Substituts nicotiniques - Patchs

Juin 2017
Les substituts nicotiniques peuvent permettre de supporter le manque de nicotine provoqué par l'arrêt du tabac. Le succès de l'arrêt du tabac dépend du dosage et du nombre de semaines d'utilisation des substituts nicotiniques.


Quelques chiffres

Les ventes de traitements d'aide à l'arrêt du tabac du premier trimestre 2007 ont augmenté de 44,9% par rapport au premier semestre 2006, d'après les données publiées par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (Ofdt). Plus d'1,6 millions de Français ont consommé des substituts nicotiniques.

Les substituts sont des médicaments contenant de la nicotine. Ils sont vendus en pharmacie sans ordonnance. Les substituts augmentent par 2 les chances d'arrêter de fumer au bout de 6 mois à 1 an. Ils diffusent de la nicotine de manière lente et prolongée.


Les substituts permettent à la nicotine de diffuser très lentement par voie sanguine en passant par la peau avec les patchs, ou par la muqueuse de la bouche pour les gommes, les comprimés et l'inhalateur.

Durée d'utilisation

Leur durée d'utilisation varie de 6 semaines à 6 mois selon les fumeurs.

Effets secondaires

Les substituts ne sont pas dangereux pour la santé car ils permettent d'absorber uniquement de la nicotine à la différence du tabac qui contient, rappelons le, 4000 substances toxiques. Les substituts entrainent peu d'effets secondaires.

Contre-indications

Il n'existe pas de contrindication cardiovasculaire à l'utilisation des substituts nicotiniques.

Dépendance

L'utilisation de substituts nicotiniques suffit rarement à permettre l'arrêt total du tabac: La grande majorité des fumeurs recommencent à fumer. Une aide psychologique peut permettre d'augmenter les chances de succès. Les substituts nicotiniques, en particulier les gommes, comprimés ou inhalateur peuvent provoquer une dépendance.

Mais ce risque est inférieur à celle provoquée par le tabac. Les substituts ne sont pas interdits chez femme enceinte : il est préférable de prendre des substituts nicotiniques qui ne sont pas contrindiqués plutôt que de continuer à fumer. L'aide au sevrage tabagique devra être effectuée avec l'avis d'un médecin. L'AFSSAPS recommande aux femmes enceintes qui fument d'essayer d'arrêter de fumer en étant prise en charge psychologiquement ou par une thérapie comportementale. Les substituts sont conseillés en cas d'échec d'un soutient psychologique.

Patchs nicotiniques

Collé sur la peau, le patch diffuse progressivement de la nicotine dans l'organisme. L'effet débute 30 minutes environ après puis se prolonge durant la journée.

Il existe différents dosages qu'on adapte en fonction du nombre de cigarettes que le fumeur consomme chaque jour, permettant ainsi de délivrer une dose de nicotine équivalente à celle reçue habituellement en compensant l'apport quotidien.

Les différents patchs :
  • timbre 24 heures petit 10 cm2, 7 mg, délivrant 7 milligrammes de nicotines au cours de la journée
  • timbre 24 heures moyen 20 cm2, 14 mg (14 mg de nicotine sont délivrés)
  • timbre 24 heures grand 30 cm2, 21 mg (21mg de nicotine sont délivrés)
  • timbre 16 heures petit 5 mg (5mg de nicotine délivrée)
    • timbre 16 heures moyen 10 mg (10 mg de nicotine délivrée)
  • timbre 16 heures grand 15 mg (15 mg de nicotine délivrée)


L'organisme peut ainsi se déshabituer progressivement au manque de cigarette. La taille du patch prescrite détermine la posologie de nicotine.

La diffusion de la quantité de nicotine dépend de la taille du patch et du temps de pose du timbre laissé sur la peau. L'utilisation d'un patch n'est possible qu'en cas d'arrêt total du tabac.

Les patchs les plus larges sont utilisés au début du traitement et les plus petits en fin de sevrage, en diminuant progressivement par pallier sur une durée de 8 à 12 semaines.

Les patchs nicotiniques doivent être posés le matin afin de remplacer le patch posé la veille. Il faut éviter de toucher la partie adhésive du patch.

Les patchs 16 heures sont enlevés vers 16 heures et ne sont pas gardés la nuit. Les risques d'allergies cutanés sont rares, mais peuvent néanmoins s'observer. Lorsqu'ils apparaissent, il est nécessaire de modifier l'endroit où le patch est posé. Si cette attitude n'entraine aucune modification, il faut changer de marque, car il arrive que cette réaction ne survienne pas avec un autre fabricant. Si les manifestations persistent, l'utilisation de patch doit être abandonnée. Devant l'apparition de ces manifestations, il ne faut pas hésiter à prendre l'avis de son médecin ou de son pharmacien.

