Anorexie - Causes, symptômes et traitement

Septembre 2016
L'anorexie, littéralement « manque d'appétit », est une pathologie à part entière qui fait partie de la famille des troubles du comportement alimentaire (TCA). L'anorexie touche chaque année en France aux alentours de 70 000 adolescentes et jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans, et possède le taux de mortalité par suicide le plus haut de tous les troubles psychiatriques. Cette maladie affecte surtout les femmes, puisque 9 personnes anorexiques mentales sur 10 sont des sujets féminins. Il est toutefois important de préciser que tout le monde peut être touché : homme, femme, enfant et adulte. L'âge au cours duquel la maladie se déclare le plus souvent se situe entre 12 et 20 ans.


Définition

L'anorexie est un trouble alimentaire d'origine psychiatrique. Anorexie signifie étymologiquement « perte d'appétit » et se manifeste par une diminution ou une disparition de l'alimentation par absence d'envie ou refus de nourriture. L'anorexie est un trouble de la conduite alimentaire caractérisé par un refus plus ou moins systématisé de s' alimenter, intervenant comme mode de réponse à des conflits psychiques.

Cette conduite de restriction alimentaire méthodique avec amaigrissement survient le plus souvent chez une adolescente qui présente, par ailleurs une aménorrhée et une hyperactivité associée à des changements du caractère ainsi que des troubles de la perception de son corps.

L' âge de début se situe avant 25 ans chez une adolescente qui justifie un régime alimentaire par un très léger embonpoint.Peuvent s' y associer des accès boulimiques, un intérêt particulier pour la nourriture, des rites alimentaires, des vomissements et la prise de laxatifs et de diurétiques.

L' amaigrissement souvent spectaculaire atteint ou dépasse 25% du poids initial. L' aspect physique est particulier, avec effacement des formes et fonte musculaire prédominant aux membres, qui sont décharnés. L' aménorrhée est liée aux troubles fonctionnels de l'axe hypotalamo-hypophysaire et elle coïncide avec l'apparition de l'anorexie. Mais surtout il n'existe pas de troubles mentaux apparents ce qui explique les difficultés qu' ont les parents et certains médecins d'accepter l'origine psychologique de l'anorexie et la gravité des troubles.

Or, ce qui signe le diagnostic,c'est la méconnaissance par la malade de sa maigreur, son absence d'inquiétude pour la maladie. Au contraire elle est contente de sa maigreur et de pouvoir exercer une totale maitrîse sur la forme de son corps.

L'image du corps avec une préoccupation obsédante de l'apparence physique demeure une des problématiques fondamentales de l'anorexie. Le profil psychologique fréquemment de la personne anorexique : Anxiété, angoisse permanent, repli sur soi et solitude, tendances suicidaires, conflits familiaux, impression de ne pas être à la hauteur, dévalorisation de soi, manque de repères. Le facteur déclenchant peut être un choc psychologique, comme un problème scolaire, ou plus violemment, un deuil ou un viol.

Volonté de maigrir ou crainte de grossir, le résultat est le même : la malade adopte des comportements alimentaires pouvant aller jusqu'au décès. On distingue deux grands types d' anorexie : restrictive et boulimique. Les symptômes psychologiques de ces deux formes d'anorexie mentale sont très différents.

Anorexie restrictive

L'anorexie restrictive est la plus fréquente : phobie de la prise de poids, rejet de toute nourriture... L'anorexie de forme restrictive est marquée par un sentiment de toute puissance et une volonté de maîtrise globale de son environnement physique, affectif, relationnel... Ce besoin de contrôle sur soi et les autres, s'accompagne chez les malades d'un rejet de toutes formes de plaisir : alimentaire, sexuel, affectif...

Anorexie boulimique

L'anorexie boulimique présente des comportements boulimiques marqués par des absorptions compulsionnelles et massives de nourriture, suivies de vomissements, spontanés ou provoqués. L'anorexie de forme boulimique s'accompagne au contraire d'une profonde perte d'estime de soi pouvant évoluer vers des formes dépressives. Le dégoût et la honte de soi peuvent être en outre à l'origine d'actes suicidaires ; ces sentiments auto-dévalorisants coexistent parfois avec un attachement anormal à l'un des parents.

Causes

Quelle que soit sa forme, anorexie restrictive ou anorexie-boulimie, l'arrière-plan psychologique de la patiente est toujours marqué par un fort déficit de confiance et d'estime de soi. Chez les anorexiques, ce sentiment est compensé par une volonté tenace de maîtrise et de contrôle de tout et de chacun, à commencer par son propre corps. Toute perte de poids est ressentie comme une nouvelle victoire personnelle. Et de victoire en victoire, l'anorexique s'enfonce progressivement dans une dénutrition pouvant, dans les cas extrêmes conduire à la mort.

