La goutte (maladie)

Décembre 2016

Rhumatisme inflammatoire chronique, la goutte affecte les hommes âgés de 30 à 50 ans dans près de 90% des cas. On estime ainsi aujourd'hui que 2% à 3% des hommes souffrent de goutte. La première crise de goutte survient la plupart du temps vers 35 ans. S'il n'existe actuellement aucune étude épidémiologique récente sur la fréquence de la goutte en France, les spécialistes s'accordent à dire qu'elle pourrait concerner plus de 600.000 personnes. L'incidence et la prévalence des crises de gouttes ont considérablement augmentées au cours de ces dernières années.


Définition

La goutte est une maladie provoquée par une augmentation de de l'acide urique dans le sang. Elle touche une ou plusieurs articulations. L'articulation de l'orteil est la plus atteinte, mais celle de la cheville, du poignet, du genou, du coude ou de la main peuvent être concernées.

Les crises peuvent se répéter à des intervalles de quelques semaines à plusieurs années et toucher plusieurs articulations. L'intensité des crises baisse mais leur fréquence et leur durée augmentent. Le nombre d'articulations concernées croît au fil des années.

Goutte chronique

La goutte peut progressivement évoluer vers une forme chronique. De nombreuses articulations peuvent être atteintes dans la forme chronique de la goutte après plusieurs années d'évolution : le terme d'arthropathie uratique est dans ce cas évoqué. Ces arthropathies accompagnent le plus souvent les tophus. Les articulations supérieures sont autant touchées que les inférieures. Elles deviennent douloureuses. Une raideur et une déformation sont aussi souvent constatées.

Causes

La goutte est déclenchée par une augmentation de l'acide urique dans le sang. Une crise violente de goutte survient quand l'acide urique en excès à l'origine de l'hyperuriécémie, se dépose au niveau des articulations. Un facteur génétique familial est souvent retrouvé chez les personnes atteintes de la goutte. La crise du gros orteil est le symptôme le plus caractéristique qui survient dans près de 70% lors de la première crise de goutte.

Les précisions du docteur Pierrick Hordé en vidéo:

Symptômes

Les douleurs débutent brutalement et surviennent souvent au milieu de la nuit. Des douleurs violentes et pulsatiles font leur apparition, ressemblant à une pression, un arrachement ou un broiement. Le contact des draps peut devenir insupportable et le patient éprouve des difficultés à se lever. La personne touchée par une crise de goutte peut également ressentir une sensation de froid. Les symptômes inflammatoires sont notamment un gros orteil rouge et luisant, une sensation de chaleur et un œdème important. Les symptômes généraux sont plus classiques : fatigue, fièvre et frissons.

La crise aiguë typique dure environ de trois à dix jours sans traitement. Les autres articulations sont rarement touchées au cours des premières crises. Une seule articulation est en général touchée comme le genou, la cheville, le tarse, le poignet, la main ou le coude. Elles ont le même aspect que celle de l'orteil.

La hanche et la colonne vertébrale ne sont jamais touchées.

Diagnostic

Le diagnostic de la goutte est facile à poser devant les signes cliniques. Un taux d'acide urique supérieur à la normale dans le sang est mis en évidence sur prise de sang. On peut également pratiquer une ponction de l'articulation atteinte pour en extraire du liquide et rechercher la présence de cristaux d'acide urique.

Examen clinique et interrogatoire

L'interrogatoire et l'examen de la personne atteinte permettent en général d'évoquer le diagnostic de goutte. La présence de facteurs de risque : surcharge pondérale, hypertension artérielle, antécédents familiaux de goutte... Lorsque le patient a des crises récurrentes typiques des crises de goutte, avec hyperuricémie, il est raisonnable d'établir un diagnostic clinique.

Prise de sang

La prise de sang permet de mesurer le taux d'acide urique dans le sang. La présence d'une hyperuricémie avec des chiffres supérieurs à 70 mg permet également d'évoquer le diagnostic. Concernant le taux d'uricémie, l'Eular précise qu'il doit nécessairement être interprété, car un taux élevé ne signifie pas nécessairement que le patient est atteinte de goutte et, à l'inverse, un taux normal n'indique pas qu'il ne l'a pas.

Symptômes inflammatoires

Une augmentation de la vitesse de sédimentation, une hyperleucocytose représentent des signes d'inflammation, mais ils ne sont pas spécifiques à la goutte.

