SIDA - Symptômes, test de dépistage et traitement

Septembre 2016

Le VIH (Virus de l'immunodéficience humaine), encore appelé virus du SIDA, affaiblit le système immunitaire et provoque à plus ou moins long terme l'apparition du SIDA. La présence de certains symptômes doit inciter à consulter rapidement un médecin afin d'effectuer une sérologie HIV accompagnée d'un bilan. Rappelons que le SIDA est une maladie sexuellement transmissible et que de simples précautions permettent d'éviter la transmission du SIDA.


Définition

Le SIDA est l'abréviation de syndrome d'immunodéficience acquise. C'est une maladie sexuellement transmissible, causée par un virus appelé VIH, ou virus d'immunodéficience humaine. Il existe néanmoins d'autres modes de transmission comme la voie sanguine, ou la voie materno-foetale lors de l'accouchement ou de l'allaitement. Le VIH s'attaque au système immunitaire de l'individu, ce qui entraîne une vulnérabilité importante de l'organisme y compris face aux maladies habituellement bénignes et bien contrôlées par les cellules de défense de l'organisme. Le SIDA définit l'ensemble des manifestations observées dans le cadre de l'évolution de l'infection par le VIH. Le stade du SIDA apparait au bout d'une certaine durée d'infection, lorsque les cellules de défense sont diminuées en dessous d'un seuil qui permet aux infections dites opportunistes d'agresser l'organisme.

Chiffres du SIDA en France

En France, en 2015, plus de 500 personnes découvrent chaque mois qu’ils sont séropositifs au VIH. Le SIDA est ainsi encore responsable de 6000 contaminations annuelles et 30000 personnes ignorent qu'elles sont infectées par le virus. Des contaminations qui affectent de plus en plus les femmes. Elles ne représentent que 2 cas de SIDA sur 10 depuis le début de l'épidémie, mais la proportion des femmes parmi les nouvelles contaminations représente plus de 42% aujourd'hui.

Selon l'INVS, 6 100 découvertes de séropositivité ont été relevées en 2011, un nombre stable depuis 2008, alors qu'il avait diminué significativement entre 2004 et 2007.

34 millions de personnes vivent avec le VIH et 1,7 million de personnes sont décédée. D'autre part,2,5 millions nouvelles contaminations ont été signalées.

Symptômes

L'apparition et la persistance d'une grande fatigue, d'un amaigrissement brutal en dehors d'un régime, de nombreux ganglions et d'une diarrhée représentent des signes qui doivent alerter et inciter à consulter son médecin.

Infections opportunistes

Les infections opportunistes sont un ensemble de maladies infectieuses fréquemment présentes chez les personnes immuno-déprimées, dont les défenses immunitaires sont affaiblies, comme celles des personnes atteintes du virus HIV. Une ou plusieurs de ces infections peuvent révéler l'infection HIV.

Toux sèche accompagnée de fièvre

Une toux sèche accompagnée de gène respiratoire et de fièvre peut évoquer une tuberculose ou une pneumocystose.

Anomalies neurologiques

L'apparition de maux de tête accompagnés de fièvre, d'une somnolence, de convulsions, et d'autres anomalies neurologiques comme des vertiges, une paralysie, un troubles du comportement, peut évoquer une pathologie neurologique comme par exemple une toxoplasmose cérébrale.

Troubles de la vision d'apparition brutale

L'apparition brutale d'une diminution du champ visuel ou d'une baisse importante de la vision peut témoigner d'une rétinite à cytomégalovirus.

Douleurs abdominales

Des douleurs abdominales accompagnées de diarrhée, fièvre ainsi que d'une altération de l'état général peuvent évoquer une infection digestive à cytomégalovirus.

Herpès ou varicelle

Des lésions d'herpes, notamment d'herpes génital nécessitent un avis médical.

Céphalées violentes et vomissements

Des maux de tête avec fièvre accompagnés de vomissements et d'une photophobie (gène en présence de la lumière) peuvent évoquer une méningite due à la cryptococcose.

Lésions dermatologiques

L'apparition de nodules violacés et douloureux sur les extrémités ou de plaques sur le visage peuvent évoquer un syndrome de Kaposi.

Fièvre inexpliquée

L'apparition d'une fièvre inexpliquée, qui traîne depuis plusieurs semaines accompagnée de fatigue, d'un amaigrissement soudain et d'une modification de l'état général, peut évoquer une infection opportuniste.

Transmission

Le sang, le sperme, les sécrétions vaginales, le placenta et le lait maternel peuvent propager le virus du SIDA. Ni la salive, ni l'air, ni les contacts directs ne peuvent transmettre l'infection. L'utilisation commune de verres, couverts, objets, toilettes... ne permet pas la propagation du VIH.

Ne pas hésiter à contacter un médecin, un centre de dépistage anonyme et gratuit ou se rendre immédiatement aux urgences en cas de risques de contamination afin d'évaluer le risque et d'envisager un traitement d'urgence.

