Phobies - peurs irrationnelles - Causes et symptômes

Décembre 2017
La phobie désigne la crainte exagérée et l'évitement de certaines situations, de certains objets ou de certains phénomènes. Elle s'inscrit dans la catégorie plus vaste des troubles anxieux. Mais contrairement à l'anxiété généralisée, la phobie a un objet spécifique. Comment reconnaît-on une phobie ? Peut-elle se confondre avec d'autres troubles ? Quand apparaît-elle et comment évolue-t-elle ?

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Phobies courantes

Il existe des phobies courantes, que nous connaissons tous et subissons parfois : phobie des araignées (arachnophobie), des serpents (ophiophobie) et reptiles (herpétophobie), des rongeurs (musophobie), de l'eau (aquaphobie), du sang (hémophobie), de la foule (agoraphobie), des lieux confinés (claustrophobie)...
Les phobies sont souvent associées à un autre trouble, les attaques de panique où le sujet est paralysé, tétanisé, avec de nombreux symptômes somatiques (essoufflement, palpitations, suées, tremblements, nausées, vertige, jambes en coton...).
Pour que la phobie soit caractérisée comme telle, elle doit entraîner une gêne ou une souffrance excessives chez le sujet. Dans certaines cultures animistes, par exemple, la crainte des esprits est très répandue et assez intense. Mais elle ne peut être qualifiée de trouble organique, dans la mesure où elle appartient aux standards cognitifs-émotifs de ces sociétés.

Catégories de phobies

On distingue plusieurs grandes catégories de phobies, celles imaginaires (fantôme, esprit, loup-garous...), les phobies situationnelles (être dans un ascenseur, un avion, un parking désert, une foule dense...), les phobies naturelles (crainte de certains milieux comme la forêt, des cours d'eau, des orages...), les phobies des animaux (peur excessive des chiens, des insectes, des microbes...), et les phobies accidentelles-médicales (panique devant le sang et, plus généralement, toute opération intrusive ou destructive sur le corps).

Phobie sociale

La phobie sociale repose sur plusieurs types de facteurs. Elle peut être la conséquence d’une expérience sociale humiliante, ou d’un événement traumatisant : moqueries, agression, mise à l’écart. La phobie sociale peut également trouver son origine dans l’enfance, avec des parents isolés socialement ou surprotecteurs. Cette forme d’anxiété affecte le plus souvent les adolescents, et davantage les femmes que les hommes. Parmi les situations qui déclenchent l’apparition des symptômes : la nouveauté, la prise de parole en public, et l’exposition au regard des autres.
Les symptômes caractéristiques de la phobie sociale sont des crises d’angoisse, un sentiment de honte, le repli sur soi, la peur d’être jugé, des pensées négatives et une mauvaise estime de soi. La phobie sociale se traduit également par des comportements d’évitement et de dissimulation : refus d’invitations voire de promotion professionnelle pour éviter la prise de parole, éviter de regarder les autres personnes dans les yeux, éviter de donner son avis. La phobie sociale peut aussi s’exprimer physiquement : tremblements, vertiges, augmentation du rythme cardiaque, transpiration, rougissement. La phobie sociale ne doit pas être confondue avec la timidité qui s’exprime par une simple gêne et qui évolue favorablement avec le temps. La phobie sociale est une situation extrême ayant de forts retentissements sur la scolarité, la vie professionnelle, et la vie sociale. Dans les situations où une personne timide parvient à surmonter ses peurs, la personne qui souffre de phobie sociale en est incapable.

Phobie des trous: trypophobie

La trypophobie désigne la phobie des trous ou peur démesurée d'une personne mise en présence d'un trou quelconque, d'un cratère à un morceau de gruyère. Cette phobie se traduit par des réactions de nausées, migraines, tremblements voire de crise de panique. Il s'agirait d'ailleurs de la phobie la plus répandue sur la planète, des médecins argentins ayant notamment mis en évidence qu'elle touche de façon plus ou moins grave 18% des femmes et 11% des hommes.

Phobie des clowns: Coulrophobie

La coulrophobie désigne un type de phobie qui est la peur exagérée des clowns. Comme pour toute autre phobie, la présence de l'objet de la phobie, à savoir les clowns, à proximité des personnes souffrant de coulrophobie peut entraîner des réactions telles que des spasmes, un état d'anxiété palpable ou des difficultés à respirer. La coulrophobie dans la culture populaire est régulièrement associée à des oeuvres de fiction, telles que « Ça » de Stephen King ou le Joker dans Batman, présentant des clowns tueurs ou maléfiques.

Phobie d'impulsion

La phobie d'impulsion (également connue sous le nom d'obsession impulsive) est une obsession qui fait que les personnes qui en souffrent ont constamment peur de faire quelque chose de grave, de délictueux (agresser quelqu'un par exemple) ou de déplacé (rire à un enterrement ou jurer dans une église par exemple). Plus grave, la phobie d'impulsion fait que les gens ont peur de façon permanente de tuer quelqu'un, de se suicider, de devenir pédophile ou autre. Ce type de comportement se retrouve aussi chez la femme venant d'accoucher et qui a peur de faire du mal à son nourrisson.

Phobie des orages

Le terme astraphobie désigne une phobie des phénomènes climatiques tels que les orages, notamment des éclairs et du bruit du tonnerre. L'astraphobie n'est pas spécifique aux humains, mais peut atteindre également les animaux. L'astraphobie se manifeste par une peur panique, des tremblements, une accélération du rythme cardiaque, des sueurs, des crises de larmes. Les personnes atteintes d'astraphobie tentent de se protéger de l'orage en se cachant et en s'enfermant.

