Asthme - Symptômes et traitement

Septembre 2016
L'asthme est une maladie inflammatoire des bronches. Il s'agit d'une maladie chronique qui apparaît par crises au cours desquelles la personne éprouve des difficultés à respirer, s'essouffle, et a une respiration sifflante. Entre deux crises, la respiration est normale chez la plupart des asthmatiques. 6,7% de la population et 9% des enfants sont concernés par l'asthme en France, soit plus de 4 millions de personnes. Même si les chiffres de décès par asthme en France a baisse, cette pathologie provoque encore 1 000 décès par an chez les personnes de moins de 65 ans.


Définition

L'asthme est une pathologie inflammatoire chronique des bronches associant plusieurs processus dont une hyper-réactivité des bronches, une inflammation locale et un épaississement des parois bronchiques accompagnés d'une formation de mucus et une bronchoconstriction, c'est-à-dire une diminution du diamètre des bronches. A l'occasion d'une crise d'asthme, les bronches se contractent, puis développent un oedème diminuant leur diamètre. Les bronches s'obstruent et empêchent l'air de circuler.

Statistiques

En 20 ans, le nombre de cas d'allergies et d'asthme est en augmentation en France, mais aussi un peu partout dans le monde. L'asthme est la première maladie chronique de l'enfant et entraine encore mille morts par an selon l'Institut national de veille sanitaire, INVS. L'asthme est à l'origine de 600.000 journées d'hospitalisation. Le coût estimé de l'asthme est d'un milliard d'euros en dépenses de santé. A peine un asthmatique sur 3 suit un traitement en France, soit environ un million de personnes seulement, et 4 personnes sur 10 le prennent correctement. L'asthme est une cause classique d'absentéisme scolaire. On estime qu'un asthmatique potentiel naît en France toutes les dix minutes. L'asthme est considéré comme la maladie chronique la plus fréquente de l'enfant. 3 personnes environ décèdent chaque jour des suites d'une crise d'asthme sévère. Les résultats de l'étude AIRE** (Asthma Insight and Reality in Europe), la plus vaste étude jamais réalisée sur l'asthme en Europe, a mis en évidence qu'à peine 5% des asthmatiques européens seraient soignés selon les recommandations internationales en vigueur.

Causes

L'allergie est une des principales causes de l'asthme. Il peut s'agir d'allergies aux pollens, à la poussière, aux acariens, aux poils d'animaux, aux moisissures, etc. De plus, le tabac est un facteur aggravant.

Symptômes

Cette inflammation des bronches empêche le passage de l'air et provoque les symptômes de la crise d'asthme. La gêne ressentie au cours des symptômes est causée par la difficulté du passage de l'air dans les voies respiratoires. L'inflammation bronchique se prolonge même en l'absence de manifestations, ce qui peut pousser les asthmatiques à interrompre leur traitement. L'inflammation chronique provoque un remodelage des bronches aggravant la maladie asthmatique si aucun traitement de fond n'est mis en place. L'asthmatique éprouve des difficultés à inspirer et à expirer l'air contenu dans ses poumons. Une toux et un sifflement caractéristique accompagnent cette gêne.

Le diagnostic d'une crise d'asthme typique et caractéristique est assez simple à effectuer. Une grande majorité des asthmatiques ne présente pas de crises sifflantes de ce type et vivent des années avec un asthme évoluant lentement mais surement. De nombreuses personnes sont ainsi gênées depuis des années par des manifestations moins impressionnantes sans que le diagnostic ne soit effectué. Des épisodes de toux sèche évoluant depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou années, survenant le plus souvent le soir, au cours de la nuit où à l'effort peuvent également être des signes de l'asthme. Des épisodes de bronchites à répétition peuvent aussi témoigner d'un asthme. Un essoufflement, la sensation de perdre son souffle sont des éléments pouvant évoquer la maladie asthmatique. Certains adultes ou enfants présentent une grande fatigue témoignant de cette maladie.

