Phytothérapie - Principes et précautions

Juin 2017
Le terme phytothérapie vient du grec « phuton » qui signifie plantes et « therapeia » qui signifie traitement. Depuis quelques années, cette médecine douce fait de plus en plus d’adeptes. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires est supérieur à 200 millions d’euros, avec une croissance de 14%. La phytothérapie est une méthode utilisant l'action des plantes médicinales et consistant à traiter certaines pathologies à l'aide de plantes. La phytothérapie tire partie des plantes ou de certaines de leurs parties telles que les racines, les tiges ou les feuilles. Après transformation chimique, les plantes sont vendues sous forme de tisanes, de liquides, de sachets ou de gélules.

Définition

La phytothérapie est une branche de la médecine qui repose essentiellement sur l'emploi thérapeutique de plantes dites « médicinales ». Consommées sous différentes formes, les plantes traitent ou soulagent différents troubles mineurs. Elles sont utilisées en complément d'une prise en charge médicale adaptée. La plupart des plantes ne sont pas utilisées en entier, leurs principes actifs étant souvent concentrés dans une seule partie : racines, feuilles, fleurs... Les plantes peuvent être présentées de diverses façons : fraîches ou séchées pour faire des infusions, en gélules, en huile essentielle, en ampoule buvable, etc. Il est conseillé d'avoir recours à la phytothérapie sur avis médical.

Pratique traditionnelle

La phytothérapie reposant sur la pratique traditionnelle repose sur l'utilisation de plantes dont les propriétés et vertus thérapeutiques ont été découvertes au fil des siècles, mais qui n'ont pas fait l'objet d'étude clinique permettant d'établir scientifiquement leur efficacité. Par exemple, un recueil datant de 3000 avant JC a été retrouvé, dans lequel étaient expliqués les bienfaits du thym et de la sauge. Par ailleurs, un ouvrage datant de 1500 avant JC et comptant plus de 100 pages, listait le mode d’utilisation de plusieurs dizaines de plantes.


L’Organisation Mondiale de la Santé a, de son côté, répertorié plus de 22000 plantes médicinales. Il peut s’agir de plantes, mais aussi de champignons, d’arbres… Ce sont des démarches empiriques, puis la recherche, qui ont prouvé leurs effets. L’utilisation de ces plantes est donc règlementée.

En 1941, le gouvernement de Vichy a malheureusement supprimé le diplôme de phytothérapeute, et ce n’est que depuis une vingtaine d’années que les recherches ont réellement redémarré dans ce domaine.

Phytothérapie moderne

La phytothérapie moderne découle de la phytothérapie traditionnelle. Elle repose sur une utilisation scientifique des plantes, inspirée par des méthodes ancestrales. La plupart du temps, les traitements proposés sont à base d’extraits fluides standardisés (EPS), utilisés seuls ou en synergie.

La phytothérapie reposant sur la preuve scientifique recherche les extraits actifs des plantes, qui sont en suite ensuite standardisés et commercialisés en produits finis (phytomédicaments). Ceux-ci sont soumis à une autorisation de mise sur le marché.

La phytothérapie moderne correspond à une forme clinique et individualisée de phytothérapie. Elle repose sur une validation scientifique, dont le cahier des charges a été établi par les pouvoirs publics. Il s’agit d’une médecine de fond, dont les effets se dévoilent sur le long terme.La phytothérapie dite « traditionnelle » correspond à une forme plus ancienne de phytothérapie, qui utilise principalement les tisanes et les cataplasmes comme moyens de traiter les symptômes d’une maladie. Elle repose sur une utilisation empirique des plantes, contrairement à la phytothérapie moderne.

Un EPS est un extrait fluide de plante standardisé, dont le procédé a été mis au point par le pharmacologiste Daniel Jean dans les années 1990. Utilisés dans le cadre d’un traitement de phytothérapie moderne, ils sont soumis à la même réglementation que les médicaments. Au total, il existe 55 EPS. Les extraits fluides peuvent être utilisés en synergie, en combinant les principes actifs des plantes.Les EPS agissent sur tous les systèmes (nerveux, digestif…). Le diagnostic est établi selon une observation scientifique du patient dans sa globalité, sans se limiter aux seuls symptômes.Le médecin détermine ensuite si le traitement à appliquer est plutôt d’attaque, de charge ou d’entretien.

De nombreux médicaments sont préparés à partir d'extraits de plantes. L'aspirine par exemple, est fabriqué à partir de l'acide acétylsalicylique, obtenu à partir d'extrait de l'écorce du Saule blanc, ou de la feuille de la Reine des Prés.

Comment ça marche ?

