Maladie d'Alzheimer - Symptômes, diagnostic et traitement

Septembre 2016
La maladie d'Alzheimer est une maladie neurologique dégénérative d'évolution lente et progressive et actuellement incurable. Elle débute généralement par quelques oublis et pertes de mémoire des faits récents et une tendance à la distraction. Elle évolue ensuite par un déclin de plus en plus profond des acquis tels que la lecture, le langage, la reconnaissance des objets, les capacités d'organisation associé à des troubles du comportement. A la fin, le patient est dans un état de démence avancé, il ne peut plus se débrouiller par lui-même, puis devient en perte totale d'autonomie et finit par décéder. La maladie d'Alzheimer apparaît en règle générale à partir de 65 ans.

La maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées représentent, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le problème de santé le plus grave du 21e siècle. L’estimation de la prévalence de la maladie la plus souvent avancée atteint plus de 15% à 80 ans. Or l'espérance de vie en France qui est de l'ordre de 85,4 ans pour les femmes et de 79,2 ans ans pour les hommes, ne cesse d'augmenter. Le nombre des personnes ayant plus de 80 ans risquant d'être les plus dépendantes est ainsi en augmentation chaque année.


Définition

La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui entraîne la dégradation progressive des cellules cérébrales. Qualifiée de démence sénile, elle atteint généralement les sujets âgés de plus de 60 ans, mais il existe cependant des formes plus précoces de la maladie. Elle affecte la mémoire et les fonctions cognitives du malade, et son évolution est progressive vers la détérioration de ses fonctions. Peu à peu, le patient devient dépendant pour de nombreuses choses, et n'est plus capable de se débrouiller seul pour les actes de la vie quotidienne.

La démence sénile provoquée par la maladie d'Alzheimer est la plus fréquente des maladies dégénératives du cerveau chez les personnes vivant dans des pays développés : elle représente prés de ¾ de l'ensemble des démences, ces dernières étant responsables de plus de 50% des situations de dépendance des personnes âgées.

Longtemps assimilée au vieillissement, la maladie d'Alzheimer a mis des années avant d'être reconnue comme une véritable maladie. La maladie d'Alzheimer est devenue en quelques années un véritable problème de sante publique, voire un véritable fléau, en raison d'une augmentation du nombre de malades.

Lésions cérébrales

La maladie d'Alzheimer provoque une dégénérence des neurones entraînant une perte de certaines fonctions cérébrales. Les premières cellules cérébrales affectéessont celles de la région du cerveau, l'hippocampe, correspondant au siège de la mémoire. Puis d'autres zones du cerveau sont progressivement touchées, altérant les fonctions qui y sont rattachées comme par exemple la reconnaissance ou l'espace. Deux types de lésions cérébrales, des lésions neurofibrillaires et des plaques amyloïdes, surviennent chez les malades atteints de la maladie d'Alzheimer.

Des cellules nerveuses rétrécissent, disparaissent et sont remplacées par des taches dénommées « plaques ». Ces plaques séniles, encore appelées plaques amyloïdes se déposent sur les cellules nerveuses situées dans la substance grise du cortex cérébral, provoquant ainsi la destruction de millions de cellules.

Les plaques amyloïdes comprennent des agrégats de peptide bêta amyloïde. Le dépôt de ces protéines empêche les cellules nerveuses de communiquer correctement entre elles.

Des filaments anormaux envahissent le neurone, formant des écheveaux qui étouffent les cellules cérébrales saines. La dégénérescence neurofibrillaire correspond ainsi à une accumulation de fibrilles formées de filaments.

Les lésions neurofibrillaires sont provoquées par l'assemblage dans les neurones d'une protéine microtubulaire, la protéine Tau, anormalement phosphorilée.

Physiopathologie

La physiopathologie est l'étude des mécanismes menant à un dysfonctionnement. Pour ce qui est de la physiopathologie de la maladie d'Alzheimer, on suppose que c'est l'accumulation excessive d'un peptide (Ab) dans le cerveau qui est à l'origine de la maladie. En s'agrégeant entre eux, les peptides forment des dépôts, de véritables plaques, au niveau du cerveau. Caractéristiques de la maladie, ces plaques dites séniles entraînent les troubles comportementaux et des perturbations de la mémoire observés chez les personnes qui souffrent de la maladie d'Alzheimer.