Une toux fréquente, persistante plusieurs semaines après une rhinopharyngite. De nombreuses personnes présentent pendant des années des manifestations de ce type qui ne sont pas diagnostiquées comme étant liées à l'asthme. La maladie, non traitée, s'aggrave petit à petit et peut, des années plus tard évolué vers une insuffisance respiratoire aux conséquences parfois sévères et plus difficilement maîtrisables.

L'asthme est une maladie insidieuse qui peut évoluer lentement sans que le patient ne s'en rende compte. De nombreuses personnes vivent ainsi des années avec un souffle « un peu court » qui s'aggrave peu à peu sans autre manifestation. Ces personnes limitées dans leur vie quotidienne depuis des années n'imaginent pas un instant qu'elles sont asthmatiques. Même leur praticien éprouve des difficultés à effectuer ce diagnostic car ces personnes ne présentent pas les sifflements si caractéristiques de la maladie. Malheureusement, il arrive qu'un jour, souvent entre 50 et 60 ans, les symptômes s'aggravent brutalement, voire de manière tragique. L'asthme peut être comparé à un iceberg dont la partie visible représente la crise typique et ses sifflements et la partie immergée, invisible, aux symptômes plus pernicieux, moins faciles à lier à l'asthme, comme notamment un essoufflement ou des épisodes de toux.

Reconnaître les symptômes

Savoir reconnaître les signes devant faire évoquer le diagnostic d'asthme est probablement le conseil le plus important que les patients doivent connaître. Dépister les manifestations de cette maladie pourra aider des milliers de personnes qui pourront ensuite consulter un médecin qui maitrise bien le diagnostic et les traitements de cette maladie. Des questions simples doivent être systématiquement posées à tous les asthmatiques lors d'une consultation. Les réponses obtenues permettent d'évaluer la gêne du patient et d'adapter son traitement. Une gêne est ressentie au cours de certaines activités comme la pratique d'un sport ou courir après un bus par exemple, à la maison ou au travail. Un essoufflement survient lors de la montée de 2 ou 3 étages, lors de la marche ou au repos. La personne asthmatique est réveillée la nuit ou ou plus tôt que d'habitude par une toux, un essoufflement, une oppression, des sifflements et des douleur dans la poitrine. L'inhalateur de broncho-dilatateur est utilisé fréquemment. Une fatigue est fréquente pour des efforts peu importants. Une gêne peut être perçue au téléphone, situation intriguant souvent les interlocuteurs « c'est bizarre, tu as l'ai essoufflé ? ». Présence d'une ou plusieurs bronchites qui se sont prolongées d'une toux pendant plusieurs semaines. Certains praticiens ne pensent pas toujours au diagnostic d'asthme, souvent très difficile, lorsque le patient ne présente pas de crise typique avec ses sifflements. Ils peuvent alors parfois affirmer au patient qu'il n'a pas d'asthme. Le diagnostic de cette maladie est parfois difficile et nécessite une pratique régulière. N'hésitez pas à insister auprès de votre médecin si vous pensez être gêné et demandez à consulter un spécialiste ou à effectuer une EFR, exploration fonctionnelle respiratoire, seul examen permettant le diagnostic précis de l'asthme. Un nouveau-né qui présente au moins trois épisodes de sifflements respiratoires, une gène respiratoire, plusieurs bronchites sifflantes ou bronchites « asthmatiformes » avant l'âge de deux ans doit être considéré comme un enfant asthmatique.

La seule gêne que décrivent certains asthmatiques est une fatigue s'aggravant lors des efforts, parfois minimes, de la vie quotidienne. Marcher, monter des escaliers, faire ses courses représentent parfois un effort insurmontable que les patients n'imaginent pas être provoqués par un asthme. Certains asthmatiques vivent ainsi des dizaines d'années avec une fatigue provoquée par une obstruction, le plus souvent assez sévère, de leurs bronches. Lorsqu'un médecin effectue ce diagnostic, parfois par hasard ou au décours d'un épisode de surinfection ou d'aggravation de la maladie, ces patients sont surprit de constater l'amélioration spectaculaire de leur « forme » et de leur fatigue avec les traitements proposés.

