Rappel des règles de bon usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ANSM)

Novembre 2017

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié en juillet 2013 un rappel des règles de bon usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). S'adressant aux médecins traitants, cette liste de recommandations porte notamment sur l'évaluation et la surveillance des risques liés à la prescription des AINS. Elle fait également le point sur les cas contre-indiquant à la prescription d'AINS selon la situation médicale du patient.



Avant de prescrire

Evaluer le risque digestif

L'ANSM rappelle que les AINS doivent être prescrits et utilisés avec prudence, notamment chez les patients présentant les facteurs de risque suivants : antécédents de lésion gastro-intestinale (ulcère, hémorragie, perforation), comorbidité, rectocolite hémorragique et maladie de Crohn.


L'âge du patient et la prise de certains médicaments constituent d'autres facteurs à prendre en compte afin d'évaluer le risque digestif.

Evaluer le risque cardio-vasculaire

Selon l'ANSM, les AINS augmentent le risque de rétention hydrosodée .
Ce risque doit être pris en compte chez les patients souffrant de HTA, d'insuffisance cardiaque, de dysfonctionnement ventriculaire gauche et d'oedèmes.
L'étoricoxib est contre-indiqué chez les patients présentant une hypertension artérielle non contrôlée, car il est associé à une hypertension artérielle plus fréquente et plus sévère qu'avec les autres AINS.

L'ANSM rappelle également que les AINS (particulièrement à posologie élevé, et pris sur le long cours), peuvent favoriser une faible augmentation du risque thrombotique artériel . En conséquence, elle recommande une évaluation approfondie chez les patients qui souffrent des pathologies suivantes : hypertension artérielle non contrôlée, insuffisance cardiaque congestive, cardiopathie ischémique avérée, artériopathie périphérique et/ou pathologie vasculaire cérébrale, facteurs de risque cardiovasculaire.

Evaluer le risque rénal

Selon l'ANSM, les AINS sont susceptibles d'induire une insuffisance rénale aiguë par inhibition de la synthèse des prostaglandines .


Elle recommande aux professionnels de santé d'être attentifs aux patients présentant un risque.
d'hypovolémie, une altération de la fonction rénale, une insuffisance cardiaque non compensée ou.
des troubles hépatiques.

Selon les recommandations de l'ANMS, les AINS sont déconseillés chez les patients à risque d'insuffisance rénale fonctionnelle (patient âgé, hypovolémique) , sauf cas exceptionnel qui nécessite alors une surveillance biologique.

Evaluer le risque global dans la population à risque des sujets âgés

Doivent être pris en compte, selon l'ANSM : le risque augmenté d'effets indésirables de type hémorragie, perforations digestives potentiellement fatales, et d'insuffisance rénale.

Parmi les autres facteurs de risques globaux à prendre en compte : les comorbidités fréquentes et la polymédication qui expose à des risques d'interactions médicamenteuses.

Lors de la prescription

L'ANSM rappelle que le choix d'un AINS tient compte des profils de sécurité relatifs à chaque AINS, des facteurs de risque individuels du patient et de ses préférences.

Respecter les indications

L'ANSM rappelle que les indications d'un AINS reflètent les pathologies dans lesquelles l'efficacité de chaque molécule a été démontrée. Tous les AINS n'ont donc pas les mêmes indications.

Elle recommande également d'informer systématiquement le patient des risques liés à l'utilisation des AINS et des précautions à suivre en cas d'automédication.

Parmi les autres recommandations de l'ANSM : ne pas traiter au long cours de façon systématique, ne pas poursuivre un traitement par AINS en dehors des manifestations symptomatiques d'arthrose, de rhumatisme inflammatoire ou d'arthropathie microcristalline, réévaluer régulièrement la nécessité et l'efficacité du traitement symptomatique par AINS.

Par ailleurs, l'ANSM rappelle qu'il convient de prescrire et d'utiliser les AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible et de respecter les contre-indications.

Contre-indications aux AINS : tableau récapitulatif

L'ANSM récapitule les différentes contre-indications à la prescription des AINS dans les cas généraux suivants :
centre



Chez les femmes enceintes, l'ANSM rappelle que tous les AINS sont contre-indiqués dès le début du 6ème mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée). Par ailleurs, les coxibs (célécoxib, étoricoxib, parécoxib) sont contre-indiqués pendant toutes la grossesse .

Risque d'interaction médicamenteuse

Se reporter au tableau en dernière page du document.

Surveillance du traitement

Surveiller les effets indésirables digestifs

Selon l'ANSM, la survenue d'épigastralgies ou d'autres symptômes digestifs impose l'arrêt du traitement.

Surveiller les effets indésirables cardiovasculaires

L'ANSM précise que tout symptôme évocateur de l'aggravation ou de l'apparition d'une pathologie cardio-vasculaire sous AINS impose d'une part l'arrêt du traitement, d'autre part une réévaluation de la pertinence de l'indication dans la pathologie concernée.

Etre attentif aux éventuelles manifestations cutanées

D'après l'ANSM, tout traitement sous AINS doit être arrêté dès la survenue de rash cutané, de lésions muqueuses ou de toute autre manifestation d'hypersensibilité.

L'ANSM précise que tous les AINS peuvent entraîner des réactions cutanées graves, parfois fatales (ex :
dermatite exfoliatrice, syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell (épidermolyses bulleuses).

Ces réactions surviennent le plus souvent durant le premier mois de traitement .

Etre attentif à toute manifestation infectieuse

L'ANSM attire l'attention des professionnels de santé sur le fait que les AINS sont susceptibles de masquer les premières manifestations d'une infection et ainsi d'aggraver le pronostic de certaines d'entre elles : comme les infections dentaires, la varicelle, les pneumopathies et les infections ORL.

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