Trouble du comportement alimentaire - TCA - Définition

Mai 2017

Les troubles du comportement alimentaire sont de plus en plus fréquents dans notre société. Difficultés psychologiques, volonté d’être toujours plus mince, les causes sont multiples. Leurs effets sur la santé sont incontestables et montrent la nécessité de les détecter et de prendre en charge les patients atteints par ces troubles. La Société de Nutrition et de Diététique de Langue Française a publié dans ses « Cahiers de nutrition et de diététique » une sémiologie des troubles du comportement alimentaire de l’adulte.



Définition

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), tous types confondus, sont de plus en plus fréquents, notamment chez les adolescents. Au-delà des pathologies lourdes que représentent l'anorexie mentale et la boulimie, les TCA peuvent aussi concerner des dérives allant de la compulsion à l'addiction alimentaire. Le nombre d'adolescents présentant des TCA est en constante et forte augmentation depuis une trentaine d'années.

Symptômes

Il est important de différencier les symptômes : « caractéristique particulière des conduites alimentaires », des syndromes : « regroupement symptomatique d’une entité nosologique répertoriée ». Prenons l’exemple de l’anorexie, ce trouble est un symptôme que l’on peut retrouver dans différentes pathologies alors que l’anorexie mentale, elle, est un syndrome. Les principaux symptômes mis en jeu dans les troubles du comportement alimentaire sont les suivants : hyperphagie prandiale (augmentation des apports caloriques pendant les repas), hyperphagies extra-prandiales (grignotage, compulsions alimentaires, accès boulimique et hypophagie. L'hypophagie se traduit par :
  • Anorexie : « l’anorexie se définit par l’absence de faim ou de satiété à l’heure habituelle des repas. » Il faut bien faire la distinction entre l’anorexie et le refus de manger. Dans le premier cas la personne ne ressent pas de sensation de faim alors que dans le deuxième si.
  • Comportements restrictifs : la restriction dite “cognitive” se définit comme “la tendance à limiter volontairement son alimentation dans le but de perdre du poids ou de ne pas en prendre”.

Syndromes

Anorexie mentale

D’après la SNDLF, voici les critères diagnostiques :
  • Refus de maintenir le poids corporel au niveau ou au-dessus d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille.
  • Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, alors que le poids est inférieur à la normale.
  • Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle.
  • Chez les femmes post-pubères, aménorrhée (absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs ou règles ne survenant qu’après traitement hormonal).

Boulimie nerveuse

D’après la SNDLF, voici les critères diagnostiques :
  • Survenue récurrente de crises de boulimie (absorption, en une période de temps limitée, d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période de temps similaire et dans les mêmes circonstances et sentiment d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise),
  • Comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids (vomissements provoqués, emplois abusifs de laxatifs, diurétiques, exercice physique excessif, etc.),
  • Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent tous deux, en moyenne, au moins deux fois par semaine pendant 3 mois,
  • L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle,
  • Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d’anorexie mentale.

Binge eating disorder

Survenue récurrente de crises de boulimie : Les crises de boulimie sont associées à trois des caractéristiques suivantes (ou plus) :
  • manger beaucoup plus rapidement que la normale ;
  • manger jusqu’à éprouver une sensation pénible de distension abdominale ;
  • manger de grandes quantités de nourriture en l’absence d’une sensation physique de faim ;
  • manger seul parce que l’on est gêné de la quantité de nourriture que l’on absorbe ;
  • se sentir dégoûté de soi-même, déprimé ou très coupable après avoir trop mangé.


Le comportement boulimique est source d’une souffrance marquée. Il survient, en moyenne, au moins deux jours par semaine pendant 6 mois. Il n’est pas associé au recours régulier à des comportements compensatoires inappropriés et ne survient pas exclusivement au cours d’une anorexie mentale ou d’une boulimie.