Statistiques

Aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer touche 850.000 personnes en Franc (dont 30.000 âgées de moins de 35 ans), et chaque année, 225.000 nouveaux cas sont dépistés. A partir de 85 ans, une personne sur 5 est directement concernée par la maladie d'Alzheimer. Un malade sur deux a des troubles du comportement alimentaire. 3 à 4 malades sur 10 perdent du poids avant l'apparition des premiers symptômes. Le nombre de malades d'Alzheimer devrait doubler en 20 ans au niveau mondial pour passer de 35,6 millions de malades en 2011 à 65,7 millions de malades en 2030 (association Alzheimer's Disease International).

Sa fréquence augmente avec l'âge : 5% des personnes âgées de 65 ans en sont atteintes et 20% des personnes de 80 ans. Après 75 ans, la démence est au premier plan des problèmes de santé mentale : 800000 personnes, soit 18% des personnes de cet âge, en serait atteintes. (Sources Inserm). Une personne de plus de 80 ans sur 10 vivant à domicile et plus d'une sur 3 vivant en institution souffre de perte des acquis intellectuels, de troubles de la mémoire ou de désorientation temporo-spatiale (sources Inserm). Le nombre de malades double tous les 3 ans. La survie est de 8 à 10 ans environ après le diagnostic de la maladie.

3 millions de personnes en France sont concernées directement ou indirectement (malades et entourage) par la maladie d'Alzheimer. Selon une étude américaine, le nombre de malades sera multiplié par 4 en 2050.

Facteurs

Les facteurs aggravants sont les suivants :

Les facteurs protecteurs sont notamment les suivants :
  • Vivre en couple
  • Avoir une activité sociale
  • Diversité et intensité des activités intellectuelles
  • Avoir une activité physique
  • Bricolage, jardinage...
  • Un ou deux verres de vin quotidien
  • Un taux élevé de bon cholestérol
  • Le régime méditerranéen, régime permettant la diminution des risques cardio-vasculaires
  • La consommation de crustacés
  • Vivre avec des personnes plus jeunes


Les personnes ayant un niveau socio économique élevé ont un risque diminué de démence. D'autre part, l'âge de début dans l'installation de la démence est plus tardif.

Les personnes qui sont bien intégrées socialement auraient ainsi plus de chance d'adopter des comportements sains, associés aux facultés intellectuelles et à la santé physique. D'après une étude parue en Mai 2008 dans la revue American Journal of Public Health, le fait de réussir à conserver une vie sociale bien remplie profiterait aux capacités du cerveau. Le mariage, le bénévolat ou des contacts fréquents avec son entourage permettraient, selon cette étude, d'avoir de meilleures fonctions cognitives.

Symptômes

La maladie d'Alzheimer évolue de manière progressive. Les troubles rencontrés chez le sujet atteint dépendent donc du stade d'évolution de la pathologie. Les signes caractéristiques de la maladie sont une perte de la mémoire (le malade éprouve des difficultés à se souvenir des événements récents au départ, puis plus anciens), une désorientation spatio-temporelle (perte des repères dans le temps et dans l'espace ; le patient se perd dans des lieux familiers et ne parvient plus à se situer dans le temps), troubles du comportement (anxiété, dépression, confusion, agressivité), une altération du langage, tendance à la fugue et à la déambulation, à des stades plus avancés, le patient devient incontinent, ne sait plus se laver ou s'habiller, n'est plus capable de se nourrir seul.

Les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer surviennent des années après l'apparition des premières lésions cérébrales. Les pertes de mémoire importantes surviennent le plus souvent lorsque la maladie a beaucoup progressé. Un diagnostic doit être fait le plus précocement possible afin de ne faut pas attendre l'apparition des signes de démence et la perte d'autonomie qui en découle.

Le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer provoque une polémique entre des médecins qui souhaitent dépister la maladie le plus précocement possible et mettre en oeuvre les moyens nécessaires afin de prévoir une prise en charge le plus rapidement et ceux qui se demandent s'il est nécessaire de dépister une maladie encore incurable, situation qui représente une grande angoisse car il n'existe pas encore de traitement permettant de guérir la maladie.