Dépendance

Les patchs ne provoquent pas de dépendance.

Prix

Le coût d'un traitement de 6 mois varie du simple au double, voire davantage selon les pharmacies.

Surdosage

Fumer avec un patch peut entraîner des risques de surdosage nicotinique. Certains fumeurs pensent qu'enlever le patch leur permet de fumer immédiatement après une cigarette. Or la nicotine délivrée par le patch reste dans les couches superficielles de la peau et continue de se diffuser plus de 2 heures après avoir enlevé le patch. Il est formellement contre-indiqué de fumer avec un patch.

Allergie au patch

Des réactions allergiques peuvent s'observer avec les patchs. Ces réactions sont provoquées par le dispostif adhésif. Elles entrainent des réactions cutanées locales à l'endroit du patch. Dans ce cas, il faut enlever le patch et le changer de place. Si ces manifestations persistent, il est nécessaire de changer de marque ou de ne plus utiliser de patch.

Gommes

Les formes orales permettent de traiter immédiatement le manque de nicotine. En adaptant les doses avec plus de précision, ils provoquent des pics de nicotine pouvant entretenir la dépendance.

Les gommes contiennent 2 à 4 mg de nicotine, se sucent pendant quelques minutes puis se mâchent lentement afin de libérer une partie de la nicotine quelles contiennent.

Les gommes se consomment selon les envies de fumer qui surviennent au cours de la journée et permettent de gérer ses manques. 8 à 12 gommes sont en général utilisées en début de sevrage.


Mettre la gomme dans la bouche, la mâcher lentement, et croquer dedans plusieurs fois. L'utilisation d'une gomme dure environ 30 minutes. Une gomme mâchée trop rapidement peut provoquer des sensations désagréables de brûlures d'estomac, de maux de gorge ou de hoquets.

Inhalateur

L'inhalateur est un embout plastique qui s'ouvre en 2 afin de recevoir une cartouche ou contenant un tampon imbibé de nicotine. Le fumeur aspire plusieurs fois par l'embout. Plusieurs cartouches peuvent s'utiliser au début du sevrage.

Comprimés

Les comprimés peuvent se faire fondre sous la langue ou se sucer sans croquer. L'envie de fumer disparaît rapidement en quelques minutes en prenant un comprimé.

Le nombre de comprimés utilisés quotidiennement varie en fonction de la dépendance du fumeur, entre 8 et 12 par jour au début du traitement et diminue ensuite. La consommation de café ou de jus de fruits est déconseillée 15 minutes avant la prise de comprimé car ces substances modifient l'absorbtion de nicotine au niveau buccal.

Association de plusieurs types de substituts

Les associations de plusieurs types de substituts, sont conseillées aux fumeurs ayant une dépendance élevée à la nicotine accompagnées d'envies de fumer à tout moment de la journée.

Pour ces fumeurs, les débuts de l'arrêt sont plus difficiles et certaines situations présentent des risques pour les ex- fumeurs. Le fumeur peut résister plus facilement au besoin de fumer. La prise ponctuelle de nicotine, en gommes ou par inhalateur, en plus du patch peut aider le fumeur à palier aux pulsions irrésistibles de fumer.


Il est désormais possible d'utiliser en même temps plusieurs types de substituts, gomme et patch ou patchs et inhalateurs. Cette association permet une meilleure adaptation du fumeur et un sevrage plus adapté.

L'association de plusieurs substituts doit s'effectuer sous contrôle médical afin d'adapter le bon dosage. Le fumeur supporte mieux les moments de la journée où ses envies sont très importantes et les risques de refumer plus grands. Le fumeur se sent rassuré de pouvoir gérer ses manques de nicotine en prenant un produit de substitution à chaque fois qu'il désire fumer une cigarette. Un avis médical est recommandé lors de la prise de plusieurs types de substituts nicotiniques.

Continuer de fumer ?

Continuer de fumer une cigarette tout en maintenant des taux continus de nicotine avec des substituts nicotiniques est désormais une mesure conseillée pour tous les fumeurs très dépendants qui ne peuvent pas imaginer encore « la vie sans cigarette ». Ceci permet de rassurer le fumeur qui est dans l'incapacité d'imaginer qu'il ne peut plus fumer.

Le fait de savoir qu'ils peuvent continuer de fumer permet à certains fumeurs d'avoir plus de temps pour se déconditionner et à se faire progressivement à cette idée qu'ils ne fumeront plus. Cette méthode est plus souple et diminue les risques d'échec.

Un fumeur qui fume 10 cigarettes peut ainsi essayer de ne pas fumer 3 ou 4 cigarettes qu'il remplacera par 3 ou 4 formes orales de substituts, sous formes de gommes ou de comprimés. L'utilisation de patchs est incompatible avec la consommation concomitante de cigarettes.

