Hoquet - Comment le faire passer ?

Avril 2017

Le hoquet est dû à des contractions involontaires des muscles servant à inspirer l'air. Le diaphragme est le muscle le plus concerné mais d'autres peuvent être touchés par ces contractions très difficiles à stopper. Ces contractions gênent l'inspiration de l'air: il en résulte une vibration incontrôlée des cordes vocales, qui émettent un son très caractéristique du hoquet. Le hoquet est très majoritairement sans gravité et cesse en quelques minutes ou quelques heures. Il provient généralement d'un estomac trop distendu après un bon repas. Le hoquet chronique, très rare, peut durer par contre de quelques semaines à quelques années. Il est alors généralement le symptôme d'un trouble ou d'une maladie plus ou moins grave qu'il convient de soigner.


Phénomène physiologique normal, le hoquet peut dans certains cas devenir chronique et manifester la présence d'une pathologie bénigne ou plus sérieuse. Le point sur les différences entre le hoquet bénin, aigu et chronique et sur les moyens de soulager ou traiter les formes invalidantes.

Définition

Le hoquet est un phénomène physiologique entraîné par la contraction brusque et coordonnée des différents muscles inspiratoires : à savoir le diaphragme, le muscle intercostal externe et les muscles scalènes. Cette contraction incontrôlable et involontaire est suivie par le blocage, très bref, des voies aériennes supérieures. Le hoquet est une activité physiologique normale à tous âges et ne devient « pathologique » que lorsque les symptômes correspondent à la description du hoquet « chronique ».

Hoquet bénin

Le hoquet bénin, la forme la plus courante, correspond à des contractions physiologiques brèves, isolées, involontaires et quotidiennes, qui passent souvent inaperçues.
Un épisode de hoquet bénin dure entre quelques secondes et quelques minutes. Ce phénomène physiologique est normal et ne fait pas l'objet d'une prise en charge thérapeutique.

Hoquet aigu

Le hoquet aigu (persistant) se caractérise par des contractions répétitives, pendant une durée d'au moins 48 heures, qui peuvent être bruyantes et relativement gênantes pour le patient et son entourage. Le hoquet aigu tend à disparaître spontanément.

Hoquet chronique

Le hoquet chronique, rebelle ou réfractaire correspond à des contractions des muscles répétitives qui se prolongent pendant plus de 48 heures. Ce type de hoquet est dit rebelle ou réfractaire s'il s'installe dans une durée supérieure à quelques jours et ne disparaît pas spontanément. Dans les cas les plus graves, le hoquet peut durer de nombreux mois, voire des années. Il peut être particulièrement invalidant et justifie souvent une prise en charge thérapeutique visant à identifier la cause. Le hoquet chronique peut être le symptôme d'une maladie plus ou moins sérieuse, ou d'une complication pathologique.

Causes

Le hoquet bénin est fréquemment lié au mode de vie et aux habitudes alimentaires : un repas trop copieux ou pris trop rapidement, une absorption excessive de boissons gazeuses ou d'alcool peuvent occasionner un épisode de hoquet isolé et transitoire. Parmi les autres causes fréquentes connues : un changement brusque de température (changement d'environnement chaud/froid), le tabagisme, la toux et le stress.

Comme le hoquet bénin, le hoquet a le plus fréquemment des causes alimentaires. Il peut aussi être lié à une occlusion ou à l'effet indésirable d'un médicament.

Un hoquet chronique ou rebelle est plus fréquemment causé par une anomalie œsophagienne, qui peut, dans certains cas, faire l'objet de traitements : hernie hiatale, œsophagite. Il peut aussi être lié à de nombreuses pathologies, bénignes ou plus sérieuses : comme certaines maladies pathologiques abdominales ou gastriques : reflux gastro-œsophagien, maladies hépatiques ou du diaphragme, parasitoses, cancers (rein, pancréas). Un hoquet réfractaire peut aussi être causé par différentes affections pulmonaires, cervicales (goitre, lymphomes) et neurologiques (tumeur, hypertension crânienne, traumatisme, méningite).