Dosage urinaire

Le dosage urinaire permet d'évaluer la quantité d'acide urique excrétée par les reins. L'uraturie mesure la quantité d'acide urique dans les urines. Une hyperuraturie supérieure à 600 mg par 24 heures permet d'évoquer le diagnostic.

Ponction du liquide synovial

Le diagnostic de la goutte doit être confirmé par la présence de micro-cristaux d'acide urique au niveau du liquide synovial ou un tophus (cristaux d'urate dans les zones sous-cutanées). Entre les périodes de crise, l'Eular indique que l'identification de micro-cristaux d'acide urique au niveau des articulations asymptomatiques peut permettre un diagnostic. Le patient peut être affecté à la fois par la goutte et une arthrite septique. L'Eular recommande de faire une coloration de Gram et des cultures, même en cas d'identification de cristaux d'acide. La réciproque est également valable (il faut rechercher les cristaux en cas d'arthrite inflammatoire).

Traitement

Il faut distinguer le traitement de la crise de goutte, de l'éventuel traitement de fond. En cas de crise, le repos de l'articulation atteinte, de la glace appliquée localement et l'utilisation d'un anti-inflammatoire ou de la colchicine permettent de diminuer les douleurs. Des conseils de prévention sont également donnés. En cas d'hyperuricémie chronique, des médicaments agissant sur la baisse du taux d'acide urique dans le sang sont utilisés, notamment l'allopurinol.

Colchicine et anti-inflammatoires

Le traitement débute généralement par de la colchicine per os (attention, à forte dose il y a des effets secondaires, 3x0,5 mg/j sont suffisants) ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Ponction articulaire

En cas de crise aigüe, une ponction articulaire et l'injection de corticoïde de longue durée sont efficaces et bien tolérés.

Allopurinol

Un traitement hypo-uricémiant (l'allopurinol par exemple) est indiqué chez les patients ayant des crises récidivantes, des arthropathies, des tophus ou des signes radiographiques de goutte. Le but thérapeutique est d'abaisser l'uricémie pour promouvoir la dissolution des cristaux et prévenir la formation de cristaux, ce qui est atteint en maintenant l'uricémie au dessous de 360 micromol/mL ou 60mg/l.

Probénécid ou la sulphinpyrazone

Le probénécid ou la sulphinpyrazone peuvent être utilisés comme alternatives à l'allopurinol chez les patients dont la fonction rénale est normale, mais sont relativement contre-indiqués en cas de lithiase rénale.

Le traitement prophylactique des crises durant les premiers mois du traitement hypo-uricémiant peut faire appel à la colchicine au dosage de 0,5 mg à 1 mg/j et/ou à un AINS (avec gastroprotection si besoin).

Prévention

Il est possible de prévenir la survenue de la goutte en adoptant une hygiène de vie particulière. Diminuer sa consommation d'alcool, de viandes et de poissons et celle de laitages riches en lipides. La perte de poids est aussi nécessaire.

Complications

La formation de dépôts de cristaux d'acide urique sous la peau provoque des tophus. Les tophus apparaissent après plusieurs années d'évolution de la goutte. Ce sont des nodules visibles sous la peau non douloureux. Ils peuvent être isolés ou plus nombreux. Ils sont localisés en général au niveau des coudes, des doigts et des pieds, du tendon d'Achille, du genou, du coude, et du pavillon de l'oreille. La hanche ou le rachis ne sont jamais touchés.

10 à 30% des personnes atteintes d'une goutte peuvent déclencher une lithiase. Une lithiase rénale correspond à la présence d'un ou plusieurs calculs dans les voies urinaires. Une lithiase peut survenir au cours d'une crise de goutte aigue ou au cours de la goutte chronique. Elle peut également précéder une crise de goutte.

Les calculs rénaux proviennent la cristallisation d'une trop forte concentration de sels minéraux et d'acide urique dans les urines. Les calculs s'éliminent la plupart du temps spontanément dans les urines. Lorsqu'ils sont trop gros, ils bloquent l'urètre et provoquent les violentes douleurs de colique néphrétique. Les crises de colique néphrétique provoquent de violentes douleurs d'un seul côté des fosses lombaires et irradiant dans les organes génitaux. Ces douleurs, véritables brûlures ou déchirement, peuvent ressembler à celles provoquées par un accouchement.

Les néphropathies correspondent à des pathologies rénales pouvant entrainer une insuffisance rénale ou une incapacité totale de fonctionnement des reins.

Une arthrite, inflammation aigue ou chronique, peut apparaitre au niveau des différentes articulations touchées.

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