Toutes les plantes médicinales contiennent des principes actifs, lesquels interviennent dans le traitement des maladies.
Il existe différentes manières d’administrer des plantes, dont les plus courantes sont :
  • l’infusion, pour laquelle on arrose les plantes émiettées avec de l’eau bouillante. On laisse ensuite le mélange reposer 10 à 15 minutes, puis on le boit. Avec l’infusion, certains principes actifs sont dissous ;
  • la décoction. On fait bouillir les plantes émiettées dans de l’eau. On laisse ensuite refroidir le mélange jusqu’à ce qu’il puisse être bu. On le filtre, puis on l’ingère. Là aussi, certains principes actifs peuvent être altérés.
  • la macération. On laisse macérer les plantes dans de l’eau tiède pendant une durée pouvant aller de quelques heures à plusieurs semaines. Cette technique ne permet pas l’extraction intégrale du principe actif.


Il est également possible d’avoir recours aux bienfaits des plantes grâce aux huiles essentielles.

Dans tous les cas, il est nécessaire d’être très prudent dans l’utilisation des plantes. En effet, ce n’est pas parce qu'une chose est naturelle, qu'elle est forcément bonne. Ainsi, certains principes sont très puissants et peuvent donc être toxiques, voire mortels.

Précautions d'emploi

De nombreuses personnes imaginent que la prise de médicaments à base de plantes est anodine et ne représente aucun danger. Certaines plantes contiennent des composants très actifs qui peuvent être extrêmement puissants et d'autres sont toxiques à faible dose.

Utiliser des plantes ne signifie pas que cela ne représente aucun risque. Les modes d'extraction peuvent modifier un principe actif anodin et le rendre dangereux. D'autre part, certaines substances ajoutées aux produits actifs pour les stabiliser ou les conserver peuvent provoquer des effets secondaires dangereux.

Les principes actifs des plantes sont concentrés dans une ou plusieurs partie(s) de celles-ci : racines, feuilles, fleurs. Compte tenu de leur action sur l'organisme et leurs effets potentiellement indésirables, les plantes médicinales doivent être consommées sous la supervision/le conseil de votre médecin/pharmacien. En effet, certaines pathologies contre-indiquent à la prise de certaines plantes. Il est recommandé de se tourner vers un professionnel de santé en cas de doute sur les indications thérapeutiques, la forme d'administration, le dosage, la fréquence et la durée d'utilisation d'une plante médicinale.

Les plantes médicinales utilisées en phytothérapie sont consommés sous différentes formes, fraiches ou séchées (ex : infusion, décoction), ou sous la forme de plantes fraiches standardisées (EPS) en gélules, en extrait fluide. L'efficacité des plantes et leurs indications thérapeutiques diffèrent selon leur forme d'utilisation.

Interactions médicamenteuses

La prise de plantes avec des peut entraîner l'interaction des deux principes actifs et provoquer l'apparition d'effets secondaires, parfois graves. Les principes actifs de certaines plaintes peuvent inhiber, ou au contraire augmenter l'action de différents médicaments : anticoagulants, veinotoniques, progestatifs, antidépresseurs, etc. Il est important de signaler à son médecin/pharmacien tout traitement médicamenteux en cours avant de débuter un traitement phytothérapeutique.

Rôle et risques des plantes

L'Afssaps est chargée d'évaluer les risques et bénéfices liés à l'utilisation des produits de santé. Il est possible de s'assurer de l'origine et du rôle de certaines plantes en contactant l'AFssaps.

Exemple de l'aubépine

L'aubépine peut parfois provoquer des palpitations, tachycardie, maux de tête, vertiges, bouffées de chaleur, troubles gastro-intestinaux. L'aubépine est contre-indiqué pour les femmes enceintes (premier trimestre) et les enfants de moins de 12 ans. Il est conseillé aux personnes qui suivent des traitements cardiaques ou plaquettaires de demander un avis à leur médecin.

Exemple de la camomille

La camomille est déconseillée aux asthmatiques ayant des allergies au pollen. Par précaution, on déconseille aussi son usage aux femmes enceintes. Il en est de même pour l'association avec l'alcool et les anticoagulants.

Exemple de la valériane

La valériane peut entrainer de légères nausées ou troubles gastro-intestinaux. Par précaution, son usage est déconseillé à la femme enceinte.

Elle ne doit pas être consommée avec l'alcool car elle provoque une somnolence. Elle ne doit pas être consommé en même temps que des traitements anxiolytiques ou hypnotiques.

Il existe également des interactions avec les suppléments de fer, les anticoagulants, les analgésiques et opioïdes.

Exemple du millepertuis

Le millepertuis conseillé dans les dépressions légères, peut diminuer l'efficacité de certains médicaments comme les anticoagulants (anti vit K), contraceptifs oraux, antidepresseurs, digoxine....

Exemples de pathologies pouvant être prises en charge par la phytothérapie


Exemples de plantes et de pathologies

A voir également


Publi-information
Ce document intitulé « Phytothérapie - Principes et précautions » issu de Journal des Femmes Santé (sante-medecine.journaldesfemmes.com) est soumis au droit d'auteur. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite. Sante-Medecine.net adhère aux principes de la charte « Health On the Net » (HONcode) destinée aux sites Web médicaux et de santé. Vérifiez ici.