EULAR - Prise en charge des arthrites vues précocement

Septembre 2017

Les arthrites repérées précocement sont la plupart du temps indifférenciées. Elles peuvent évoluer vers une polyarthrite rhumatoïde, un autre rhumatisme, rester indifférenciées ou encore simplement disparaître. En 2007, l'European League Against Rheumatism (Eular) a élaboré 12 recommandations concernant la prise en charge de ces arthrites. Ces recommandations ont été faites par 14 rhumatologues issus de 10 pays à partir de l'analyse d'un corpus de 284 articles (études contrôlées, méta-analyse, etc.).

Recommandations de l'Eular

L'atteinte articulaire inflammatoire est caractérisée par la présence d'un gonflement, d'une douleur et d'une raideur. Les patients ayant plus d'une articulation touchée doivent être adressés à un rhumatologue et vus par ce dernier si possible avant 6 semaines d'évolution. L'examen clinique est la méthode retenue pour établir le diagnostic. En cas de doutes, l'écho-Doppler ou l'IRM pourront aider pour détecter la synovite. L'examen clinique et les examens sanguins (au minimum hémogramme, analyse d'urines, transaminases et recherche d'anticorps antinucléaires) vont permettre de déterminer s'il s'agit d'une polyarthrite rhumatoïde en écartant les autres rhumatismes inflammatoires. Notez que suivants les cas l'Eular recommande également de rechercher la sérologie de Lyme, du parvovirus, des hépatites B et C, de faire une radiographie pulmonaire... Il faut ensuite compter le nombre d'articulations douloureuses et gonflées, faire d'autres examens : vitesse de sédimentation, dosage de la protéine C réactive (CRP), anticorps anti-CCP, rechercher des facteurs rhumatoïdes et des érosions radiologiques. « Les patients à risque de développer une atteinte articulaire inflammatoire persistante ou érosive doivent être traités par un traitement à action retardée, même s'ils ne remplissent pas les critères d'une maladie rhumatismale inflammatoire définie. ».
En effet, au cours des 2 premières années d'évolution de la maladie, il est fréquent de voir apparaître des érosions. Les traitements à action retardée ont ici un rôle préventif.

Il est important que le patient soit correctement informé sur sa maladie et son traitement. L'Eular recommande de développer les programmes d'éducation et de maintenir le plus possible l'activité professionnelle. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) doivent être considérés à titre symptomatique après évaluation de l'état gastro-intestinal, rénal et cardio-vasculaire. La corticothérapie générale à une dose inférieure à 10 mg/j de prednisone (rôle = diminution de la douleur et du gonflement + prévention de la progression des lésions radiologiques) doit également être considérée en association avec les traitements à action retardée. Les injections locales de corticoïdes peuvent apporter une amélioration. L'Eular précise que la tolérance à long terme de petites doses de corticoïdes n'est pas connue. Le méthotrexate doit être employé en premier chez les patients à risque de développer une maladie persistante. On peut aussi avoir recours à la salazopyrine ou au léflunomide.

« Le but du traitement est d'obtenir la rémission. La surveillance régulière de l'activité de la maladie et des effets secondaires doit guider les décisions thérapeutiques. Les interventions intensives tôt dans l'évolution peuvent améliorer le pronostic à plus long terme et notamment la progression radiologique. ».


Les traitements non pharmacologiques (exercices non dynamiques, traitement occupationnel, hydrothérapie) peuvent être utilisés parallèlement au traitement pharmacologique.

Le suivi de la maladie doit comprendre, tous les 3 mois, pendant les premières années :
  • un bilan du nombre d'articulations douloureuses et gonflées ;
  • l'évaluation du médecin et du patient ;
  • la vitesse de sédimentation (VS) et la CRP ;
  • la surveillance de l'atteinte structurale radiologique (tous les 6 à 12 mois) pendant les premières années..

L'Eular précise que le traitement doit être adapté jusqu'à obtenir une rémission.

Source

Combe B, Landewe R, Lukas C et coll., EULAR recommendations for the management of early arthritis: report of a task force of the european standing committee for international clinical studies including therapeutics (ESCISIT), Ann. Rheum. Dis. 2007; 66:34-45.

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Publié par RégisG.
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