Diagnostic

La grande majorité des patients asthmatiques ne présente aucune anomalie lorsqu'une radio thoracique, radio des poumons, est effectuée. La radio du thorax est systématiquement effectuée lors d'un bilan d'un asthme car elle permet d'éliminer un autre diagnostic ou de mettre en évidence parfois des complications de la maladie. La découverte d'une radio normale n'incite pas les asthmatiques à suivre un traitement car ils imaginent qu'une radio normale équivaut à l'absence d'asthme.

On peut poser le diagnostic d'asthme lorsqu'on est témoin d'une crise tant les symptômes sont caractéristiques. En dehors d'une crise, il est néanmoins possible de déterminer l'origine et la gravité de l'asthme en procédant à une série d'analyses :
  • l'exploration fonctionnelle respiratoire qui permet de déterminer les capacités respiratoires ;
  • l'épreuve de provocation bronchique (comparaison entre le volume d'air expiré avant et après avoir été mis en contact avec un allergène) ;
  • le test de réversibilité de l'obstruction suite à l'inhalation d'un produit dilatant les bronches.

Débitmètre de pointe

Le débit mètre de pointe est un appareil de petite taille qui mesure le débit expiratoire de pointe : celui ci correspond à la vitesse maximale à laquelle peut circuler l'air au cours d'une expiration forcée après avoir gonflé au maximun ses poumons.

Ces petits appareils sont remboursés par la caisse d'assurance maladie. L'utilisation du débit mètre de pointe consiste à comparer le chiffre obtenu avec une valeur théorique, qui varie selon l'âge, la taille et le sexe du malade.

Certains malades doivent surveiller quotidiennement leur souffle avec cet appareil : les mesures se font en général au lever le matin et au coucher le soir. Une mesure peut être nécessaire à tout moment de la journée si une gêne apparaît.

Un chiffre inférieur à une valeur théorique signifie une limitation du flux aérien et témoigne d'une gêne respiratoire.

Selon la valeur constatée, des mesures doivent être appliquées selon les conseils du médecin : utilisation de bronchodilatateurs, augmentation des doses des traitements, nécessité de prendre des médicaments corticoïdes.

Il faut téléphoner à son médecin pour avoir un avis ou appeler le 15, si le chiffre constaté est trop bas. Cette mesure permet de surveiller la fonction respiratoire du malade, et de réagir rapidement en cas de gêne.

Le débit expiratoire de pointe, DEP, s'exprime en litre par minute. Le DEP varie avec l'âge: il est plus bas chez les enfants que chez les adultes et il est plus élevé chez le jeune adulte que chez l'adulte âgé. Le DEP est proportionnel à la taille. L'homme a un débit expiratoire plus élevé que la femme à taille et âge égal. Le DEP est un témoin essentiel de la sévérité de l'asthme.

Le but du traitement de l'asthme est d'obtenir de façon stable le meilleur débit expiratoire.

Mesurer son souffle

  • Mettre le curseur en bas de l'échelle graduée, au niveau 0 et se tenir debout.
  • Prendre l'appareil horizontalement.
  • Gonfler la poitrine au maximum, bouche ouverte.
  • Introduire l'embout dans la bouche et bien le serrer dans les lèvres
  • Souffler d'un seul coup, le plus fort et le plus vite possible.
  • Il faut répéter l'opération trois fois et noter la valeur la plus élevée.

