Arthrose du genou - Gonarthrose - Cause, symptômes et traitement

Mai 2017
L'articulation du genou supportant le poids du corps, la présence d'une arthrose à ce niveau entraine des manifestations invalidantes, comme des douleurs et l'impossibilité de pratiquer certains sports. L'arthrose du genou, encore appelée gonarthrose, est trois fois plus fréquente que l'arthrose de la hanche.



Définition

L'arthrose du genou, aussi appelée gonarthrose, provient d'une usure prématurée du cartilage de l'articulation du genou qui entraîne des difficultés lors de la marche.

Fréquence

La gonarthrose est la cause la plus fréquente d'une douleur du genou après la cinquantaine et la plus fréquente des arthroses. Elle survient sur les 2 genoux dans 2/3 des cas.

Causes

Une arthrose du genou est provoquée par une détérioration du cartilage de l'articulation du genou. Dans près de la moitié des cas, l'arthrose se situe au niveau de l'articulation située entre le fémur et le tibia : on parle alors d'arthrose fémoro-tibiale, provoquée dans ce cas par une déviation de l'axe mécanique de la jambe. Dans 35% des cas environ, elle concerne l'articulation située entre le fémur et la rotule : on parle alors d'arthrose fémoro-patellaire. L'arthrose fémoro-patellaire concerne des adultes plus jeunes présentant une instabilité de la rotule ou ayant subi un traumatisme. Les 2 articulations peuvent être atteintes dans environ 20% des situations. D'autre part, les deux genoux sont souvent touchés. Les mouvements de l'articulation du genou s'effectuent par glissement entre elles des surfaces cartilagineuses qui recouvrent l'extrémité inférieure du fémur, l'extrémité supérieure du tibia et la face postérieure de la rotule.

L'arthrose du genou peut être liée à un traumatisme ancien du genou comme une fracture du fémur, du tibia ou de la rotule, mais également être liée à une rupture d'un ligament, comme le ligament croisé antérieur, ou à une lésion d'un méniscale, souvent mis en cause en raison de son rôle d'amortisseur entre le fémur et le tibia.

D'autre part, certaines pathologies du genou, comme une infection, une nécrose ou un rhumatisme peuvent favoriser le développement d'une arthrose.

Le vieillissement progressif naturel est une cause fréquente d'arthrose du genou. Les personnes de plus de 40 ans sont plus concernées par le vieillissement naturel de l'articulation, l'arthrose du genou s'observant plus rarement chez les jeunes.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs de risque peuvent être impliqués dans le mécanisme de l'arthrose du genou. Des facteurs génétiques prédisposent à l'arthrose du genou et les femmes sont plus concernées, notamment après la ménopause. Un surpoids et le port de charges lourdes peuvent également favoriser une surcharge de l'articulation.

La présence d'une déviation de l'axe de la jambe une déviation de l'axe de la jambe comme le genu valgum ou le genu varum favorise également le développement d'une arthrose du genou. L'axe des genoux peut, chez certains, ne pas être horizontal ce qui provoque ainsi une mauvaise répartition du poids du corps sur l'articulation du genou et entraîne une usure précoce du cartilage à l'origine de l'arthrose. Lors d'un genu valgum, l'axe mécanique du membre inférieur passe en dedans de l'axe mécanique normal. Lors d'un genu varum, l'axe mécanique du membre inférieur passe en dehors de l'axe mécanique.

Une surcharge pondérale est un facteur de risque d'une arthrose du genou. Un traumatisme antérieur comme une fracture, une lésion méniscale ou une entorse grave avec rupture du ligament croisé antérieur peuvent également représenter un facteur de risque d'une arthrose du genou.

Certaines professions comme les carreleurs par exemple, souvent accroupis ou la pratique de certains sports comme le football ou le rugby, peuvent solliciter de manière trop importante les articulations des genoux ainsi que les ligaments et provoquer des microtraumatismes, facteurs de risque de développer une arthrose au niveau de l'articulation. Une activité sportive trop intense sollicitant l'articulation du genou peut également être en cause : football, rugby, ski...