Transmission sexuelle

L'infection par le VIH est une infection sexuellement transmissible. Une personne infectée peut contaminer ses partenaires au cours des relations sexuelles. Un seul rapport non protégé suffit pour contaminer le partenaire.

Une personne peut être contaminée par le VIH sans présenter de symptômes pendant une période pouvant s'étaler sur plusieurs mois voire plusieurs années. Cette personne, porteuse sain du virus, peut ainsi transmettre le virus tout en l'ignorant à son ou ses partenaires lors de relations sexuelles non protégées. Il est impossible de savoir avec certitude si l'on est porteur du virus sans avoir effectué un test sanguin (sérologie).

Le risque de contamination par le VIH s'aggrave si les partenaires sexuels sont nombreux. Le risque s'aggrave également lors de rapports sexuels avec un nouveau partenaire dont on ignore sa sérologie vis-à-vis du VIH. Un partenaire porteur du virus et présentant des lésions de la peau ou des muqueuses risque de le transmettre plus facilement.

Avoir des rapports sexuels non protégés avec une personne dont on ne connait pas la sérologie vis-à-vis du virus HIV représente un risque important.


Pratiquer une fellation entraîne également un risque de transmission du virus HIV. Ce risque est plus faible que pour la pénétration vaginale ou anale. Le risque est présent pour la personne qui fait la fellation et pour celle qui la reçoit. Le risque s'aggrave lors d'une éjaculation dans la bouche.

La fellation est un mode de contamination des maladies IST, comme la syphilis par exemple, qui peuvent elles aussi faciliter la transmission du VIH. L'utilisation du préservatif permet d'éviter tout risque de transmission du virus lors d'une fellation.

La seule manière de se protéger et de protéger ses partenaires lorsque l'on adopte des conduites à risques est de faire une sérologie HIV. En cas de positivité, cela permet de prendre en charge plus rapidement la personne atteinte et d'éviter ainsi qu'elle ne transmette le virus lors de relations sexuelles non protégées.

Transmission sanguine

La transmission sanguine s'observe essentiellement chez les toxicomanes s'injectant des substances en intraveineuse à l'aide de matériel contaminé par le sang d'une personne infectée par le virus HIV. Les professionnels travaillant au contact de malades (médecins, infirmières, aide soignantes, dentistes...) peuvent également être contaminés accidentellement.

Transmission d'une mère à son enfant

Une mère infectée par le virus HIV peut le transmettre au cours de la grossesse, de l'accouchement ou lors de l'allaitement.

Test de dépistage

En France, on estime aujourd’hui à 150.000 le nombre de personnes vivant avec le VIH, parmi lesquelles 30.000 (20%) ignorent leur séropositivité, et à 7.000 à 8.000 le nombre de personnes qui se contaminent chaque année. Le virus du SIDA continue d’être un problème majeur de santé publique. Comme dans le reste du monde. L’ONU estime en effet qu’en 2014, entre 1 et 1,5 million de personnes sont décédées d’une cause liée au VIH dans le monde. Depuis son identification, le virus a fait plus de 30 millions de victimes. D'où l'importance de se faire dépister lorsque l'on a des pratiques à risque. En effet, plus le diagnostic est précoce et plus la prise en charge est efficace.

Test VIH rapide

Un test anonyme et gratuit peut être proposé. Il s'effectue à partir d'une goutte de sang, prélevée sur le bout d'un doigt. Le résultat est disponible en quelques minutes.

Un résultat positif témoigne de la forte probabilité d'être infecté par le virus VIH. Il faut alors dans un second temps effectuer un prélèvement sanguin afin de confirmer cette positivité. Si le résultat du test est également positif, cela confirme la séropositivité.

S'il n'y a pas eu de risques d'exposition au VIH au cours des trois derniers mois précédant le test, cela signifie que la personne n'est pas infectée par le virus VIH et qu'elle est donc séronégative. S'il y a eu un risque d'être en contact avec le VIH dans les trois derniers mois précédant le test, il sera nécessaire de refaire un test trois mois après le dernier contact supposé avec le VIH afin de s'assurer avec certitude de l'absence d'infection.

Ce test est gratuit et peut être anonyme. Il s'effectue dans des locaux associatifs, dans des centres de dépistages anonymes et gratuits, dans des laboratoires d'analyses médicales mais également sur des lieux de sortie et de rencontre.

Sérologie du test VIH

La sérologie du test VIH est l'unique examen permettant le diagnostic formel de l'infection par le virus VIH (virus du SIDA). Le test de dépistage du VIH permet une prise en charge la maladie le plus précocement possible et permet d'éviter que des personnes ignorant qu'elles sont porteuses du virus contaminent leurs partenaires à leur tour.

