Adolescence et suicide

Septembre 2017
Le nombre de suicides d'adolescents augmente régulièrement depuis les années 70. Aujourd'hui, ce sont près de 1 000 décès par an, pour 80000 tentatives !

Avec 15% du total des décès, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les moins de 20 ans, loin derrière les accidents de la circulation, 40% du total des décès de cette classe d'âge. Si les filles sont plus nombreuses que les garçons à tenter de se suicider, ces derniers arrivent plus souvent à leurs fins. Chacun voudrait comprendre ce qui pousse un adolescent à se donner la mort, alors qu'il ne fait qu'entamer son existence.


Les causes ces morts tragiquement volontaires sont complexes, multifactorielles et toujours si terriblement singulières.

Les facteurs déclenchants

L'adolescent suicidaire a généralement une faible estime de lui-même. Cette auto-dévalorisation se traduit par un sentiment d'infériorité ; il s'éprouve comme inutile et sans qualité.


Face à ce ressenti, l'ado, s'il n'est pas aidé, s'isole psychologiquement de plus en plus, renforçant ainsi son sentiment d'infériorité et de mise à l'écart du « monde réel ».

Les 2 principaux facteurs de risque sont des difficultés familiales et sentimentales.

Les difficultés familiales arrivent en tête des causes à l'origine d'idées suicidaires ou du passage à l'acte : disputes et conflits familiaux incessants, divorce traumatisant des parents, rupture de lien avec l'un des parents parti vivre loin du lieu de vie de l'ado, violences sexuelles ou psychologiques (viols, harcèlement, dévalorisations systématiques...).

A côté de ces situations extrêmes, on trouve aussi des ados en grande souffrance psychologique et en carence affective en raison de l'immaturité des parents ou d'un manque de communication interprété par l'enfant - parfois à juste titre - comme un pur désintéressement.

Des difficultés rencontrées dans la vie sentimentale constituent également un facteur sérieux d'apparition d'idées suicidaires : un premier amour déçu, un complexe d'infériorité vécu comme un handicap définitif à toute vie sociale, la perte d'une personne aimée, un isolement affectif entretenu de longue date, constituent des situations de « déconnexion » affective.

8 conseils pour intervenir auprès d'un ado suicidaire

Prendre au sérieux les motifs à l'origine des pensées suicidaires de l'ado.

Ne jamais prendre ses angoisses à la légère, et moins encore les railler. Si elles semblent dérisoires aux yeux d'un adulte, elles peuvent, pour l'ado, constituer un enjeu de vie ou de mort...

Ne jamais prendre un ado au défi du suicide. Bannir le « de toute façon, t'es pas cap' », qui peut très mal finir...

Ne pas le laisser seul en situation de crise suicidaire. Attention en particulier aux améliorations soudaines de son état psychologique. Paradoxalement, elles peuvent annoncer un passage à l'acte imminent !

Ne pas hésiter à parler du suicide. Le mot suicide n'a jamais tué personne ! Au contraire, en parler très directement permet de le démystifier et de le rendre concret.

Intensifier le dialogue en essayant de faire parler l'ado le plus possible.

Identifier tout ce que l'ado peut apprécier, tout ce qui le valorise, bref tout ce qui présente un aspect positif.

Au long cours, faire appel aux compétences d'un psychologue permet de redonner des repères, un système de valeur et de restaurer le rôle de chacun, notamment dans les familles rongées par des conflits parents-enfants.

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