La sensation de ne pas être gênée ne signifie pas que la maladie asthmatique n'est pas présente. De nombreux asthmatiques constatent des chiffres de leur débit expiratoire de pointe, le DEP, anaormalement bas, alors qu'ils ne se sentent pas gênés et qu'ils ne « sifflent pas »
Chaque praticien devrait pouvoir effectuer systématiquement cette mesure qui prend quelques secondes ; cela permettrait de dépister davantage de personnes présentant un asthme apparemment sans symptôme. Pour en savoir plus, consulter le site automesure.com

EFR

L'EFR, l'exploration fonctionnelle respiratoire, seul moyen de vérifier et de contrôler l'asthme. Il permet de mesurer des paramètres permettant d'apprécier la fonction respiratoire et le degré de l'asthme. Il doit être réalisé au minimum une fois chaque année, même chez les patients ne ressentant aucune gêne. Il existe en effet une différence entre la perception d'une gêne respiratoire et la réalité de l'obstruction des bronches. Près de 20% des asthmatiques ne perçoivent pas une obstruction bronchique supérieure à 50%.

L'EFR permet de diagnostiquer l'asthme, d'apprécier sa sévérité et l'efficacité des traitements. Si l'EFR est normale et qu'un doute persiste, un test de provocation bronchique non spécifique peut être proposé. L'EFR est un examen indolore qui est remboursé par la caisse d'assurance maladie.

La mesure des gaz du sang permet de mesurer le taux d'oxygène et de gaz carbonique dans les artères. Lors d'une crise sévère, le taux d'oxygène baisse et celui du gaz carbonique augmente compte tenu d'une diminution du diamètre des bronches empêchant l'oxygène d'atteindre les vaisseaux sanguins. Les objectifs de la prise en charge de l'asthme de l'enfant, maladie chronique la plus fréquente, doivent permettre à l'enfant de mener une vie normale avec une fonction pulmonaire normalisée. Pourtant selon l'étude AIRE, 40% des enfants asthmatiques n'ont jamais eut d'EFR. L'EFR chez les enfants
  • Les enfants sont capables à partir de 6 ou 7 ans, d'effectuer le même examen que chez l'adulte
  • Entre l'âge de 3 ans et demi et 6 ans, l'obstruction des bronches est mesurée par la mesure des résistances des voies aériennes.
  • Avant 2 ans et demi, cet examen se pratique dans certains services de pédiatrie: un médicament est délivré au bébé bébé afin de l'endormir.

Traitement

L'asthme est une maladie chronique qui nécessite la plupart du temps un traitement de fond (traitement chronique) associé à une surveillance régulière, même si le patient ne ressent aucune manifestation. Cette maladie qui touche plus de 4 millions de personnes en France (6,7% de la population et 9% des enfants) peut être comparé au diabète ou à l'hypertension artérielle, des maladies chroniques nécessitant, elles aussi, un traitement au long court. Malheureusement une grande majorité d'asthmatiques ne prennent aucun traitement de fond et prennent le risque de voir leur maladie s'aggraver.

Médicaments bronchodilatateurs

Les médicaments bronchodilatateurs à action brève et rapide sont prescrits pour soulager une crise d'asthme ou des épisodes de toux, équivalents mineurs de l'asthme. Ils agissent contre le rétrécissement des bronches et leurs permettent de se dilater. Le patient ressent dans la majorité des cas une amélioration au bout de quelques minutes l'aidant à mieux respirer. Leur durée d'action est de quatre à six heures. Les bronchodilatateurs s'utilisent également avant l'effort afin d'éviter l'apparition d'une gêne chez les personnes présentant un asthme provoqué par l'exercice. Leur durée d'action est de quatre à six heures.

Les médicaments bronchodilatateurs entraînent parfois une tachycardie, accélération des battements cardiaques, qui diminuent en général rapidement. L'avis d'un médecin cardiologue est parfois nécessaire si ces manifestations s'aggravent ou s'il existe des anomalies cardiaques. De nombreuses personnes craignent de prendre ce type de produit, car « ils sont mauvais pour le coeur » et parce que « de toutes façons, ils ne servent à rien ». Les médecins sont obligés parfois de déployer beaucoup d'énergie pour convaincre les patients d'utiliser ce type de produit.

