mêmes protocoles qu'à 7 semaines en ce qui concerne l'antiprogestérone : 600 mg ou 200 mg de mifépristone. Dans les deux cas, la prostaglandine à administrer 36 à 48 heures après est le gémeprost par voie vaginale (1 ovule de Cervageme à 1 mg).

Données cliniques d'efficacité

La HAS indique que des études ayant respecté les protocoles décrits précédemment ont obtenu des taux d'expulsion entre 92 et 96% (sans procédure chirurgicale). Seule la posologie de 200 mg en dose unique a été autorisée dans l'AMM de Miffee 200 mg en association au gémeprost. La HAS cite le résultat d'une étude ayant démontré la bioéquivalence entre Mifégyne et Miffee pour l'aire sous la courbe, mais pas pour la concentration maximale observée. La HAS rappelle la nécessité d'informer la patiente du risque d'échec de l'interruption de grossesse par voie médicamenteuse, et de l'obligation du recours à une méthode chirurgicale.

Données cliniques de tolérance

Douleurs pelviennes, métrorragies, nausées, vomissements et diarrhées sont les effets indésirables les plus fréquemment observés après une IVG médicamenteuse, selon les études cliniques. Dans 0 à 5% des cas, un curetage hémostatique s'est avéré nécessaire après des saignements abondants. D'après la HAS, l'utilisation hors AMM de spécialités contenant du misoprostol peut provoquer des évènements graves, bien que rares. Il peut s'agir de chocs toxiques ou septiques suite à l'administration par voie vaginale de comprimés destinés à la voie orale, ou d'infarctus du myocarde et d'AVC<g/ras> après la prise de doses supérieures à celles autorisées. La HAS précise que les patientes souhaitant poursuivre une grossesse n'ayant pas été interrompue par le traitement doivent être informées du risque tératogène du misoprostol.

Conditions particulières de prescription

Selon les indications de la HAS et conformément à l'article L.2212-1 du code de la santé publique, les médicaments Mifégyne, Miffee, Gymiso et Misoone sont prescrits à l'hôpital et peuvent être administrés hors établissements de santé. Peuvent les utiliser : les médecins habiletés, et les centres de planification ou d'éducation familiale ayant passé une convention avec un établissement de santé. En revanche, Cervageme est uniquement prescrit à l'hôpital.

Source

Interruption médicamenteuse de grossesse : les protocoles à respecter, Haute Autorité de Santé.

Crédits photo : © emiliau - Fotolia.com

A voir également


Publi-information
Publié par p.horde.
Ce document intitulé « Interruption médicamenteuse de grossesse : les protocoles à respecter (HAS)  » issu de Journal des Femmes Santé (sante-medecine.journaldesfemmes.com) est soumis au droit d'auteur. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite. Sante-Medecine.net adhère aux principes de la charte « Health On the Net » (HONcode) destinée aux sites Web médicaux et de santé. Vérifiez ici.