Polyarthrite rhumatoïde - Causes, symptômes et traitement

Septembre 2016

Avec 300.000 personnes touchées en France, la rhumatoïde est une maladie qui frappe à tous les âges de la vie, entraînant de lourdes répercussions au quotidien. C'est le rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent. Le point sur cette maladie auto-immune, dont l'évolution est progressive, insidieuse et chronique.


Définition

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie des articulations des membres qui se caractérise par une inflammation accompagnée d’une destruction du cartilage, de l’os et du tendon entraînant des douleurs et des gênes fonctionnelles importantes.


La polyarthrite rhumatoïde est caractérisée par une affectation de plusieurs articulations le plus fréquemment bilatérales et symétriques. Le terme de polyarthrite signifie que plusieurs articulations sont touchées. La polyarthrite rhumatoïde évolue progressivement par poussées vers la destruction des articulations atteintes.

Facteurs de risque

La polyarthrite touche principalement les femmes dans une proportion de 4 femmes pour 1 homme. La Polyarthrite Rhumatoïde n'est pas une maladie héréditaire même si plusieurs membres d'une même famille peuvent être touchés.


Le tabagisme et le déficit en vitamine D peuvent être des facteurs aggravant de la polyarthrite rhumatoïde. Le tabagisme multiplie par 2 le risque de polyarthrite rhumatoïde. Le tabagisme diminue l'efficacité du méthotrexate et des anti TNF. L'arrêt du tabac demeure ainsi indispensable.

Les carences en vitamine D touchent plus d'un malade sur 2 atteint de Polyarthrite rhumatoïde. Une carence en vitamine D pourrait favoriser une maladie plus active. Une supplémentation en vitamine D est fortement recommandée chez certaines personnes atteintes de polyarthrite rhumatoide. Effectuer des dosages réguliers de la vitamine D est recommandé chez les malades atteints de polyarthrite rhumatoide.

L'association entre la polyarthrite rhumatoïde et le risque cardiovasculaire est désormais certaine.

Causes

La membrane synoviale est enflammée et sécrète une quantité importante de liquide qui s'accumule dans l'articulation. L'articulation gonfle et devient douloureuse. Un épanchement de synovie apparait. L'inflammation de la membrane synoviale a des répercussions sur le cartilage et les os, mais également sur es tendons et ligaments qui entourent l'articulation.

Vidéo


Symptômes

La polyarthrite rhumatoïde débute en général par une inflammation d'au-moins 4 articulations. Des déformations et des luxations articulaires apparaissent provoquant une invalidité importante.

Les douleurs spécifiques de type inflammatoire apparaissent : réveil nocturne, dérouillage matinal se prolongeant plus de 30 minutes. Elles s'accompagnent d'une raideur articulaire ainsi que d'un gonflement de l'articulation.

Les petites articulations des poignets, chevilles, mains et pieds sont particulièrement touchées. Mais toutes les articulations peuvent être atteintes au cours de l'évolution de la maladie, celles des genoux, des coudes, des épaules, des hanches et des articulations temporo-mandibulaires. Le rachis dorso-lombaire n'est pas touché. Le rachis cervical peut être atteint. Les articulations affectées sont généralement bilatérales et symétriques.

Présence d'une inflammation des tendons musculaires.

Apparaissent également des nodosités sur la peau, appelées nodules rhumatoïdes. Ces nodules siègent sur la face d'extension des doigts ou sur le tendon d'Achille. Ces nodules sont spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde, mais ne sont pas toujours présents et apparaissent tardivement.

Diagnostic

La polyarthrite rhumatoïde peut très vite devenir handicapante, c'est pour cela qu'il faut la diagnostiquer le plus tôt possible pour entreprendre un traitement de fond rapidement. Dans ses recommandations, la Haute Autorité de Santé énonce plusieurs critères simples qui permettent d'évoquer un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde :
  • Raideur matinale d'une durée supérieure à 30 minutes.
  • Durée d'évolution des symptômes de plus de 6 semaines.
  • Arthrite affectant au moins 3 articulations : les interphalangiennes proximales des mains, les poignets ou les métacarpophalangiennes.
  • Douleur lors de la pression des métatarsophalangiennes.
  • Atteinte des articulations symétrique.

