Prise en charge des victimes de torture (ministère de la Santé)

Mai 2017

En 2005, le ministère de la Santé publie un guide pratique destiné aux médecins généralistes concernant la prise en charge des victimes de torture. L’objectif de ce guide est de répondre aux difficultés de cette prise en charge en offrant des éléments de repérage et de dépistage et des connaissances sur cette pratique.


La torture

Définition en droit international

  • La « Convention adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 10 décembre 1984, qui érige la torture en infraction internationale » dresse la liste des éléments qui caractérisent la torture :
    • souffrances aiguës physiques ou mentales
      • « infligées intentionnellement par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite »,
      • dans un but précis.

Les victimes de torture

  • Selon la définition de l’Assemblée générale des Nations Unies :
    • « on entend par victimes des personnes qui, individuellement ou collectivement, ont subi un préjudice, notamment une atteinte à leur intégrité physique ou mentale, une souffrance morale, une perte matérielle, ou une atteinte grave à leurs droits fondamentaux ».

Les chiffres d’Amnesty International

  • On compte :
    • 153 pays dans lesquels des actes de torture ou des mauvais traitements ont été pratiqués entre 1997 et 2003
      • pays où la torture est une pratique répandue,
      • les pays avec quelques plaintes isolées,
      • 132 où « des personnes ont subi des actes de torture ou des mauvais traitements pratiqués par des membres des forces de sécurité, de police ou autres agents de l’Etat »,
      • 66 pays où la torture et les mauvais traitements sont de pratique courante,
    • en France
      • 2 000 nouveaux patients victimes de torture vus en consultation en 2003.

Les différents types de torture

  • Les coups
    • représentent plus de 90% des tortures.
  • Les chocs électriques
    • entraînent
      • des contractions musculaires brutales,
      • des brûlures.
  • Les brûlures
    • cigarette,
    • pièce métallique portée au rouge,
    • liquide bouillant ou corrosif.
  • Méthodes de suffocation.
  • Positions antiphysiologiques
    • suspension,
    • obligation de garder la même position pendant de longues heures.
  • Tortures sexuelles.
  • Exposition à des stimuli intenses
    • bruit assourdissant,
    • lumière aveuglante,
    • froid ou chaleur extrême,
    • privation de toute nourriture.
  • Privation de tout stimulus (torture blanche)
    • yeux bandés,
    • oreilles bouchées,
    • isolement strict.

Rôle du praticien

Repérer

  • Poser des questions simples
    • d’où vient le patient ?
    • s’il est réfugié, quelle était sa situation
      • dans son pays d’origine ?
      • en France ?
    • a-t-il été
      • maltraité ?
      • arrêté ?
      • emprisonné ?

Prendre en charge et orienter

  • Hiérarchiser les plaintes du patient
    • d’ordre physique :
      • céphalées ;
      • douleurs
        • diffuses,
        • gastro-intestinales,
        • articulaires précises,
    • d’ordre psychologique :
      • troubles
        • du sommeil,
        • de la mémoire et de l’attention,
        • du comportement,
      • crises d’angoisse.
  • Préconiser une consultation psychologique.

Cas particuliers : les enfants

  • Déceler
    • troubles du caractère
      • de type régressif ;
      • anxieux ;
      • ou dépressif ;
    • énurésie,
    • terreur nocturne,
    • bégaiement,
    • isolement,
    • hyperactivité.

Sources

Le praticien face à une victime de torture, Ministère de la Santé, 2005.
Crédit photo : Strixcode | Dreamstime.com

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