Comment ne pas angoisser pendant grossesse

Février 2017
Même si la grossesse représente un moment unique dans la vie d'une femme, cette période entraîne de profonds bouleversements psychologiques. Malgré une information de plus en plus importante et précise sur les modalités de déroulement d'une grossesse et d'un accouchement ainsi que les progrès effectués dans ce domaine, les femmes enceintes apparaissent encore plus stressées qu'autrefois. Selon un sondage TNS Sofres, une femme sur deux est angoissée par la perspective de l'accouchement. La grande majorité des femmes n'ose pas évoquer ce type d'angoisses dans un monde »merveilleux » ou tout doit aller bien et où la grossesse doit se vivre dans un épanouissement total. Les femmes qui souffrent n'osent pas se plaindre et parler de ces difficultés. La plupart refoulent leurs peurs, aggravant ainsi leur état. La majorité des futures mamans ne savent pas que ces angoisses peuvent perturber leur grossesse et fragiliser psychologiquement leur bébé.


Comprendre avant tout les raisons de ces angoisses

Les futures mamans ont à leur disposition une multitude de sources d'informations, livres, revues, magazines, guides, émissions, encyclopédies... et désormais internet. Cette sur-information peut entraîner chez certaines femmes un effet inverse à celui recherché. Réaliser les transformations de son corps et la prise de poids est parfois difficile à accepter.

La crainte que le père de son bébé ne la désire plus fait partie des raisons de ces angoisses ainsi que la peur de ne pas retrouver la place qu'elle avait dans son univers professionnel. Une médicalisation et une hyper technicité de la grossesse qui peut avoir des répercussions psychologiques en raison des craintes engendrées par la multiplication du nombre de consultations, d'examens, de mise en garde, d'interdictions, recommandations.... En parler avec son médecin ou des proches peut aider les femmes qui vivent mal cette période. Les forums de discussions peuvent parfois leur permettre de se rassurer lorsque les futures mamans découvrent qu'elles ne sont pas les seules à vivre ces angoisses.

Effets de l'anxiété de la maman sur le bébé

Les futures mères anxieuses ou dépressives augmentent le risque de voir leur bébé souffrir de troubles du sommeil, (cauchemar, refus de dormir, problème d'endormissement,... ) selon une étude publiée en 2007 dans la revue américaine Early Human Development. La qualité de sommeil chez un nouveau-né influe considérablement sur sa santé et son développement. Source:University of Rochester Medical Center.

A lire : "Un heureux évènement" d'Eliett Abecassis (Albin Michel), aborde ce sujet rarement abordé que représente le stress de la femme enceinte.

Le baby blues


Une période parfois difficile peut survenir après l'accouchement : c'est le baby blues, encore appelé dépression du post partum, état dépressif passager sans gravité, survenant après la naissance du bébé.
Il survient au moment où la maman devrait être heureuse d'être avec son bébé.


Il est provoqué par les conséquences de la grossesse et de l'accouchement, qui représentent des périodes physiquement et psychologiquement éprouvantes. L'absence de sommeil et la fatigue accumulée ont des répercussions importantes chez la maman. D'autre part, la maman se sent submergée par tout ce qu'elle doit assumer et est parfois même terrorisée à l'idée d'être seule chez elle à s'occuper de son bébé. Le baby blues témoigne également parfois des difficultés d'accepter le passage du statut femme enceinte à celui de maman. Ces manifestations se produisent dans les trois à dix jours suivant l'accouchement.

Manifestations observées :
  • Des réactions d'hypersensibilité
  • Tristesse
  • Crise de larmes fréquentes
  • Troubles du sommeil, insomnies..
  • Stress, angoissé..

Cet état dure quelques jours, entre 1 et 10 jours selon les mamans. La très grande majorité des mères récupère très rapidement et reprenne confiance en elle. Un baby blues sévère peut enchaîner sans transition sur une dépression post-natale beaucoup plus durable.

La dépression post-natale

La dépression post-natale est moins fréquente et plus grave que le baby blues. Elle peut concerner plus de 10% des femmes qui ont accouché. Elle débute le plus souvent à 6 ou 8 semaines après l'accouchement ou parfois plus tardivement. Une grande majorité des femmes atteintes de dépression post natale ne réalisent pas que leur état est lié à une dépression et attribuent leurs manifestations à la fatigue de l'arrivée du bébé.
  • 15 à 20% des mères sont concernées.
  • 10 à 15% des baby blues se transforment en dépression
  • La durée de cette dépression est d'environ 6 mois à 1 an.