Bilan radiologique

Un bilan radiologique permet de rechercher une érosion ou un pincement articulaire. Les radios demandées sont notamment une radiographie des mains et poignets de face, une radiographie des pieds de face et de 3/4 en grandeur normale et de toute articulation touchée.

Bilan sanguin

Un bilan sanguin comprenant un dosage des éléments suivants :

Diagnostic différentiel

Certains examens sanguins, urinaires et radiologiques sont effectués afin d'éliminer un diagnostic différent. Un dosage sanguin de la Créatinine, des Transaminases, et une NFS.
  • Bandelette urinaire,
  • Dosage sanguin des Anticorps antinucléaires.
  • Une radiographie du thorax.

Avis d'un rhumatologue

Le patient sera orienté vers un rhumatologue, celui-ci pouvant prescrire le traitement de fond.

Traitement

Comme dans de nombreuses pathologies plus un traitement est débuté précocement, et plus les chances de limiter les risques d'aggravation et le risque de dégâts articulaires à moyen terme. Les professionnels de santé qui sont impliqués dans la prise en charge de la maladie doivent informer, expliquer, prendre le temps de rassurer les malades qui découvrent qu'ils présentent une polyarthrite rhumatoide, éléments essentiels destinés à optimiser la prise en charge et l'efficacité des traitements.

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde comprend l'association de plusieurs traitements :
  • Traitements médicamenteux.
  • Traitements locaux.
  • Prise en charge psychologique.
  • Réadaptation fonctionnelle.
  • Interventions chirurgicales pour certaines personnes.



De nombreux professionnels de santé participeront à la prise en charge de la maladie.

Traitement médicamenteux symptomatique

Les traitements médicamenteux symptomatiques permettent de soulager les douleurs et l'inflammation.

Le recours aux corticoïdes à faibles doses pendant 6 à 12 mois dans les formes débutantes de polyarthrite rhumatoïde permet de limiter l'évolution de la maladie. Les traitements de fond sont toujours indispensables.

La prescription de méthotrexate à dose suffisante, pendant de longues périodes, par voie sous cutanée une fois par semaine semble permettre une meilleure efficacité du traitement ainsi qu'une meilleure observance.

Traitement médicamenteux de fond

Les différents traitements de fond participent à la lutte contre l'évolution de la maladie.

Traitements local

Des traitements locaux sont parfois proposés :
  • Ponctions évacuatrices au niveau d'une articulation.
  • Infiltration de corticoides.
  • Synoviorthèse : Une synoviorthèse consiste à injecter dans l'articulation un produit, chimique ou radioactif, permettant de détruire l'épaissisment de la membrane synoviale à l'origine des manifestations inflammatoires.
  • La synoviectomie arthroscopique, technique permettant de retirer, la partie ou entièrement, de la membrane synoviale de l'articulation atteinte.

Opération chirurgicale

La chirurgie peut être une aide considérable pour certaines personnes présentant une polyarthrite rhumatoide. La chirurgie a profondément modifié la vie quotidienne des malades surtout lorsqu'elle est pratiquée précocément. La chirurgie permet par exemple de prévenir des destructions cartilagineuses ou tendineuses, de réparer des tendons ou de remplacer une articulation détruite.

La décision d'effectuer une intervention chirurgicale est prise par une équipe pluridisciplinaire comprenant un chirurgien, un rhumatologue, un radiologue ainsi qu'un médecin de rééducation fonctionnelle.

Principe des différentes interventions :
  • Réparation des tendons rompus.
  • Poser une prothèse afin de remplacer une articulation.
  • Effectuer une arthrodèse en bloquant l'articulation dans une position qui permettra une diminution des douleurs ainsi qu'une certaine amplitude.

Synoviectomie

La synoviectomie permet de retirer partiellement ou totalement la membrane synoviale de l'articulation atteinte. La synovectomie est une intervention chirurgicale précoce qui peut se pratiquer soit en ouvrant l'articulation soit au cours d'une arthroscopie.

Une synovectomie doit toujours être suivie de séances de rééducation pour éviter que l'articulation ne s'ankylose. Une synovectomie peut s'effectuer sur l'épaule ou le poignet.

Arthroplastie

L'arthroplastie est une intervention chirurgicale plus tardive qui permet de rétablir la mobilité d'une articulation atteinte en posant ou non une prothèse. La hanche, le genou, l'épaule, le coude ou les articulations métacarpophalangiennes peuvent être concernées.

