Terreur nocturne et cauchemar chez l'enfant

Mai 2016
Si les troubles du sommeil de type hypersomnie ou insomnie sont plutôt rares chez l'enfant, les cauchemars et les terreurs nocturnes sont en revanche assez courant en particulier entre 4 et 8 ans. Parfois spectaculaires, ces troubles du sommeil perturbent autant l'enfant que les parents, souvent désemparés devant ces manifestations exacerbées d'angoisse.


Quand surviennent-ils ?

Le sommeil se découpe en plusieurs grandes phases. Des phases de sommeil léger alternent avec des phases de sommeil dit lent et profond, suivies de la phase du sommeil dit paradoxal. C'est surtout pendant cette dernière phase que surviennent les cauchemars. L'activité musculaire est faible, le cerveau fonctionne à plein régime libérant des émotions parfois intenses. Tout ce que l'enfant a emmagasiné durant la journée comme informations, images, frustrations face à des apprentissages « douloureux » (le langage, la marche, la lecture...) vient nourrir un imaginaire qui prend parfois des formes effrayantes.

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé.


Que faire ?

Règle numéro 1 : pas de panique ! Les cauchemars font partie de l'évolution normale de l'enfant et lui permettent même de mieux canaliser ses angoisses et ses pulsions. Règle numéro 2 : calmer et rassurer. Parler doucement, ne montrer aucun stress, allumer une lumière très douce, prendre l'enfant dans ces bras et le bercer doucement, le laisser s'apaiser lentement avant de le recoucher. Règle numéro 3 : parler du cauchemar. Au petit-déjeuner, ne pas hésiter à parler de son cauchemar avec l'enfant, et pourquoi pas le lui faire dessiner. Le dessin est un excellent moyen pour l'enfant d'exorciser ses peurs, et pour les parents d'expliquer que tout cela n'a pas d'existence dans la réalité. Si le cauchemar est récurrent et se produit plusieurs fois par semaine sans aucun signe d'apaisement ou de ralentissement, la consultation d'un pédiatre est recommandée. Le simple fait que l'enfant puisse parler de ses cauchemars avec quelqu'un d'extérieur au noyau familial peut permettre d'en déterminer les causes et de désamorcer le processus. Si après cette consultation aucune amélioration n'est constatée, le recours à un pédopsychiatre doit être envisagé.

Terreurs nocturnes

Le phénomène de terreurs nocturnes ne doit pas être confondu avec les cauchemars. Beaucoup moins fréquent puisqu'il concerne seulement 3% des enfants (surtout des garçons), ces terreurs nocturnes rencontre plus souvent dans les familles où un des parents – ou grands-parents – a aussi eu des terreurs nocturnes. Elles sont aussi beaucoup plus spectaculaires et exigent des parents une réaction adaptée et différente de celle recommandée dans la prise en charge des cauchemars classiques. A la différence des cauchemars, elles se produisent en phase de sommeil profond et non plus au cours du sommeil paradoxal. L'enfant s'assied dans son lit (certains se lèvent), hurle, s'agite, garde les yeux ouverts, présente un visage marqué par l'effroi... mais il dort ! Dans ces cas-là, il est recommandé delui parler lentement et calmement, d'établir un contact physique léger (une main posée sur l'épaule) en veillant à ne pas le réveiller ! Les terreurs nocturnes sont en effet des cauchemars éveillés proches du somnambulisme. Un réveil soudain peut provoquer une confusion mentale. Le lendemain l'enfant n'a aucun souvenir de l'épisode nocturne.

Conseils

Les terreurs nocturnes ne doivent pas inquiéter les parents. Elles ne présentent aucun danger pour l'enfant, et disparaissent au fur et à mesure que progresse la maturité de son système neurophysiologique.

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