Troubles causés par l'alcoolisation foetale : repérage (HAS)

Février 2017



La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en juillet 2013 une fiche mémo sur le repérage des troubles causés par l'alcoolisation foetale chez la femme et l'enfant, à destination des médecins généralistes et spécialistes, des sages-femmes, et des professionnels de la petite enfance.

Elle fournit plusieurs recommandations pour le diagnostic, l'orientation et l'accompagnement des femmes enceintes afin de prévenir le risque de troubles liés à l'alcoolisation foetale pendant la grossesse et faciliter la prise en charge des enfants ayant subi les effets d'une exposition prénatale à l'alcool.

Repérage des troubles causés par l'alcoolisation foetale : objectif


Outre un diagnostic précoce, la Haute Autorité de Santé indique que le repérage des troubles causés par l'alcoolisation foetale permet d'effectuer une recherche de malformations associées , d'élaborer la mise en place d'un programme d'intervention adapté à l'enfant , tout en permettant un accompagnement des parents.
Il a notamment pour but de prévenir la consommation d'alcool à l'occasion d'une autre grossesse et de porter un diagnostic des troubles chez un aîné de la fratrie.
Dans cette fiche mémo, la HAS précise que le repérage repose d'une part sur une connaissance des troubles, d'autre sur un dialogue avec la mère portant sur sa consommation d'alcool au cours de la grossesse.

Données épidémiologiques


Selon la HAS, l'incidence du syndrome d'alcoolisation foetale en France est d'environ 1,3 pour mille naissances vivantes par an .
La HAS rappelle que l'exposition prénatale à l'alcool est un facteur de risque d'anomalies à tous les stades de la grossesse (plus particulièrement à son début) et concerne toutes les boissons alcoolisées, même dans le cadre d'une consommation ponctuelle .

Messages clés

Concernant la femme enceinte


La HAS recommande de demander systématiquement leurs habitudes de consommation d'alcool aux femmes désirant une grossesse, aux femmes enceintes ainsi qu'aux femmes venant d'accoucher.
Il est notamment recommandé de faire préciser les modalités et périodes de consommation au cours de la grossesse . Un questionnaire auto-administré (FACE, l'AUDIT ou le T-ACE1) peut être utilisé à cet effet.

Concernant l'enfant


La HAS recommande d'orienter les parents du jeune enfant vers un médecin formé au diagnostic des troubles du développement pour réaliser une évaluation diagnostique dans différentes situations : notamment en cas de consommation prénatale d'alcool (significative) confirmée par la mère ou notoire .
Plusieurs signes morphologiques peuvent également orienter la décision du praticien, comme la présence chez l'enfant de trois éléments de la dysmorphie faciale : fentes palpébrales raccourcies, un sillon naso-labial lisse, allongé et effacé et une lèvre supérieure mince . Le diagnostic peut être également porté si l'enfant présente certains troubles associé(s) à au moins un élément de dysmorphie faciale et à une exposition prénatale significative à l'alcool (confirmée ou probable) : comme un retard de croissance ou un trouble du système nerveux central (les deux sont parfois associés) .

La HAS rappelle que plusieurs troubles peuvent indiquer une alcoolisation foetale : comme un retard de croissance, un retard psychomoteur, une malformation, une microcéphalie, un trouble des apprentissages, un trouble de l'attention, un trouble du comportement et/ou de l'adaptation sociale inexpliqués.

Troubles causés par l'alcoolisation foetale


Selon la HAS, les troubles liés à l'alcoolisation foetale s'étendent de la forme la plus sévère, le « syndrome d'alcoolisation foetale (SAF) », à des formes incomplètes caractérisées par des difficultés dans les apprentissages et/ou un trouble des facultés d'adaptation sociale.

Le SAF comporte plusieurs manifestations : comme la dysmorphie faciale parfois difficile à mettre en évidence (voir les marqueurs plus haut), un retard de croissance non spécifique (taille ou poids ou périmètre crânien) prénatal ou postnatal ou les deux, ainsi que des troubles du développement neurologique.

Ces derniers s'expriment fréquemment par des difficultés d'apprentissage (troubles de l'attention, de la mémoire, du raisonnement abstrait), des troubles du calcul, des troubles du langage, une déficience sensorielle (principalement visuelle), des troubles du comportement, des troubles des facultés d'adaptation et des conduites sociales, source de difficultés d'insertion sociale. Ils s'expriment parfois par un retard mental.

Les anomalies du système nerveux sont directement liées à l'alcoolisation foetale et leurs effets s'expriment de manière variable avec l'âge.

La forme clinique la plus fréquente des troubles causés par l'alcoolisation foetale est la forme partielle : elle se manifeste par des troubles neurodéveloppementaux, des troubles des conduites, et peut être notamment responsable d'un échec scolaire.

Source


Troubles causés par l'alcoolisation foetale : repérage (fiche mémo, PDF) Haute Autorité de Santé

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Publié par sante-medecine. Dernière mise à jour le 30 octobre 2013 à 19:45 par p.horde.
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