Traitement de fond

De nombreuses études montrent l'importance de débuter le plus précocement possible les traitements de fond, parfois 3 mois après le diagnostic de la maladie.

Orthèse

Une orthèse est un appareil permettant la correction ou la compensation d'une fonction déficiente, la prévention d'une déformation ou l'augmentation du rendement d'un membre. Une orthèse s'utilise précocément au cours de la maladie rhumatoïde. Une orthèse est un appareil amovible qui se met quelques heures ou au cours d'une nuit ou s'enlève. Les ergothérapeutes fabriquent les orthèses sur mesure.

Les genoux, les mains, les pieds et les chevilles peuvent bénéficier de la pose d'orthèses. Les orthèses plantaires sont assimilées à des semelles orthopédiques permettant ainsi de soulager les douleurs des orteils.


Indications des orthèses :
  • Diminution des douleurs.
  • Immobilisation temporaire des articulations lors des périodes de repos.
  • Correction de certaines déformations.
  • Stabilisation des articulations détruites lors de certaines activités.



Les orthèses sur mesure sont mieux adaptées que les orthèses fabriquées en série.

Orthèses de repos

Les orthèses de repos diminuent les douleurs et l'inflammation articulaire en immobilisant l'articulation atteinte au cours de la nuit et pendant des phases de repos, quelques heures au maximum, au cours de la journée.

Orthèses de fonction

Les orthèses de fonction facilitent les mouvements en stabilisant l'articulation lors des efforts. Les orthèses de poignet par exemple, stabilisent le poignet et facilitent des activités ayant recours au poignet comme le repassage ou la pratique de certains sports...

Orthèses plantaires et chaussures orthopédiques

Les orthèses plantaires et les chaussures orthopédiques permettent d'améliorer la marche.

Approche psychologique

La découverte d'une maladie chronique représente souvent un véritable choc lors de l'annonce du diagnostic. Vivre avec une polyarthrite rhumatoide nécessite de nombreux renoncements et l'acceptation d'un nouveau mode de vie. Une aide psychologique permet d'apprendre de mieux vivre avec la maladie.

Réadaptation fonctionnelle

La réadaptation fonctionnelle fait partie intégrante du traitement de la maladie. La rééducation fonctionnelle complète le traitement médicamenteux. Le recours à la rééducation fonctionnelle doit s'effectuer tout au long de la maladie. La rééducation doit débuter le plus précocémment possible. La rééducation fonctionnelle permet de rester autonome et d'être bien intégré dans la vie quotidienne. Ergothérapie, kinésithérapie et appareillage permettent de diminuer les risques d'aggravation et l'apparition des déformations et participent au maintient de la force musculaire en luttant contre l'enraidissement.

La rééducation fonctionnelle protège les articulations et réduit les conséquences du rhumatisme, tout en conservant une activité aussi normale que possible.
  • Limiter la survenue des déformations,
  • Entretenir la mobilité des articulations.
  • Empêcher la raideur.
  • Diminution de l'intensité des douleurs.
  • Prévention ou traitement des déformations articulaires.


Les techniques utilisées dépendent de chaque personne et de l'intensité du handicap. La réeducation fonctionnelle fait appel essentiellement à la kinésithérapie, l'ergothérapie et la podologie. Le recours aux appareillages est également fréquemment envisagé.

Aides techniques

Une aide technique correspond à un aménagement, un équipement ou un à un instrument permettant de rendre les gestes de la vie quotidienne plis aisés. Les aides techniques facilitent les activités en permettant de réduire les douleurs et les contraintes articulaires.

Lors d'une polyarthrite rhumatoide, il est nécessaire de pouvoir rendre les articulations plus souples en permettant d'effectuer plus facilement les gestes quotidiens. Les aides techniques améliorent également l'autonomie en cas de polyartrite importante. Une aide technique permet de mieux vivre avec un handicap.

Les aides techniques sont de différents types :
  • Les équipements médicaux comme les fauteuils roulant.
  • Les installations spécifiques des habitations.
  • Les objets de la vie quotidienne comme un ouvre boite electrique.
  • Les objets spécialement conçus pour les personnes présentant un handicap comme une canne.