Troubles psychologiques

Dans l'immense majorité des cas, l'apparition de TCA s'accompagne de troubles psychologiques incontestables : dépression, anxiété, perte de l'estime de soi. A ces facteurs psychopathologiques, il convient d'ajouter des facteurs psychosociaux. C'est la raison pour laquelle une thérapie familiale apporte souvent de bons résultats.

Adolescence

L'adolescence est l'âge où les besoins alimentaires sont aussi importants pour l'organisme que le sont sur le plan social, et en particulier chez les jeunes filles, les représentations associées au corps, à la séduction, à la mode.

Ces préoccupations de conformité sociale, fréquemment associées à l'image du corps et de croyance selon laquelle il convient de correspondre à certains critères pour mieux s'intégrer à un groupe social, peuvent rapidement dériver vers l'adoption de régimes de plus en plus sévères, et parfois vers une véritable phobie de la prise de poids.

Les transformations physiques importantes de l'adolescence sont fortement consommatrices d'énergie. C'est pourquoi les besoins nutritionnels de l'ado doivent faire l'objet d'une attention particulière.

Pour les adolescents entre 13 et 19 ans, les apports énergétiques quotidiens sont estimés, pour les garçons à 2 700 kcal, et pour les filles à 2 200 kcal.

En plus de ces apports énergétiques, l'organisme de l'adolescent exige des apports spécifiques en fer, en calcium, en magnésium, en lipides, en protéines et en vitamines, en particulier B, A et E.

Les ados ont une alimentation de plus en plus désorganisée (non-respect d'heures fixes pour les repas, écart chaotique entre les différentes prises d'aliments au cours de la journée) et hypercalorique (pour résumer : trop de sucre et trop de graisse). Résultat : en France, l'obésité a progressé de 150% en 15 ans !

Bien manger, commence pourtant par le respect d'une certaine hygiène de vie et de principes simples. Prendre le temps de s'alimenter en recherchant le plaisir du goût, au lieu d'avaler n'importe quoi, n'importe quand et le plus vite possible. Manger dans un environnement calme et non stressant - pas toujours facile pour les demi-pensionnaires des collèges et lycées. Ne pas sauter de repas et éviter de grignoter dans la journée.

Les ados ont des besoins nutritionnels importants qu'ils satisfont en absorbant parfois des quantités notables de nourriture. Les garçons sont plus souvent concernés par ces fringales qui ne peuvent en aucun cas être associées à de la boulimie.

Pour autant, l'adoption le plus tôt possible de bonnes pratiques alimentaires peut éviter des troubles comportementaux légers comme le grignotage intempestif ou l'absorption de n'importe quelle nourriture à n'importe quelle heure de la journée. Le bon sens commande une bonne répartition entre protéines, glucides et lipides à chaque repas ainsi que des apports en fibres et vitamines.

Les repas doivent être réguliers, sans oublier le goûter qui constitue pour les ados un apport clé d'énergie dans la journée.

Le petit-déjeuner doit représenter 30% des apports caloriques de la journée, le déjeuner 35%, le dîner moins de 20% et le goûter environ 15%. Céréales, produits laitiers, fruits et tartines beurrées le matin ; une viande (alterner viande rouge et blanche) ou du poisson accompagné de féculent ou de légumes vert, complété par un laitage et un fruit, le midi ; le dîner doit être plus léger que le déjeuner et éviter les aliments gras.

Selon le profil de chaque ado, diététicien et nutritionniste peuvent établir des menus parfaitement adaptés aux besoins des jeunes gens.

Prévention

Ce qu'il ne faut pas faire :
  • Manger toujours la même chose. Une alimentation stéréotypée entraîne dans le temps des risques fort de carence vitaminique et de déficit de nutriments.
  • Eviter de boire des sodas au repas, entre les repas ou au petit-déjeuner (20% des ados consommeraient du Coca au réveil !). A retenir absolument : un litre de soda représente l'équivalent de 30 morceaux de sucre !
  • Manger trop riche sans pratiquer un sport ou une activité physique régulière.

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Publié par Jeff.
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