Cystite

Septembre 2017
La cystite représente le second motif de consultation mais également de la prescription d'antibiotiques. 30% des femmes présentent une cystite au moins une fois dans leur vie. Près de 2 millions de femmes présentent en France des épisodes de cystites à répétition.

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Les précisions du docteur Pierrick Hordé:



Définition

La cystite est une infection urinaire qui correspond à une infection de la vessie. Les épisodes de cystite sont relativement bénins sauf quand ils se manifestent plus de 2 à 3 fois par an, affectent une femme enceinte ou s'accompagnent de fièvre et de douleurs intenses pouvant témoigner de complications.

Cystite aiguë

Dans le langage courant, le terme cystite aiguë désigne une infection urinaire se limitant à la partie basse de l'appareil urinaire, ne remontant pas jusqu'au rein, cas dans lequel on parle de pyélonéphrite. Les femmes sont majoritairement touchées, car le risque d'infections urinaires est plus important, au vu de la taille de l'urètre féminin plus court, ce qui favorise la remontée des germes jusqu'à la vessie. Dans la majorité des cas, le germe en cause est Escherichia Coli.

Cystite compliquée

En cas de cystite dite compliquée c'est-à-dire survenant chez l'homme, la femme de plus de 65 ans, la femme enceinte, l'immunodéprimé ou le diabétique, une échographie des reins et de la vessie est fréquemment réalisée voire une cystographie à distance.

Cystite interstitielle

La cystite interstitielle est une forme rare de cystite, touchant en particulier les femmes. Les symptômes sont des douleurs très aigües et fréquentes au niveau de la vessie et de l'urètre, accompagnées de très fréquents besoins urgents d'uriner ce qui est source de difficultés socio-psychologiques. Les causes de la cystite interstitielle sont actuellement encore inconnues, on se contente donc de soigner au mieux les symptômes sans pouvoir pour le moment combattre la maladie en elle-même.

Facteurs de risques

La cystite touche une femme sur deux environ au cours de sa vie et intervient souvent plusieurs fois. Cette pathologie atteint presque exclusivement les femmes, 50 fois plus fréquemment que les hommes.

Causes

Les bactéries qui entraînant cette infection sont le plus souvent d'origine intestinales, les escherichia coli, présentes en grand nombre dans l'intestin. La proximité des voies urinaires, de l'anus et du vagin chez la femme expliquent notamment la possibilité de la survenue plus fréquente d'infections urinaires.

La cause des épisodes de cystites à répétition peut être de mauvais réflexes chez les femmes. Une hydratation insuffisante est une des causes majeure de cystites à répétition. Le fait de s'essuyer vers l'avant (au niveau du vagin) après être allé à la selle provoque des risques de contamination de l'urètre par les bactéries localisées au niveau de l'anus. Il faut ainsi se laver régulièrement les régions génitales et anales. Celles-ci doivent faire l'objet de soins journaliers et réguliers afin que les bactéries ne prolifèrent pas. Les mains doivent être régulièrement lavée avec de l'eau et du savon après chaque miction ou passage à la selle.

Des relations sexuelles fréquentes après une période d'abstinence sont une des causes. On parle alors de « cystite lune de miel ».

Des pantalons trop serrés ou encore des sous-vêtements dans une matière synthétique favorisent la transpiration, dont les bactéries peuvent provoquer une cystite.

Cystite post-coïtale

Certaines femmes présentent des cystites récidivantes survenant après chaque rapport sexuel: ce sont des cystites post-coïtale. Dans ce cas le partenaire n'est pas responsable de cette infection urinaire.

Au cours d'un rapport sexuel la pénétration de la verge dans le vagin peut entrainer une ouverture momentanée du méat urétral permettant aux bactéries présentes à l'entrée de l'orifice vaginal de pénétrer dans la vessie. Un ECBU est recommandé lors de la récidive et si l'évolution de l'épisode est défavorable.

