Surprotection maternelle

Septembre 2017


Mère poule


Il est parfaitement naturel de vouloir protéger ses enfants. Cependant, dans certains cas, cette volonté de préserver sa progéniture d'atteintes extérieures peut dériver vers une surprotection aux accents pathologiques. On parle ainsi de mères possessives, de mères protectrices ou dans le langage courant de mères poules.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ces abus « protectionnistes » qui menacent les enfants bien plus qu'ils ne les protègent.

Risques


Le rôle de la mère, et plus généralement des parents, consiste à accompagner leurs enfants dans toutes leurs expériences avec le monde qui les entoure.


« J'essaie, je rate, je recommence autrement... ; j'expérimente à nouveau, je réussis, j'ai compris et peux reproduire ce que je viens d'apprendre...» : la connaissance de son environnement par l'enfant progresse par un système d'essais-erreurs.

Surprotéger un enfant, c'est lui interdire l'accès à ce principe d'expérimentation grâce auquel il peut découvrir et apprivoiser son environnement. Une surprotection maternelle produit donc l'effet inverse à celui espéré : une plus grande impréparation psychologique de l'enfant à devenir plus tard responsable et autonome !

Au lieu d'aller de l'avant, de savoir mesurer les risques, d'en prendre aussi, l'enfant surprotégé manquera plus facilement de confiance en lui qu'un autre.

Réaction de l'enfant


La surprotection maternelle est un révélateur de l'angoisse ressentie par la mère à l'idée d'exposer son enfant à des risques, vrais ou supposés. Mais tous les enfants ne réagissent pas de la même manière face à cette volonté protectrice excessive.

Certains acceptent cette surprotection pour s'enfermer peu à peu dans une relation maternelle exclusive entraînant un manque croissant de confiance en eux. Plus tard, les conséquences de cette forte dépendance maternelle sur leur vie sociale d'adultes peuvent s'avérer lourdes.

D'autres au contraire, moins nombreux, auront une réaction d'amplification des risques, un peu comme si augmenter l'angoisse de la mère jouait pour eux un rôle de réassurance permanente de l'amour maternelle.

Dans tous les cas, docile ou rebelle, l'enfant victime de surprotection est condamné sa vie durant à souffrir d'une difficulté d'évaluation des risques physiques, psychologiques ou sociaux.

Syndrome d'aliénation parentale


Dans des situations de divorces conflictuels, l'un des parents peut avoir la tentation de surprotéger son enfant du danger imaginaire représenté par l'autre parent. On parle alors de syndrome d'aliénation parentale (SAP) qui correspond à un véritable « lavage de cerveau » de l'enfant de la part du parent aliénant à l'encontre du parent aliéné.

Ainsi conditionné, l'enfant peut aller jusqu'à accuser, à tort, le parent aliéné d'abus sexuels ! Cette pathologie décrite par le psychiatre américain Richard Gardner exige l'intervention d'un thérapeute familial et parfois l'inversion de la garde de l'enfant entre le parent aliénant et le parent aliéné.

Si de nombreux cas répondent bien aux critères définis par Gardner, ce syndrome reste néanmoins un sujet de controverse entre spécialistes.

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