Infertilité psychologique

Février 2017
Il est impossible aujourd'hui d'aborder le problème de la fertilité et de la stérilité sans en évoquer la dimension psychologique. Rappelons que selon certaines études près de 15 à 20% des causes de stérilité soit environ une sur 5 ont une origine inexpliquée d'un point de vue médicale. Bien que les causes organiques d'une infertilité soient retrouvées dans environ plus de 80% des situations, il n'est plus possible aujourd'hui de séparer l'organique et ses causes médicales bien réelles de l'état psychologique.


Comme dans toutes les maladies, l'état psychologique intervient d'une façon ou d'une autre et plus particulièrement dans cette problématique que représente la difficulté à avoir un enfant. Il est nécessaire de comprendre et d'accepter qu'en dehors d'un problème médical, une autre problématique intervient le plus souvent dans les problèmes rencontrés par les couples éprouvant des difficultésà avoir un enfant.

Le cas de femmes n'ayant pas réussit à avoir d'enfant après plusieurs FIV décidant d'adopter et tombant enceinte naturellement quelques mois plus tard est caractéristique de ce que les médecins et les « psys » appellent le « lâcher prise ».

D'autre part, la pratique de FIV qui permet à de nombreux couples d'avoir un enfant a des répercussions psychologiques qu'il faut connaître et dont les partenaires doivent tenir compte.

Prendre en compte la dimension psychologique

Il faut réussir à prendre en compte la dimension psychologique du problème de la stérilité que la médecine, devenue très technique, met peut être parfois trop de coté sans pour autant remettre en question les progrès scientifiques exceptionnels qui permettent à des couples d'avoir un enfant.

Une personne qui souffre d'un problème de stérilité a sa propre histoire et ses souffrances pouvant intervenir à tout moment dans le processus de cette difficulté.

De nombreux psychanalystes se demandent même si ces souffrances ne peuvent pas être à elles seules, dans certains cas, l'origine des problèmes de la difficulté à avoir un enfant.

Mais pour aider encore plus les hommes et les femmes qui tentent d'avoir un enfant, les membres du corps médical et les médecins doivent être à leur écoute et consacrer suffisamment de temps pour leur permettre de s'exprimer et d'évacuer leurs angoisses, une situation qui n'est malheureusement pas systématiquement compatible avec la surcharge de travail.

Conséquences de ces difficultés pour les couples

De nombreuses personnes ne réalisent pas qu'ils ne sont pas les seuls et que plus d'un couple sur 6 éprouve des difficultés identiques.

Ne pas réussir à concevoir un enfant, est encore trop souvent synonyme de honte et de clandestinité : les partenaires se replient peu à peu sur eux-mêmes, s'isolent, voient de moins en moins leurs amis ou leur famille, de peur d'être confrontés à ces questions lancinantes qui les panique, comme par exemple « vous nous le faites pour la noël cette année ? », « où en êtes-vous pour le bébé ? »ou alors pire encore « vous n'y arrivez toujours pas ? ». Ils ne supportent pas de rencontrer des couples avec des enfants, car cette situation leur renvoit à ce qu'ils vivent douloureusement comme un échec.

L'impossibilité de mettre au monde un enfant est vécue comme un drame ou une malédiction rendant la situation insupportable. Tous les couples ne sont pas suffisament solides pour surmonter cette épreuve difficile et certains d'entre eux se séparent.

Découverte de l'univers médical

La découverte d'un univers médical très technique, déshumanisé ainsi que la pratique d'examens difficiles à effectuer amènent parfois certaines personnes à ne plus supporter ces démarches. Certaines femmes se rendent "à reculon" aux rendez vous et effectuent ces examens dans des conditions psychologiques désatreuses.

Affronter la toute puissance des médecins, des rendez vous au petit matin, l'annonce de résultats pas toujours effectuée avec la diplomatie requise, ne rassurent pas les couples déjà très angoissés par ces épreuves.

Les difficultés de ces bilans sont parfois insurmontables : l'atteinte à l'intimité finit par ne plus être acceptable, se masturber dans un « cagibi » à 8 heures du matin, faire l'amour sur commande à une heure précise, subir des examens sans discontinuité, se faire examiner par des inconnus, attendre cuisses ouvertes dans une salle, son mari se masturbant dans la pièce d'à coté... sont des situations très éprouvantes.

Rôle du spécialiste

Il prépare les partenaires à comprendre qu'ils sont sur le point d'effectuer un chemin difficile et long, que de nombreuses déceptions peuvent survenir... Il repère également les problèmes psychologiques sous-jacents pouvant apparaître tels que la peur inconsciente de la grossesse, la peur de revivre des conflits anciens....

Il repère les conflits au sein du couple qui risquent de s'aggraver à l'occasion des examens et au long de ce parcours. Il aide le couple à faire face à un échec éventuel. Il prépare enfin le couple à envisager d'autres possibilités comme par exemple l'adoption.

Aide apportée

Pouvoir exprimer toutes ses émotions et entamer un dialogue avec un professionnel qui sera à l'écoute. Etre soutenu durant cette période psychologiquement éprouvante.

Enrayer le cercle vicieux échec entrainant stress et angoisse, situations qui perturbent l'ovulation et pouvant aboutir à un échec supplémentaire. Apprendre à surmonter le cap de l'infertilité. Il faut accepter d'entendre que les chances de réussite sont peu élevées.

Ne pas rester centré sur ses problèmes et penser à s'évader : voyager, lire, pratiquer une activité sportive ou artistique, s'engager pour une cause humanitaire. Mieux vivre la difficulté de ne pas avoir d'enfant. Aider le couple à déculpabiliser, les femmes à dépasser leur dépression, les hommes à ne pas remettre en cause leur virilité et à ne pas se sentir humiliés...

Aborder le problème de la sexualité qui est uniquement centrée sur l'unique objectif de « faire un bébé » et aider à retrouver le désir avec des jeux érotiques. Aider le couple à être plus complice, à s'aimer... Les aider à comprendre que leur situation n'est pas isolée, et que d'autres couples connaissent ou ont connu la même épreuve.

Conseils pour éviter l'aggravation de la situation

Le premier des conseils est d'accepter d'en parler: libérer la parole, verbaliser ses angoisses, c'est déjà faire un pas pour aller mieux et ne pas vivre cette situation comme un fardeau et un secret trop lourds a porter
  • En parler ensemble, sans tabou, ni culpabilité, demeure une étape fondamentale de la réussite du traitement
  • En parler avec des amis, des proches ou de la famille
  • Accepter l'idée que le chemin sera probablement long et difficile et qu'il est indispensable d'exprimer ses angoisses
  • Comprendre que le stress et l'angoisse influent sur l'ovulation et aggravent les difficultés, notion peut être pas encore assez intégrée par les membres du corps médical.


Tentez de penser à autre chose : sortir, aller au cinéma, voyager, faire du sport...
  • Rester soudés
  • Ne pas culpabiliser et prendre de la distance par rapport à l'entourage et réussir à sourire quand vous entendez ce type de phrase « vous nous le faites quand ce bébé ? "
  • Dialoguer avec d'autres couples qui connaissent ou ont connu ces difficultés
  • Ne pas diminuer les rapports sexuels et réapprenez à retrouver le désir

Et ne pas programmer trop tard une grossesse

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