Les troubles de la mémoire sont le plus souvent les premiers signes de la maladie :
  • Oublier ses médicaments, se trompe de boite, de dosage...
  • Difficultés à s'occuper de ses factures ;
  • Oublier le code de la carte de crédit ;
  • Oublier d'un acte récemment accompli ;
  • Oublier le contenu d'un texte lu récemment ;
  • Poser les mêmes questions ;
  • Refaire les mêmes gestes ;
  • Oublier ses rendez vous ;
  • Oublier la place des objets courants ;
  • Ne plus réussir à téléphoner et à se servir du téléphone, ne connaît plus les numéros de ses proches ou ne sait plus comment les retrouver ;
  • Oublier une date ou plusieurs événements importants de sa vie.



Parmi les autres symptômes, citons notamment les suivants :
  • Confondre les couleurs
  • Ne pas s'habiller de la manière appropriée, de porter un blouson en plein été ou un maillot de bain en plein hiver :
  • Oublier comment rentrer chez soi ;
  • Ne plus retrouver des objets du quotidien
  • Ne pas mettre les objets à leur bonne place ou de les ranger à des endroits inappropriés (mettre une montre dans le sucrier, par exemple)
  • Avoir des sautes d'humeur et passer de l'éclat de rire à la colère par exemple.
  • Difficultés à préparer un repas...



Ces oublis répétitifs et fréquents pour être considérés comme un signe d'alarme, ceux qui sont occasionnels n'ont pas de signification pathologique. Les oublis occasionnels ne sont pas les signes de la maladie d'Alzheimer.

Repérer ses manifestations le plus précocement possible, car ils précèdent l'apparition de la démence. Réagir rapidement dès que vous constatez un trouble du comportement chez un proche. En parler rapidement à son médecin. Se méfier des troubles de mémoire isolé ou épisodique.

Perte de la mémoire immédiate

Les troubles de la mémoire sont présents et prédominant dans plus de 80% des situations. La mémoire des faits récents ou la mémoire à court terme est la plus touchée. La mémoire des souvenirs anciens est longtemps préservée. Les possibilités d'apprentissage sont réduites.
  • Oublier ses médicaments, se trompe de boite, de dosage...
  • Difficultés à s'occuper de ses factures..
  • Oublier le code de la carte de crédit
  • Oublier d'un acte récemment accompli
  • Oublier le contenu d'un texte lu récemment
  • Poser les mêmes questions
  • Refaire les mêmes gestes
  • Oublier ses rendez vous
  • Oublier la place des objets courants


Le patient ne réussit plus à téléphoner, ni à se servir du téléphone. Il ne sait plus les numéros de ses proches ou ne sait plus comment les retrouver. Il oublier une date ou plusieurs événements importants de sa vie.

Aphasie

L'aphasie désigne d'une manière générale les troubles du langage :
  • Difficultés à s'exprimer oralement
  • Troubles de la communication
  • Manque de mot
  • Difficulté à former des phrases
  • Difficultés à trouver des mots ou à les utiliser de façon correcte
  • Vocabulaire pauvre
  • Remplacement de mots par d'autres
  • Prononciation perturbée
  • Des morceaux de phrases correctes peuvent être exprimées, mais, mises bout à bout, ne sont pas compréhensibles.
  • Oubli de mots simples, remplace des mots par d'autres
  • La compréhension ralentit et les possibilités de s'exprimer diminuent.

Désorientation temporospatiale

Le temps : Ne connait plus la date et l'heure,
L'espace : Ne sait plus où elle habite, ne connait plus son adresse, se perd quand elle sort de chez elle.

Capacités de jugement altérées

  • Ne sait plus s'adapter à la vie quotidienne : porter des vêtements d'été en hiver, ou des vêtements chauds en été par exemple.
  • Ne sait plus se nourrir
  • Ne veut pas consulter en cas de problème de santé

Perte des objets

  • Placer des objets dans des endroits inadaptés, comme mettre sa brosse à dent au frigidaire par exemple.
  • Agnosie : difficultés de reconnaître des objets familiers, des visages, de lieux...
  • Confondre son parent avec quelqu'un d'autre
  • Ne plus se reconnaître dans un miroir ou ne plus se repérer dans son environnement.

