Calculs urinaires - Lithiase urinaire - Causes, symptômes et traitement

Juillet 2017

La lithiase urinaire est une pathologie liée à la formation d'un ou plusieurs calculs dans les voies urinaires. Cette pathologie est également dénommée « calculs urinaires ».


Définition

La lithiase urinaire désigne la présence de calculs dans l'appareil urinaire. Ces calculs peuvent être composés de différentes tailles et nature et sont favorisés par des facteurs alimentaires, l'insuffisance d'apports liquidiens ou une stase des urines notamment dans le cadre d'anomalies anatomiques.

La lithiase urinaire touche environ 2 à 5% de la population environ. Les hommes sont plus touchés que les femmes dans une proportion environ de 2 hommes pour une femme. La lithiase urinaire touche essentiellement les personnes de 40 à 50 ans et sont plus rares chez l'enfant. La lithiase urinaire est une pathologie qui récidive fréquemment dans près d'un cas sur deux. Les lithiases urinaires apparaissant avant l'âge de 40 ans sont celles qui récidivent le plus.

Causes

L'appareil urinaire se compose de deux reins, deux uretères, d'une vessie et d'un urètre. L'urine est synthétisée à partir du sang. Elle est filtrée au niveau des reins puis transportée jusqu'à la vessie à travers les 2 uretères. L'évacuation de l'urine, encore appelé miction, s'effectue par l'urètre qui se termine par le méat urinaire permettant ainsi d'éjecter l'urine.

Un calcul est constitué d'amas pierreux. Les calculs présents dans les voies urinaires peuvent provoquer un blocage à l'origine des douleurs typiques de la colique néphrétique. Ils peuvent également provoquer une altération plus lente et progressive des fonctions rénales. Lorsque qu'un calcul obstrue l'urètre, le bassinet, poche en forme d'entonnoir située à l'entrée, se dilate provoquant de violentes douleurs.

Les calculs sont constitués d'amas pierreux. Les changements d'habitudes alimentaires depuis 1 siècle ont modifié leur composition. En effet la composition d'un calcul dépend notamment de l'alimentation ainsi que de l'apport hydrique.

Notre mode d'alimentation, la consommation de calcium, de sel, de protéines, de viande ainsi que le climat, l'ensoleillement et notre type d'hydratation influencent la composition des urines.

Calculs minéraux

Les calculs minéraux sont les calculs composés de calcium, ceux d'oxalate de calcium et ceux de phosphate de calcium ou les calculs ammoniaco-magnésien. Les calculs de calcium concernent plus de 80% des cas. Les calculs d'oxalate de calcium sont les plus fréquents.

Calculs organiques

Les calculs organiques sont ceux composés d'acide urique, de cystine ou de xanthine. Les calculs d'acide urique concernent environ 5 à 10% environ des cas. L'acide urique dans le sang est normalement éliminé par les reins, qui le font passer dans les urines. En cas de concentration d'acide urique sanguine élevée, ('hyperuricémie), celui-ci peut se cristalliser au niveau des voies urinaires et provoquer un calcul.

Le taux d'acide urique peut s'élever dans les cas d'alcoolisme, de consommation de certains médicaments (diurétiques, anticancéreux, bêta-bloquants...), de régime hyper-protidique, de consommation importante de charcuteries, d'efforts musculaire intenses, de ménopause ou de diabète.

Calculs d'origine médicamenteuse

Très rarement, certains calculs peuvent être provoqués par des médicaments comme par exemple l'indinavir, prescrite dans la lutte contre le VIH, les sulfamides, le triamtérène (diurétique).

Calculs d'origine infectieuse

Les calculs de struvite, formés de phosphate amoniaco magnésien sont d'origine infectieuse et représentent environ 10% des cas.

Calculs liés à une maladie héréditaire

Les calculs liés à une maladie génétique héréditaire, comme la cystinurie et l'hyperoxalurie sont très rares et concernent environ 1% des cas.

Symptômes

Quand un calcul bloque un canal urinaire, il provoque de fortes douleurs dites coliques néphrétiques par mise en tension des voies urinaires. Les douleurs typiques sont très importantes et d'apparition brutale, débutant dans le dos et contournant les flancs pour se diriger vers les organes génitaux.

