Dépression nerveuse - Symptômes

Septembre 2016
Humeur terne, perte de tonus, irritation fréquente, peur du lendemain, crises de larmes, remises en cause, tristesse permanente, troubles du sommeil... si de tels symptômes s'installent et persistent, vous risquez fort de commencer une dépression. En France comme dans le monde, la dépression fait de nombreuses victimes : avec l'anxiété, c'est le plus répandu des troubles de l'humeur. Si vous êtes un homme, vous avez un risque sur 10 de connaître un épisode dépressif dans votre vie. Et un risque sur 5 si vous êtes une femme. Mais la dépression est aussi le trouble psychologique qui a connu le plus d'avancées majeures ces dernières années. Le Prozac est devenu un véritable phénomène de société. Et bien d'autres thérapies existent. Identifier les symptômes de la dépression, connaître tous ses aspects, choisir la thérapie la plus adaptée : ce sont les meilleurs moyens de s'en sortir !



Différentes études effectuées en France montre que 5 à 15% de la population serait touchée par un épisode dépressif au cours de l'année précédente, soit plus de 3 millions de personnes qui ont présenté un épisode dépressif majeur dans les 12 derniers mois. D'autre part, les femmes ont deux fois plus de risque que les hommes d'être atteints par un épisode dépressif majeur dans l'année.

Définition

La dépression est un trouble de l'humeur caractérisé par une profonde tristesse, un désespoir, un manque de désir de vivre, un repli sur soi, une perte d'intérêt et de motivation, un changement de comportement et un ralentissement psychique et moteur qui peuvent conduire dans les cas les plus extrêmes au suicide. La vraie dépression ou épisode dépressif majeur n'est pas un simple vague-à-l'âme de quelques jours. Elle se traduit par une série précise de symptômes, se manifestant sur une durée minimale de deux semaines.

Par dépression, on désigne une humeur durablement et anormalement triste, associée à un ralentissement psychomoteur : manque général de tonus, d'énergie, de concentration.

La dépression se manifeste de nombreuses manières, variables selon les individus. Les médecins parlent de trouble dépressif majeur pour désigner la dépression au sens courant, qui dure plusieurs semaines à plusieurs mois, voire plusieurs années.

Dépression ou déprime ?

Beaucoup de personnes connaissent des épisodes dépressifs plus courts, liés à des facteurs déclenchants comme la mauvaise saison, la mort d'un proche ou encore la réaction à l'accouchement.

Inversement, le mot du langage courant ne désigne pas toujours à bon escient le trouble dépressif. Par exemple, la tristesse et l'abattement consécutifs à un deuil ne sont pas toujours dépressifs, même s'ils durent plusieurs semaines. De même, des sentiments passagers de mélancolie ou des pertes d'enthousiasme ne forment pas nécessairement une dépression, mais plutôt une simple phase de déprime appelée à disparaître spontanément.

Etat dépressif

La dépression est un trouble psychologique qui se caractérise par un état dépressif caractéristique. Celui-ci se traduit par une baisse de l'humeur, un désintérêt pour des activités habituellement sources de plaisir, un sentiment de culpabilité et/ou une baisse de l'estime de soi. Un état dépressif peut également avoir un retentissement sur le sommeil et l'alimentation et donner des idées suicidaires. Le plus souvent, les états dépressifs sont traités par antidépresseurs parfois doublés d'une psychothérapie.

Épisode dépressif majeur

Un épisode dépressif majeur est défini par la présence, chez un individu et pendant au moins deux semaines, d'au moins cinq des neuf symptômes suivants : humeur dépressive (absence de joie et absence de sentiments, notamment le matin au réveil), idées noires (tendances suicidaires), absence d'intérêt pour ce qui est habituellement source de plaisir, difficultés à prendre des décisions, sentiment de culpabilité injustifié, prise ou perte de poids anormale (souvent associée à une perte d'appétit), asthénie (perte d'énergie), troubles du sommeil (qu'ils augmentent ou qu'ils diminuent), troubles du comportement (ralentissement ou agitation).