Réfrigérateur vide

Un réfrigérateur vide ou rempli d'aliments périmés peut être un des premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer.

En effet, le fait de faire la cuisine et de faire ses courses peut être compliqué pour certains malades. La dépression, l'oubli de s'alimenter et l'absence de la sensation de faim contribuent à cette situation. 3 à 4 malades sur 10 peuvent perdre du poids avant que la maladie ait été diagnostiquée. Vérifier le contenu du réfrigérateur, vérifier que les vêtements ne sont pas trop amples et que le visage ne commence pas à se creuser. Une fois par mois, peser son proche même s'il certifie qu'il mange normalement ou qu'il ne semble pas avoir perdu de poids.

Troubles de la personnalité

Les troubles de l'humeur et de la personnalité sont très fréquents : ce sont des attitudes et des conduites inadaptées aux lieux et aux situations. Passer du rire à la méchanceté et à l'agressivité sans raison : Le malade peut passer d'un état à un autre, très rapidement, dans une même journée : Pleurs, colères, angoisse, peur, agitation, agressivité, nervosité, frustrations
  • Anxiété
  • Déambulation et errance : Marcher pendant de nombreuses heures sans en ressentir la fatigue
  • L'arrivée du soir peut provoquer une angoisse qui représente un moment favorable à cette perte d'orientation dans l'espace et le temps.
  • Instabilité


Les Hallucinations sont fréquentes : les personnes atteintes croient voir ou entendre des choses qui n'existent pas et qui sont généralement désagréables.

La déshinibition : il n'est pas rare de constater un manque de pudeur anormal chez certains malades.

Inventer des histoires : La personne invente et raconte des histoires dans lesquelles se confondent passé et présent, réel et imaginaire. Des idées délirantes sont monnaie courante.

Un état dépressif est souvent constaté au début de la maladie.

Apathie : Des comportements passifs comme la perte d'initiative, un début de désinvestissement affectif, une indifférence aux choses apparaissent souvent.

Périodes d'agitation et d'agressivité caractérisées par une forte irritabilité, des activités sans but, un comportement sexuel inadapté, une déambulation pathologique... La personne atteinte peut encore réagir et avoir des sentiments, de la joie, de la colère... Les capacités à éprouver des sentiments, de la joie et de la tristesse ne sont pas touchées. Même s'ils apparaissent parfois dans un autre univers, ces malades ont besoin d'amour, d'attention, d'écoute et d'être considérés comme des être humains qui pensent, réfléchissent, ressentent des émotions, souffrent, s'amusent. Les cellules nerveuses atteintes le sont définitivement.

L'apraxie correspond à l'incapacité à accomplir des gestes de la vie quotidienne, comme s'habiller, se laver, faire la cuisine... Triste, apathique, manque d'énergie, ne veut pas bouger, très vite désociabilisée.

Des difficultés à s'alimenter pouvant aller de la boulimie à l'anorexie : oublie de manger, sauter un ou deux repas, ne pas se préparer à manger, ne pas faire ses courses... Une perte de poids consécutive à ses difficultés de s'alimenter : 20 à 40% des patients sont atteints par cette perte de poids qui peut provoquer une dénutrition, des chutes provoquant des fractures, une aggravation de l'état de santé. Selon de nombreux experts, il est absolument indispensable de vérifier la façon dont s'alimente ces malades afin de prévenir rapidement les effets d'une dénutrition. Une personne souffrant d'Alzheimer a une écriture difficile, mais une lecture plus facile. Elle ne sait plus faire ses comptes et ne peut plus sortir seul(e)..

Déni de la maladie

Le déni et l'anosognosie : De nombreuses personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ne pensent pas être malades et nient l'existence de leur état pathologique.

Diagnostic

Un malade sur deux est diagnostiqué comme atteint de la maladie d'Alzheimer par son médecin généraliste. 25% des malades diagnostiqués présentent une forme sévère de la maladie et 66% une forme légère. Une enquête européenne a montré que le délai moyen s'écoulant entre les premiers symptômes et le diagnostic était de 24 mois en France, soit le délai le plus long après la Grande-Bretagne, alors que le diagnostic est établi plus tôt en Allemagne, Italie, Espagne et Pologne.