Les aides techniques peuvent être achetées dans des magasins spécialisés d'appareillage médical. Les aides techniques peuvent être achetées dans le commerce, sur internet ou sur catalogue. L'ouvre-boîte électrique est probablement l'ustensible le plus représentatif des aides techniques pouvant être acheté facilement : il diminue les contraintes sur les articulations des doigts lors de l'ouverture d'une boite de conserve.

Les aides techniques à la marche ou au déplacement lorsqu'il est très difficile de se déplacer facilitent les mouvements et évitent de se replier sur soi même et de devenir sédentaire. Le fauteuil roulant ou les lève-personne sont souvent conseillés dans ce cas.

Complications

Tous les organes peuvent être touchés au cours de l'évolution d'une polyarthrite rhumatoïde. L'évolution et la gravité varient d'un malade à l'autre. Certaines formes bénignes, concernant environ 25% des malades, entrainent peu de manifestations dans la vie quotidienne. Dans les formes sévères, des déformations et destructions des articulations et des ruptures de tendons apparaissent et provoquant de sérieux handicaps.

Le risque de développer une maladie cardiovasculaire comme un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou une artérite des membres infèrieurs est aggravé chez les patients présentant une polyarthrite rhumatoïde.

Chez les femmes, la polyarthrite rhumatoïde représente un facteur de risque de développer une ostéoporose. En raison d'une diminution de la densité osseuse au cours de la polyarthrite rhumatoïde, le risque de développer une ostéoporose augmente.

Le syndrome de Gougerot-Sjögren ou le Syndrome sec est une maladie auto immune provoquant une insuffisance de sécrétion des glandes salivaires et lacrymales à l'origine d'une sécheresse de la bouche et d'une diminution des larmes

Les nodules rhumatoïdes représentent les complications les plus fréquentes de la polyarthrite rhumatoïde. Ce sont de petites tuméfactions ressemblant à des bosses situés sous la peau des avant-bras et des coudes, parfois sur les doigts ou les genoux. Les nodules sont petits, nombreux et non douloureux.

L'apparition d'une pneumonie ou d'une péricardite correspondant à inflammation de la membrane qui enveloppe le cœur peuvent compliquer la maladie en raison du recours à certains traitements.

Des complications rénales peuvent apparaitre secondairement au dépôt de protéines dans les reins ou aux médicaments.

L'anémie apparait fréquemment au cours de la polyarthrite rhumatoïde.

Grossesse

Etre atteint d'une polyarthrite rhumatoïde ne signifie pas qu'il est impossible d'être enceinte. La grossesse améliore les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde chez 3 femmes sur 4. Une période de rémission s'observe chez 3 femmes sur 4 atteintes de polyarthrite rhumatoïde. Cette disparition presque totale des manifestations débute en fin du 1 er trimestre pour être plus importante en fin de grossesse. Une poussée douloureuse ressurgit souvent après l'accouchement et les signes de la maladie réapparaissent alors plus ou moins progressivement.

La grossesse et l'accouchement se déroulent tout à fait normalement. Prévenir immédiatement son rhumatologue dés que la décision d'une grossesse est prise ou lors de son diagnostic.

Il est indispensable de prévenir immédiatement son rhumatologue dés que la décision d'une grossesse est prise. Il vous informera de la nécessité ou non d'interrompre le traitement avant la conception de l'enfant ou bien dès que la grossesse est diagnostiquée. Il est nécessaire d'arrêter la prise de certains médicaments avant la conception, comme le méthotrexate, l'étanercept, infliximab, abulimad et léflumide.

Cette attitude doit être respectée chez les hommes présentant une polyarthrite rhumatoïde. Contacter son rhumatologue afin de savoir s'il faut ou non arrêter certains traitements. La consultation du rhumatologue permet de connaitre l'attitude à avoir après l'accouchement.

A voir également :

Publi-information
Publi-information
Ce document intitulé « Polyarthrite rhumatoïde - Causes, symptômes et traitement » issu de Journal des Femmes Santé (sante-medecine.journaldesfemmes.com) est soumis au droit d'auteur. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite. Sante-Medecine.net adhère aux principes de la charte « Health On the Net » (HONcode) destinée aux sites Web médicaux et de santé. Vérifiez ici.