Quelques conseils pour bien utiliser les médicaments bronchodilatateurs d'action rapide comme la vérification que le produit n'est pas vide et que sa date de validité n'est pas dépassée. Il est recommandé d'avoir plusieurs flacons à portée de mains, à son domicile ou sur son lieu de travail par exemple, en cas de survenue d'une crise pouvant survenir dans n'importe quelle circonstance. La dose du bronchodilatateur utilisée dépend de chaque personne et de la gravité de l'asthme. Attention, ces médicaments s'utilisent sur de courtes périodes. La consommation de plus de 4 bouffées par semaine de bronchodilatateurs d'action rapide (soit 1 flacon de 200 doses par an) indique que l'asthme n'est pas équilibré et qu'il est nécessaire de consulter. La nécessité d'augmenter les doses du produit, parfois jusqu'à 12 ou 15 bouffées chaque jour, en raison de l'inefficacité des doses inhalées, témoigne d'une aggravation de l'asthme pour laquelle il est nécessaire dans ça cas-là de consulter en urgence. Pour en savoir plus:Recommandations de la Haute autorité de santé pour le suivi des asthmatiques (2004)

Bronchodilatateurs à longue durée d'action

Des médicaments bronchodilatateurs à longue durée d'action sont de plus en plus régulièrement prescrits en traitement de fond quotidien contrairement aux bronchodilatateurs d'action rapide dont l'utilisation se fait en cas de gêne. Ils ne peuvent être prescrits que chez certains patients asthmatiques recevant également un traitement anti-inflammatoire.

Aérosols doseurs

L'utilisation d'aérosols doseurs permet au médicament d'atteindre directement les voies respiratoires. Ils nécessitent un apprentissage de la part du médecin. Ces aérosols doseurs sont parfois mal utilisés ce qui diminue l'efficacité des médicaments. Il s'agit le plus souvent d'une synchronisation incorrecte entre la pression sur le flacon et l'inhalation de la bouffée). La pression sur le flacon n'est pas toujours effectuée au bon moment par rapport à l'inspiration et la bouffée ressort immédiatement. La respiration n'est pas suffisamment retenue après l'inhalation : il est en effet demandé de compter jusqu'à 10 avant d'expirer. Débuter les premières inhalations du médicament devant une glace afin de vérifier l'absence de buée témoignant de la mauvaise prise du médicament. Il existe d'autres dispositifs facilitant la pénétration des produits et évitant la mauvaise synchronisation main-poumon de l'aérosol : les systèmes d'inhalation de poudre sèche parmi lesquels les turbuhaler (la personne asthmatique effectue une rotation du petit appareil et inspire profondément une fois qu'il a entendu un petit bruit), le diskaler, le diskus...

Corticoïdes inhalés

Les corticoïdes inhalés sont des médicaments anti-inflammatoires à visée bronchique. Une grande majorité des asthmatiques présente un asthme qui nécessite un traitement de fond anti-inflammatoire, prescrits de nombreux mois, voire plusieurs années. Ce traitement de fond permet un traitement de l'inflammation chronique et permet d'éviter l'aggravation de la maladie asthmatique. Il doit être prescrit dès que l'asthme devient persistant et que la personne gênée doit prendre plus de 4 bouffées de bronchodilatateurs par semaine. Les corticoïdes permettent de contrôler l'inflammation des bronches ainsi que l'évolution de la maladie vers une aggravation, en réduisant le nombre le nombre et l'intensité des crises. Ces médicaments s'utilisent généralement avec un aérosol doseur ou de poudre sèche.