Le diagnostic sera posé par le médecin après différents examens le « mini-mental state » (MMS) est un test dit « de débrouillage », qui permet d'évaluer brièvement les fonctions cognitives du patient, ainsi que le stade d'évolution de la maladie, le scanner et l'IRM permettent d'apprécier l'atteinte neurologique du patient, en mettant en évidence les lésions dégénératives sur le plan cérébral, des tests neuropsychologiques pourront également être réalisés : ce sont des tests plus poussés que le MMS, qui autorisent l'étude plus élaborée des différentes capacités cognitives du patient et permettent de caractériser plus précisément la démence. Certains examens d'imagerie neurologique plus rarement pratiqués sont possibles en cas de doute sur la maladie (PET Scan ou SPECT).

Examen clinique

L'examen du malade permet d'apprécier notamment l'état cardiovasculaire comme par exemple la présence d'une hypertension artérielle, ainsi que les autres facteurs de risque vasculaire comme la présence d'un diabète, d'un surpoids, d'une hypercholéstérolémie ou d'une sédentarité et d'un manque d'activité physique. Un examen neurologique est également effectué.

Tests de mémoire

Des tests d'évaluation cognitive, ou tests de mémoire permettent d'évaluer les fonctions cognitives et d'envisager le diagnostic de la maladie d'Alzheimer. Ils permettent d'évaluer la mémoire, l'attention le langage et les praxies.
Le Mini-Mental State Examination(MMS) est le test de référence recommandé lorsqu'on suspecte une démence ou pour permettre de suivre l'évolution de la maladie. Il explore la mémoire et l'attention, l'orientation temporo-spatiale, l'apprentissage, le calcul, le raisonnement, le langage et les praxies constructives.
D'autres tests peuvent être effectués, comme l'épreuve des cinq mots, le test de l'horloge ou l'épreuve de similitudes. Le test des 5 mots permet par exemple de tester les capacités de mémorisation et de repérer la présence d'un trouble de la mémoire caractéristique de la maladie. Il faut que le patient lise 5 mots. Puis une fois la liste cachée, il lui est demandé de dire ces mots, en l'aidant si besoin à l'aide de la catégorie sémantique qu'on lui aura préalablement expliqué, à laquelle appartient chaque mot. Le test de l'horloge explore quant à lui, explore différentes fonctions de la mémoire parmi lesquelles les praxies et l'orientation temporo-spatiale.

En cas d'anomalies ou de doutes, le patient est ensuite adressé vers une consultation spécialisée, une consultation mémoire, où seront réalisés des tests neuropsychologiques plus approfondis.

Tests des marqueurs techniques

Ce test consiste à mesurer la quantité de marqueurs entraînant une accumulation anormale de protéines cérébrales.

La ponction lombaire détermine la concentration en Protéines beta- amyloïde et protéines Tau. Au cours de la maladie d'Alzheimer, le taux de protéine bêta amyloïde est abaissé alors que celui de et en la protéine tau est augmenté.

Le PET scan ou TEP en français pour Tomographie à émission de Positons est un procédé d'imagerie médicale dont le but est d'étudier l'activité d'un organe. Au cours de la maladie d'Alzheimer, une rétention élevée du traceur amyloïde est observée. Le TEP Scan consiste à injecter un liquide radioactif qui permettra de révéler les anomalies du cerveau sous la forme de plaques amyloïdes qui correspondent à l'accumulation anormale de protéines dans le cerveau et qui se visualisent sous la forme de couleurs.

Une IRM du cerveau peut également être envisagée afin de visualiser la diminution de la taille de l'hippocampe, zone en charge de la mémoire, précocement touchée dans la maladie d'Alzheimer.

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Traitement

Il n'existe pas de traitement curatif. Le traitement de la maladie d'Alzheimer est en grande partie symptomatique. Il va avoir notamment pour but de tenter de ralentir la dégradation des troubles cognitifs chez les patients atteints. Le traitement consiste en l'administration d'anticholinesterasiques (Reminyl ®, Aricept ®, Exelon ®) et d'antiglutamates (Ebixa ®). L'efficacité de ces molécules est cependant contestée. La prise en charge vise à maintenir l'autonomie de la personne en stimulant son esprit par différentes techniques visuelles, auditives, par des activités faisant appel à la mémoire, à la parole... Une activité physique et l'encouragement à la réalisation de tâches de la vie quotidienne, comme faire sa toilette, se préparer à manger, auraient des bénéfices certains sur le maintien de ces fonctions. Tout ceci est très dépendant des proches qui ont un rôle important à jouer dans ce contexte.