Phobie de vomir: Emetophobie

L'émétophobie est la peur de vomir. L'émétophobie est une pathologie psychiatrique. Les patients qui en souffrent ont différentes peurs associées à la peur de vomir. Ces peurs annexes prennent différentes formes : la peur des épidémies de gastro-entérites, la peur de trop manger ou de manger un aliment avarié, la peur des transports, etc. Pour soigner l'émétophobie, le patient est pris en charge par un médecin psychiatre et éventuellement un psychologue. Des antidépresseurs peuvent lui être prescrits. Pour être rassuré, il peut avoir parallèlement un traitement qui agit sur le système digestif.

Phobie des oiseau: ornitophobie

Si l'ornithophobie est la peur des oiseaux en général, la phobie des pigeons ne porte pas de nom particulier. Elle provoque le déclenchement d'une peur panique et de réactions démesurées à la vue de l'un de ces volatiles. Cette peur anormale et exagérée, qui relève davantage de l'anxiété que de la crainte, peut être soignée grâce à une TCC - thérapie cognitive et comportementale, qui va progressivement mettre le sujet en présence de l'objet de sa phobie, en l'occurrence le pigeon, et créer une accoutumance.

Prévalence et incidence

La prévalence annuelle est estimée à 9%, la prévalence à l'échelle d'une vie entre 10 et 12%. Les phobies sont donc très répandues puisqu'une personne sur dix y est sujette. Les femmes sont globalement plus sujettes aux phobies que les hommes. Elles dominent largement dans les phobies animales, naturelles et situationnelles (75 à 90% des cas), ainsi que dans les phobies de type sang-injection-accident (55 à 75% des cas). Cette plus forte prévalence féminine consonne assez logiquement avec celle observée pour l'anxiété.
Pour la plupart des phobies, il semble exister deux pics d'incidence : la petite enfance et l'enfance d'une part, le stade jeune adulte (20-30 ans) d'autre part. Les premières sont très courantes, et ne peuvent être considérées comme des troubles si elles ne dépassent pas l'adolescence.

Symptômes

La phobie se reconnaît à la présence de plusieurs des symptômes suivants, qui doivent être présents sur une période excédant un semestre comme une peur irraisonnée, intense et excessive de certains phénomènes, ou de la simple représentation mentale de ces phénomènes, une réaction anxieuse immédiate lorsque le sujet est confronté au phénomène redouté, une conscience du caractère excessif et non justifié de la crainte ou un évitement systématique des situations redoutées pouvant entraîner des problèmes dans les relations sociales, personnelles ou professionnelles.

Troubles proches

Pour qu'une phobie soit caractérisée, le sujet ne doit pas souffrir d'un autre trouble qui pourrait mieux expliquer son état comme un trouble obsessionnel-compulsif, une anxiété généralisée, une schizophrénie (dans le cas des phobies imaginaires), une personnalité paranoïaque ou stress post-traumatique.

Inné et acquis

La plupart des phobies présentent un caractère familial, surtout les phobies type sang-injection-accident et animal. Cela ne signifie pas nécessairement que ces phobies sont inscrites dans les gènes des parents transmis aux enfants : si le cerveau est soumis au cours de son développement précoce à des stimuli aversifs forts, il peut conserver par la suite la mémoire de ces micro-traumatismes, et favoriser des comportements d'évitement irraisonné.
L'héritabilité des phobies, qui peut néanmoins être évaluée avec les enfants adoptés (qui partagent ou non la phobie de leurs parents biologiques dont ils sont séparés), se situe entre 0,25 et 0,40 selon les études et les phénomènes concernés. Les déterminations génétiques les plus fortes concernent la peur des animaux et des certaines situations sociales.
Qu'une partie des phobies soit d'origine biologique plutôt qu'environnementale n'a rien de surprenant : au cours de l'évolution des primates, certains milieux (comme les milieux ouverts ou les plans d'eau) et certaines situations (comme le fait d'être confronté à une araignée, un serpent, un bruit de gros animal) représentaient des dangers objectifs, la crainte à leur encontre manifestant un avantage adaptatif.

Évolution

Les phobies de la petite enfance sont habituellement surmontées à l'âge adulte.
La phobie est cependant plus difficile à vaincre lorsqu'elle a pour origine un événement traumatique comme une morsure de chien ou un début de noyade : le sujet utilise alors cette base objective pour consolider une protection cognitive de type négatif et aversif.
Lorsque la phobie ne disparaît pas avec l'adolescence, ou lorsqu'elle fait irruption à l'âge adulte, les taux de rémission sont assez rares (moins de 20% des cas). En l'absence de traitement, le patient doit alors vivre avec ses angoisses.
Ces angoisses peuvent se révéler relativement anodines (il n'est généralement pas très grave d'avoir une peur même panique des araignées ou des serpents) ou invalidantes (les phobies situationnelles et sociales peuvent représenter un vrai calvaire).

Le traitement

Thérapies cognitives et comportementales, TCC

Les TCC, thérapies cognitives et comportementales permettent de soulages des phobies peu sévères et assez brèves..Un programme établi entre le psychothérapeute et le patient.
Principe est de lister les phobies, et d'être mis en situation et dédramatisation de la phobie.

Psychologue ou psychiatre?


Autres méthodes

Hypnose (encadré par un professionnel). relaxation, yoga peuvent apporter une aide non négligeable.

Traitement médicamenteux

Dans certaines phobies sévères des anxiolytiques et des antidépresseurs. peuvent être prescrits.

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