Allergie alimentaire

Avril 2017
Les allergies alimentaires ont énormément progressé au cours de ces dernières années, passant de 1% en 1970 à 6 à 8% de la population aujourd'hui. Ce type d'allergies concerne plus volontiers les enfants en bas âge, 7 à 8% sont ainsi concernés, alors que le pourcentage des adultes varie de 3 à 4%. Elles sont ainsi 2,6 fois plus fréquentes chez l'enfant, le nombre de cas d'allergies sévères ayant tendance à augmenter chez les enfants de 0 à 4 ans. En Angleterre, par exemple, les chocs anaphylactiques ont progressé de 700% en 17 ans.


Causes

Depuis une trentaine d'années, nos habitudes alimentaires se sont considérablement modifiées. De nouveaux aliments sont consommés (exotiques, antillais, africains, mexicains... ), de même que de nouvelles protéines permettant de rehausser le goût, modifier la couleur et la consistance des aliments, sont présents dans nos plats. Sont apparus également de nouveaux modes de préparation et de conservation. Sans parler du succès des fast foods et du développement de l'allergie au sésame, ni de la diversification trop précoce de l'alimentation chez les bébés.

Principaux aliments en cause

Plus de 150 aliments sont aujourd'hui recensés comme potentiellement allergisants, et la liste ne cesse de s'allonger : oeufs, lait de vache, arachide, crustacés, poisson, blé, légumes de la famille du céleri (fenouil, persil, coriandre), soja, fruits à coque (amande, noisette, noix de cajou, noix de pécan, noix du brésil, pistache, noix de macadamia et produits à base de ces fruits), moutarde, sésame... Chez l'enfant de moins de 15 ans, 5 aliments sont responsables de 80% des manifestations allergiques : oeuf, arachide, lait de vache, poisson et moutarde. Jusqu'à 3 ans, le lait de vache et les oeufs sont le plus souvent en cause, alors qu' après 3 ans, ce sont l'arachide et le poisson qui viennent en tête.

Symptômes

Les manifestations provoquées par une allergie alimentaire sont nombreuses et surviennent en général quelques secondes à quelques heures après avoir ingéré l'aliment responsable. Elles peuvent provoquer des manifestations modérées et parfois, exceptionnellement, des manifestations sévères. La survenue d'un choc anaphylactique liée à une allergie alimentaire reste tout à fait exceptionnelle, et l'issue fatale ne semble concerner que quelques personnes, adultes et enfants compris, chaque année. L'urticaire, localisé autour de la bouche ou généralisé à tout le corps, est une des manifestations les plus fréquentes. Un oedème de Quincke peut aussi survenir.

Chez le bébé

Les allergies alimentaire peuvent s manifester chez le bébé par des nausées, des vomissements, des épisodes de diarrhée, des coliques ou des douleurs abdominales.

L'apparition d'une dermatite atopique, d'une urticaire brutale, d'un gonflement des lèvres, de coliques, de diarrhées ou d'une réaction allergique violente chez un nourrisson doit conduire, après avoir traité les manifestations, à effectuer un bilan allergologique. L'existence d'un terrain familial allergique justifie encore davantage cette démarche.


Rhinite et asthme

Il est conseillé d'attendre 3 heures après un repas avant de faire du sport chez les personnes ayant déjà présenté des manifestations d'allergies alimentaires.


Facteurs de risque

Il existe un certain nombre de facteurs de risque comme la présence d'un asthme associé ou des allergènes plus souvent mis en cause que d'autres (arachide, fruits à coque, noix exotiques, lait de chèvre et de brebis, l'oeuf, la moutarde, épices, escargots, sésame...). La prise d'Aspirine ou anti inflammatoires non stéroidiens, bétabloquants ou d'alcool pouvant provoquer une crise d'asthme sévère, de même que la pratique d'un sport ou d'un effort après le repas ou la prise de ces médicaments.

Médicaments pouvant aggraver les symptômes

La consommation de certains médicaments associés à un allergène alimentaire peut aggraver les manifestations de l'allergie.

Classes de médicaments

Parmi ces médicaments, on retrouve l'Aspirine, les AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens) pris en cas de douleurs, les bêta-bloquants prescrits dans le traitement des troubles du rythme cardiaque, l'angine de poitrine ou l'hypertension artérielle, et les Inhibiteurs de l'Enzyme de Conversion prescrits dans le traitement de l'hypertension artérielle.

Alcool et exercice

L'association d'alcool et d'exercice à l'aliment en cause peut aggraver les manifestations de l'allergie alimentaire.

Prévention des réactions sévères d'allergies alimentaires

Ne pas prendre d'aspirine ou d'anti inflammatoire non stéroidiens (AINS), surtout chez une personne jeune, avant les repas en cas d'allergie alimentaire. Chez une ne personne âgée présentant une hypertension artérielle ou une pathologie cardiaque cardiopathie, la prescription de -bloquants et des enzymes de conversion, 2 des classes de médicaments pouvant aggraver les manifestations de l'allergie alimentaire, nécessite l'avis d'une allergologue.