Il faut pratiquer une miction post-coïtale dans les 2 heures suivant le rapport, utiliser un traitement lubrifiant car ces cystites sont souvent favorisées par une sècheresse vaginale. Il est également indispensable de ne pas oublier les mesures hygiéno-diététiques comme par exemple boire entre 1,5 l et 2 l d'eau par jour, porter des sous-vêtements synthétiques, bien s'essuyer d'avant en arrière, et d'avoir des mictions régulières toutes les 2 à 3 heures environ. Eviter d'utiliser des spermicides locaux qui peuvent favoriser ces cystites post coïtales. Certaines préparations de canneberge, en jus ou sous forme de compléments alimentaires vendus en pharmacie, peuvent améliorer ces cystites récidivantes.

La mise en place d'une antibioprophylaxie s'effectue au cas par cas et doit faire l'objet d'une réévaluation régulière. Un traitement de trimétoprine-sulfaméthoxazol à raison de 1 cp /jour maximum) ou fosfomycine-trometamol (1 cp /semaine maximum) peut être prescrit pendant plusieurs mois dans certaines situations.

Symptômes

Le début des symptômes survient généralement brutalement. Une envie fréquente d'uriner, la nuit comme le jour, se limitant parfois à quelques gouttes : il s'agit de la pollakiurie. Elle se manifeste par des douleurs localisées au-dessus du pubis, des brûlures mictionnelles survenant au moment d'uriner, une présence occasionnelle de sang dans les urines appelée hématurie. En dehors de la survenue de complications, les personnes atteintes de cystites ont rarement de fièvre. Enfin l'urine est souvent trouble et dégage une odeur désagréable.

Diagnostic

Le diagnostic au lieu en général lors de l'interrogatoire. Un médecin réalisera un interrogatoire à la recherche de signes pouvant faire évoquer une remontée des urines jusqu'aux reins avec présence de fièvre, douleurs dans le dos notamment. La survenue de symptômes caractéristiques permet d'évoquer très rapidement le diagnostic.

Le test de la bandelette urinaire qui peut s'effectuer chez soi est le premier examen à effectuer, il permettra de mettre en évidence la présence de globules blancs dans les urines, parfois de bactéries en cas de positivité de la bandelette à la présence de nitrites.. Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) permet de confirmer la présence de germes : il met en évidence la présence de bactéries dans des concentrations supérieures à 10000 germes par mL, précise le type de germes en cause et leurs résistances éventuelles aux antibiotiques.

Dans le cas de cystites récidivantes, d'autres examens comme une échographie auront pour but de mettre en lumière une éventuelle malformation du système urinaire.

Grossesse et infection urinaire

Une cystite au cours d'une grossesse représente un risque potentiel et nécessite une consultation urgente afin de mettre en route immédiatement un traitement antibiotique adapté. Les risques liés à une infection urinaire durant la grossesse sont notamment la survenue d'un un accouchement prématuré,une aggravation de l'infection urinaire avec une apparition de pyelonéphrite

Diagnostic

Cysiste aiguë simple

Le diagnostic d'une cystite aiguë simple est posé lors de l'interrogatoire et par la pratique d'une bandelette urinaire. Le traitement de 1ère intention : fosfomycine-trométamol en une seule dose. En 2ème intention il sera conseillé pivmecillinam pendant 5 jours. En 3ème intention, la prescription de fluoroquinolones en dose unique ou nitrofurantoïne pendant 5 jours est recommandée.. Il n'est pas nécessaire d'effectuer une surveillance particulière, ni de bandelette urinaire ni d'ECBU.

Cystite récidivante

Lors d'une cystite récidivante, il faut dans ce cas effectuer un ECBU. Une échographie, une cystoscopie ou une urographie peuvent être envisagées.

Traitement

Le traitement curatif est le même pour une cystite simple que celui de la cystite aiguë simple. Un traitement prophylactique peut être envisagé : Un traitement antibiotique de trimétoprine-sulfaméthoxazol ou fosfomycine-trometamol en une prise quotidienne est préconisé avec une réévaluation tous les 6 mois.