Diagnostic

Après prise en charge de la douleur, des examens comme l'échographie par exemple permettent la mise en évidence des lithiases et d'envisager un traitement.

Le bilan d'une lithiase urinaire permet une détermination de la nature et de la taille des calculs, une évaluation du retentissement sur la fonction rénale mais également la mise en œuvre d'un traitement médical et/ou chirurgical, accompagné de la mise en place de mesures préventives permettant d'éviter la ou les récidives. Ce bilan comprend un bilan urinaire, un bilan sanguin ainsi que des examens radiologiques. Ce bilan de première intention s'effectue lorsque le calcul ne peut pas être analysé, lorsqu'il n'a pas encore été recueilli ou qu'il s'est évacué.

Bilan urinaire

Le bilan urinaire est indispensable lors de la présence d'une lithiase urinaire. Il comprend un ECBU, examen cytobactériologique des urines. Celui-ci consiste à recueillir et analyser les urines de la première miction du matin. Il permet de déterminer la présence des hématies et des leucocytes ainsi que celles de cristaux et de germes.

La récolte des urines de 24 heures permet d'évaluer le volume des urines émises au cours de 24 H mais également de rechercher et d e doser la présence de créatinine, d'urée, de calcium, de phosphate, de sodium, de potassium, d'acide urique, d'oxalate, de citrate et de cystine.

L'analyse du sédiment urinaire permet un examen microscopique recherchant la présence de cristaux et d'éléments figurés.

La bandelette urinaire permet de repérer la présence de sang dans les urines et d'effectuer un pH urinaire. Le ph urinaire, normalement comprit entre 6,5 et 7,5 selon les normes des laboratoires, permet d'envisager le type de calcul à l'origine de la lithiase urinaire : lorsque le ph est infèrieur à la valeur minimale, le terme d'acidité urinaire est alors évoqué, le diagnostic de calculs d'acide urique ou de cystine peut être envisagé. Lorsque le ph est plus élevé que la norme, il s'agit dans ce cas d'un ph alcalin, le calcul peut alors être phosphocalcique.

Bilan sanguin

Le bilan sanguin comprend au minimum une créatinémie, nécessaire pour évaluer la fonction rénale, une calcémie afin de repérer un déficit en calcium ainsi qu'une glycémie (suivie éventuellement d'un dosage de l'hémoglobine glyquée et d'une HGPO) afin de rechercher la présence d'un diabète, maladie qui représente un facteur de risque.

Radiographie de l'abdomen

Les différents examens d'imagerie médicale sont utilisés en fanction de la taille, de la localisation et de la nature du ou des calculs. La radiographie de l'abdomen, sans préparation, l'ASP, permet de visualiser la présence de calculs calciques radio-opaques et d'évaluer la taille, et la nature des calculs. En effet tous les calculs comme ceux constitués d'acide urique ne sont pas radio-opaques. L'ASP ne permet pas de visualiser tous les calculs, comme par exemple ceux qui sont trop petits ou radiotransparants.

Echographie rénale

L'échographie rénale permet également de rechercher le calcul urinaire, d'évaluer sa taille, et sa nature et de visualiser son retentissement sur l'appareil urinaire. Les calculs sont plus facilement repérables lorsqu'ils se retrouvent dans le rein ou la vessie.

Tomodensitométrie ou scanner

Le scanner abdominal avec ou sans injection est un des examens de référence dans la lithiase urinaire : il permet le diagnostic de petits calculs urétéraux peu ou pas radio opaques très difficiles à visualiser sur un ASP ou une UIV mais également de visualiser le retentissement sur les voies urinaires et le rein et de découvrir les petits calculs qui ne provoquent pas de manifestation.
D'autre part, cet examen fait partie du bilan préopératoire lorsqu'une chirurgie percutanée est envisagée.