La posologie et la durée du traitement varient selon l'intensité de la gêne et les chiffres obtenus au cours de l'examen respiratoire (EFR). Ce traitement est adapté à chaque asthmatique. L'arrêt du traitement anti-inflammatoire est rarement possible avant quelques mois sans que les crises réapparaissent dans un délai variable. Seul le médecin suivant le patient asthmatique peut décider d'interrompre ce traitement. Ces médicaments ne provoquent aucune sensation d'amélioration quelques minutes après les avoir prit, contrairement aux médicaments bronchodilatateurs. Certains patients pensent alors que ces traitements ne servent à rien et les interrompent.

Les effets secondaires de ces médicaments ne doivent en aucun cas être confondus avec ceux des corticoïdes pris sous forme de comprimés, de sirop ou d'injections. Ils peuvent se manifester par une modification de la voix accompagnée d'un enrouement ou une mycose de la bouche. Il est conseillé de se rincer la bouche après l'utilisation des corticoïdes afin d'éviter l'apparition des effets secondaires.

Corticoïdes sous forme de comprimés

Lors de crises sévères ou lorsque l'asthme s'aggrave au cours d'une bronchite par exemple, des médicaments corticoïdes sous forme de comprimés sont prescrits. Dans ce cas, il est associé au traitement de fond corticoïde inhalé et bronchodilatateur à longue action. Les personnes bénéficiant de ce traitement présentent en général un asthme grave qui doit être surveillé de façon très rapprochée. Ce traitement est prescrit en général quelques jours. Dans certaines situations, ce traitement est prescrit plus longtemps: Dans ce cas, des effets secondaires peuvent survenir : augmentation de l'appétit, une prise de poids temporaire, une modification d'humeur...

Antileucotriènes

Les antileucotriènes, utilisés sous la forme de comprimés, agissent en bloquant l'action des leucotriènes, médiateurs de l'inflammation des voies respiratoires. Ils sont utiles dans la prévention de l'asthme d'effort et également dans le traitement de fond de l'asthme incomplètement contrôlé par les corticoïdes inhalés.

Anti IgE

Une nouvelle classe de médicaments, les Anti-IgE, sont prescrits dans les asthmes sévères d'origine allergique.

Autres traitements

Les antibiotiques sont prescrits dans les surinfections bronchiques.

Kinésithérapie respiratoire

La kinésithérapie respiratoire constitue une méthode qui peut aider les asthmatiques, et plus particulièrement les bébés et les enfants en bas âge. Elle permet, lors des crises, d'éliminer les sécrétions bloquées dans les bronches, luttant ainsi contre l'encombrement bronchique. Elle permet également d'apprendre à mieux maitriser son souffle, placer sa respiration, à se détendre lors de l'apparition d'une gêne, la crise provoquant une angoisse qui aggrave l'asthme et, enfin à apprendre à utiliser les médicaments sous formes d'aérosols doseurs.

Chambre d'inhalation

L'utilisation d'une chambre d'inhalation est destinée aux enfants en bas âge. Cette chambre d'inhalation est un réservoir permettant une inhalation plus facile du produit. Une bouffée est délivrée à travers l'embout de la chambre d'inhalation. L'enfant peut alors inhaler le produit en effectuant 5 à 10 mouvements inspiratoires. Les chambres d'inhalation d'un volume assez grand sont destinées aux enfants en bas âge et aux bébés tandis que les plus petites sont proposées aux plus grands enfants, à partir de 4 à 5 ans environ. Elles sont prises en charge par l'assurance maladie.

Bien agiter le flacon avant de délivrer la dose. Ne délivrer qu'une dose à la fois et attendre 5 à 10 inspirations avant de donner la seconde dose. Ne pas oublier non plus de nettoyer régulièrement le masque et le réservoir. Lorsque l'enfant est très agité, deux personnes sont conseillées: mettre l'enfant sur les genoux d'une des 2 personnes, le rassurer et éviter de trop s'angoisser, poser une main sur le masque afin de bien le maintenir et maintenir la tête de l'enfant. Le faire boire après l'inhalation et lui passer un linge humide sur le visage. Ne pas lui donner l'aérosol directement à la bouche.

