Déni de grossesse - Symptômes

Mai 2017


Le déni de grossesse est une pathologie qui semble impensable et dépasser la réalité pour tous ceux qui découvrent cette situation surprenante. Une affaire judiciaire très médiatisée, comme celle dite des « bébés congelés » des époux Courjault, a mis sur la sellette un phénomène mal connu qui touche pourtant environ 3 femmes enceintes pour 1000, avec un chiffre évoluant entre 600 et 1 800 femmes chaque année en France : le déni de grossesse. Ni mensonge conscient ni tentative d'échapper à des responsabilités civiles ou juridiques, le déni de grossesse est une réelle affection psychiatrique qui conduit une femme à occulter le fait d'être enceinte.

Symptômes

Le déni de grossesse se caractérise par une quasi-absence des symptômes de la grossesse. La femme, pourtant effectivement enceinte, continue à avoir normalement ses règles, elle ne prend ni poids ni « ventre », pas de masque de la femme enceinte, à tel point que son entourage ne s'aperçoit de rien !
On distingue deux types de déni de grossesses : le « déni partiel », la femme reconnaît son état avant l'accouchement ; le « déni absolu », la femme n'a pas conscience d'être enceinte jusqu'à l'accouchement. Dans le « déni total », il n'est pas rare de voir des femmes se présenter à l'hôpital pour une colite néphrétique ou une gastro-entérite...

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé.


Causes

Les mécanismes mentaux qui conduisent au déni de grossesse sont encore mal connus. Beaucoup de femmes savent sans vouloir admettre, et parviennent inconsciemment à faire « oublier » à leur corps qu'il porte un bébé. Une femme en déni partiel ou total oscille entre deux réalités : la réalité de la grossesse ; la construction d'une réalité factice rendue possible par un corps incroyablement complice.

Avis des médecins

Psychologues et psychiatres apparentent cette pathologie à une puissante stratégie de défense, une protection inconsciente contre un drame supposé, qu'il soit social, psychologique ou les deux. En d'autres termes, les femmes victimes d'un déni de grossesse sont toutes en grande souffrance psychologique. Le corps de la femme entre littéralement en résistance. Cela explique que pratiquement aucun signe physique caractéristique de l'état de grossesse ne soit parfois perceptible. En cas de déni partiel, notamment chez les adolescentes, dès l'état de grossesse détecté par un médecin et reconnu par la future maman, les résistances du corps cèdent. En quelques jours, le ventre s'arrondit et les marques habituelles de la grossesse apparaissent.

Vrai ou faux ?

Adolescentes et très jeunes femmes sont plus souvent concernées : faux. Le déni de grossesse touche toutes les femmes en âge de procréer. C'est dans les milieux sociaux-culturels très défavorisés et chez des femmes intellectuellement faibles qu'apparaissent les dénis de grossesse : faux. Couches sociales et niveaux d'éducation ne sont pas discriminants. Le corps de la femme peut ne présenter aucun signe de grossesse : vrai. Certaines femmes conservent même un cycle menstruel normal. Le déni de grossesse ne concerne que des femmes n'ayant jamais eu d'enfants : faux. Une étude française a notamment montré que 50% de femmes sujettes au déni étaient déjà mère d'un ou de plusieurs enfants. Les femmes victimes d'un déni de grossesse savent bien qu'elles sont enceintes mais refusent de le dire à leur entourage : faux. Le déni de grossesse n'est pas un mensonge délibéré mais un mécanisme inconscient d'évitement d'un stress psychique.

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