Symptômes

Les symptômes de l'anorexie sont à la fois psychologiques, physiologiques et comportementaux. Le refus persistant de s'alimenter convenablement est associé à une recherche obsessionnelle de la minceur ou à la peur phobique de grossir. Le poids de la malade descend sous la barre des 85% de son poids normal (indice de masse corporelle inférieur ou égal à 15) et s'accompagne le plus souvent d'un profond trouble de l'image corporel marqué par un déni de la maigreur.

L'anorexie est une maladie psychiatrique et se manifeste de différentes façons. Voici les points communs observés, tous n'étant pas toujours réunis. Contrairement à l'anorexie pendant laquelle la personne atteinte n'aura plus d'appétit, l'anorexie est une restriction volontaire de l'alimentation. La personne souffrant d'anorexie s'impose de fortes restrictions alimentaires. Dans l'anorexie mentale, le but physique recherché est essentiellement la baisse du poids, d'où un amaigrissement allant dans des cas extrêmes jusqu'à plus de 50% du poids initial. Une hausse des activités sportives et/ou intellectuelles est également possible, avec parfois des troubles de la sexualité.

La prise de médicaments laxatifs, de coupe-faim, crise de boulimie, vomissements provoqués, etc. L'absence de règles est souvent présente.

Des troubles psychologiques sont au premier plan, avec des troubles de la perception de l'image du corps, l'absence de confiance en soi, une personnalité souvent perfectionniste, tout cela sans que la personne atteinte ne veuille reconnaitre son problème. A des stades avancés, des symptômes en rapport avec des carences apparaissent et s'accentuent tant que le trouble persiste.

Symptômes psychologiques

Un repli sur soi apparait progressivement ainsi qu'un rejet de toute forme de plaisir. Une tristesse voire une dépression s'installe. Enfin les personnes anorexiques souffrent d'une hyperactivité physique.

Symptômes physiques

Les manifestations physiques de l'anorexie sont :

Quelles conséquences ?

Les conséquences physiologiques de cette dénutrition progressive sont importantes : perte de cheveux, absence de règles (aménorrhée prolongée - au-delà de 3 mois), diathèses hémorragiques, hypercholestérolémie, déshydratation, bradycardie, décalcification et ostéoporose, chute de tension mais aussi sensation permanente de froid, accès de fatigue, malaises, constipations...

A un stade avancé, la dénutrition induite par l'anorexie provoque des déséquilibres physiologiques irréparables entraînant une hospitalisation d'urgence et parfois même le décès de la patiente.

Diagnostic

Seul un professionnel peut établir un diagnostic concernant l'anorexie. Il évitera la confusion entre l'anorexie mentale et d'autres maladies coupant la faim et provoquant une anorexie. L'anorexie mentale ne concerne pas seulement la perte de poids qu'elle occasionne, mais surtout l'état psychologique de la personne. La perte de poids est liée à un trouble plus profond, un malaise, des angoisses, une altération de la perception de son corps et de son poids.


Plusieurs professionnels peuvent aider les enfants et adolescents présentant une anorexie mentale :
  • Un pédopsychiatre.
  • Un psychothérapeute.
  • Un pédiatre maitrisant bien les problèmes liés à l'anorexie mentale.


Les adultes doivent s'adresser à un médecin généraliste spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire (TCA), à un psychiatre ou un psychothérapeute.

Les associations pouvant aider les personnes souffrant d'anorexie mentale sont :

Traitement

Le principal obstacle dans le traitement contre l'anorexie mentale est en réalité la volonté du patient à refuser tout traitement. Il arrive souvent que la personne atteinte d'anorexie mentale ne se voit pas comme malade et rejette ainsi toute tentative extérieure visant à l'aider. Le point de départ du traitement ne sera pas le même selon la gravité de l'état de la personne. Une hospitalisation peut être le premier cap pour les personnes les plus faibles, alors que pour d'autres le traitement premier sera une psychothérapie, et/ou l'appel à une diététicienne, ou un médecin traitant.

L'interaction de facteurs génétiques (l'héritabilité de l'anorexie est estimée entre 50% et 70% !) et psychologiques, avec des facteurs environnementaux, familiaux et socioculturels, rend le traitement de l'anorexie extrêmement complexe.

Si certains antidépresseurs et anxiolytiques peuvent être d'un secours ponctuel, il n'existe aucun médicament pour « guérir » une anorexie.

Le recours à la psychiatrie est incontournable, et les thérapies familiales sont fortement recommandées en raison du jeune âge de nombreuses patientes.

Pour les jeunes femmes qui ont dépassé le stade de l'adolescence, ou pour des patientes présentant des symptômes légers, la thérapie comportementale et cognitive donne de bons résultats.

