Mon ado fume

Décembre 2017

Adolescent et cigarette


L'adolescent est plus exposé que l'adulte à l'adoption de comportements addictifs. Dans 80% des cas, c'est bien à l'adolescence que la première cigarette est fumée. Même fortement dépréciées ces dernières années, les représentations symboliques associées à la consommation de tabac conservent les charmes de la transgression et demeurent encore souvent un rite de passage vers l'âge adulte.


On estime aujourd'hui qu'environ 30% des jeunes entre 12 et 19 ans fument ; à 19 ans, ils sont plus de 50%. Si le nombre global de jeunes fumeurs baisse régulièrement depuis les années 80, la consommation des filles est en revanche en augmentation.

Risques du tabac


La consommation de tabac par les ados est très hétérogène et ne présente pas les mêmes caractéristiques que chez l'adulte. Cette hétérogénéité, due aux relatives difficultés pour accéder au produit (achat, « emprunt » dans le paquet des parents fumeurs...) ainsi qu'au moment de consommation (un ado fume dans la journée ou en fin d'après-midi rarement au cours de la soirée en famille...), atténue la perception de dépendance des ados au tabac. Raison pour laquelle ces derniers n'ont généralement pas conscience de la difficulté du sevrage.


Ils commencent par fumer pour ressembler à leur entourage, s'intégrer dans un groupe ou épater la galerie. La dépendance au tabac est par conséquent autant psychologique que physiologique. Quand la prise de conscience apparaît, il est souvent déjà trop tard : 75% des jeunes fumeurs entre 15 et 19 ans qui souhaitent arrêter de fumer n'y parviennent pas...

Dissuader un ado de fumer

  • Fournir des explications rationnelles et scientifiques sur la dangerosité du tabac n'a que peu d'effet.
  • Les ados sont plus sensibles à des arguments qui engagent le court-terme que le long-terme.
  • Evoquer les effets négatifs sur les capacités respiratoires et de récupération, sur le vieillissement accéléré de la peau, l'altération de la qualité des cheveux, la séduction (mauvaise haleine, caries, dents jaunes), a bien plus d'impact que d'évoquer un cancer ou une maladie pulmonaire grave qui apparaissent si lointains et abstraits pour un individu de 16 ou 17 ans !

Conseils aux parents

  • Développer et entretenir des rapports de confiance. La cigarette est un sujet sérieux ; il ne doit pas être un sujet tabou.
  • Echanger librement sur le sujet. Recueillir des informations, sonder les envies, expliquer les dangers, il faut pouvoir parler facilement de la consommation de tabac.
  • Briser les images valorisantes que le tabac a longtemps et massivement véhiculé, et véhicule encore. Rappeler que la vraie distinction, c'est peut-être justement de ne pas fumer ; le tabac n'a jamais libéré quiconque mais emprisonné des millions d'individus dans la dépendance.
  • Etre crédible. Pour cela, toujours et encore l'exemplarité ! Tenir un discours anti-tabac quand aucun parent ne fume, c'est facile. Quand l'un des deux ou les deux sont des fumeurs, ils doivent montrer qu'ils souffrent de leur dépendance et ne parviennent pas à s'en défaire.
  • Il serait en effet illusoire d'espérer dissuader un adolescent de fumer si son milieu familial associe à la consommation de tabac, la notion de plaisir !
  • Quand la dépendance est avérée, la consultation médicale est nécessaire. Au-delà de l'effet « prise de conscience » due à la médicalisation du comportement du fumeur, elle permet de mettre en place des prises en charge psychologiques (travail sur soi) et physiologiques (substituts nicotiniques) de plus en plus efficaces.

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