Stress post-traumatique : quand la mémoire bégaie

Juillet 2016
Le stress post-traumatique est un syndrome résultant de l'exposition d'un sujet à une situation extrême dont il a été la victime ou seulement le témoin : viol, scènes de guerre, attentats, accidents graves, etc. Ce syndrome est diagnostiqué lorsque le patient est significativement perturbé par des souvenirs obsessionnels ayant une incidence directe sur sa vie sociale, affective et professionnelle.


Une mémoire en boucle

Au contraire du phénomène d'amnésie psychogène qui permet au sujet de gérer le traumatisme par l'oubli pur et simple de l'événement traumatique, le syndrome de stress post-traumatique, appelé aussi névrose traumatique, enferme le sujet dans le souvenir de l'événement. Le sujet revit en permanence l'expérience traumatique au point d'en ressentir parfois les souffrances, les sensations ou les émotions. C'est la mémoire dite implicite qui est affectée. Implicite parce qu'elle n'exige pas de la part du sujet un acte conscient et volontaire, contrairement à la mémoire dite explicite qui suppose, elle, une remémoration et une « mise à distance » des souvenirs. Sorte de réflexe de mémoire émotionnelle, le syndrome de stress post-traumatique emprisonne en quelque sorte le sujet dans un face à face avec l'événement responsable de l'apparition des troubles.

Symptômes et étiologie

Cauchemars récurrents, sentiments de détresse et d'épuisement psychique ou au contraire d'hyperactivité fébrile, surgissement fréquent d'images intrusives occasionnant des réactions émotionnelles voire physiques, installation d'un état d'anxiété permanent... la mémoire du patient est littéralement envahie par le souvenir traumatique. Exposé à des sensations de peur intense, d'effroi extrême ou de détresse, le cortex préfrontal, lieu des fonctions supérieures du cerveau (raisonnement, langage, décision...) rompt sa communication avec l'amygdale. Située en avant de l'hippocampe, l'amygdale est le siège des émotions, notamment de la peur. Soumise à un stress extrême, l'amygdale « conserve » le souvenir de l'événement au point de donner l'impression au patient qu'il y est toujours exposé. II arrive que l'aire de Broca (zone du cerveau consacrée au langage) soit affectée au point d'empêcher certaines victimes d'utiliser la parole pour décrire l'événement, les privant du même coup de la possibilité d'exorciser ce dernier par le langage.

Guérir d'un stress post-traumatique

Un traitement médicamenteux (généralement anxiolytiques et antidépresseurs) peut offrir de bons résultats. Le recours à des psychothérapies de type comportementale ou psychanalytique est, notamment pour les victimes d'abus sexuel ou de prise d'otages, fortement conseillé.

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