Urographie intraveineuse : UIV

L'urographie intraveineuse qui a longtemps été l'examen de référence permet également d'explorer dans un second temps les voies urinaires. Cet examen utilise des rayons X et un produit de contraste à base d'iode, opaque aux rayons X et éliminé par les reins dans les urines. L'iode radio-opaque se concentre dans les urines et permet ainsi la visualisation de l'appareil urinaire. L'urographie intraveineuse, l'UIV confirme que l'opacité qui a été repérée au cours de l'ASP se localise dans la voie urinaire. Cet examen présente certaines contre-indications comme par exemple la présence d'une allergie aux produits de contraste.

Urétéropyélographie rétrograde

L'opacification de la voie urinaire par voie rétrograde est envisagée en cas de rein muet, non visible par exemple sur un scanner, pour confirmer le diagnostic.

Examen du calcul

L'examen du calcul est recommandé lorsqu'on a pu le recueillir par filtration des urines ou lors d'une intervention chirurgicale. L'analyse du calcul s'effectue par spectrophotométrie infrarouge, basée sur l'absorption de radiations infrarouges, à partir de la récupération morceaux du calcul. Cela permet de connaitre précisément la composition du calcul et de mettre en place des traitements et mesures préventives très ciblées.

Traitement

Les calculs peuvent s'évacuer spontanément par les voies naturelles ou être dissous par un traitement à base d'ultrasons, ou dans les cas de gros calculs, ils peuvent être retirés par une intervention chirurgicale. Lorsque le ou les calculs n'ont pas été éliminés, il est nécessaire d'envisager un acte chirurgical afin d'extraire le calcul. La lithotritie extracorporelle est une technique souvent utilIsée. Mais dans certaines situations, il faut avoir recours à une urétéroscopie. Le point sur cette technique chirurgicale.

Urétéroscopie

L'urétéroscopie est une technique d'extarction des calculs urinaires qui consiste à passer un urétéroscope par l'urètre jusqu'à la vessie puis dans l'uretère jusqu'au rein. Cette intervention, plus invasive que la lithotritie extracorporelle, permet de détruire 90 à 95% des calculs et nécessite une anesthésie générale.

L'urétéroscopie consiste à introduire, par l'urètre, la vessie ou l'urétère, un endoscope muni d'un laser qui va permettre de détruire les calculs en les fragmentant. L'amas pierreux à l'origine du blocage de la voie urinaire, est retiré doucement à l'aide d'une pince. L'évacuation des débris des calculs s'effectue avec une sonde spécifique.

Après l'intervention chirurgicale peuvent survenir une sensation de brûlure et l'apparition de sang dans l'urine, conséquences du passage des instruments dans l'uretère. L'apparition de petits fragments de calculs peuvent s'observer dans les urines. Peuvent également apparaître des douleurs les jours qui suivent l'intervention. Il est important de bien s'hydrater afin de diminuer l'intensité de ces manifestations.

Les risques sont un peu plus importants que ceux pouvant survenir au cours d'une lithotritie extracorporelle. Une infection urinaire nécessitant l'usage d'antibiotiques est possible mais peu fréquente. Une perforation de l'uretère peut parfois s'observer. Le risque de survenue de lésions urétérales sévères est exceptionnel.

Prévention

L'augmentation des boissons est recommandée et ceci pour tous les types de calcul urinaire. Il est indispensable de boire 2 litres par jour afin d'assurer une quantité d'urines quotidienne de 2 litres par jour. Boire en quantité suffisante permet de diluer les urines et de diminuer le risque de formation de calculs. Il est conseillé de répartir les boissons régulièrement tout au long de la journée et au moins une fois pendant la nuit, nécessitant un réveil systématique.

L'eau du robinet est recommandée, si sa composition est conforme. La consommation d'eaux minérales pauvres en calcium comme Volvic ou Evian, ne sont pas contre-indiquée, notamment en raison de l'origine calcique de la grande majorité des calculs. La consommation d'eaux riches en bicarbonate, comme Vichy et Badoit, ne sont indiquée que lorsque le calcul est composé d'acide urique.

Le café et la tisane peuvent également être bus.Un à deux verres de jus d'oranges pressées sont conseillés en raison des effets protecteurs sur la lithiase d'oxalate de calcium.

Le thé est à consommer avec modération. L'alcool et les sodas sont déconseillés.

Boire davantage en cas de chaleur ou lors de la pratique de sport.

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Publié par Jeff.
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