Dépression saisonnière (hivernale)

Janvier 2017
Officiellement, on l'appelle « trouble affectif saisonnier ». Plus couramment, on parle du « blues de l'hiver » ou de la déprime hivernale. Il s'agit d'une affection psychologique fréquente : entre 3 et 5% des individus en souffrent dans l'hémisphère Nord. Dans 75 à 80% des cas, les victimes sont des femmes âgées de 18 à 45 ans.

Âge

Le trouble affectif saisonnier peut se déclarer dès l'âge de dix ou douze ans, même s'il tend à s'installer après la puberté. Les symptômes se manifestent d'octobre à avril.

Saisons de l'humeur

La dépression saisonnière doit être distinguée des simples chutes d'humeur dont souffre une personne sur deux en automne et en hiver. Nous avons tous tendance à dormir et manger plus au cours de ces deux saisons, tout en subissant une petite perte de tonus et un ralentissement de certaines activités. Mais le trouble affectif saisonnier est plus prononcé.

Symptômes

Pour le caractériser, il faut d'abord réunir les symptômes d'un épisode dépressif classique :
  • absence de motivation,
  • difficulté de concentration,
  • passivité,
  • mélancolie,
  • sentiment de fatigue,
  • pensées suicidaires dans les cas les plus prononcés.


Ces symptômes doivent durer plusieurs jours par semaine pendant deux ou trois semaines pour que l'on puisse vraiment parler d'épisode dépressif.

Sommeil, appétit, rythme

La dépression saisonnière se reconnaît à plusieurs particularités. Les personnes atteintes ont tendance à trop dormir (hypersomnie) et à trop manger (hyperphagie), surtout des sucreries.

Souvent aussi (mais pas systématiquement), la mélancolie atteint son pic en soirée, alors que la tristesse est surtout matinale dans les autres types de dépression.

Enfin, les dépressifs saisonniers retrouvent une humeur stable à partir du printemps et durant tout l'été.

Si les symptômes persistent au cours de cette période, nous sommes en présence d'un épisode dépressif majeur.

Physiologie du trouble saisonnier

On trouve probablement un facteur héréditaire dans ce désordre saisonnier, car le mal court souvent dans les familles.

Du point de vue physiologique, les chercheurs ont repéré deux phénomènes associés à la dépression : des variations importantes dans la sécrétion de la mélatonine, une hormone dépendant de notre exposition à la lumière solaire ; une baisse d'activité du système sérotoninergique (un neurotransmetteur de notre cerveau).

Le premier symptôme explique le caractère saisonnier du trouble : il dépendrait directement de la chute de luminosité de la période hivernale.

Traitement

Le trouble affectif saisonnier est une vraie maladie, qui peut se révéler pénalisante pour la vie familiale ou professionnelle. Comme dans toute dépression, le soutien de l'entourage est indispensable pour en sortir.

Les médecins prescrivent habituellement des antidépresseurs spécifiques, notamment des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (sertraline par exemple).

Une autre méthode est efficace dans 50% des cas : il s'agit de la photothérapie. Le patient s'expose au moins une heure par jour à une lampe spéciale dont l'intensité lumineuse est de 5000 lux. Les UV sont neutralisés pour éviter tout effet secondaire sur la peau.

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Dernière modification le mercredi 27 avril 2016 à 11:15:53 par Jeff.
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