Comment choisir sa maternité ?

Septembre 2017
Les critères pour choisir sa maternité ne sont pas toujours faciles à apprécier. De nombreux paramètres rentrent en ligne de compte : les conditions de sécurité, le pourcentage de péridurales et d'épisiotomie, les conditions de transferts en cas de problèmes, les possibilités de joindre facilement le gynécologue, la sage femme ou le pédiatre en cas d'incidents, la présence de matériel et de personnel médical adapté aux conditions de la grossesse .


Quand s'inscrire ?

Réserver sa place le plus tôt possible : il est nécessaire de choisir rapidement le lieu de l'accouchement. Dans certaines régions comme l'Ile de France, il faut y penser dès l'annonce de la grossesse. Vous pouvez également visiter plusieurs maternités si vous souhaiter vous assurer du confort des lieux. Mais une maternité très confortable avec des chambres spacieuses ne doit pas être votre unique critère de choix.

Durée du séjour

La durée du séjour à la maternité varie de 3 à 5 jours, si l'accouchement s'est effectué par voie naturelle. Il sera d'une durée de 7 jours si une césarienne a été effectuée.

Niveau de la maternité

Les maternités sont classées en trois niveaux, selon leurs possibilités à prendre en charge une grossesse en fonction du degré de risque de la grossesse.

Niveau 1

Les maternités de niveau 1 (près de 50% des maternités) : elles peuvent prendre en charge les grossesses et accouchements « simples », sans complication (accouchement par voie basse ou par césarienne). Ces grossesses normales représentent un pourcentage important des grossesses.

Niveau 2

Les maternités de niveau 2 : elles peuvent prendre en charge des grossesses à risques et les grossesses multiples ainsi que les bébés pour lesquels existent des risques. Ces maternités disposent d'une unité de néonatologie qui peut prendre en charge les enfants prématurés nés après 33 semaines de grossesse.

Niveau 2A

Niveau 2 A : service de pédiatrie néonatal.

Niveau 2B

Niveau 2 B : service de soins intensifs et de pédiatrie néonatale, prennent en charge grossesses à risque et MAP, menace d'accouchement prématuré supérieur à 30/31 Semaines d'aménorrhée.

Niveau 3

Les maternités de niveau 3 (près de 10% des maternités) : Ces maternités, souvent situées dans de grands centres hospitaliers, permettent de suivre particulièrement les grossesses à risques (Diabète, hypertension artérielle..), et celles liées aux naissances prématurées. Elles peuvent prendre en charge les prématurés, nés avant 33 semaines de grossesse, quelqu'un soit leur terme. Elles disposent d'une unité de réanimation néonatale qui permet l'hospitalisation du bébé à la naissance, sans avoir besoin de le séparer de sa mère. Le choix de la maternité et de son niveau se fait avec le médecin.

De nombreuse femmes souhaitent accoucher dans une maternité de niveau 3 car elles pensent y être davantage en sécurité. En cas de grossesse normale, il n'est pas nécessaire d'accoucher dans une maternité de type 3, car toutes les maternités françaises sont en mesure de surveiller des accouchements à la condition essentielle de respecter des normes de sécurité.

Selon le Syngof, Syndicat national des gynécologues-obstétriciens français, vouloir à tout prix une maternité de niveau 3, sans en avoir besoin, risque d'encombrer ces établissements et empêcher les femmes qui en ont réellement besoin d'y accoucher.

Fermeture des petites maternités

La France manque de gynécologue obstétriciens, notamment dans les petites maternités. Les jeunes médecins préfèrent exercer dans des grands centres hospitaliers car les conditions d'exercice y sont moins difficiles que dans les petites maternités et les gardes y sont souvent plus nombreuses. La fermeture des petites maternités effectuant moins de 300 accouchements par an a provoqué de nombreuses réactions parmi les communes concernées. En dessous de 300 naissances par an, l'établissement risque de ne plus être en mesure d'assurer la sécurité des futures mamans (pratique insuffisante, urgences trop rares, sous effectifs...).

Il reste néanmoins quelques maternités ne pratiquant pas suffisamment d'accouchements par an qui continuent d'assurer des accouchements. Celles ci continuent d'exercer car elles se situent dans des zones (en montagne par exemple.) correspondant à des endroits où les femmes mettent plus de 45 minutes pour atteindre la maternité la plus proche.

Equipe médicale

Elle doit comprendre au moins une sage femme, une aide soignante, un gynécologue obstétricien, un anesthésiste réanimateur et un pédiatre. La disponibilité 24heures sur 24, du pédiatre, de l'anesthésiste réanimateur et du gynécologue obstétricien est liée au nombre de naissances réalisées à l'année.

Dans les maternités de moins de 1500 accouchements par an, seule la sage femme doit être présente en permanence. Les gynécologues obstétriciens, les anesthésistes réanimateurs et les pédiatres ne sont pas toujours sur place, mais ils doivent pouvoir être sur les lieux en une vingtaine de minutes environ, c'est ce qu'on appelle l'astreinte. Au delà de 1500 accouchements ces spécialistes sont présents 24 heures sur 24(selon les décrets d'Octobre 1988 fixant les conditions techniques de fonctionnement des maternités)
  • un gynécologue obstétricien présent tous les jours de l'année, 24 heures sur 24 dans l'unité d'obstétrique
  • un anesthésiste présent tous les jours de l'année, 24 heures sur 24, dans l'établissement de santé, sur le même site, en mesure d'intervenir dans l'unité d'obstétrique dans des délais compatibles avec l'impératif de sécurité
  • un pédiatre présent sur le site ou en astreinte opérationnelle.