Les taux de guérison de l'anorexie sont mitigés. Si 30 à 50% des patientes guérissent sans séquelles, elles sont environ 15% à conserver une maigreur anormale et une fragilité psychologique importante. Elles sont 15% à ne jamais en guérir véritablement, alors que près de 10% en meurent.

Hospitalisation

Une hospitalisation est parfois envisagée. La décision, sauf urgence vitale, se prend avec la personne concernée et sa famille après plusieurs entretiens.

L'hospitalisation permet :
  • d'enrayer le processus de dénutrition et des conséquences qui peuvent en découler.
  • de se motiver pour tout mettre en oeuvre pour guérir et d'essayer d'enrayer la spirale dans laquelle se trouve la personne concernée.
  • de permettre à l'entourage familial de se reposer et de faire une pause.
  • de lutter contre les phases d'angoisse et de dépression.
  • d'envisager une mise à distance du cadre quotidien et familial.
  • de mettre en place un projet de soins adapté à chacun.



Une hospitalisation représente maintenant un traumatisme moins violent, car les équipes prenant en charge les personnes atteintes d'anorexie maîtrisent parfaitement le processus et permettent de faire le lien entre les différents membres de la famille et ceci dans le plus grand respect.

Au cours de l'hospitalisation, le personnel soignant propose un programme nutritionnel adapté, des entretiens thérapeutiques, ainsi que des activités de groupe, comme des groupes de parole, de l'art-thérapie, du sport ou des activités culturelles. Une thérapie peut être débutée ou poursuivie en cours d'hospitalisation.

L'entourage familial proche est également accompagné au cours de cette hospitalisation.
Des entretiens, des thérapies familiales ou des groupes de paroles permettent ainsi de mieux vivre cette épreuve.

Prévention

Aucune prévention n'existe contre l'anorexie. Le mieux étant encore d'ouvrir le dialogue avec la personne qui présente des signes d'amaigrissement et de refus de nourriture. Il est important de ne surtout pas brusquer la personne qui risque alors de se renfermer davantage. Toutefois, certaines raisons laissent à penser que l'anorexie mentale peut être liée à trois facteurs :
  • le facteur social, est lié à l'importance donnée au paraître ;
  • le facteur psycho-affectif apparaît lorsque la personne est angoissée et ne trouve pas satisfaction dans les rapports qu'il entretient avec son entourage ;
  • le dernier facteur est lié à la confiance en soi..

4 phases vers la guérison

Prise de conscience

La prise de conscience. La reconnaissance par la patiente de son état de maigreur et des stratégies qu'elle met en place pour refuser de s'alimenter est une première étape fondamentale. La fin du déni de la maladie est en effet indispensable pour parvenir à la deuxième phase.

Décision de se soigner

Cette décision occasionne chez les malades le réveil des angoisses responsables de la maladie. L'idée de reprendre du poids, de voir cesser les vomissements ou les prises compulsionnelles de nourritures place l'anorexique face au choix de la guérison ou de l'enlisement dans la maladie. Ce choix constitue la troisième phase : le passage à l'acte.

Passage à l'acte

Accepter de se nourrir, démonter les « remparts » psychologiques dresser pendant des mois, voire des années, accepter son corps... autant d'actions qui place la malade dans un parcours de guérison. La troisième phase amorcée, il faut passer à la quatrième, aussi difficile que les précédentes, sinon davantage : la persévérance.

Persévérance

Respecter dans la durée les décisions et les actions des phases deux et trois constitue la clé de la réussite du combat contre la maladie. Les rechutes sont hélas fréquentes et le taux de guérison sans séquelles est inférieur à 50%.

3 leviers pour guérir de l'anorexie

Premier levier : la prise en charge psychothérapeutique. Cette dernière ne peut débuter que si la patiente l'a souhaité et qu'elle en a accepté la nécessité. Les contextes culturel, social et familial ont une importance capitale dans le déclenchement de la maladie. C'est pourquoi, l'objectif du thérapeute sera de modifier peu à peu le regard que l'anorexique porte sur elle-même, sur les autres et sur le monde qui l'entoure.

Deuxième levier : la prise en charge comportementale. Cette approche se limite au contraire aux aspects symptomatiques et aux pensées générant les comportements qui entretiennent la maladie. Au cours des séances, le thérapeute amène la malade à prendre conscience du cheminement de sa pensée pour mieux agir sur ses comportements.

Enfin, le troisième levier est bien sûr le volet nutritionnel de la thérapie qui comporte 4 objectifs. Retrouver un poids normal, c'est-à-dire avec un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 18,5 et 25. Ce dernier se calcule en divisant son poids (en kg) par le carré de sa taille (en mètre). Retrouver un équilibre énergétique et vitaminique normal et enfin retrouver une conduite alimentaire normale en bannissant toutes les anciennes phobies alimentaires.

En savoir plus


Image de soi et dysmorphophobie]

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