Tristesse, anxiété, désintérêt, grande fatigue, manque de sommeil, isolement, repli sur soi, difficultés à s'occuper de son bébé, sensation d'être inefficace, peuvent provoquer l'apparition d'une dépression. Certaines mamans atteintes d'une dépression ne parlent pas et s'enferment dans le silence. Elles ne réussissent plus à s'occuper de leur bébé, s'en désintéressent et le laisse parfois pleurer sans réagir.

Repérer et dépister le plus précocement la dépression des femmes qui viennent d'accoucher permet de prendre en charge très rapidement les femmes qui en sont victimes.

Les femmes présentant des manifestations évoquant une dépression ne consultent pas car elles se sentent coupables de ne pas être « heureuse ». Repérer et dépister le plus précocement la dépression des femmes qui viennent d'accoucher permet de prendre en charge très rapidement les femmes qui en sont victimes.

La dépression du post-partum chez l'homme

La dépression du post-partum peut aussi toucher les papas qui réalisent rarement qu'ils présentent des signes proches du baby blues des femmes.

Les pères peuvent aussi être touchés par une dépression. Si la majorité des femmes éprouve de nombreuses difficultés à reconnaître leur baby blues, les hommes sont, quant à eux, encore moins sensibilisés à ce type de difficultés. En parler avec leur partenaire, avec des proches ou un médecin est une démarche que peu d'hommes réussissent à effectuer. Il est important de pouvoir mettre des mots sur ces manifestations et pousser les papas à évoquer les difficultés qu'ils rencontrent. Permettre au papa d'aller mieux sera bénéfique pour toute la famille et pour l'enfant en particulier.

Des conseils pour aider les femmes

Des conseils pour aider les femmes à ne pas sombrer dans une dépression sévère==
  • Trouver des aménagements leur permettant de se reposer plus souvent.
  • Faire des siestes pendant le sommeil de bébé
  • Se faire aider pour le repassage, les courses, la cuisine
  • Demander au papa d'aider la maman dans les taches quotidiennes
  • Sortir, faire du sport...
  • Ne pas d'isoler, en parler à ses proches, à l'équipe médicale de la maternité ou encore au médecin, si cet état persiste.
  • Oser consulter, en parler à son médecin, prendre un traitement
  • Un traitement peut associer une prise de médicaments antidépresseurs et plusieurs séances de thérapie qui s'adressent à la maman et à son bébé. Ces séances participent à amélioration de l'état de la maman et de sa relation avec son bébé.

Les mamans qui allaitent ne veulent pas aller consulter ou ne veulent pas prendre le traitement indiqué, car elles pensent que les médicaments sont contre-indiqués avec l'allaitement. Or il existe des traitements médicamenteux destinés à combattre la dépression qui sont peuvent être pris au cours de l'allaitement. Dans les trois mois qui suivent une naissance, il est possible de bénéficier de l'aide d'une travailleuse familiale pour une durée de 80 heures. La participation financière dépend des revenus.

Les effets négatifs de la dépression post-natale sur le développement du nourrisson

Une maman qui a vécu une dépression, une grande détresse, isolée et sans aucune aide et qui ne réussit pas à s'occuper de son bébé comme elle aurait aimé le faire, ignore la plupart du temps des conséquences de son état sur le développement psychologique de son bébé. De nombreuses études ont montré que la survenue d'une dépression chez la mère pouvait avoir un impact négatif chez l'enfant. D'autre part, il semble également, que l'apparition d'une dépression chez le papa puisse avoir un effet négatif sur le développement de l'enfant.

Manifestations qui peuvent s'observer chez le bébé

  • Troubles du sommeil, coliques, diarrhées, vomissements
  • Retard de développement psychomoteur
  • Tristesse
  • Refus de s'alimenter
  • Violence envers sa mère, lors des épisodes de séparation ou de changements d'attitude de sa mère.
  • Difficultés à s'adapter aux personnes étrangères, aux autres enfants, en crèche ou à l'école...