Au delà de 2000 accouchements par an, l'anesthésiste doit être affecté uniquement à la maternité
Pour en savoir plus:SFAR, société française d'anesthésie et de réanimation

Public ou privé ?

Ne jamais perdre à l'esprit que la sécurité demeure l'élément le plus important dans le choix de la décision.

A l'hôpital

L'accouchement s'effectue en présence d'une sage femme. L'obstétricien n'intervient en général qu'en cas de complications (épisiotomie, césarienne...). Les frais sont entièrement pris en charge sauf si le médecin exerce dans le secteur privé. L'hôpital dispose des moyens techniques et humains permettant une intervention immédiate en cas de complications. Les chambres sont moins confortables et l'aspect humain parfois moins chaleureux du fait de la surcharge de travail du personnel.

En clinique privée

Les avantages : plus de disponibilité du personnel, dimension humaine plus agréable, plus de confort, chambre seule... Les interlocuteurs sont moins nombreux : la maman est suivie, sauf exceptions, par le même médecin et la même sage femme. Elle risque ainsi de moins rencontrer de membres d'une équipe qu'elle n'a jamais vue. L'accouchement s'effectue avec le médecin en présence de la sage femme et de l'anesthésiste. En cas de complications, le bébé risque, selon le niveau de la maternité, d'être transféré dans un hôpital.

Les questions qu'il faut oser poser

L'anesthésiste est il présent 24 h/24, ou capable d'intervenir rapidement en 20 minutes maximum. Le pédiatre est il présent en permanence ou capable d'intervenir en 20 minutes. Connaître le pourcentage de césariennes du service : ce taux devrait se situer autour de 15% selon les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé ; mais ce chiffre est à prendre en compte en fonction du niveau de la maternité. Une maternité de niveau 3 peut pratiquer un pourcentage plus élevé, de l'ordre de 25% de césariennes par exemple, car elle prend en charge des grossesses à risques. Se méfier des établissements qui ne publient pas leur taux de césarienne, car ceux ci doivent communiquer leur taux de césarienne en toute transparence.

Connaître le taux d'accouchements effectués sous péridurale. Si l'accouchement est prévu sous péridurale, renseignez vous sur la disponibilité de l'anesthésiste : est il présent 24 heures sur 24 ?est il facilement joignable et peut il être présent en 20 minutes ?

La future maman doit bien préciser si elle ne souhaite pas bénéficier d'anesthésie péridurale, en dehors bien entendu de nécessité urgente. Elle doit également s'informer des raisons d'une maternité affichant un taux très élevé de péridurales, situation pouvant signifier qu'elle risque de ne pas avoir d'autres alternatives.
  • Connaître le taux d'épisiotomie (Les recommandations actuelles se situent en dessous de 30%)
  • Savoir qui va pratiquer l'accouchement ?
  • Connaître les dates des vacances du médecin et de la sage femme qui suivent l'accouchement
  • Savoir quelles sont les attitudes face a la survenue de complications et s'assurer de l'endroit ou sera effectué le transfert ?

Organisation en réseau

Le décret de 1998 impose à toutes les maternités de faire partie d'un réseau de périnatalité qui détermine les conditions de transferts des femmes et des nouveau-nés en cas de complications. Il est fondamental de s'assurer de l'établissement où la maman où son bébé risquent d'être transférés en cas d'urgence.

Tarifs

Il est nécessaire de s'assurer en toute transparence des tarifs et des prestations. Les frais sont pris en charge sur la base du remboursement de la sécurité sociale. Se renseigner sur les honoraires: des médecins, sage femmes, anesthésistes, sur les frais d'hôtellerie et les suppléments : les draps pour le bébé, les couches.... Les tarifs pratiqués dans les établissements privés y sont généralement plus élevés qu'à l'hôpital. Certains frais restent à la charge de la future maman : être suivi dans le privé par le gynécologue obstétricien occasionne en général un surcoût qu'il faut connaître. Les tarifs des médecins sont souvent en honoraires libres (secteur 2) vérifiez auprès de votre mutuelle, la somme qu'elle pourra vous rembourser.

Coût de la chambre

Connaître le coût journalier de la chambre et les suppléments éventuels : certains établissements demandent aux mamans de payer les draps du bébé, ses couches...

Honoraires

Connaître les honoraires du médecin, de l'anesthésiste, de la sage femme et du pédiatre, les modalités de règlement, les acomptes à verser : Il est nécessaire de s'assurer du mode de règlement, des avances nécessaires et de l'acompte nécessaire pour réserver la chambre, du type de secteur dans lesquels exercent les praticiens avec leurs dépassements d'honoraires, les délais de règlement... Téléphoner à son assurance ou à sa mutuelle pour connaître le taux de prise en charge des dépassements d'honoraires des différents praticiens.

Guide des maternités



Dossier réalisé avec la collaboration de Claire Gabillat

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