Cures thermales

Un séjour en cure thermale peut apporter une aide aux asthmatiques, même si aucune étude scientifique n'apporte réellement leur efficacité. L'effet psychologique apporté par la cure est bien entendu très bénéfique car les asthmatiques sont pris en charge quotidiennement et reçoivent des soins leur permettant de se détendre et d'être moins gênés. Ce séjour sous des conditions climatiques favorables permet d'être encadré, de pratiquer certaines activités sportives, de recevoir une éducation plus ciblée. La prise en charge du patient, sur un plan physique et psychologique, lui permet de mieux adhérer au traitement et de prendre conscience de la nécessité d'être suivi régulièrement. Un séjour en cure thermale ne peut toutefois pas résoudre définitivement le problème de l'asthme en faisant disparaître la maladie. Les traitements devront, dans la très grande majorité des cas, être poursuivis. Un asthmatique qui revient d'une cure thermale peut en effet très bien être victime d'une rechute au cours des quelques jours suivants en raison du contact avec les acariens par exemple, moins présents dans les villes de cure. Etre bien conscient qu'une cure ne permettra pas de faire disparaître l'asthme.

Traitement de l'allergie

Lorsqu'une ou plusieurs allergies interviennent dans le mécanisme de l'asthme, un traitement de ces allergies doit être mis en oeuvre. Il est nécessaire de traiter toute rhinite allergique afin d'éviter l'apparition d'un asthme. Il faut aussi effectuer les mesures de prévention en cas d'allergie confirmée aux acariens, aux pollens ou aux animaux par exemple. Une désensibilisation pourra être envisagée.

Les chiffres sont accablants : plus de la moitié des asthmatiques ne respectent pas les prescriptions conseillées par les médecins. La personne asthmatique éprouve en effet beaucoup de difficultés à accepter l'idée d'être atteint par une maladie chronique avec lequel elle va devoir apprendre à vivre et être suivie très longtemps. La durée est une notion difficile à appréhender pour un malade qui aura tendance à « s'échapper » et à interrompre son traitement dès qu'il se sentira mieux. L'absence de manifestations n'incite pas les malades à continuer leur traitement de fond. Selon une étude de l'association Asthme menée auprès de 4.000 asthmatiques, seuls 65% d'entre eux mènent une vie normale, et près de la moitié ont un sommeil perturbé par une gêne respiratoire.

Le rythme du suivi des consultations dépend de la gravité de l'asthme, de son caractère allergique et de la capacité du patient à bien respecter les mesures thérapeutiques proposées. Plusieurs mois sont parfois nécessaires pour convaincre les asthmatiques de prendre leurs traitements de fond même s'ils ne se sentent pas gênés ou qu'ils ne font pas de crise. Le médecin doit déployer beaucoup d'énergie et ne doit pas avoir peur de se répéter pour que son patient n'arrête pas le traitement quand il se sent mieux. Contrairement aux personnes prenant des médicaments pendant des années contre l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie ou le diabète par exemple, une majorité d'asthmatique n'accepte pas de prendre ses traitements si longtemps.

Prévention

Il n'existe pas de traitement permettant de guérir l'asthme de façon définitive. Néanmoins, les crises sont susceptibles de se raréfier et de s'atténuer dans certains cas. Pour cela il faut absolument cesser la consommation de tabac et se prémunir du tabagisme passif. Par ailleurs, il faut autant que faire se peut éviter d'entrer en contact avec l'allergène en cas d'asthme allergique. Il est par exemple possible d'utiliser du linge de maison anti-acarien en cas d'allergie à ces parasites, éviter le contact avec les chats en cas d'allergie aux poils d'animaux, etc. L'éducation du patient ou de ses parents est indispensable et réduit la survenue de crises graves. Des écoles de l'asthme existent pour éduquer les familles.

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