Le traitement de la maladie d'Alzheimer doit permettre d'assurer aux malades la meilleure qualité de vie possible.

Même si aucun traitement ne peut à l'heure actuelle guérir et stopper le développement des lésions cérébrales, certains médicaments peuvent néanmoins ralentir son évolution et améliorer la qualité de vie des malades.

Traitements médicaux spécifiques

Même s'il n'existe aucun traitement pour empêcher la maladie d'évoluer, un traitement médicamenteux permet de ralentir le processus et d'améliorer la qualité de vie. Ils apportent un bénéfice modeste mais significatif. Deux traitements médicamenteux peuvent être proposés aux malades : les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase et la mémantine.

Ces traitements permettent :
  • Une atténuation des symptômes cognitifs
  • Un retard de leur aggravation
  • Un retard de la perte d'autonomie
  • Une diminution des troubles du comportement


Seuls un tiers environ des malades bénéficient de ces traitements. Il est préférable que ce traitement soit initié par des spécialistes : gériatres, psychiatres, neurologues. Le traitement peut être renouvelé par le médecin traitant. Le traitement est adapté à chaque malade. Ce traitement doit être prit régulièrement, car il peut entrainer des effets secondaires si ce n'est pas le cas.

Traitement des troubles associés

Des médicaments antidepresseurs, des neuroleptiques ou des antipsychotiques (en cas d'hallucinations..) sont parfois proposés aux malades lorsque des troubles du comportement sont observés.

Prise en charge non médicamenteuse

Orthophonie

La consultation d'un orthophoniste demeure indispensable pour les malades atteints de la maladie d'Alzheimer. Ceci permet d'entretenir sa mémoire, de mieux communiquer, de stimuler les fonctions intellectuelles et de freiner l'évolution des manifestations. L'orthophoniste que le malade voit régulièrement, peut ainsi vérifier s'il prend bien régulièrement ses médicaments, si ceux ci sont efficaces, et observer l'évolution de la maladie...

Ergothérapie

De nombreuses études ont montré l'importance de l'ergothérapie dans la prise en charge de la maladie d'Alzheimer. Conserver ou réapprendre les gestes de la vie quotidienne pour rendre les malades le plus autonome possible. L'ergothérapie aide à conserver où à réapprendre les gestes de la vie quotidienne, rendre plus autonome, aider l'entourage et permettre au maximum le maintient de l'autonomie.

Aménagement du domicile

Les modifications et l'aménagement de l'environnement du malade sont indispensables.

Ils peuvent permettre :
  • Une réduction des troubles du comportement
  • Une diminution de l'angoisse provoquée par la maladie
  • Une amélioration de la qualité de vie des patients et des aidants.
  • Une diminution des troubles du sommeil...
  • Installer des systèmes de protection d'ouverture des portes et des fenêtres
  • Mettre en place des aides- mémoires externes, calendrier, pendule, affichage
  • Installer un balisage lumineux, placer des veilleuses entre le lit et les toilettes, utiliser des pancartes...
  • Enlever tapis, objets pouvant gêner les malades

Gérontotechnologie

La gérontechnologie consiste à créer des outils au servie des personnes âgées et peut offrir une large palette technologique leur permettant de se déplacer, de communiquer, de se rassurer, de soulager l'entourage, d'éviter certains accidents, de prendre ses traitements...

La gérontotechnologie va ainsi permettre de soulager les familles, sécuriser le domicile et aider les malades : lampe qui s'allume toute seule dès que le jour décline, visiophone pour rentrer en contact avec la personne âgée dès réception d'une alerte par l'équipe de téléassistance.

D'autres technologies en sont encore au stade de prototypes : déambulateur intelligent, aidant à se lever et compensant les pertes d'équilibre, distributeur de médicaments hebdomadaire, « capteurs de soif »...
«Sources Fondation Médéric Alzheimer mars 2008 ».