Diagnostic

L'endoscopie digestive haute est l'examen de première intention visant à établir la cause d'un hoquet chronique : il permet d'explorer l'œsophage à la recherche d'éventuelles anomalies. La pH-métrie des 24 heures, complémentaire de l'endoscopie, peut être prescrite afin de quantifier l'importance du reflux acide éventuellement associé au hoquet. Un autre examen, appelé manométrie œsophagienne, permet d'évaluer les pressions le long de l'œsophage, à la recherche d'une dyskinésie œsophagienne (défaut de relaxation du sphincter inférieur de l'œsophage). Plusieurs examens complémentaires peuvent être réalisés afin de préciser le diagnostic.

Traitement

Le hoquet simple se traite en éliminant le plus souvent la cause à l'origine du symptôme, en rétablissant une hygiène alimentaire adaptée. D'autres manoeuvres simples peuvent aider à résorber les symptômes : comme retenir sa respiration (apnée brève) ou boire la tête en arrière. S'il est particulièrement gênant, le hoquet aigu, peut dans certains cas, être soulagé par la manoeuvre dite de « Salem ». Celle-ci est cependant rarement réalisée, car elle nécessite une expertise médicale. Elle repose sur l'application temporaire d'une sonde nasale sur la paroi postérieure du pharynx.

Le traitement du hoquet chronique vise à traiter la cause à l'origine du symptôme.
Différents types de médicaments peuvent être prescrits selon la cause identifiée : comme les inhibiteurs de la pompe à protons (pour traiter le RGO), les anti-H2, certains myorelaxants (décontractants musculaires), certains antiémétiques, et dans certains cas, plus rares, les antidépresseurs tricyliques, les antiépileptiques et les neuroleptiques.
Un traitement chirurgical peut être proposé si une anomalie œsophagienne occasionne une gêne majeure.

Remède naturel

Difficile de trouver des recettes efficaces à 100% lorsqu'il s'agit de se débarrasser du hoquet. Vous trouverez ici certaines d'entre elles, parmi lesquelles figure certainement celle qui vous conviendra.

Le sucre

Humidifiez un morceau de sucre avec quelques gouttes de vinaigre. Posez-le ensuite sur votre langue. Attendez qu'il fonde, puis avalez-le. Le goût n'est pas des plus agréables mais la recette fonctionne pour beaucoup !

Le verre d'eau "à l'envers"

Il ne s'agit pas de boire les pieds en l'air... Remplissez un verre d'eau. Mettez votre menton dans ce dernier. Pour boire, vous avez alors besoin de vous penchez en avant. Ceci devrait vous permettre de faire passer le hoquet.

La peur subite

Cela peut paraître idiot mais la méthode semble fonctionner pour un certain nombre de gens. Une personne tierce devra vous effrayer au moment où vous vous y attendez le moins pour que cela fonctionne.

L'apnée

Les idées les plus évidentes sont parfois les meilleures : essayez de retenir votre respiration le plus longtemps possible.

La diversion

Demandez à la personne qui a le hoquet ce qu'elle a mangé au dernier repas, la veille, etc. L'effort de concentration semble être efficace pour faire passer le hoquet.

Boissons et alimentation

Pour une personne sujette au hoquet, il convient d'éviter les repas copieux, les boissons alcoolisées et les boissons gazeuses. Egalement, prendre le temps de mâcher et de manger lentement.

Faire des abdominaux

Travailler ses abdos est aussi conseillé : le diaphragme s'en portera mieux, vu que son rôle dans les spasmes est lié.

Le contrôle

Toutes ces recettes ont le même procédé pour arrêter le hoquet, c'est-à-dire agir sur le diaphragme, nappe musculaire située sous les poumons et responsable du hoquet (à part peut-être celle "le sucre" à moins que le vinaigre n'ait une action sur celui-ci). Que l'on boive à l'envers, que l'on se concentre pour se souvenir, que l'on s'arrête de respirer... on l'immobilise et quand on a peur, on inspire violemment donc il se soulève subitement : on casse le rythme installé du hoquet.


Si le hoquet apparaît en plein concours ou examen par exemple, il vous sera difficile d'utiliser une de ces précédentes recettes, mais vous pouvez réussir à le désamorcer en vous concentrant sur votre respiration, en respirant très lentement, et en vous contractant légèrement vous réussirez à reprendre un certain contrôle du muscle. C'est un entraînement, mais plus on le pratique et plus on y arrive !

Pour aller plus loin

Hoquet rebelle (PDF), sur le site de l'Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie.
Crédit photo : © Piotr Marcinski - Fotolia.com

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Publié par p.horde.
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