Plus du quart des enfants de mères atteintes de dépression post-natale peuvent être touchés par ces troubles psychologiques qui peuvent s'aggraver si aucune aide n'est proposée au bébé. Pour en savoir plus, consultez l'association Maman Blues : site consacré à la difficulté d'être mère. L'association Maman Blues a pour but d'informer, soutenir et conseiller les parents et futurs parents de ce qu'est la difficulté maternelle afin qu'elle soit reconnue dans toute sa dimension humaine et pas seulement pathologique.

La couvade

La couvade touche environ 10 à 15% des futurs papas qui présentent des signes proches de ceux que ressentent leurs femmes pendant leur grossesse. Certains hommes présentent des nausées, maux de tête et ventre, une prise de poids, ont faim en permanence, des douleurs lombaires et parfois même des contractions et un baby blues. Le syndrome de couvade commence à la fin du premier trimestre et augmente progressivement jusqu'au troisième trimestre. La couvade représente pour les hommes une façon de vivre la grossesse de leur femme. Les manifestations qu'ils ressentent expriment leur volonté de vivre la grossesse de leur femme et de ne pas en être exclu.
Les hommes réussissent également ainsi à évacuer leurs propres angoisses par rapport à l'arrivée du bébé qui remue également chez eux de nombreux souvenirs. Il est parfois nécessaire d'en parler à un médecin ou un « psy » afin d'être accompagné, de moins souffrir et d'être plus épanoui lors de l'arrivée du bébé. D'autre part, un papa angoissé ne risque-t-il pas de faire souffrir son bébé ?

Le déni de grossesse

Les exemples de femmes ayant congelé leur bébé a révélé à un grand nombre de personnes le problème des dénis de grossesses, connu depuis très longtemps par les spécialistes.
600 à 1800 femmes sont concernées chaque année en France par un déni de grossesse. Le déni de grossesse est une affection psychiatrique sévère. Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l'être. Le déni représente un mécanisme de défense face à une situation considérée comme insupportable par la future maman.


Le déni concernerait une à trois grossesses sur mille. Toutes les classes sociales sont concernées. Toutes les femmes quelque soit leur âge peuvent être touchées. Avoir un ou plusieurs enfants ne protège pas contre le déni : Le fait d'être déjà mère ne permet pas forcément à la femme d'avoir conscience de son état de grossesse. La femme nie son corps et est dans l'incapacité d'accepter cette grossesse. La femme n'est pas préparée à l'accouchement ni à l'arrivée du bébé.
La femme ne se sait pas enceinte et occulte psychiquement une réalité physique. L'enfant n'a jamais existé dans la tête de la mère victime d'un déni de grossesse. Les femmes présentant un déni ont souvent vécu des troubles affectifs comme des carences le plus souvent, dans leur petite enfance.

Comment ne pas se rendre compte qu'on est enceinte ?

Le corps ne présente pas de signe de grossesse car la prise de poids est peu importante. Les femmes ne sentent pas bouger le bébé. Les règles ou des saignements sont souvent présents pendant la grossesse. L'entourage le plus proche et les médecins ne se rendent pas compte de la grossesse de la personne victime du déni.

Un risque qu'il faut connaître : la mort du bébé

La femme ne s'imagine pas devenir mère, elle ne construit pas une relation avec son futur bébé. Le bébé apparaît ainsi comme un objet et non comme un être vivant. La maman n'a pas réussit à effectuer le travail psychologique nécessaire pouvant lui permettre de préparer l'arrivée de son bébé. Elle ne réalise pas qu'elle peut accoucher sous X ou faire adopter son enfant

Certaines commentent se débarrassent de leur bébé car elles ne peuvent pas supporter cette situation. Elles gardent parfois le corps du bébé car elles ne réussissent pas à s'en séparer.
Toutes les femmes victimes de déni de grossesse n'effectuent pas un infanticide.
L'association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse, A.F.R.D.G., milite pour que le déni de grossesse soit juridiquement reconnues car « ces femmes sont seules, chez elles, et accouchent dans des conditions dignes du tiers monde... L'acte commis est un crime de souffrance et de misère affective.. »
A.F.R.D.G.: Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse.
28, rue Bertrand de Born 31000 Toulouse.

A LIRE : « je ne suis pas enceinte, enquête que le déni de grossesse » Gaëlle Guernalec-Levy (Stock)

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