Luminothérapie

L'exposition de malades à une lumière vive grâce à la luminothérapie pourrait améliorer les troubles du comportement et les troubles du sommeil.

Kinésithérapie

La kinésithérapie favorise le maintien et l'amélioration de l'état physique du patientet permet de retarder les effets de la dépendance et des handicaps liés au vieillissement démentiel.

Psychomotricité

La psychomotricité utilise des techniques de médiation corporelle.

Vie du patient

La pratique d'un sport adapté à la condition du patient permet une l'amélioration de l'état physique général du patient et retarde l'aggravation de la dépendance.

L'écoute de la musique stimule les régions cérébrales reliées à l'attention, à la mémoire, aux fonctions motrices et au traitement des émotions.

L'humanitude, méthode inventé par Yves Ginest et Rosette Marescotti, permet une meilleure prise en charge des personnes âgées qui présentent une démence. C'est une philosophie de soins, de plus en plus préconisée dans les institutions accueillant ces personnes qui permet d'améliorer leur état. Une étude parue en Juin 2008 effectuée auprès de 111 femmes atteintes de la maladie d'Alzheimer a permit d'améliorer de 83% des soins qui leurs ont été dispensés. Cette méthode constitue une nouvelle approche dans la prise en charge non médicamenteuse de la maladie d'Alzheimer. La philosophie de l'humanitude est basée sur les concepts de bientraitance.

Elle permet de rapprocher le soignant et le malade et d'accompagner les personnes âgées dans le respect et la tendresse. Chaque malade est abordé un par un, de face, les yeux dans les yeux. Les mots sont choisis, le langage est doux, les soins s'effectuent avec beaucoup de tendresse, sans aucune lutte. Cette méthode apporte de la sérénité aux malades et les rend petit à petit plus autonomes.

L'influence des jardins sur le comportement des malades : le jardinage réduit les comportements inadaptés et améliore l'humeur et la qualité de vie des personnes malades (source Fondation Médéric).

Les animaux stimulent les malades : De nombreuses expériences, comme celle de Laura Aslam, ergothérapeute dans une unité spécifique Alzheimer de l'hôpital de la Princesse Margaret en Nouvelle-Zélande, teste des visites de chiens pour stimuler la mémoire des résidents (Source Fondation Médéric).

Une maison de retraite de Loire Atlantique expérimente avec succès un atelier mensuel de thérapie canine (Source Fondation Médéric)

Aides possibles

Aides à domicile

Les aides à domiciles dont peuvent bénéficier les personnes affectées par Alzheimer sont notamment les suivantes :
  • aide ménagère ;
  • auxiliaire de vie ;
  • garde à domicile ;
  • soins à domicile ;
  • infirmière ; sur prescription médicale, elle peut assurer, à domicile, les soins médicaux et d'hygiène, jusqu'à plusieurs fois par jour.
  • orthophoniste ;
  • kinésithérapeute ;

Aides financières

Les aides financières dont peuvent bénéficier les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sont :
  • Une prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale dans le cadre des ALD (affections de longue durée).
  • L'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) qui est spécifiquement destinée aux personnes de plus de 60 ans dont la perte d'autonomie est définie par un groupe GIR (groupe isores sources) de 1 à 4 déterminé au moyen de la grille Aggir.
  • La carte d'invalidité et les avantages liés ;
  • La MTP (Majoration Tierce Personne) ;
  • L'ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne ;
  • L'allocation logement ;
  • L'AAH (allocation Adulte Handicapée).
  • L'aide sociale pour hébergement (dans les cas où un déplacement est nécessaire).
  • L'exonération des côtisations patronales ;
  • La réduction d'impôts pour l'embauche d'une aide à domicile ou pour un hébergement en institution...

Congé de soutien familial

Le congé de soutien familial permet aux les personnes exerçant une activité professionnelle de s'absenter pendant une période de trois mois (renouvelable dans la limite d'un an) pour s'occuper d'un parent dépendant. Ce congé ne peut pas, en théorie, être refusé par l'employeur. Cette possibilité ne peut avoir lieu qu'après un an d'ancienneté.

A voir également :

Publi-information
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Symptoms of Alzheimer's disease
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Enfermedad del Alzheimer - Síntomas
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Symptome der Alzheimer-Krankheit
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