Symptômes

La douleur apparaît progressivement lors de la marche, en montant des escaliers, lors de changements de position, La douleur disparait au repos. La douleur peut provoquer une difficulté à se déplacer rendant impossible le dépassement d'une certaine distance. La douleur est le plus souvent interne ou antéro-latérale. La douleur peut irradier dans la jambe.

La douleur est souvent accompagnée d'un gonflement du genou, encore appelé épanchement de synovie ; dans ce cas, le liquide synovial est produit en excès par la membrane synoviale.

En raison des douleurs et du manque de souplesse, certains mouvements comme ceux de flexion ou d'extension, sont difficiles à effectuer, entrainant une raideur de l'articulation. La gêne qui en découle est liée à la limitation de la mobilité de l'articulation touchée par l'arthrose. Cette limitation des mouvements varie selon chaque personne en fonction du degré de l'activité physique et des sports pratiqués.

Peuvent également survenir, un dérobement des genoux, des craquements des genoux, l'apparition d'une boiterie qui peut représenter un véritable handicap, pour se déplacer et une diminution de volume du quadriceps.

Une déformation du genou témoignant d'une arthrose évoluée, peut survenir plus tardivement. Dans ce cas le membre inférieur s'incurve, en varus ou en valgus.

Traitement

Il est conseillé d'effectuer un régime en cas de surcharge pondérale et de ne pas trop forcer sur l'articulation du genou et enfin d'éviter de pratiquer intensivement certains sports comme le football, le rugby ou le ski. L'utilisation de genouillères élastiques peut être conseillé: elles permettent d'améliorer les sensations du positionnement du genou. Les semelles orthopédiques correctrices permettent de soulager la pression sur le compartiment douloureux lors de déformations en varus ou en valgus.

Les traitements médicamenteux comprennent les antalgiques, les anti inflammatoires, les corticoïdes et les anti-arthrosiques d'action retardée.

La présence d'une arthrose au niveau du genou peut entrainer des douleurs plus ou moins invalidantes, une raideur de l'articulation, une difficulté à effectuer certains mouvements ainsi que l'impossibilité à pratiquer certains sports. Adopter une alimentation équilibrée afin de lutter contre le surpoids qui représente un facteur de risque important de l'arthrose du genou. La pratique d'activités physiques régulières, après l'avis de son médecin, comme la marche, la natation ou la gymnastique permet une sollicitation modérée des articulations du genou tout en maintenant une mobilité et un tonus musculaire adaptés. Le jogging n'est pas conseillé en raison des contraintes mécaniques trop violentes.

Eviter les accroupissements prolongés et répétés qui entrainent une surcharge mécanique au niveau de l'articulation du genou.

Rééducation

Des séances de rééducation effectuées chez un kinésithérapeute, permettent de soulager les douleurs et de pour essayer de afin d'effectuer un travail musculaire permettant de lutter contre notamment la diminution de la flexion et de l'extension. Des massages et l'application de chaleur apportent des bienfaits souvent très appréciés. Les exercices pratiqués permettent une stabilisation de l'articulation, une lutte contre le surmenage musculaire, une augmentation des amplitudes de l'articulation et une limitation des déformations. Les étirements des quadriceps, pratiqués régulièrement, permettent également de récupérer beaucoup de souplesse. Un programme de renforcement musculaire du quadriceps et des muscles ischio-jambiers situés en arrière de l'articulation, effectué en dehors de périodes inflammatoires, améliore la gêne fonctionnelle.
Les exercices recommandés par le professionnel de santé peuvent être pratiqués au domicile

Vélo d'appartement

Le vélo d'appartement, pratiqué 1 heure ½ à 2 heures par semaine permet d'entretenir une qualité musculaire satisfaisante, sans provoquer de douleur en raison des faibles contraintes mécaniques exercées au niveau de l'articulation.