Budget moyen des substituts nicotiniques

Les prix des substituts peuvent varier du simple au double, voire davantage selon les pharmacies. Renseignez vous, vous pouvez faire des économies. Le coût moyen est d'environ 2 euros par jour.

La caisse d'assurance maladie prend en charge depuis le 1 ER février 2007 un montant forfaitaire de 50 euros par an pour l'achat de substituts nicotiniques sur prescription médicale. Il est ainsi possible d'obtenir une prise en charge de 50 euros chaque année civile. Certains substituts peuvent s'utiliser dès l'âge de 15 ans. Demandez l'avis de votre médecin ou du pharmacien. L'utilisation des substituts nicotiniques chez une femme enceinte ou une femme qui allaite, est possible mais l'avis d'un médecin est indispensable, notamment après le sixième mois de grossesse. Il est néanmoins conseillé aux femmes enceintes de commencer par essayer de se sevrer sans substitut. Les substituts nicotiniques sont dangereux pour les enfants.

Connaître les signes de surdosage nicotinique

L'apparition de ces manifestations doit faire craindre la survenue d'un surdosage des substituts nicotiniques et peuvent nécessiter l'avis d'un médecin.

L'arrêt des substituts, sous toutes ces formes, demeure la première mesure à prendre immédiatement. Dans la très grande majorité des cas, les manifestations disparaissent.

Comment moduler les doses des substituts en fonction de la dépendance ?

Le choix de la dose est un important facteur de succès dans l'arrêt du tabac. La réussite de l'arrêt du tabac dépend du dosage des substituts nicotiniques ainsi que de leur durée d'utilisation qui varie en général de 6 semaines à 6 mois.

Un dosage insuffisant risque d'aboutir à un échec : Les substituts doivent apporter une dose de nicotine équivalente à celle que le fumeur recevait avec les cigarettes.

Les doses des substituts s'adapte en fonction du degré de dépendance évalué avec le test de Fagerström et de l'existence de manifestations liées un surdosage.

Si au bout de 7 jours, les sensations de manque et les besoins compulsifs de fumer sont toujours présents, cela signifie que le dosage des substituts est insuffisant. Une personne prenant des substituts et qui a besoin de fumer, doit ainsi revoir le dosage de ses substituts.

La dose de nicotine prescrite dépend de la consommation quotidienne de tabac et du niveau de dépendance. De fortes doses sont proposées au début du traitement. Puis elles sont progressivement diminuées.

Les fumeurs dépendants ont plus de chance d'arrêter avec une gomme dosée à 4 mg qu'avec celle dosée à 2 mg. Pour les fumeurs faiblement dépendant, la décision d'utiliser des substituts dépend de la possibilité d'arrêter seul. Les fumeurs moyennement dépendants utilisent la plupart du temps des substituts nicotiniques. Pour les fumeurs très dépendants, un avis médical reste indispensable. Pour en savoir plus, consulter le site de la Société scientifique de médecine générale (Recommandations de bonnes pratiques, arrêter de fumer).

Le dosage des marqueurs du tabagisme peut permettre d'évaluer le degré de dépendance

Le meilleur marqueur de la dépendance au tabac est la cotinine, dérivé de la nicotine qui peut être dosée dans la salive ou les urines et reflété le degré d'exposition au tabagisme actif et passif. Un taux élevé témoigne d'une dépendance importante. Encore peu utilisé, cette technique peut devenir une aide précieuse pour apprécier le degré de dépendance et adapter le dosage des substituts nicotiniques.

Conseils selon le degré de dépendance obtenu après le test de Fagenstrom

Faire le test de Fagerström

Les tentatives ne doivent pas démotiver

« J'en ai ras le bol », ça fait 3 fois que j'essaie d'arrêter et à chaque fois, je reprends... ». Cette phrase, de nombreux fumeurs l'ont souvent prononcé. Il faut néanmoins s'accrocher, car chaque tentative d'arrêt du tabac apporte une expérience supplémentaire.

Ce qu'il faut savoir :
  • En moyenne 4 tentatives sont nécessaires pour parvenir à arrêter de fumer.
  • Chaque rechute constitue un pas de plus vers l'arrêt du tabac.
  • Rester motiver
  • Eviter de culpabiliser
  • Ne pas dramatiser la situation
  • Savoir que le fait d'arrêter quelques mois est important et possible.
  • Essayer de comprendrele cause de la rechute afin de ne pas recommencer les mêmes erreurs.
  • Ne pas reprendre une cigarette de temps à autre après avoir arrêté car le risque de rechute est important.
  • Un grand fumeur dépendant demeure un fumeur pouvant récidiver 6 mois, un an, voire plusieurs années après.

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