Antibiotiques

Les antibiotiques représentent la plupart du temps le traitement classique d'une cystite car celle ci peut se compliquer d'une pyélonéphrite. Les bactéries responsables de la survenue de cystites deviennent malheureusement souvent résistantes aux antibiotiques.

Un traitement antibiotique prescrit durant trois jours permet de traiter 90% des cystites simples. Ce traitement est le plus souvent proposé à des femmes jeunes, non enceintes, ne présentant pas de signes de gravité (absence de fièvre, de douleurs lombaires..), non diabétiques et sans antécédents de pathologie urologique. Les symptômes de la cystite doivent disparaître au bout de trois jours au maximum. Il est indispensable de consulter son médecin si les manifestations persistent au delà de cette période.

Ce traitement concerne le plus souvent les femmes enceintes, diabétiques, présentant des cystites à répétition (dans ce cas, le traitement antibiotique peut être prescrit sur une plus longue période) ou présentant des symptômes se prolongeant une semaine environ.. Des règles d'hygiène doivent accompagner le traitement antibiotique.

Traitement naturel

La canneberge (ou cranberry) est un traitement naturel contre les infections urinaires. Plusieurs études ont mis en évidence son rôle dansla prévention des infections urinaires. La consommation régulière de canneberge au cours des repas permettrait de prévenir les cystites à répétition.

L'utilisation des antibiotiques demeure néanmoins la priorité en cas d'infections urinaires chroniques ou graves. Prendre l'avis de son médecin afin de décider avec lui quel traitement choisir.

Complications

En cas d'infections urinaires à répétition, il est nécessaire de rechercher une malformation urinaire. Une pyelonéphrite est une infection des voies urinaires hautes pouvant survenir conjointement ou après une cystite. L'apparition d'une fièvre, de nausées, de vomissements et de douleurs lombaires doivent évoquer une pyélonéphrite aiguë. Il s'agit d'une urgence médicale.

Prévention

Plusieurs conseils pratiques sont utiles afin d'éviter les cystites et leur risque de récidive.
  • Après être allé aux toilettes, il est notamment recommandé de s'essuyer d'avant en arrière, afin d'éviter la contamination par des germes du tube digestif ; Penser à répartir les boissons au long de la journée, et ce, même sans sensation de soif.
  • Boire beaucoup d'eau facilite la vidange vésicale et prévient de la remontée des germes ;
  • Eviter de porter des vêtements trop moulants et/ou synthétiques ou d'utiliser des savons irritants.. Le port de pantalons serrés et de sous-vêtements synthétiques favorisent la transpiration à l'origine d'une prolifération microbienne qui peut causer des infections urinaires.
  • Une constipation représente un facteur de risque de cystites récidivantes. En effet, la stagnation des selles dans le rectum favorise la prolifération microbienne. Adopter un régime alimentaire équilibré en incorporant plus de légumes verts, de fruits, de fibres... Prenez des repas à heures fixes et ayez une activité physique régulière.
  • Une toilette intime quotidienne très soigneuse doit être réalisée avec de l'eau et un savon doux. Utiliser des gants de toilettes différents pour la vulve et pour l'anus
  • Après un passage à la selle, penser à passer le papier de toilette d'avant en arrière afin d'éviter la présence de germes près des voies urinaires.
  • Ne pas oublier de se laver les mains tout au long de la journée avec de l'eau et du savon, en particulier lorsque vous urinez ou allez à la selle.
  • Uriner après chaque rapport sexuel permet d'éliminer et d'éviter la prolifération de germes contractés pendant les relations sexuelles.
  • Uriner régulièrement, de 4 à 5 fois par jour, à horaires réguliers répartis tout au long de la journée et ne pas se retenir.
  • Changer régulièrement de protection périodique durant les règles afin de ne pas favoriser une stagnation microbienne.
  • Respecter bien les traitements prescrits par le médecin, ne les arrêtez pas trop précocement, n'utilisez pas de médicaments dont la date de péremption est dépassée.

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