Hydratation par perfusion sous-cutanée (OMéDIT)

Mai 2017

L'Observatoire des Médicaments, des Dispositifs Médicaux et des Innovation Thérapeutiques de la région Centre (OMéDIT) a publié en juin 2013 une fiche de bonnes pratiques sur l'hydratation par perfusion sous-cutanée (hypodermoclyse).

Elle présente aux praticiens l'intérêt, les indications et contre-indications de cette technique, et détaille le type de solutions et le matériel requis pour son utilisation.


Perfusion sous-cutanée : intérêt


L'OMéDIT indique que la perfusion sous-cutanée de solutés et/ou médicaments dans le tissu sous-cutané (SC = hypoderme) peut être employée lorsque la voie orale est inefficace, insuffisante ou inutilisable . Cet acte infirmier réalisé sur prescription médicale présente un intérêt en gériatrie et chez des patients au capital veineux altéré .

Selon l'OMéDIT, l'hypodermoclyse nécessite peu de surveillance et présente plusieurs avantages par rapport à la voie IV : outre la facilité d'accès, elle permet une perfusion discontinue nocturne, elle est associée à un moindre risque d'infections systémiques et de phlébite.. En outre, elle peut être utilisée à domicile ou en institution.

L'OMéDIT précise que son intérêt doit être réévalué en fonction du pronostic et du projet de vie de la personne.

Indications


D'après l'Observatoire, la perfusion sous-cutanée est indiquée dans différents cas : hydratation des patients modérément déshydratés, prévention de la déshydratation en situation à risque (ex : apport oral insuffisant, canicule), voie orale problématique ou impossible (ex : trouble de la déglutition, vomissements, refus du patient), voie veineuse difficile ou impossible (ex : veines fragiles).

Contre-indications


Selon l'OMéDIT, l'hypodermoclyse est contre-indiquée en cas de troubles majeurs de la coagulation et doit être pratiquée avec prudence chez les patients sous anti-coagulants.

La perfusion sous-cutanée est également contre-indiquée en cas d'infections cutanées diffuses, de mauvaise circulation périphérique, et dans certaines situations d'urgence requérant une réhydratation rapide et massive par voie intraveineuse contre-indiquent à l'hypodermoclyse : déshydratation sévère, état de choc, collapsus, etc.

Surveillance


L'OMéDIT recommande d'exercer une surveillance après la pose : état cutané local, débit, position du cathéter, absence de fuite ou de reflux.

l'Observatoire précise que devant toute anomalie (ex : douleur, rougeur, crépitement à la palpation, hématome, etc.) le retrait et le changement de site de la perfusion s'impose.

En cas de douleur ou d'oedème : L'OMéDIT recommande d'adapter la vitesse de perfusion (un petit gonflement après la pose est normal).

Matériel et technique


Avant d'appliquer la perfusion, l'OMéDIT recommande de vérifier au préalable la prescription médicale, d'expliquer le soin au patient, de l'informer et l'installer confortablement.

Solutions de perfusion et dispositifs médicaux


Parmi les points clés à retenir : l'OMéDIT recommande d'utiliser des solutés isotoniques (évite douleur, nécrose) et contenant des électrolytes , de ne pas ajouter de médicaments au soluté de réhydratation en raison du risque d'incompatibilités et de ne pas réaliser de perfusion de potassium par voie sous-cutanée.

Concernant le dispositif médical, l'OMéDIT recommande l'utilisation d'une canule en plastique : micro-cathéter court périphérique pédiatrique de sécurité à ailettes, de petit diamètre : 22G bleu, 24G jaune.

L'Observatoire indique qu'il ne faut pas utiliser d'aiguille épicrânienne à ailettes type «Butterfly» , afin de ne pas laisser une aiguille métallique en place et de limiter la douleur, le risque d'AES et le risque d'arrachage.

Se reporter à la page deux de la fiche pratique pour une description détaillée des solutions de perfusion requises et du dispositif médical nécessaire à la réalisation d'une perfusion sous-cutanée.

Sites d'injection


Selon les indications de l'Observatoire : la peau doit être saine, en bon état sans lipodystrophie ni hématome. En cas de prescription de crème anesthésique locale (prilocaïne + lidocaïne), l'appliquer au moins 1,5 heure avant la pose du micro-cathéter.

Outre le respect des règles d'asepsie, similaires à une injection par IV, l'OMéDIT préconise d'assurer la rotation des sites d'injection, d'éviter de piquer dans des zones oedématiées et de piquer dans une zone où l'hypoderme est trop mince.

Les sites d'injection privilégiés sont : la face antérieure de l'abdomen, les flancs et la face antérieure des cuisses.

Selon l'OMéDIT, d'autres sites d'injection peuvent être utilisés (ex : thorax, bras) en cas de nécessité. Par ailleurs, le site interscapulaire peut être intéressant chez le sujet confus risquant d'arracher le dispositif.

Enfin l'OMéDIT indique que le même point de ponction peut être utilisé jusqu'à 6 jours maximum en l'absence de réaction locale.

Source


Hydratation par perfusion sous-cutanée (hypodermoclyse), fiche de bonnes pratiques, Observatoire des Médicaments, des Dispositifs Médicaux et des Innovation Thérapeutiques - région Centre - OMéDIT -

Crédit photo :© eyewave - Fotolia.com

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