Arrêter de fumer et ne pas rechuter (HAS)

Mars 2017

La Haute Autorité de Santé a actualisé en janvier 2014 sa recommandation aux professionnels de santé concernant la prise en charge des fumeurs exprimant ou non le souhait d'arrêter de fumer.

Elle fournit aux médecins traitants des recommandations, outils et méthodes pour faciliter le dépistage et l'accompagnement des patients vers un sevrage tabagique, ainsi que la prise en charge médicale et la prévention des rechutes.

Elle fait également le point sur la place de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique en 2014.


Rappels des risques associés à la consommation de tabac


La HAS rappelle que le tabagisme est responsable de 25% de l'ensemble des cancers et de 81% des décès par cancers bronchopulmonaires en France et que l'espérance de vie d'un fumeur est réduite de 20 à 25 ans par rapport à celle d'un non fumeur.

Il représente par ailleurs un facteur de risque pour d'autres maladies comme l'ostéoporose, le risque d'infections bactériennes ou virales sévères et la maladie de Crohn.

Enfin, la HAS indique que le tabagisme diminue l'efficacité des médicaments anti-infectieux, antidiabétiques et anti-hypertenseurs.

Accompagnement du fumeur par le médecin traitant


La HAS rappelle que l'accompagnement du fumeur par un professionnel de santé est la prise en charge la plus efficace pour mettre en place un sevrage tabagique. Celui-ci peut être encadré par le médecin traitant dans le cadre de consultations dédiées.

L'objectif de cette prise en charge est d'une part d'apporter un soutien psychologique d'autre part de renforcer la motivation du fumeur. La HAS indique qu'il est important de prévoir des consultations régulières spécifiquement consacrées à la prise en charge de l'arrêt du tabac.

Selon la HAS, tous les patients devraient être interrogés sur leur éventuelle consommation de tabac afin de pouvoir bénéficier d'une aide au sevrage.

La HAS recommande aux médecins traitants d'inciter leurs patients dépistés à arrêter la consommation de tabac, dans la mesure où cette simple recommandation augmente considérablement ses chances d'arrêt.

Traitements recommandés par la HAS

Traitement nicotiniques de substitutions (TNS) en première intention


Selon la HAS, les traitements nicotiniques de substitutions (TNS) peuvent être prescrits en première intention dans le cadre d`une stratégie d'arrêt ou de réduction de la consommation de tabac.

Cette décision dépend du niveau de dépendance évalué par le professionnel de santé.

D'après la recommandation de la HAS, la combinaison d'un timbre transdermique avec une forme de TNS d'administration rapide (gomme, inhaleur, etc.) est plus efficace qu'une forme unique de TNS.

Varénicline et bupropion


Concernant les autres traitements médicamenteux, la HAS précise que la varénicline et le bupropion ne doivent être prescrits qu'en seconde intention .

Dans un focus publié en février 2014, la HAS rappelle que des effets indésirables graves ont été observés avec la varénicline et le bupropion.

Méthodes alternatives


Concernant le recours aux méthodes alternatives comme l'acupuncture, l'hypnothérapie ou l'activité physique, la HAS considère qu'elles ne doivent pas être découragées si elles sont utiles pour le fumeur dans sa démarche.

Si ces méthodes n'ont pas fait preuve de leur efficacité, la HAS considère qu'elles trouvent leur place dans une démarche d'arrêt du tabac en complément des méthodes recommandées.

Place de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique


D'après la recommandation de la HAS, la cigarette électronique n'est, en 2014, pas recommandée comme outil d'aide à l'arrêt du tabac dans la mesure où son efficacité et son innocuité n'ont pas été suffisamment évaluées à ce jour.

La HAS précise cependant que son utilisation temporaire par le fumeur qui souhaite arrêter de fumer ne doit pas être déconseillée.

Dépistage, accompagnement, traitement : outils à disposition des professionnels


La HAS met à disposition différents outils aux professionnels pour faciliter plusieurs étapes de la prise en charge de leurs patients : dépistage de la consommation de tabac, évaluation la dépendance et la motivation à l'arrêt, accompagnement et prévention des rechutes.

Dans sa recommandation, la HAS fait référence à plusieurs outils, et notamment :

- Le test de Fagerström simplifié en deux questions (dépistage).

centre


- L'échelle analogique d'évaluation de la motivation.

centre


- Le modèle descriptif des changements de comportements développé par Prochaska et DiClemente qui évalue le stade de motivation du patient pour adapter la stratégie d'arrêt du tabac (voir « pour aller plus loin »).

- L'adaptation des colonnes de Beck à la prévention de la rechute (voir « pour aller plus oin »).

Fumer a-t-il un impact sur la fertilité des couples qui souhaitent avoir un enfant ?


La HAS recommande aux professionnels de santé de profiter de ce projet pour repérer spécifiquement le tabagisme chez la femme en projet de grossesse et/ou son compagnon et conseiller l'arrêt.

Recommandations pour les femmes fumeuses enceintes


La HAS recommande aux médecins de proposer une aide soutenue d'aide à l'arrêt du tabac aux femmes enceintes à la première consultation prénatale et tout au long de la grossesse. Cette proposition est possible dès lors que la patiente a réalisé les bénéfices importants de l'arrêt du tabac pour sa santé et celle de son futur enfant.
Un accompagnement psychologique peut être également proposé, afin de maximiser les chances de réussite, selon la HAS. Concernant la prise en charge médicale, la HAS précise qu'il est moins nocif pour une femme enceinte de recourir à des traitements à base de nicotine que de continuer à fumer.
Elle déconseille par ailleurs l'utilisation de la varénicline et du bupropion au cours d'une grossesse.

Association pilule et tabac


La HAS rappelle que le risque de thrombose artérielle est augmenté chez les femmes prenant la pilule en présence d'un ou plusieurs facteurs de risque connus d'athérosclérose, dont le tabac (également : hypertension artérielle, diabète et hypercholestérolémie).
Se fondant sur ses recommandations de 2012, la HAS déconseille la prescription de pilule aux femmes de plus de 35 ans et recommande un suivi plus attentif pour celles âgées de moins de 35 ans. Selon la HAS, il est nécessaire d'adapter la méthode contraceptive en fonction du statut tabagique de la patiente et de proposer une aide au sevrage tabagique à toute femme en consultation pour le choix d'une méthode contraceptive.

Pour aller plus loin



Les outils de référence proposé par la HAS :

- Modèle transthéorique des changements de comportements de Prochaska et DiClemente)
- Adaptation des colonnes de Beck à la prévention de la rechute

Crédit photo : © nikkytok - Fotolia.com

A voir également


Publi-information
Publié par sante-medecine.
Ce document intitulé « Arrêter de fumer et ne pas rechuter (HAS) » issu de Journal des Femmes Santé (sante-medecine.journaldesfemmes.com) est soumis au droit d'auteur. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite. Sante-Medecine.net adhère aux principes de la charte « Health On the Net » (HONcode) destinée aux sites Web médicaux et de santé. Vérifiez ici.