Réseau allergovigilence

Le Réseau allergovigilence permet de répertorier par l'intermédiaire du Cercle d'investigation clinique et biologique en allergies alimentaires, CICBAA, toutes les allergies alimentaires sévères. Des informations d'alerte sur la composition de certains produits (présence par exemple d'arachide dans certaines sauces à la tomate ou de lactosérum dans une limonade..) sont émises par le biais d'ALIM'inter, sous la forme d'une revue ou par mail.
Pour en savoir plus

Diagnostic

La consultation d'un médecin allergologue est indispensable pour déterminer le ou les aliments en cause. L'interrogatoire, la tenue d'un journal alimentaire, la pratique de tests cutanés et un bilan sanguin suffisent dans la majorité des cas à identifier l'aliment en cause. D'autres tests cutanés sont parfois pratiqués : tests avec l'aliment natif, consistant à effectuer une scarification au travers d'un morceau de l'aliment déposé sur la peau. Il est parfois nécessaire d'effectuer des tests de provocation orale en milieu hospitalier : l'allergique consomme l'aliment suspecté sous surveillance médicale stricte, à proximité d'un service de réanimation. Des périodes d'éviction et de réintroduction d'un aliment suspect permettent également de confirmer un diagnostic ou d'autoriser à réintroduire l'aliment.

Traitement

La meilleure des solutions consiste évidemment à supprimer tout contact avec l'aliment responsable. Cette éviction est relativement facile à mettre en oeuvre lorsque le produit est peu utilisé dans l'alimentation quotidienne, mais plus difficile quand l'aliment est présent dans de nombreuses préparations. Le médecin allergologue, après avoir confirmé le diagnostic, indique le ou les aliments à éviter et conseille un régime alimentaire équilibré et diversifié. Il est parfois envisagé de demander des conseils à une diététicienne.

Aliment les plus allergisants

Un allergique a besoin de connaître parfaitement tous les produits qui contiennent l'aliment auquel il est allergique. La directive européenne de Novembre 2005 précise désormais la liste des 12 aliments, et des produits à base de ses aliments, qui doivent être notés sur toutes les étiquettes, même s'ils sont présents que sous la forme de trace. Il s'agit des céréales contenant du gluten (blé, seigle épautre, kamut et les produits à base de ces céréales), des crustacés, des Oeufs, du poisson, de l'arachide, du lait, du soja, des fruits à coque (amande, noisette, noix de cajou, noix de pécan, noix du brésil, pistache, noix de macadamia), du céleri, de la moutarde, des graines de sésames, des anhydride sulfureux et des sulfites en concentration de plus de 10mg/kg ou mg/L exprimés en SO2. 2 produits ont été rajoutés sur cette liste à la fin de l'année 2006 : le lupin et les mollusques.

Allergie au lait de vache

L'allergie au lait de vache est une des plus fréquente chez l'enfant en bas âge.

Allergie à l'oeuf

L'allergie à l'oeuf représente 30% des allergies alimentaires de l'enfant.

Allergie à l'arachide

Le nombre de personnes, enfants et adultes, touchées par l'allergie à l'arachide augmente régulièrement. Le nombre d'enfants allergiques à l'arachide a été multiplié par 2 au cours des ces dix dernières années. C'est désormais une des allergies les plus fréquentes chez l'enfant de plus de 3 ans.

Allergies croisées

Attention aux allergies croisées avec les petits pois, les lentilles, le soja, les fèves, les haricots et le lupin.

Demander à son boulanger s'il utilise de la farine de lupin qui améliore la souplesse du pain et des brioches.


Additifs

Les additifs comprennent les colorants, les conservateurs, les exhausteurs de goût, les antioxydants, les texturants, les enzymes, les édulcorants et les arômes. Ils peuvent être responsables d'allergies alimentaires.

Fausses allergies alimentaires

De nombreuses personnes pensent souffrir d'une allergie alimentaire alors qu'elles sont victimes de manifestations ressemblant à celles provoquées par les allergies. Ces « pseudo allergies » ou « fausses allergies » ne sont pas liées à la production d'anticorps spécifiques. Ces fausses allergies alimentaires sont provoquées par des aliments histaminolibérateurs, riches en histamine ou en tyramine, composants provoquant une réaction inflammatoire, proche de la réaction allergique typique. Les manifestations observées sont l'urticaire, l'eczéma ou l'oedeme de Quincke. Asthme et rhinite sont rarement décrits. Les réactions sévères à type de choc anaphylactique ne s'observent pas.

Aliments riches en histamine

Fraises, chocolat sous toutes ses formes, thon, sardine, saumon, anchois, hareng, poissons séchés, poissons fumés, bière, vins, cidre, liqueurs, saucisson sec, jambon, foie de porc et toute la charcuterie emballée, emmental, parmesan, roquefort, gouda, camembert, cheddar, Blanc d'oeuf, tomate, épinards, petit pois, choucroute, lentilles, haricots, fèves, noix noisettes, cacahuètes, ananas, orange, pamplemousse, citron, mandarine, clémentine, papaye, mangue...

Aliments riches en tyramine

Charcuteries, chocolat, vin rouge, vin blanc, bière, gruyère, brie, roquefort, choux, épinards, avocat, pomme de terre, hareng, caviar, gibier...

Allergènes masqués

Les allergènes alimentaires peuvent se retrouver dans certains plats à l'insu des consommateurs. Par exemple, on peut retrouver des protéines de lait de vache dans certains saumons reconstitués, de l'arachide dans une pizza ou des barres chocolatée, du lait dans des raviolis ou des biscottes, de l'amidon d'abricot dans des brioches, de la moutarde dans des petits pots pour bébés, des traces d'oeuf dans des produits à base de surimi, des noyaux d'abricot utilisés comme substituts d'amandes... Une personne allergique à un aliment, surtout celles ayant fait des réactions sévères, doit surveiller les étiquettes et savoir précisément ce que contiennent les plats préparés chez des amis ou au restaurant.

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