Dépression chronique

Quand la dépression se poursuit pendant au moins deux ans, on parle de dépression chronique. La dépression chronique est soignée par des antidépresseurs et une psychothérapie. Parfois une hospitalisation en milieu psychiatrique s'avère nécessaire.

Dépression réactionnelle

La dépression réactionnelle est une forme de dépression causée par un événement marquant ou une pression psychique excessive. La dépression réactionnelle touche des personnes fragilisées, qu'un événement dramatique va entraîner dans la dépression. Il peut s'agir d'un fait grave, comme un accident ou un décès ou même parfois des événements pouvant paraître dérisoires. Les personnes en dépression réactionnelle sont sujettes aux pleurs intempestifs, à des troubles du sommeil et présentent les symptômes d'une dépression classique : tristesse, pertes d'intérêt et de motivation, repli sur soi, ralentissement psychique et moteur, modifications de comportement. La dépression réactionnelle est généralement traitée par antidépresseurs, complétés par une prise en charge psychothérapeutique.

Facteurs de risques

La dépression est-elle inscrite dans nos gènes ? Il existe des facteurs de risque héréditaires, mais plusieurs facteurs sont associés dans le déclenchement d'un épisode dépressif.

La dépression court parfois dans les familles. Le risque pour un parent au premier degré du dépressif de développer le trouble est environ trois fois plus élevé que celui de la population générale (9% d'incidence contre 3%). La probabilité d'une future dépression est plus élevée encore si l'un de ses parents a développé un premier épisode dépressif avant l'âge de vingt ans.

La dépression touche les hommes comme les femmes, quels que soient leur âge, leur milieu ou leur origine. On note cependant plusieurs traits caractéristiques du trouble dans la population.

Genre, origine, milieu

Le sexe-ratio de la dépression est disproportionné : les femmes sont deux fois souvent touchées que les hommes (voir article). Avant l'adolescence, le sexe-ratio est équilibré, avec même un léger désavantage pour les garçons.

On ne relève en revanche aucune différence notable entre les origines ethniques des individus. De même, les groupes socio-économiques sont tous atteints dans des proportions à peu près semblables. La dépression est un peu plus fréquente chez les personnes à bas revenus, la manie-dépression ou trouble bipolaire chez les personnes à hauts revenus.

Âge

En moyenne, le premier épisode dépressif majeur se situe autour de 35 ans. Le trouble peut néanmoins se déclencher dès l'enfance ou l'adolescence.

Il existe un premier pic de fréquence de la dépression à l'adolescence, sans doute en raison des modifications hormonales qui se répercutent sur le fonctionnement cérébral.

Dans 10% des cas seulement, la première dépression apparaît après soixante ans. Chez les personnes âgées, le diagnostic n'est pas toujours aisé, car l'apathie et les déficits cognitifs peuvent être confondus avec des effets courants du vieillissement cérébromoteur.

Hérédité

Les études de jumeaux comparent les vrais jumeaux monozygotes (100% de gènes en commun) et les faux jumeaux dizygotes (50% de gènes partagés). Elles montrent en moyenne que 40% environ des vrais jumeaux sont concordants pour le trouble alors que 10% seulement des faux jumeaux le sont aussi. L'héritabilité de la dépression est estimée à 35-55% selon les études. Cela signifie que les gènes expliquent pour moitié environ la différence entre les personnes qui développeront une dépression et celles qui seront indemnes.

Génétique

Grâce aux progrès de la génomique, on peut depuis quelques années rechercher les variations génétiques présentes dans la population dépressive. La dépression est sans doute favorisée par l'effet additif de nombreux gènes de susceptibilité. Les liens les plus robustes ont été trouvés avec le gène 5-HTTLPR, lié au transport de la sérotonine dans le cerveau. Identifier les gènes permet aux chercheurs de comprendre les mécanismes intimes de la dépression et de travailler sur la mise au point de nouveaux traitements.

Prévalence

Comme le stress, la dépression est souvent qualifiée de « mal du siècle ». Il s'agit du trouble de l'humeur le plus répandu dans la population : son incidence (nombre de nouveaux cas par an) s'élève à 1% chez les hommes et 3% chez les femmes.