Médicaments

Plusieurs types de médicaments peuvent être conseillés. Nombreux sont ceux vendus sans ordonnance. Il est toutefois indispensable de prendre l'avis de son médecin ou de son pharmacien. Le paracétamol est le médicament qui peut être recommandé en première intention pour lutter contre les douleurs. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits être prescris par le médecin mais nécessitent d'être pris au moment des poussées douloureuses, par cures courtes, à la dose minimale efficace, tout en respectant la posologie sans dépasser les doses prescrites, et ceci même en cas de persistance des douleurs. Ces médicaments présentent des effets secondaires et des contre-indications qu'il est indispensable de connaître. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits seuls ou en association avec le paracétamol.

Les médicaments antiarthrosiques symptomatiques d'action lente, encore appelés chondroprotecteurs, comme le chondroïtine sulfate, le diacerhéïne, les glucosamines ou l'insaponifiable de soja ou d'avocat, non pris en charge par la caisse d'assurance maladie en raison d'une efficacité modérée pourrait permettre de diminuer l'intensité des douleurs.

L'injection de cortisone dans l'articulation du genou est parfois conseillée à raison d'une à deux au maximum par an.

Ponction du liquide

Une ponction du liquide présent dans l'articulation du genou est envisagée en cas de production excessive par la membrane synoviale.

Lavage articulaire

Un lavage articulaire, effectué sous anesthésie locale, lorsque les épanchements sont fréquents pourrait permettre d'éliminer les dépôts de fibrine, les débris de cartilage et les micro- calcifications particules intra-articulaires emprisonnés dans l'articulation et qui entretiennent l'inflammation. Ce geste est souvent suivi d'une injection intra articulaire de cortisone. Ce lavage s'effectue en injectant dans l'articulation du sérum physiologique puis en récupérant le liquide avec les micro-cristaux recueillis.

Genouillère

Une genouillère ou une attelle peuvent soulager l'articulation en améliorant les sensations du positionnement du genou Le port de semelles orthopédiques peut soulager la pression sur le compartiment douloureux, corriger un défaut de posture du pied ou absorber une partie des ondes de choc. L'utilisation d'une canne tenue dans la main du côté opposé au genou atteint, peut permettre de soulager l'articulation du genou.


===Visco-supplémentation==

La visco-supplémentation de l'articulation consiste à effectuer des infiltrations intra articulaire d'acide hyaluronique permettant d'augmenter la viscosité et la lubrification du liquide synovial, situations pouvant ainsi atténuer les douleurs. En effet le liquide synovial, dans lequel baigne le cartilage articulaire est élastique et visqueux permettant ainsi de lubrifier l'articulation du genou. Une injection par an au maximum est préconisée.

Opération chirurgicale

Le traitement chirurgical est envisagé lorsque la maladie devient trop gênante et handicapante dans la vie quotidienne et lorsque les traitements médicamenteux n'ont pas permis d'enrayer l'évolution ni de calmer les douleurs. La chirurgie du genou permet de faire disparaître les douleurs et d'améliorer les conditions de la marche, voire de marcher tout à fait normalement.

Arthroscopie

La chirurgie arthroscopique, technique très peu invasive, est notamment pratiquée lors de la présence d'une arthrose du genou accompagnée de douleurs et de gênes fonctionnelles, lorsque les conseils et les traitements médicamenteux n'ont pas permis d'enrayer l'évolution. Cette technique est également utilisée lors d'explorations diagnostiques de l'articulation du genou. L'arthroscopie se pratique en introduisant une caméra dans la cavité articulaire par une petite incision). Une intervention chirurgicale pratiquée sous arthroscopie ne nécessite pas d'ouvrir l'articulation du genou. En effet, le chirurgien effectue deux petites incisions de 3 mm environ afin d'insérer dans le genou une caméra en fibres optiques reliée à une caméra, permettant ainsi de visualiser l'ensemble des structures de l'articulation du genou. Grâce à une seconde incision, des instruments chirurgicaux miniaturisés sont ensuite insérés permettant ainsi de réparer, régulariser ou sectionner les structures du genou abimées, comme le ligament, le ménisque ou le cartilage. Cette intervention chirurgicale est pratiquée sous anesthésie générale ou sous rachi anesthésie (injection d'un produit anesthésiant dans le canal rachidien permettant d'anesthésier directement les nerfs situés en dessous du lieu d'injection.


