Phobies - peurs irrationnelles - Causes et symptômes

Février 2017
La phobie désigne la crainte exagérée et l'évitement de certaines situations, de certains objets ou de certains phénomènes. Elle s'inscrit dans la catégorie plus vaste des troubles anxieux. Mais contrairement à l'anxiété généralisée, la phobie a un objet spécifique. Comment reconnaît-on une phobie ? Peut-elle se confondre avec d'autres troubles ? Quand apparaît-elle et comment évolue-t-elle ?


Phobies courantes

Il existe des phobies courantes, que nous connaissons tous et subissons parfois : phobie des araignées (arachnophobie), des serpents (ophiophobie) et reptiles (herpétophobie), des rongeurs (musophobie), de l'eau (aquaphobie), du sang (hémophobie), de la foule (agoraphobie), des lieux confinés (claustrophobie)...

Les phobies sont souvent associées à un autre trouble, les attaques de panique où le sujet est paralysé, tétanisé, avec de nombreux symptômes somatiques (essoufflement, palpitations, suées, tremblements, nausées, vertige, jambes en coton...).

Pour que la phobie soit caractérisée comme telle, elle doit entraîner une gêne ou une souffrance excessives chez le sujet. Dans certaines cultures animistes, par exemple, la crainte des esprits est très répandue et assez intense. Mais elle ne peut être qualifiée de trouble organique, dans la mesure où elle appartient aux standards cognitifs-émotifs de ces sociétés.

Catégories de phobies

On distingue plusieurs grandes catégories de phobies :
  • imaginaires (fantôme, esprit, loup-garous...),
  • situationnelles (être dans un ascenseur, un avion, un parking désert, une foule dense...),
  • naturelles (crainte de certains milieux comme la forêt, des cours d'eau, des orages...),
  • animale (peur excessive des chiens, des insectes, des microbes...),
  • accidentelle-médicale (panique devant le sang et, plus généralement, toute opération intrusive ou destructive sur le corps).

Prévalence et incidence

La prévalence annuelle est estimée à 9%, la prévalence à l'échelle d'une vie entre 10 et 12%. Les phobies sont donc très répandues puisqu'une personne sur dix y est sujette.

Les femmes sont globalement plus sujettes aux phobies que les hommes. Elles dominent largement dans les phobies animales, naturelles et situationnelles (75 à 90% des cas), ainsi que dans les phobies de type sang-injection-accident (55 à 75% des cas). Cette plus forte prévalence féminine consonne assez logiquement avec celle observée pour l'anxiété.

Pour la plupart des phobies, il semble exister deux pics d'incidence : la petite enfance et l'enfance d'une part, le stade jeune adulte (20-30 ans) d'autre part. Les premières sont très courantes, et ne peuvent être considérées comme des troubles si elles ne dépassent pas l'adolescence.

Symptômes

La phobie se reconnaît à la présence de plusieurs des symptômes suivants, qui doivent être présents sur une période excédant un semestre :
  • une peur irraisonnée, intense et excessive de certains phénomènes, ou de la simple représentation mentale de ces phénomènes,
  • une réaction anxieuse immédiate lorsque le sujet est confronté au phénomène redouté,
  • une conscience du caractère excessif et non justifié de la crainte,
  • un évitement systématique des situations redoutées pouvant entraîner des problèmes dans les relations sociales, personnelles ou professionnelles.

Troubles proches

Pour qu'une phobie soit caractérisée, le sujet ne doit pas souffrir d'un autre trouble qui pourrait mieux expliquer son état :

Inné et acquis

La plupart des phobies présentent un caractère familial, surtout les phobies type sang-injection-accident et animal. Cela ne signifie pas nécessairement que ces phobies sont inscrites dans les gènes des parents transmis aux enfants : si le cerveau est soumis au cours de son développement précoce à des stimuli aversifs forts, il peut conserver par la suite la mémoire de ces micro-traumatismes, et favoriser des comportements d'évitement irraisonné.

L'héritabilité des phobies, qui peut néanmoins être évaluée avec les enfants adoptés (qui partagent ou non la phobie de leurs parents biologiques dont ils sont séparés), se situe entre 0,25 et 0,40 selon les études et les phénomènes concernés. Les déterminations génétiques les plus fortes concernent la peur des animaux et des certaines situations sociales.

Qu'une partie des phobies soit d'origine biologique plutôt qu'environnementale n'a rien de surprenant : au cours de l'évolution des primates, certains milieux (comme les milieux ouverts ou les plans d'eau) et certaines situations (comme le fait d'être confronté à une araignée, un serpent, un bruit de gros animal) représentaient des dangers objectifs, la crainte à leur encontre manifestant un avantage adaptatif.

Évolution

Les phobies de la petite enfance sont habituellement surmontées à l'âge adulte.

La phobie est cependant plus difficile à vaincre lorsqu'elle a pour origine un événement traumatique comme une morsure de chien ou un début de noyade : le sujet utilise alors cette base objective pour consolider une protection cognitive de type négatif et aversif.

Lorsque la phobie ne disparaît pas avec l'adolescence, ou lorsqu'elle fait irruption à l'âge adulte, les taux de rémission sont assez rares (moins de 20% des cas). En l'absence de traitement, le patient doit alors vivre avec ses angoisses.

Ces angoisses peuvent se révéler relativement anodines (il n'est généralement pas très grave d'avoir une peur même panique des araignées ou des serpents) ou invalidantes (les phobies situationnelles et sociales peuvent représenter un vrai calvaire).

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