Sa prévalence (nombre de cas dans la population) grimpe à 2-3% chez les hommes et 5-10% chez les femmes. Quant à la probabilité de développer une dépression au cours de l'existence, elle s'élève à 10% chez les hommes et 20% chez les femmes.

Le risque est donc élevé : un homme sur dix et une femme sur cinq sont ou seront donc sujets à la dépression. Plusieurs millions de familles sont concernées en France.

Symptômes

On considère que neuf symptômes expriment la dépression. Ils sont variables d'un individu à l'autre. Il suffit d'en manifester cinq de manière récurrente pour être dépressif. Les symptômes associés sont une humeur triste et mélancolique, exprimée presque tous les jours, souvent plus prononcée le matin que le soir, aboutissant parfois à des crises de larme sans motivation (chez les femmes notamment). On note également une perte d'intérêt pour les activités habituelles, diminution générale du plaisir et du désir ; dévalorisation de soi, culpabilisation vis-à-vis de l'entourage, doute systématique et exagéré sur la valeur de ses actes ou de ses idées ; pensées récurrentes de mort et idée suicidaire. Certains symptômes sont associés à la cognition : ralentissement psychomoteur se traduisant par des difficultés de concentration, des baisses de vigilance, des trous de mémoire, des difficultés à suivre ou à participer à une conversation ; indécision face aux choix les plus simples. Les symptômes sont parfois associés à la physiologie : variation importante de poids (5% de la masse corporelle), en perte ou en gain ; trouble du sommeil se manifestant par une insomnie (difficulté d'endormissement, réveil nocturne) ou une hypersomnie (envie fréquente de dormir, volonté consciente ou inconsciente de trouver refuge dans le sommeil) ; sensation de fatigue et de perte d'énergie, difficulté à accomplir des efforts.

Remède naturel

Les conseils ci-dessous ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Si les symptômes perduent ou s'ils s'aggravent, il faut alors consulter rapidement son médecin traitant.

Millepertuis

Le Millepertuis est un antidépresseur naturel, utilisé dans les cas de fatigue chronique et comme régulateur d'humeur. Plusieurs études en placebo double-aveugle comparent même le millepertuis à certains antidépresseurs synthétiques, les effets indésirables en moins. En savoir plus sur le Millepertuis.

Rhodiole

La rhodiole favorise la concentration. Elle agit sur la fatigue cérébrale en stimulant les fonctions cognitives et sur la fatigue physique en améliorant le tonus. Elle atténue également l'anxiété et la dépression légère, lutte contre la fatigue générée par le stress. En savoir plus sur la rhodiole

Évolution

Lorsqu'un épisode dépressif majeur n'est pas traité, il dure en moyenne entre 6 et 10 mois, puis aboutit à une rémission. Mais 75% des sujets connaîtront un nouvel épisode dépressif dans les six mois qui suivent.

Le risque se maintient, et s'accroît même avec la répétition des épisodes : 70% des personnes ayant connu deux périodes de dépression en présenteront une troisième, 90% de ceux qui en ont subi trois en affronteront une quatrième.

Au total, on estime que la moyenne des épisodes dépressifs majeurs au cours d'une existence se situe autour de 5. Mais il existe des variations considérables entre les individus. Les uns ne développeront qu'une ou deux fois le trouble : les autres vivront avec lui leur vie entière.

On constate ainsi une moitié de guérison définitive et un tiers de guérisons partielles. Pour une personne sur cinq, l'évolution de la dépression sera chronique.

Suicide : le risque majeur

Le principal risque d'une dépression non traitée est le suicide : en effet, entre 15 et 20% des patients souffrant de dépression majeure commettent une tentative ou adoptent un comportement suicidaire (prise de risque, autodestruction, mutilation, etc.).

Le risque de mortalité est particulièrement élevé lorsqu'il existe des antécédents dans la vie du patient ou dans la famille, lorsque la dépression a été déclenchée par un deuil ou une séparation, lorsque le dépressif est en situation de dépendance toxicologique (alcoolisme, drogue).

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