Cette technique fait l'objet de nombreuses remises en cause par de nombreux professionnels en raison d'une efficacité peu importante et des effets secondaires possibles liés au grand nombre d'arthroscopies effectuées chaque année comme par exemple des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires ou des infections tout en ayant une efficacité relative.

Ostéotomie

Cette intervention corrige une déformation du membre inférieur en redressant le tibia ou, plus rarement, le fémur. L'ostéotomie de varisation permet par exemple de corriger un genu valgum (genoux en dedans). L'ostéotomie consiste à sectionner l'os et à le redresser puis à maintenir cette modification. Ceci permet d'aligner le membre inférieur et de rééquilibrer les pressions effectuées au niveau du genou.

L'intervention entraine une diminution des douleurs et une stabilisation de processus de l'arthrose. Mais le pincement articulaire présent ne sera pas modifié par l'ostéotomie.

L'indication de l'ostéotomie dépend de l'effet des traitements médicamenteux prescrits au préalable, de l'importance des douleurs et de la déformation, et de l'âge de la personne atteinte. En effet cette intervention est davantage préconisée chez les personnes jeunes.

Arthroplastie

L'indication d'une arthroplastie du genou dépend de la douleur, de la gêne fonctionnelle et de la baisse de qualité de vie.

L'arthroplastie totale du genou consiste à remplacer les parties du genou handicapées par des implants artificiels qui permettent une flexion et une extension du genou ainsi qu'une amélioration de la marche et du périmètre de marche. L'extrémité inférieure du fémur et l'extrémité supérieure du tibia sont retirées. L'arthroplastie partielle consiste à remplacer la partie abimée du genou. De nombreuses prothèses peuvent être utilisé en fonction du degré d'arthrose, de la déformation, la laxité, de l'âge et de la pathologie préexistante.

Prothèse du genou

Lorsque l'arthrose du genou continue d'évoluer malgré les différents traitements et les douleurs deviennent insupportables, il est possible d'envisager la pose d'une prothèse du genou. Cette prothèse remplace l'articulation trop abimée handicapant le patient qui souffre trop et éprouve des difficultés à se déplacer.
La prothèse du genou est indiquée lors d'une usure importante du cartilage provoquée le plus souvent par une arthrose ou également lors d'une polyarthrite rhumatoïde. L'intervention, pratiquée sous anesthésie générale ou locale, dure entre 1h30 et 2 heures. Des séances de rééducation du genou débutent parfois après lendemain de l'intervention et se prolongent pendant environ deux mois.

Une prothèse du genou est une articulation artificielle constituée d'une pièce fémorale, d'une pièce tibiale et d'une pièce intermédiaire. La prothèse peut être totale, partielle ou unicompartimentaire. Une prothèse permet également de retrouver une mobilité de flexion presque complète et une vie quotidienne normale, comme monter et descendre les escaliers.

Kinésithérapie

La kinésithérapie est également fortement conseillée. Les exercices pratiqués permettent de renforcer le quadriceps et de permettre les amplitudes de l'articulation. Lors d'une intervention chirurgicale, une rééducation pré-opératoire s'envisage avant l'intervention. La rééducation après la pose d'une arthroplastie de genou s'adapte au contexte de chaque personne et à ses antécédents.

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