Un organisme infecté par un virus fabrique des anticorps spécifiques contre ce virus afin de le combattre. Une personne présentant une hépatite, atteinte donc du virus de l'hépatite, fabriquera des anticorps contre ce virus. De la même manière, une personne contaminée par le VIH aura fabriqué au bout de quelques semaines, 2 à 3 semaines environ, des anticorps spécifiques contre ce virus. Le dosage sanguin de ces anticorps anti-VIH correspond à la sérologie VIH : ce dosage sera positif si la personne a été contaminée. Elle sera ainsi séropositive vis-à-vis du VIH.

La présence des anticorps est négative pendant les 2 à 3 premières semaines suivant l'infection par le virus. Les anticorps contre le virus seront fabriqués au bout de 2 à 3 semaines. Le test sérologique peut ainsi être négatif s'il est réalisé très peu de temps après l'infection, à moins que la personne ait déjà été infectée auparavant.

Si la première sérologie est positive, il faut reconfirmer le résultat en effectuant un second test. Un test du VIH négatif 3 mois après l'exposition au virus peut être considéré comme négatif.

Lorsque la séropositivité est confirmée, une équipe spécialisée prend immédiatement en charge le patient.

Traitement

A partir du début de 2016, les personnes séronégatives très exposées au risque de contamination par le VIH pourront obtenir un traitement préventif contre le Sida, le Truvuda® qui sera pris en charge à 100%. Mais ce médicament ne doit pas se substituer au préservatif

Les traitements contre l'infection à VIH permettent de bloquer différentes étapes de la multiplication du virus dans l'organisme, ou de réduire la capacité du virus à infecter de nouveaux CD4 (lymphocytes), cellules qui jouent un rôle capital dans le maintien du système immunitaire. Le VIH appartenant à la famille des rétrovirus, les médicaments utilisés aujourd'hui contre l'infection portent le nom « d'antirétroviraux » (ARV). S'ils ne permettent pas de guérir de l'infection par le VIH, les antirétroviraux empêchent le virus d'attaquer les défenses immunitaires de l'organisme.

Trithérapies

Les « trithérapies » sont des médicaments contre le VIH qui associent trois substances antivirales, qui agissent en combinaisons. Les trois types de médicaments qui sont utilisés dans le cadre d'une trithérapie sont les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse et les inhibiteurs de protéase.

Inhibiteurs de transcriptase inverse

Les inhibiteurs de transcriptase inverse sont de deux catégories : ces deux types d'antiviraux agissent différemment, mais ils inhibent tous les deux l'activité de la transcriptase inverse, une enzyme dont les rétrovirus ont besoin pour se reproduire.

INTI

Inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) :
  • Combivir®
  • Emtriva®
  • Epivir®
  • Kixeva®
  • Retrovir®
  • Trivizir®
  • Videx®
  • Viread®
  • Zerit®
  • Ziagen®

INNTI

Les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) disponibles depuis 2014 :
  • Edurant®
  • Intelence®
  • Sustiva®
  • Viramune®

Inhibiteurs de protéase

Compte tenu de leur efficacité, les inhibiteurs de protéase (IP, ou antiprotéases) ont révolutionné le traitement de l'infection par le VIH/sida. Ils agissent en inhibant l'action d'une protéase virale (enzyme) à l'origine de l'assemblage de la protéine virale qui mène à l'obtention du virus infectieux.

Inhibiteurs de la protéase

  • Crixivan®
  • Invirase®
  • Kaletra®
  • Norvir®
  • Reyataz®
  • Telzir®

Inhibiteurs de fusion du VIH

Ce type de médicaments bloque l'entrée du VIH dans de nouveaux lymphocytes. Le Fuzeon® est le seul inhibiteur de fusion aujourd'hui disponible.

Inhibiteurs du CCR5

Le mode d'action de ce type de médicaments est similaire à celui desinhibiteurs de fusion du VIH. Ils bloquent l'entrée d'un certain type de VIH (dit « à tropisme CCR5 ») dans de nouveaux lymphocytes.

Inhibiteurs de l'intégrase

Les anti-intégrases ciblent l'enzyme intégrase du VIH, une protéine qui joue un rôle clé dans la réplication du VIH.

Prévention

Le Sida est une maladie sexuellement transmissible, qui affaiblit le système immunitaire et dont l'infection par voie sexuelle représente 99% des cas. Le point sur les différents moyens existants pour se protéger du VIH. L'utilisation d'un préservatif, masculin ou féminin, est le moyen le plus sûr pour se protéger du Sida.

Préservatif masculin

Pour être efficace, le préservatif doit être utilisé seul, et de préférence avec un lubrifiant à base d'eau. L'utilisation de deux préservatifs l'un sur l'autre, d'une matière grasse ou de vaseline augmente les risques de déchirure. Il est également important de bien vérifier la présence du sigle NF sur l'emballage, et la date limite d'utilisation. Les préservatifs sont à usage unique.

Préservatif féminin

Moins répandu que le préservatif masculin mais tout aussi efficace, le préservatif féminin peut être placé dans le vagin plusieurs heures avant un rapport sexuel. Comme dans le cas du préservatif masculin, il n'est pas conseillé d'en utiliser deux en même temps. Le préservatif féminin est également à usage unique.

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